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Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) et Pré-éclampsie : Enjeux Médicaux et Éthiques

Introduction

La pré-éclampsie est une complication grave de la grossesse, caractérisée par une hypertension artérielle et la présence de protéines dans l'urine. Elle peut survenir après 20 semaines de grossesse et met en danger la santé de la mère et de l'enfant. Dans certains cas, une interruption volontaire de grossesse (IVG) peut être envisagée pour protéger la vie de la mère, mais cette décision est complexe et soulève des questions éthiques et légales, particulièrement dans des contextes législatifs restrictifs.

Pré-éclampsie : Définition et Risques

La pré-éclampsie est une affection spécifique de la grossesse qui se manifeste par une hypertension artérielle (tension artérielle ≥ 140/90 mmHg) associée à une protéinurie (présence de protéines dans l'urine). Elle peut évoluer vers une éclampsie, caractérisée par des convulsions, et entraîner des complications graves telles que l'œdème pulmonaire, l'insuffisance rénale, l'accident vasculaire cérébral (AVC) et la mort maternelle ou fœtale. En cas d’hypertension artérielle préexistante, la pré-éclampsie est quatre à cinq fois plus fréquente.

Pré-éclampsie surajoutée

La pré-éclampsie surajoutée survient chez les femmes présentant déjà une hypertension chronique avant la grossesse. La prise en charge de ces patientes est délicate. Faut-il déclencher l’accouchement à partir de 34 semaines d'aménorrhée (SA) comme pour les pré-éclampsies sévères, ou se contenter d’une surveillance intra ou extra hospitalière jusqu’à 37 SA, comme pour les pré-éclampsies modérées ? Les patientes du groupe PE surajoutée sont souvent plus âgées, plus souvent multipares et d’origine afro-américaine. Elles présentent une durée d’hospitalisation plus longue et un risque accru d’œdème pulmonaire.

IVG et Pré-éclampsie : Dilemme Thérapeutique

Dans les cas de pré-éclampsie sévère, l'accouchement est souvent la seule option thérapeutique pour protéger la vie de la mère. Cependant, si la grossesse est trop précoce, l'accouchement peut entraîner la mort du fœtus ou des complications graves pour le nouveau-né. Dans ces situations, une IVG peut être envisagée, mais cette décision est encadrée par des lois différentes selon les pays et les états.

L'exemple de Deborah Dorbert

L'histoire de Deborah Dorbert illustre les difficultés rencontrées par les femmes enceintes confrontées à des complications médicales graves dans des contextes législatifs restrictifs. Deborah Dorbert a découvert lors d'une échographie à 24 semaines que son fœtus n'avait pas de reins et qu'elle ne possédait presque pas de liquide amniotique. Les médecins ont confirmé que son bébé ne survivrait pas et que sa propre santé était en danger. Cependant, en raison de la loi de l'État de Floride sur l'avortement, elle n'a pas pu interrompre sa grossesse et a dû porter son bébé jusqu'à son terme. Elle a accouché d'un petit garçon, baptisé Milo, qui s'est battu pour respirer pendant quelques minutes avant de mourir.

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Conséquences psychologiques

Cette expérience a eu des conséquences psychologiques désastreuses pour Deborah Dorbert, qui a souffert de dépression et d'anxiété. Elle a témoigné de sa douleur et de sa colère face à une loi qui l'a obligée à porter un enfant condamné, mettant sa propre vie en danger. Son histoire met en lumière les conséquences néfastes des lois restrictives sur l'avortement pour les femmes confrontées à des complications médicales graves pendant la grossesse.

Prévention de la prématurité après IVG tardive ou accouchement très prématuré

Les patientes présentent un avortement tardif ou un accouchement très prématuré dans 2-3 % des grossesses. Leur prise en charge lors d’une grossesse ultérieure doit rechercher une infection, une cause fœtale (aneuploïdie, syndrome polymalformatif, mort in utero) ou une pathologie de type vasculaire (pré-éclampsie, RCIU, mort in utero). Chez les femmes ayant dans leurs antécédents un avortement tardif ou un accouchement très prématuré, plusieurs thérapeutiques préventives de la prématurité sont aujourd’hui proposées. La principale cause de prématurité est l’infection ascendante à partir de la cavité vaginale. Le cerclage ou le pessaire a pour but de mieux isoler la cavité utérine. Leur efficacité a été validée chez les patientes où la mesure répétée de la longueur du col utérin par échographie endovaginale montre un col<25mm. La mise en évidence en début de grossesse d’une vaginose et son traitement par Dalacine® semble réduire significativement le risque de prématurité. Enfin, l’administration systématique de progestérone par voie intramusculaire ou vaginale en début de 2e trimestre a également fait la preuve de son efficacité dans plusieurs études randomisées.

FIV et risque de pré-éclampsie

Une étude a révélé un risque plus élevé de pré-éclampsie et d’hypertension dans les grossesses obtenues après le transfert d’embryons qui avaient été congelés. Le risque s’est avéré significativement plus élevé pour les femmes ayant subi des traitements hormonaux de substitution afin de préparer l’utérus à l’implantation. Les effets potentiellement néfastes sur les pathologies vasculaires de doses élevées et prolongées de traitements hormonaux substitutifs utilisés pour préparer l’utérus à l’implantation d’embryons congelés-décongelés.

Cas clinique : Pré-éclampsie à 28 SA

Mme T. est reçue en consultation à 28 SA et 3 jours, sans suivi régulier de sa grossesse. Elle présente des antécédents de deux IVG médicamenteuses, d’hépatite B et de phlébite. L’examen clinique révèle une pression artérielle élevée (159/92 mmHg), une protéinurie+++, des leucocytes+ et des œdèmes des membres inférieurs. L’échographie montre un fœtus au 6e percentile et une quantité normale de liquide amniotique. La patiente est hospitalisée pour pré-éclampsie.

Prise en charge

La pression artérielle est contrôlée par un traitement per os par labétalol et une corticothérapie prénatale est réalisée. La patiente reste stable sous surveillance rapprochée. En cas de douleurs abdominales intenses, une complication grave comme un hématome rétroplacentaire doit être évoquée.

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tags: #ivg #après #pré #éclampsie

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