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Johanne Defay: Maternité et ambition sur les vagues

Johanne Defay, figure emblématique du surf français, a récemment annoncé une pause dans sa carrière pour se consacrer à la maternité. Cette décision, mûrement réfléchie, marque une étape importante dans la vie de l'athlète réunionnaise, qui ne compte pas pour autant renoncer à sa passion et à ses objectifs sportifs.

Un palmarès exceptionnel

Depuis ses débuts en compétition à l'âge de 10 ans, Johanne Defay a gravi les échelons du surf mondial avec une détermination sans faille. Elle quitte son île natale de La Réunion pour rejoindre le Pôle France à Bayonne, intégrant l'équipe de France dès son plus jeune âge.

En 2011, elle se lance sur le WQS (World Qualifying Series) et se qualifie pour le CT (Championship Tour) fin 2013. Après deux demi-finales en 2014, elle atteint la finale de son premier CT en août 2015 à Huntington Beach, remportant l'US Open, une compétition prestigieuse du circuit mondial féminin.

Huitième mondiale pendant deux années consécutives, Johanne Defay s'impose comme une valeur sûre du surf féminin. Elle confirme son talent en remportant le Fidji Pro en juin 2016, terminant l'année à la 5e place mondiale, le meilleur classement jamais atteint par une surfeuse française.

En 2017, elle remporte le QS de Newcastle, atteint les demi-finales à Snapper (Australie), les quarts de finale à Bell's Beach (Australie) et la finale à Rio (Brésil). En fin de saison, elle remporte le dernier QS 6000 de l'année à Port Stephen (Australie) et termine à la première place du classement général final du QS.

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Elle rejoint l'équipe de France pour les ISA World Surfing Games 2017 à Biarritz, où elle décroche la 2e place derrière sa compatriote Pauline Ado, devenant vice-championne du monde ISA. Elle est également championne du monde des nations avec l'équipe de France.

En 2018, elle remporte l'étape d'Uluwatu à Bali et enchaîne avec cinq quarts de finale consécutifs, terminant la saison à la 5e place mondiale.

Fin octobre 2019, elle se qualifie pour les Jeux Olympiques de Tokyo-2020 en atteignant les quarts de finale du Rip Curl Pro du Portugal. Elle termine la saison 2019 à la 8e place mondiale.

Après une année 2020 marquée par l'annulation des compétitions en raison de la pandémie de COVID-19, elle fait son retour sur la scène pro en décembre en participant au Maui Pro à Hawaii, où elle prend la 9e place. Elle signe ensuite trois quarts de finale consécutifs en Australie avant de se hisser en finale du Rip Curl Rottnest Search. Un mois plus tard, elle remporte le Surf Ranch Pro en Californie et s'installe à la deuxième place du classement mondial.

Aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020, elle est éliminée en 8es de finale. Elle se hisse en finale des play-offs disputée en Californie et prend la 4e place mondiale.

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En 2022, elle réalise une série de cinq 5e places consécutives sur le Tour, avant de remporter le G-Land Pro début juin. Elle enchaîne avec une finale au Brésil fin juin. Elle termine la saison régulière à la deuxième place et se qualifie pour la finale WSL en play-offs en Californie, où elle termine à la 3e place mondiale.

Blessée au pied, elle est forfait pour les trois premières étapes de la saison 2023. Elle fait son retour à la compétition en avril à Belle Beach (Australie). En mai 2023, elle est sélectionnée en équipe de France et participe aux World Surfing Games 2023 au Salvador. Elle obtient la 3e place en individuel et remporte la médaille d'argent par équipes.

Après une 9e place sur le Tahiti Pro, elle passe près d'un mois à s'entraîner sur le site olympique. Elle termine la saison 2023 à la 11e place mondiale et obtient une wild card de la WSL pour participer à la saison 2024 du Championship Tour. En fin d'année, elle rejoint l'Armée de Champions et devient la première surfeuse française à intégrer la marine nationale.

Elle débute la saison 2024 par une sélection en équipe de France pour les championnats du monde ISA à Porto Rico, où elle prend la 3e place de la finale dames. Elle remporte en mars la 6e victoire de sa carrière au Portugal, puis enchaîne avec une finale à Bell's Beach. Malgré une nouvelle élimination prématurée au Tahiti Pro, elle débarque en juillet à Tahiti avec la volonté de performer sur les Jeux Olympiques. En 8es de finale, elle sort sa compatriote et grande favorite Vahine Fierro avant de se débarrasser de la championne olympique américaine Carissa Moore en quarts. Elle s'incline en demi face à l'Américaine Caroline Marks mais remporte le match pour la médaille de bronze face à la Costaricienne Brisa Hennessy.

Elle termine la saison 2024 à la 6e place mondiale, réussissant le tour de force d'être dans le Top 10 mondial pour la 9e fois de sa carrière.

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La pause maternité: un choix réfléchi

En début de saison 2025, Johanne Defay avait déjà renoncé à l’épreuve d’ouverture du Lexus Pipe Pro pour soigner « quelques petites blessures ». De retour sur le World Tour lors de la deuxième étape à Abu Dhabi, elle avait été éliminée lors de la Night Session et son parcours s’était donc rapidement arrêté sur cette vague artificielle avec une 9ème place.

C'est dans ce contexte que Johanne Defay a annoncé sa grossesse et sa décision de mettre sa carrière entre parenthèses pour quelques mois. Cette annonce a été faite après sa qualification pour les quarts de finale de l'épreuve portugaise du championnat du monde de surf, marquant sa dernière manche sur le World Tour avant sa pause bébé.

« Comme je suis à trois mois, j’avais préparé cette sortie. Tout a été mûrement réfléchi et je suis super contente de l’avoir annoncé. Ma vie, ce sont les compétitions, donc il faut un minimum programmer ce type d’événement. Après, la nature fait le reste et on s’adapte. J’ai été soutenue par la WSL (World Surf League) et mes partenaires. Ça a été un long process à mettre en place pour que cette transition se passe bien. Comme je suis quelqu’un d’honnête, j’avais hâte d’annoncer cette nouvelle. J’étais dans une bulle, mais ces trois mois ont quand même été assez longs, ça devenait lourd à porter », a-t-elle confié à L’Equipe.

Cette décision est le fruit d'une réflexion profonde sur son avenir personnel et professionnel. Johanne Defay, issue d'une famille où les liens sont forts, aspire depuis plusieurs années à fonder sa propre famille. Elle ne souhaitait pas attendre la fin de sa carrière pour réaliser ce projet, estimant que le moment était venu.

« Oui quand même. Je viens d'une famille où on est justement très famille. Ma mère et ma soeur ont eu des enfants tôt. Donc depuis trois-quatre ans, je commençais à y penser. Vous ne vous voyiez pas attendre la fin de votre carrière pour ce projet familial ? Non, pas du tout. Je n'avais ni assez d'envie ni la motivation d'attendre plus longtemps. C'est pour moi je pense le bon moment. C'est aussi une volonté de montrer que c'est possible de le faire. Si je ne suis pas la première dans les athlètes de haut niveau, je suis la première dans le surf à dire qu'elle met sa carrière sur pause en raison d'une grossesse et qu'elle va revenir. Je me sens prête à relever le challenge », explique-t-elle.

Johanne Defay souhaite ainsi montrer qu'il est possible de concilier une carrière de sportive de haut niveau et une vie de famille. Elle s'inspire d'autres athlètes, comme Justine Dupont et Isabeau Courdurier, qui ont également mis leur carrière entre parenthèses pour devenir mères.

Un retour envisagé

Johanne Defay ne compte pas mettre un terme définitif à sa carrière de surfeuse professionnelle. Elle envisage un retour sur le circuit pro après son accouchement, avec l'objectif de retrouver son niveau et de continuer à performer.

« Oui ! Je dis que je vais revenir. Mais c'est facile aujourd'hui de mettre des mots et de poser une intention, après on verra si tout cela va se dérouler ainsi ou pas. Il y a forcément des incertitudes. Peut-être que dans un an je n'aurais plus du tout envie d'y retourner (sur le circuit pro). Si ma carrière doit s'arrêter demain, je serai contente par rapport à ce que j'ai accompli. J'ai envie de vivre ce que peut être la compétition avec un enfant. Sur le Tour, j'ai vu plusieurs hommes le faire et ça fait rêver. En revanche, de toute ma carrière, je n'ai vu aucune femme le faire dans le surf. C'est une chose complexe », confie-t-elle.

Elle est consciente des défis que représente le fait de devenir mère tout en restant une athlète de haut niveau, mais elle se sent prête à relever ce challenge. Elle souhaite prouver qu'il est possible de concilier les deux, et elle espère inspirer d'autres jeunes femmes à suivre son exemple.

L'accouchement étant prévu pour le mois d'août, Johanne Defay envisage un retour sur le circuit pro en janvier 2026 pour la nouvelle saison. Cependant, elle estime qu'elle sera probablement prête plutôt pour la mi-saison 2026. Elle devra négocier avec la WSL pour obtenir une certaine flexibilité.

La médaillée de bronze des derniers Jeux Olympiques de Paris est assurée par le règlement de revenir au sein de l’élite la saison prochaine après cette pause. Son principal contrat avec O’Neill (son sponsor planche) a également été signé après qu’elle ait tenu au courant la marque de son désir d’enfant. Une garantie là-aussi de revenus avant de retrouver le plus haut niveau et les prize money liés aux compétitions, une source de revenus non négligeable dans l’univers du surf.

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