Introduction
Le diabète gestationnel (DG) est une forme de diabète qui se développe pendant la grossesse chez une femme qui n'avait pas de diabète auparavant. Il est important de le diagnostiquer et de le gérer, car il peut avoir des conséquences sur la santé de la mère et du bébé. L'établissement Jeanne de Flandre offre une gamme de services pour accompagner les femmes enceintes atteintes de diabète gestationnel, allant du dépistage à l'éducation thérapeutique, en passant par des conseils sur l'alimentation et le mode de vie.
Qu'est-ce que le diabète gestationnel ?
Le diabète gestationnel est défini comme une intolérance au glucose qui apparaît ou est détectée pour la première fois pendant la grossesse. Les hormones produites pendant la grossesse peuvent interférer avec l'action de l'insuline, l'hormone qui aide le glucose à pénétrer dans les cellules pour être utilisé comme énergie. Lorsque l'insuline ne fonctionne pas correctement, le glucose s'accumule dans le sang, entraînant une hyperglycémie.
Dépistage et diagnostic
Le dépistage du diabète gestationnel est généralement effectué entre la 24e et la 28e semaine de grossesse. Il consiste en un test de glycémie après l'ingestion d'une solution glucosée. Si le résultat de ce test est anormal, un test de tolérance au glucose plus poussé est réalisé pour confirmer le diagnostic. Au Centre hospitalier régional universitaire de Lille, toutes les femmes enceintes présentant au moins un facteur de risque de DG bénéficient d'un dépistage utilisant la méthode de référence selon les directives nationales françaises.
Facteurs de risque
Certains facteurs augmentent le risque de développer un diabète gestationnel, notamment :
- L'âge maternel avancé
- L'obésité ou le surpoids
- Les antécédents familiaux de diabète
- Les antécédents personnels de diabète gestationnel lors d'une grossesse précédente
- L'appartenance à certains groupes ethniques (Afro-américains, Hispaniques, Amérindiens, Asiatiques)
- Le groupe sanguin : des études ont montré que les femmes du groupe AB rhésus positif ont un risque plus élevé de développer un diabète gestationnel.
Complications potentielles
Si le diabète gestationnel n'est pas correctement géré, il peut entraîner des complications pour la mère et le bébé.
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Pour la mère :
- Pré-éclampsie : une complication grave de la grossesse caractérisée par une hypertension artérielle et la présence de protéines dans l'urine.
- Accouchement prématuré
- Césarienne
- Risque accru de développer un diabète de type 2 ultérieurement
Pour le bébé :
- Macrosomie (bébé de grande taille), ce qui peut entraîner des difficultés lors de l'accouchement
- Hypoglycémie (faible taux de sucre dans le sang) à la naissance
- Détresse respiratoire
- Risque accru d'obésité et de diabète de type 2 plus tard dans la vie
- Hypoxie
Prise en charge du diabète gestationnel à Jeanne de Flandre
Jeanne de Flandre propose une prise en charge complète du diabète gestationnel, comprenant :
Éducation thérapeutique
L'éducation thérapeutique est un élément essentiel de la prise en charge du diabète gestationnel. Elle vise à aider les patientes à comprendre leur maladie, à acquérir les compétences nécessaires pour contrôler leur glycémie et à adopter un mode de vie sain. L'équipe pluridisciplinaire de Jeanne de Flandre anime des séances d'éducation thérapeutique pour aider les femmes à :
- Comprendre ce qu'est le diabète gestationnel et ses conséquences
- Utiliser un lecteur de glycémie et contrôler leur glycémie
- Planifier des repas équilibrés et adaptés à leurs besoins
- Pratiquer une activité physique régulière
- Gérer leur traitement, si nécessaire
Suivi médical
Les femmes atteintes de diabète gestationnel bénéficient d'un suivi médical régulier tout au long de leur grossesse. Ce suivi comprend :
- Des consultations avec un obstétricien, un endocrinologue et une sage-femme
- Des contrôles réguliers de la glycémie
- Des échographies pour surveiller la croissance du bébé
Conseils diététiques
Une alimentation équilibrée est essentielle pour contrôler la glycémie pendant la grossesse. Jeanne de Flandre propose des consultations avec une diététicienne pour aider les femmes à :
- Planifier des repas équilibrés et adaptés à leurs besoins
- Choisir des aliments à faible indice glycémique
- Limiter la consommation de sucres et de graisses saturées
- Gérer leur poids
En cas de prise de poids excessive, il est possible de rencontrer une diététicienne en contactant le 03 20 44 64 55.
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Activité physique
L'activité physique régulière est bénéfique pour la santé de la mère et du bébé. Elle peut aider à contrôler la glycémie, à améliorer la circulation sanguine et à réduire le stress. Jeanne de Flandre encourage les femmes enceintes à pratiquer une activité physique modérée, comme la marche, la natation ou le yoga prénatal.
Les bienfaits d'une activité sportive poursuivie pendant la grossesse sont démontrés :
- Pour la mère : diminution du risque d’hypertension artérielle, de diabète gestationnel, moins de césariennes et d’accouchements instrumentaux, bien-être psycho-social
- Pour l’enfant : amélioration des capacités de mémorisation et d’apprentissage, amélioration de l’interaction mère-enfant, protège le bébé contre l’obésité et les désordres métaboliques
Traitement médicamenteux
Dans certains cas, une alimentation et une activité physique adaptées ne suffisent pas à contrôler la glycémie. Il peut alors être nécessaire de recourir à un traitement médicamenteux, tel que l'insuline. L'insuline est généralement administrée par injections sous-cutanées ou à l'aide d'une pompe à insuline. L'augmentation des doses est adaptée.
Cas particuliers : Diabète insipide gestationnel
Le diabète insipide (DI) durant la grossesse est rare (4/100 000 grossesses) et survient généralement aux deux derniers trimestres. Il peut s’agir d’un DI antérieur, révélé par la grossesse, ou d’un DI gestationnel.
Deux cas illustrent cette situation :
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- Une patiente de 32 ans, enceinte de 33 semaines d’aménorrhée (SA), consultant pour un syndrome polyuropolydipsique (SPUPD) à 4L/j (osmolalité plasmatique:290 mOsm/kg et urinaire:220 mOsm/kg). Le MINIRIN® per os a été mis en place à 33 SA, améliorant nettement le SPUPD. L’accouchement s’est déroulé sans complication à 39 SA.
- Une patiente de 25 ans, avec une grossesse gémellaire, présentant un SPUPD progressif à 32 SA avec aggravation à 37 SA (7l/j, osmolalité plasmatique: 300 mOsm/kg et urinaire: 200 mOsm/kg). Ceci survenant dans un contexte de pré éclampsie sans anomalie du bilan hépatique justifiant la réalisation d’une césarienne en urgence.
Dans les deux cas, les autres causes de SPUPD ont été éliminées et l’IRM hypophysaire était normale. Ces cas illustrent un DI gestationnel, répondant au MINIRIN pour l’une, dans un contexte de pré éclampsie pour l’autre, avec résolution spontanée du SPUPD en post-partum. Le lien entre pré éclampsie sans atteinte hépatique et DI est controversé. Dans le cas d'un diabète insipide préexistant, il faut envisager une augmentation de 30 % du traitement substitutif dès le début de la grossesse.
Conseils supplémentaires pour une grossesse sereine à Jeanne de Flandre
Éviter les substances toxiques
Les 1000 premiers jours de la vie (la durée de la grossesse jusqu’aux 2 ans de l’enfant) sont une période déterminante pour la santé de l’enfant. Il est donc crucial d'éviter les substances toxiques.
- Tabac : La Cellule Addiction et Périnatalité de Jeanne de Flandre propose des consultations de tabacologie avec une Sage-femme pour aider les femmes enceintes à arrêter de fumer.
- Alcool, cannabis et autres substances : La Cellule Addiction et Périnatalité accompagne les femmes tout au long de leur grossesse et au-delà afin d’accueillir leur enfant dans un environnement le plus serein possible.
Préserver son environnement
Il est important de faire attention aux produits utilisés pendant la grossesse et après la naissance de bébé.
- Cosmétiques : Il est conseillé de se renseigner sur les cosmétiques à utiliser pour soi et pour son bébé (vernis, maquillage, parfums, lingettes…).
- Infections : Il est important d'éviter les infections pendant la grossesse. Si vous êtes en contact avec de jeunes enfants, il est recommandé de se laver les mains après les avoir changés ou après les avoir mouchés. Il est préférable de ne pas les embrasser sur la bouche, ni de partager leurs couverts.
Vaccinations
Pendant la grossesse, il est recommandé de se faire vacciner contre :
- La coqueluche entre 20 et 36 semaines d’aménorrhée même si vous avez été vaccinée récemment
- La COVID 19, en période épidémique
- La grippe saisonnière en période épidémique
- Le VRS, de septembre à janvier (une alternative possible est l’immunisation de votre nouveau né à la naissance par l’injection d’immunoglobulines).
Alimentation
Il est important d'avoir une alimentation équilibrée pendant la grossesse et d'éviter les polluants dans l'assiette. Si vous n’êtes pas immunisée contre la toxoplasmose, vous trouverez une liste de recommandations.
Acupuncture
L’acupuncture est une médecine alternative qui peut améliorer certains maux de la grossesse (douleurs lombaires et pelviennes, nausées…). Il est possible de bénéficier de séances d’acupuncture auprès d’un médecin ou d’une sage femme.
Recherche et innovation à Jeanne de Flandre
Les chercheurs du CHU de Lille contribuent à améliorer les connaissances scientifiques autour des 1000 premiers jours de la vie d’un enfant (Mode de vie, Bien être, Prévention, Education, Réduction de l’exposition aux toxiques). Ils viennent d’être labellisés par un jury international. Le site internet du projet FEES (femmes enceintes environnement et santé) propose des informations complémentaires.
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