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IVG Médicamenteuse : Déroulement, Étapes et Informations Essentielles

L'interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse est une option pour les femmes qui souhaitent interrompre une grossesse non désirée. En France, l'IVG est un droit acquis depuis 1975, et l'IVG médicamenteuse représente une part importante des IVG réalisées. Cet article détaille le déroulement de l'IVG médicamenteuse, les étapes à respecter, les examens médicaux, les complications potentielles, et répond aux questions fréquemment posées.

Consultation Initiale et Information

Lorsque votre décision d’avorter est prise, vous devez prendre rendez-vous avec un professionnel de santé (médecin ou sage-femme). Il peut s’agir d’un professionnel exerçant en cabinet de ville, en centre de santé, en centre de santé sexuelle (ex-centre de planification ou d’éducation familiale) ou en établissement de santé. Le rendez-vous peut se dérouler en présentiel, ou en téléconsultation (si celle-ci vous est proposée).

Lors de cette consultation, le soignant vous informe sur les différentes méthodes d’interruption de grossesse. Il répond à toutes vos questions. Le professionnel de santé n’est pas là pour vous juger, vous n’avez pas besoin de vous justifier. Il doit vous fournir un certificat de première demande d’IVG qu’il peut rédiger sur papier libre.

Lors de ce premier rendez-vous avec le médecin ou la sage-femme, vous recevrez toutes les informations nécessaires sur l’IVG (méthodes, lieux et délais de réalisation, présentation des différents temps, des risques et effets secondaires possibles) et un dossier-guide reprenant ces différentes informations vous sera remis. Si le professionnel de santé consulté ne pratique pas lui-même l’IVG, il doit vous en informer immédiatement et vous orienter vers un professionnel qui pratique l’IVG.

La demande d’IVG se fait en deux temps :

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  • Le premier temps correspond à la consultation d’information.
  • Le deuxième temps correspond à la remise de votre consentement écrit de demande d’avortement au médecin ou à la sage-femme.

Il n’existe plus de délai de réflexion minimal entre le premier et le deuxième temps. Ils peuvent avoir lieu au cours d'une seule et même consultation. Vous prenez le temps de réflexion que vous jugez nécessaire pour votre décision, en tenant compte du délai légal pour la réalisation de l’IVG (14 semaines de grossesse).

Lors de ce deuxième temps vous choisissez votre méthode d’IVG, ainsi que son lieu de réalisation. Il s'agit également d'un moment privilégié avec le médecin ou la sage-femme pour décider de la méthode contraceptive à mettre en place après l’IVG, si vous en avez besoin, et pour réaliser ou vous faire prescrire, si tel est votre choix, un dépistage des infections sexuellement transmissibles, dont l’infection par le VIH, ainsi qu’un dépistage du cancer du col de l’utérus.

Examens Médicaux et Consultations

Le soignant procède à un examen clinique : poids, tension artérielle, palpation du ventre. On vous fait une prise de sang avec un bilan classique : l’hémoglobine, les plaquettes et les Béta HCG (hormone de la grossesse). On vous dosera à nouveau les Béta HCG 48 heures après pour vérifier qu’il y a bien une grossesse évolutive en cours. Ces Béta HCG seront de nouveau dosés après l’IVG pour être certain de l’efficacité de cette méthode. De même, après l’IVG, on dosera l’hémoglobine et les plaquettes pour voir si vous n’êtes pas anémiée ce qui peut arriver si vous avez trop saigné pendant l’IVG.

Vous devez faire une échographie pour que l’on puisse dater la grossesse.

Avant l’IVG plusieurs examens peuvent être réalisés pour confirmer le diagnostic de grossesse et déterminer l’âge de celle-ci. L’âge gestationnel de la grossesse est principalement déterminé par l’interrogatoire et l’examen clinique mais une échographie peut également être réalisée ou une prise de sang pour doser les β-hCG. D’autres examens sanguins sont réalisés afin :

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  • De déterminer votre groupe sanguin afin de vous proposer une injection d’immunoglobulines anti-D si nécessaire.
  • De permettre la réalisation d’une anesthésie générale dans le cas d’une IVG instrumentale si c’est votre choix.

Avant l’IVG, vous pourrez aussi effectuer si vous le souhaitez un dépistage du VIH et des autres IST ainsi qu’un examen de dépistage du cancer du col de l’utérus si vous n’êtes pas à jour de celui-ci (dépistage à réaliser tous les 3 ans entre 25 et 30 ans puis tous les 5 ans jusqu’à 65 ans).

Après l’IVG, les examens médicaux ont pour objectif de vérifier que la grossesse est bien interrompue. En plus de l’examen clinique qui peut être réalisé, si la consultation est en présentiel, le médecin ou la sage-femme pourra vous proposer de réaliser une prise de sang pour doser les β-hCG ou une échographie.

Tous ces examens et consultations sont pris en charge à 100% par l’Assurance maladie sans aucune avance de frais, que vous soyez majeure ou mineure.

Consultation Psycho-Sociale

Si vous êtes mineure, en plus des deux consultations, vous devez effectuer un entretien psycho-social. En effet, il est obligatoire pour les mineures. Vous pouvez également en bénéficier si vous êtes majeure et que vous en ressentez le besoin.

La consultation psycho-sociale est systématiquement proposée et obligatoirement réalisée pour les femmes mineures. Elle se déroule entre les deux temps préalables à l’IVG. Si vous êtes majeure et n’avez pas souhaité le réaliser à cette étape de la procédure vous avez la possibilité de le réaliser par la suite à n’importe quelle étape de la procédure d’IVG.

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Au cours de cette consultation, il vous sera proposé un accompagnement social et psychologique. Vous pouvez demander un rendez-vous en présentiel, ou à distance (si cela vous est proposé) pour cette consultation. Elle a lieu avec un professionnel qualifié, au choix :

  • dans un centre de santé sexuelle (anciennement centre de planification ou d’éducation familiale),
  • dans un Espace vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS),
  • dans un service social ou autre organisme agréé.

Après une interruption de grossesse, que vous soyez majeure ou mineure, le professionnel de santé qui a pratiqué l’IVG vous propose d’avoir recours à un entretien psycho-social. Cet entretien n’est pas obligatoire.

Déroulement de l'IVG Médicamenteuse

L’IVG médicamenteuse est une méthode d’avortement qui peut se pratiquer jusqu’à la fin de la 7ème semaine de grossesse, soit 9 semaines après le début des dernières règles. L’IVG médicamenteuse est pratiquée par un ou une médecin ou sage-femme d’un cabinet de ville, d’un centre de santé, ou d’un centre de planification ayant signé une convention avec un établissement de santé.

Elle consiste à prendre deux comprimés prescrits par votre médecin ou sage-femme. Cette méthode est possible jusqu’à 7 semaines de grossesse.

La méthode de l’IVG médicamenteuse consiste à provoquer une fausse couche en prenant 2 médicaments différents : la mifépristone (MYFEGINE) qui interrompt le développement de la grossesse et le misoprostol (GYMISO) qui provoque l’expulsion de la grossesse.

Première Étape : Prise de la Mifépristone

C’est la première prise de médicament, la Mifépristone. Il est pris par voie orale en présence du professionnel de santé qui pratique l’IVG médicamenteuse. Ce premier médicament interrompt la grossesse en bloquant l’action de la progestérone (hormone nécessaire au maintien de la grossesse). Ce médicament favorise aussi les contractions de l’utérus et l’ouverture du col de l’utérus.

Ce médicament débute l’interruption de la grossesse. Il est pris soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation. Il bloque l’action de l’hormone nécessaire au maintien de la grossesse (la progestérone), favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin.

Après cette première étape, des saignements plus ou moins importants peuvent survenir. Ces derniers ne signifient pas que la grossesse est arrêtée. Il est donc indispensable de se rendre à la consultation suivante. Dans certains cas exceptionnels, l’œuf est évacué à ce stade. Quand l’œuf est expulsé, il est possible que vous le voyez.

Dès cette première étape, vous pouvez avoir des saignements et des douleurs plus ou moins importants, mais la plupart du temps les symptômes commencent après la prise du 2d médicament.

Bon à savoir : Les saignements ne sont pas le signe que la grossesse est arrêtée. Il est donc indispensable de prendre le 2e médicament.

Le premier comprimé : rôle et effets :

  • bloque l’action de l’hormone (la progestérone) et arrête la grossesse ;
  • favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin ;
  • provoque des saignements plus ou moins importants.

Deuxième Étape : Prise du Misoprostol

C’est la seconde prise de médicament, le Misoprostol. On le prend 36 à 48 heures après la Mifépristone. La prise du Misoprostol, par voie orale, peut s’effectuer en consultation ou à votre domicile. Ce second médicament augmente les contractions et provoque l’interruption de grossesse.

Elle a lieu dans un délai de 24 à 48 heures après la prise du premier médicament. Ce médicament est pris soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation, soit au cours d’une courte hospitalisation. Il augmente les contractions et provoque l’IVG.

Dans 60 % des cas, l’avortement se produit dans les 4 heures suivant la prise du Misoprostol et dans 40 % des cas, cela survient dans les 24 à 72 heures après la prise. Néanmoins, il reste toujours un taux d’échec. Dans ces cas là, il faut passer sur une interruption volontaire de grossesse par aspiration.

Dans 60 % des cas, l’évacuation de l’œuf intervient dans les 4 heures suivant la prise du misoprostol et dans 40 % des cas dans les 24 à 72 heures.

Le second comprimé : rôle et effets :

  • augmente les contractions ;
  • déclenche l’expulsion de l’œuf ;
  • provoque des contractions utérines plus ou moins douloureuses qui ressemblent à celles des règles ou plus intenses. Ces douleurs sont atténuées par un antalgique ;
  • peut occasionner certains effets secondaires : nausées, vomissements, diarrhées ;
  • entraîne des saignements, quelques heures après ou plus tardivement. Ces saignements durent généralement une dizaine de jours, ils s’arrêtent d’eux-mêmes. Ils sont très importants le jour de la prise du comprimé mais diminuent ensuite.

Bon à savoir: l’expulsion de l’œuf se fait dans les 4 heures suivant la prise du deuxième comprimé dans 60 % des cas. Dans 40 % des cas, l'expulsion a lieu dans les 24 à 72 heures.

Gestion de la Douleur et des Saignements

Les contractions de l’utérus induisent des douleurs qui ressemblent à celles des règles, parfois plus fortes, et qui peuvent être réduites grâce à la prise d’antalgiques. Parfois, les douleurs peuvent causer des nausées voire des vomissements. Des saignements peuvent parfois se produire très vite après la prise du Misoprostol, parfois plus tardivement.

Pratiquer une IVG par médicaments peut entraîner des douleurs plus ou moins fortes et qui sont très variables selon les femmes. Ces douleurs sont liées aux contractions que fait l’utérus pour expulser l’œuf. Le rapport à la douleur est variable selon les femmes et pour une même femme selon les situations. Des anti-douleurs (antalgiques de la famille des anti inflammatoires non stéroïdiens couplet avec des anti-douleurs de niveau 2 disponible eux sur ordonnance) sont prescrits systématiquement par le ou la médecin ou sage-femme qui suit l’IVG et la prise de ces cachets est recommandée en prévention de la douleur 30 mn avant la prise de misoprostol.

Les saignements de la patiente lors d’une interruption de grossesse médicamenteuse peuvent survenir entre 30mn et 3 jours après la prise de médicament. Dans la grande majorité des cas, ils surviennent dans les 2 à 4 heures après la prise du 2ème médicament, le misoprostol. Dans 5% des cas, ces saignements surviennent dès la prise de la mifépristone (prévoir des protections menstruelles dès ce moment). La prise de misoprostol est toujours nécessaire car il peut rester des résidus de grossesse qu’il est important d’évacuer.

Les saignements qui s’ensuivent, plus ou moins importants peuvent durer de 10 à 20 jours. Ils sont comparables ou plus abondants que les règles, plus épais avec des caillots (qui proviennent de la muqueuse utérine). Leur abondance dépend du stade de la grossesse et sont souvent plus abondants après 7 SA (semaines d’aménorrhées) c’est-à-dire 5 semaines de grossesse. On peut parfois voir une boule blanche gélatineuse qui correspond à l’œuf appelé aussi le sac ovulaire dans les saignements.

S’il n’y a pas de saignement à 24h, il faut contacter le ou la médecin ou sage-femme pour avoir une appréciation de la situation. Si aucun saignement ne se déclenche après 24h, il faut reconsulter sans attendre.

Quand Consulter en Urgence

Quand vous effectuez une interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse à la maison, il y a des motifs de consultation aux urgences : des saignements vraiment trop importants (vous changez votre protection « super plus de nuit » toutes les deux heures voire moins pendant une durée de 4 heures) et/ou des malaises avec des pertes de connaissance. Dans tous les cas, le professionnel de santé qui pratique l’IVG médicamenteuse doit rester joignable.

Un ou plusieurs de ces signes doit vous amener à consulter rapidement un professionnel de santé ou un service d’urgence gynécologique.

Il peut arriver dans certains cas, que des complications surviennent parfois jusqu’à 1 mois après l’IVG. Ces complications peuvent se présenter sous formes de symptômes d’infection (fièvre à 38°qui dure plus de 24h après la prise de misoprostol), des douleurs différentes de celles des règles, des pertes inhabituelles en couleur et odeur. Il peut survenir également des effets indésirables (douleurs, fièvre, vomissements, diarrhées, maux de tête, vertiges, malaises, frissons et bouffées de chaleur) insoutenables et/ou qui persistent plus de 24h. Dans ce cas, la femme doit se rendre aux urgences avec la fiche de liaison IVG que la personne professionnelle de santé lui a donné.

Visite de Contrôle

La visite de contrôle s’effectue 14 à 21 jours après la première prise de médicament. Cette visite est absolument nécessaire pour vérifier que la grossesse est interrompue et s’assurer de l’absence de complication.

Après une IVG médicamenteuse, une consultation de suivi avec le médecin ou la sage-femme est nécessaire afin de s’assurer que la méthode a fonctionné et qu’il n’y a pas de complications.

La visite de contrôle chez le médecin ou la sage-femme : rôle et déroulement :

  • confirme que la grossesse est bien interrompue grâce à un examen médical et/ou une échographie ou un examen sanguin ;
  • vérifie l’absence de complications liées à l’IVG médicamenteuse ;
  • évoque si nécessaire les moyens contraceptifs les plus adaptés à votre situation.

L’interruption de la grossesse est généralement contrôlée par un examen médical (palpation de l’utérus) qui comprend aussi le poids et la tension artérielle. On complète cet examen médical avec une prise de sang qui permet le dosage des Béta HCG (hormone de la grossesse) et/ou une échographie pour vérifier la vacuité utérine et donc l’expulsion de l’œuf.

Le contrôle de l’efficacité de l’IVG médicamenteuse est indispensable car il existe entre 1 à 5% d’échec et ou de complications. Ce contrôle peut se faire par une échographie de contrôle ou par une prise de sang de dosage d’hormones de grossesse (Bêta HCG). Le résultat de cette prise de sang sera encore positif même si l’IVG a fonctionné.

La vérification du fonctionnement de l’IVG médicamenteuse peut se faire par comparaison des dosages BHCG pré et post IVG. Lorsque le taux de Bêta HCG (dosage d’hormones de grossesse dans le sang), est inférieur à 2000 mUI/ml 2 semaines après l’IVG cela veut dire que l’avortement à fonctionné. Si le taux de Bêta HCG est supérieur au taux initial : la grossesse est évolutive et l’ivg par médicament n’a pas fonctionné.

Complications Possibles

Les événements indésirables immédiats les plus fréquents et non inquiétants sont des douleurs pelviennes, des saignements et parfois des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée).

Complications Rares

Les complications sont très rares. Il peut s’agir d’une infection ou d’une hémorragie, pour lesquelles le/la professionnelle de santé vous aura expliqué les signes devant vous faire consulter en urgence :

  • fièvre (température supérieure à 38°C),
  • importantes pertes de sang,
  • fortes douleurs abdominales
  • malaise.

Le risque principal d’une IVG médicamenteuse est le risque d’hémorragie.

Questions Fréquentes

Existe-t-il un délai de réflexion à respecter entre les étapes ?

La loi du 2 mars 2022 acte la fin de tout délai de réflexion imposé en matière d’avortement. En effet, toute femme est libre de choisir le délai qu’elle souhaite se laisser entre les différentes étapes préalables à l’IVG. Autrement dit, si elle le souhaite, elle peut choisir de réaliser le temps d’information et le temps de recueil du consentement au cours d’une seule et même consultation. Par ailleurs, si elle choisit de réaliser une consultation psycho-sociale, il n’y a pas de délai minimal obligatoire entre celui-ci et la réalisation de l’IVG qu’elle soit majeure ou mineure.

Ai-je le choix entre plusieurs méthodes pour avorter ?

Il existe deux méthodes pour interrompre la grossesse : médicamenteuse ou instrumentale. Jusqu’à la 7e semaine de grossesse, soit 9 semaines après le début des dernières règles, vous avez le choix entre les deux méthodes. Au-delà et jusqu’à la 14e semaine de grossesse, soit 16 semaines après le 1er jour des dernières règles, la méthode instrumentale est privilégiée. Si l’avancement de la grossesse vous permet de choisir entre les deux méthodes, cette décision est prise en concertation avec le médecin ou la sage-femme qui réalisera l’IVG. Vous avez également la possibilité d’en parler avec tout professionnel de santé (médecin généraliste, gynécologue, sage-femme, infirmière …) ou encore avec une conseillère conjugale.

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