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Suppositoires après césarienne : indications et prise en charge

L'accouchement, qu'il se déroule par voie basse ou par césarienne, peut entraîner diverses complications pour la mère. Parmi celles-ci, les affections ano-rectales, telles que les thromboses hémorroïdaires et les fissures anales, sont relativement fréquentes. Cet article se propose d'examiner les indications des suppositoires dans le contexte post-césarienne, en tenant compte des spécificités de cette période et des traitements disponibles.

Affections ano-rectales post-partum : un aperçu

Un nombre significatif de femmes développent des lésions anales après l'accouchement. Il s’agit essentiellement de thromboses hémorroïdaires (TH) et de fissures anales (FA), pouvant être responsables d’un inconfort majeur ou de douleurs importantes. Bien que le diagnostic soit généralement aisé et les traitements principalement médicaux, de nombreuses patientes connaissent des retards de diagnostic et reçoivent des traitements inadaptés.

Fissures anales : facteurs de risque et traitement

Les études montrent que la constipation terminale est un facteur de risque majeur de survenue d’une FA dans le post-partum, avec un risque multiplié par 5,7 chez les patientes souffrant de dyschésie pendant cette période. Certains éléments reflétant le traumatisme de l’accouchement peuvent également favoriser la survenue d’une FA.

Le traitement des fissures anales est essentiellement médical. Il vise à soulager rapidement les symptômes et à favoriser la guérison des lésions. Il associe une régulation du transit intestinal (traitement de la constipation par des laxatifs osmotiques, huileux ou des mucilages) à des topiques lubrifiants et cicatrisants du canal anal, tels que les suppositoires et les pommades. En cas d’échec du traitement médical après 6 à 8 semaines, un traitement chirurgical peut être envisagé.

Thromboses hémorroïdaires : incidence et facteurs favorisants

La thrombose hémorroïdaire est une autre complication fréquente du post-partum. Les études prospectives montrent une incidence variable, allant de 12 % à 34 %, selon le moment de l’examen proctologique après l’accouchement. À l’hôpital Bichat, une étude a révélé que 7,9 % des femmes étaient porteuses d’une THE durant le troisième trimestre de grossesse et 20 % dans le post-partum.

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Plusieurs facteurs peuvent favoriser la survenue d’une thrombose hémorroïdaire, notamment les accouchements traumatiques avec forceps, une durée d’expulsion prolongée et une macrosomie fœtale. La césarienne semble, au contraire, protéger de cette pathologie. Le principal facteur sur lequel il est possible d’agir est la dyschésie, qui est le facteur favorisant prépondérant de la THE.

Place des suppositoires dans le traitement des affections ano-rectales post-césarienne

Les suppositoires peuvent jouer un rôle important dans le traitement des affections ano-rectales post-césarienne, notamment pour soulager la douleur et favoriser la cicatrisation. Ils peuvent contenir différents principes actifs, tels que :

  • Des anesthésiques locaux, pour soulager la douleur et l’inconfort.
  • Des corticoïdes, pour réduire l’inflammation et l’œdème.
  • Des cicatrisants, pour favoriser la régénération des tissus.
  • De la glycérine, pour faciliter l’évacuation des selles en cas de constipation.

Précautions d’emploi et contre-indications

Il est important de prendre certaines précautions lors de l’utilisation de suppositoires après une césarienne :

  • Respecter la posologie indiquée par le médecin ou le pharmacien.
  • Introduire délicatement le suppositoire dans l’anus, en position allongée sur le côté.
  • Se laver les mains avant et après l’administration du suppositoire.
  • Signaler tout effet indésirable au médecin ou au pharmacien.

Certains suppositoires sont contre-indiqués dans certaines situations, notamment en cas d’allergie à l’un des composants, de saignements rectaux importants ou d’infection locale. Il est donc essentiel de demander l’avis d’un professionnel de santé avant d’utiliser un suppositoire.

Médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et allaitement

Les prescriptions médicamenteuses chez ces patientes doivent toujours être prudentes à cause du potentiel risque tératogène ou du passage dans le lait maternel.

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En cas de douleur, si le paracétamol est insuffisant, les anti-inflammatoires non stéroïdiens, tels l’ibuprofène ou le kétoprofène, sont parfaitement autorisés. En effet, on sait, et c’est vérifié, que très peu de ce médicament va passer dans le lait maternel; bien moins que si une mère donnait elle même un anti-inflammatoire à son bébé.

Constipation post-césarienne : prévention et traitement

La constipation est un problème fréquent après une césarienne, favorisée par le ralentissement du transit intestinal dû à l’intervention chirurgicale et à la prise de médicaments antalgiques. Pour prévenir la constipation, il est conseillé de :

  • Boire suffisamment d’eau (au moins 1,5 litre par jour).
  • Consommer des aliments riches en fibres (fruits, légumes, céréales complètes).
  • Pratiquer une activité physique régulière, adaptée à l’état de santé de la mère.
  • Mettre les pieds sur un tabouret lorsqu’on est assis aux toilettes : les genoux doivent être positionnés au-dessus du bassin. Dans cette position physiologique, le rectum et l’anus sont dans l’axe.

Si la constipation persiste, des laxatifs peuvent être prescrits par le médecin. Il existe différents types de laxatifs, tels que les laxatifs de lest, les laxatifs osmotiques, les laxatifs lubrifiants et les laxatifs stimulants. Les suppositoires à la glycérine peuvent également être utilisés pour déclencher la défécation par contraction du rectum.

Autres complications post-césarienne à surveiller

Outre les affections ano-rectales et la constipation, d’autres complications peuvent survenir après une césarienne, telles que :

  • Les infections, qui peuvent affecter les cicatrices (de l’utérus, des muscles abdominaux ou de la peau) ou les voies urinaires.
  • Les troubles de la coagulation sanguine, tels que la phlébite ou l’embolie.
  • Les hémorragies tardives au niveau de l’utérus.
  • La dépression du post-partum, qui touche 13 % des accouchées.

Il est donc essentiel de surveiller attentivement l’état de santé de la mère après une césarienne et de consulter un médecin en cas de symptômes inquiétants.

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