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La zoophilie : Nommer et comprendre une réalité complexe

La zoophilie, un sujet délicat et souvent ignoré, désigne la pratique sexuelle entre les animaux et les humains. Cet article vise à explorer les différentes facettes de ce phénomène, allant de sa définition et de sa prévalence à ses implications légales et éthiques.

Définition et terminologie

Le terme "zoophile" est construit à partir des éléments grecs "-phile" signifiant "qui aime" et "zoo" désignant les animaux. Il peut désigner une personne qui aime les animaux, mais dans un contexte sexuel, il se réfère à une personne qui éprouve une attirance sexuelle envers les animaux.

Selon l'article "-PHILE, -PHILIE,, élém. formants"-PHILE, -PHILIE, élém. formants-phile élém. empr. au gr. ς «ami», entre dans la constr. de mots (souvent adj. et subst.) appartenant soit à la lang. commune et qualifiant ou désignant l'amateur ou le sympathisant de ce que désigne le 1erélém., soit à la lang. sav. et qualifiant ou désignant celui ou ce qui présente une disposition à, ou une affinité avec ce que désigne le 1erélém. -philie élém. empr. au gr. ς «ami», entre dans la constr. de subst. fém. désignant un goût, une tendance, une affinité et, éventuellement l'activité (bibliophilie, cartophilie) ou la présence (éosinophilie, neutrophilie) de celui ou de ce qui les détient. Lorsque le terme corresp. en -phile est att., le terme en -philie est souvent considéré comme dér. du premier (v. basophilie, colombophilie, neutrophilie).

Prévalence et manifestations

La zoophilie est une réalité souvent méconnue. Fin 2019, l’association Animal Cross a rédigé un rapport intitulé « La zoophilie : les animaux, les nouveaux sex toys » pour dénoncer cette maltraitance et les souffrances infligées aux animaux victimes de prédateurs sexuels. Avec l’aide d’un lanceur d’alerte et le soutien de différents acteurs du monde juridique, scientifique et politique, l’association alerte sur le manque de répression de cette pratique répandue sur internet.

Grâce à des outils statistiques, l’association révèle l’étendue du phénomène. Le nombre de visionnages de vidéos zoophiles sur internet est édifiant. Les sites pornographiques spécialisés dans la zoophilie totaliseraient environ 1,6 million de visites mensuelles en France. Sont exclus les sites pornographiques dits classiques qui comportent des rubriques consacrées aux animaux.

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Anil Aggrawal, professeur de médecine légale à New Delhi, a réalisé, en 2011, une classification des zoophiles. Ainsi, le niveau 1 concerne les personnes ayant des fantasmes zoophiles sans passer à l’acte. La consommation massive de la zoo-pornographie s’adresse principalement au voyeur zoophile de cette catégorie. Le niveau 2 s’applique aux personnes dites tactiles puisque leur excitation se concrétise par un contact des animaux. Le niveau 3 vise les personnes ayant des rapports sexuels avec des animaux.

Facilitant la prise de contact et la mise en relation de zoophiles parfois isolés, Internet favorise le passage à l’acte dans l’indifférence la plus totale via petites annonces, forums et certains réseaux sociaux. De façon assumée, ces sites permettent aux zoophiles d’échanger, de rechercher et de proposer des animaux pour des activités de nature sexuelle. L’association recense, grâce aux indicateurs de trafic, environ 10 000 personnes actives sur ces sites de rencontres.

Une étude brésilienne, parue dans The Journal of Sexual Medicine, a révélé que près de 35 % des hommes interrogés dans certaines régions rurales ont reconnu avoir eu des relations sexuelles avec un ou plusieurs animaux. L'étude a également mis en évidence une préférence pour certains animaux, tels que les juments, les ânesses, les mules, les chèvres, les poules, les veaux, les vaches, les chiens et chiennes, les moutons et brebis, cochons et truies.

Motivations et justifications

En effet, la plupart des zoophiles justifient leurs actes en revendiquant une relation amoureuse avec les animaux. Pour eux, la zoophilie est une orientation sexuelle comme une autre. En ce sens, le philosophe australien Peter Singer, défenseur de l’antispécisme (1), estime que la zoophilie dérangerait la plupart d’entre nous dans la mesure où cette pratique nous rabaisserait à l’animal. Selon lui, « la zoophilie menace l’idée de notre supériorité sur les animaux ». Il aborde alors le sujet du consentement de l’animal.

Cependant, la zoophilie est bien une pratique fondée sur la domination de l’homme sur l’animal. En effet, les victimes ciblées sont les animaux domestiques. Le profil du partenaire animal est sélectionné selon les « projets » du zoophile. L’animal doit être suffisamment docile pour ne pas être dangereux en cas de violence.

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Statut légal et répression

La zoophilie est illégale dans de nombreux pays, dont la France. Le code pénal définit, dans son article 521-1, la maltraitance sexuelle comme « le fait, publiquement ou non, d’exercer des sévices graves, ou de nature sexuelle (…) envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité » (2). La zoophilie est punie de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende.

Pour cela, à la demande de l’association et à l’instar de la députée Muriel Marland-Militello, le député de la majorité, Dimitri Houbron devrait déposer prochainement une proposition de loi dans laquelle il consacrera une partie sur le renforcement de la répression des sévices sexuels commis sur les animaux. Sa première disposition vise à réprimer la production et la diffusion, quel qu’en soit le support, d’une représentation à caractère zoophilique. Également, il propose d’inclure la zoopornographie aux articles 227-23 et 227-24 du code pénal relatifs au visionnage d’images pornographiques par un mineur et aux contenus pédopornographiques.

La deuxième disposition interdit, quant à elle, l’exploitation, directe ou indirecte, de l’activité zoophile. La dernière disposition consacre un article distinct dédié à l’interdiction des sévices graves ou actes de cruauté à caractère sexuel envers un animal, et un autre article pour y préciser sa définition. À ce titre, des sévices graves ou un acte de cruauté à caractère sexuel envers un animal sont constitués « sans nécessaire condition de violence, contrainte, menace ou surprise. » Cette définition s’aligne avec la position de la Cour de Cassation. Cette dernière avait confirmé, en 2007, un arrêt de la cour d’appel prononçant la condamnation d’un homme en raison de « l’existence de sévices de nature sexuelle du seul acte de sodomie, sans avoir aucunement constaté la violence, la brutalité ou les mauvais traitements avec lesquels le prévenu aurait commis l’infraction.

Les atteintes sexuelles sur un animal domestique, apprivoisé ou tenu en captivité sont punies de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende. Les soins médicaux et d'hygiène nécessaires ainsi que les actes nécessaires à l'insémination artificielle ne peuvent être considérés comme des atteintes sexuelles. Ces peines sont portées à quatre ans d'emprisonnement et à 60 000 euros d'amende lorsque les faits sont commis en réunion, en présence d'un mineur ou par le propriétaire ou le gardien de l'animal.

En cas de condamnation du propriétaire de l'animal ou si le propriétaire est inconnu, le tribunal statue sur le sort de l'animal, qu'il ait été ou non placé au cours de la procédure judiciaire. Le tribunal peut prononcer la confiscation de l'animal et prévoir qu'il sera remis à une fondation ou à une association de protection animale reconnue d'utilité publique ou déclarée, qui pourra librement en disposer. Les personnes physiques coupables des infractions prévues au présent article encourent également les peines complémentaires d'interdiction, à titre définitif, de détenir un animal et d'exercer une activité professionnelle ou sociale dès lors que les facilités que procure cette activité ont été sciemment utilisées pour préparer ou commettre l'infraction.

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Rôle du vétérinaire et détection de la maltraitance

Cependant, la constatation de dommages physiques par le vétérinaire est nécessaire pour détecter la maltraitance sexuelle de l’animal. Ces lésions physiques peuvent concerner les parties génitales mais aussi celles atteintes du fait que l’animal se débatte ou soit maintenu. Toutefois, la violence peut ne pas être visible et les atteintes psychologiques de l’animal ne sont pas mesurables pour l’instant. Les vétérinaires jouent donc un rôle essentiel dans la protection de l’animal et la santé publique.

Les articles L242-1 et R242-33 du code rural et de la pêche maritime prévoient que le vétérinaire est tenu au secret professionnel. Tel que défini dans l’article 226-13 du code pénal et confirmé par le code de déontologie de la profession vétérinaire, le secret professionnel peut être levé en cas de sévices sexuels.

Implications pour la santé

L'étude brésilienne mentionnée précédemment suggère un lien entre la zoophilie et le cancer du pénis. Les auteurs avancent deux hypothèses : le contact fréquent avec les muqueuses animales et les microbes qui les peuplent, et les microtraumatismes causés par l'insertion du pénis dans des orifices non adaptés.

La zoophilie sur Internet

Internet a facilité le développement de la zoophilie en permettant aux individus de se connecter, de partager des contenus et de rechercher des animaux. Animal Cross souligne qu'une manière simple de diminuer le visionnage de ces films serait que les moteurs de recherche cessent de les référencer et que les hébergeurs arrêtent de les accueillir sur leurs serveurs.

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