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La maladie de Huntington : Définition génétique et perspectives thérapeutiques

Introduction

La maladie de Huntington (MH) est une affection neurodégénérative héréditaire qui entraîne des troubles moteurs, cognitifs et psychiatriques progressifs. Elle est causée par une mutation génétique spécifique. Cet article explore la définition génétique de la maladie de Huntington, son impact sur les patients et les familles, et les avancées thérapeutiques prometteuses, notamment dans le domaine de la thérapie cellulaire et génique.

Définition génétique de la maladie de Huntington

La maladie de Huntington est une maladie génétique autosomique dominante, ce qui signifie qu'une seule copie du gène muté suffit à provoquer la maladie. Le gène responsable, appelé HTT, code pour la protéine huntingtine. La mutation consiste en une expansion anormale d'une séquence de répétitions CAG (cytosine-adénine-guanine) à l'intérieur du gène HTT. Le nombre de répétitions CAG est variable d'une personne à l'autre, mais un nombre supérieur à 39 répétitions entraîne le développement de la maladie.

Les personnes atteintes de la maladie de Huntington ont donc hérité d'un gène HTT muté de l'un de leurs parents. Chaque enfant d'une personne atteinte a un risque de 50 % d'hériter du gène muté et de développer la maladie.

Symptômes et progression de la maladie

Les symptômes de la maladie de Huntington apparaissent généralement à l'âge adulte, entre 30 et 50 ans, mais peuvent survenir plus tôt (forme juvénile) ou plus tard. Les symptômes varient d'une personne à l'autre, mais les manifestations les plus courantes comprennent :

  • Troubles moteurs : mouvements involontaires (chorée), rigidité, lenteur des mouvements, troubles de l'équilibre et de la coordination.
  • Troubles cognitifs : difficultés de concentration, de mémoire, de planification et de prise de décision.
  • Troubles psychiatriques : dépression, irritabilité, anxiété, troubles obsessionnels compulsifs, psychose.

La maladie de Huntington est une maladie progressive, ce qui signifie que les symptômes s'aggravent avec le temps. La durée de la maladie varie, mais elle est généralement de 15 à 20 ans après l'apparition des premiers symptômes.

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Diagnostic de la maladie de Huntington

Le diagnostic de la maladie de Huntington repose sur une combinaison d'éléments :

  • Antécédents familiaux : La présence de cas de maladie de Huntington dans la famille est un élément important.
  • Examen clinique : Le médecin évalue les symptômes moteurs, cognitifs et psychiatriques du patient.
  • Tests génétiques : Un test sanguin permet de déterminer le nombre de répétitions CAG dans le gène HTT. Un nombre supérieur à 39 répétitions confirme le diagnostic de la maladie de Huntington.
  • Imagerie cérébrale : L'IRM cérébrale peut montrer une atrophie du striatum, une région du cerveau particulièrement touchée par la maladie de Huntington.

Dans le cas de la maladie de Huntington, lorsqu'une personne est atteinte, il est certain que son parent transmet la maladie. Par conséquent, un individu atteint est lui-même un futur malade. Cela souligne l'importance du conseil génétique et du dépistage pour les personnes ayant des antécédents familiaux de la maladie.

Prise en charge de la maladie de Huntington

Il n'existe actuellement aucun traitement curatif pour la maladie de Huntington. La prise en charge vise à soulager les symptômes et à améliorer la qualité de vie des patients. Elle repose sur une approche multidisciplinaire impliquant des neurologues, des psychiatres, des kinésithérapeutes, des orthophonistes, des ergothérapeutes et des travailleurs sociaux.

Les médicaments peuvent être utilisés pour contrôler les mouvements involontaires, la dépression, l'anxiété et les autres troubles psychiatriques. La kinésithérapie et l'ergothérapie peuvent aider à maintenir la mobilité, la coordination et l'autonomie. L'orthophonie peut améliorer la communication et la déglutition.

Perspectives thérapeutiques : thérapie cellulaire et thérapie génique

La recherche sur la maladie de Huntington est active et plusieurs approches thérapeutiques prometteuses sont en cours de développement, notamment la thérapie cellulaire et la thérapie génique.

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Thérapie cellulaire

La thérapie cellulaire consiste à remplacer les neurones endommagés dans le cerveau des patients atteints de la maladie de Huntington par de nouvelles cellules saines. Plusieurs types de cellules peuvent être utilisés, notamment :

  • Neurones fœtaux : Des neurones prélevés sur des embryons issus d'interruptions volontaires de grossesse (IVG) peuvent être transplantés dans le cerveau des patients. Des études cliniques ont montré que cette approche peut améliorer les symptômes moteurs de la maladie de Huntington.
  • Cellules souches pluripotentes : Les cellules souches pluripotentes ont la capacité de se différencier en n'importe quel type de cellule du corps, y compris les neurones. Elles peuvent être obtenues à partir d'embryons ou par reprogrammation de cellules adultes (cellules souches pluripotentes induites). L'utilisation de cellules souches pluripotentes présente l'avantage de pouvoir produire des quantités illimitées de neurones pour la transplantation.

Une étude expérimentale et clinique a été menée parallèlement sur la greffe de neurones fœtaux pour le traitement de la chorée de Huntington, une maladie neurodégénérative génétique de l’adulte aboutissant à la démence qui est très mal prise en charge, et pour laquelle il n’existe actuellement aucune thérapie. Une série de cinq patients a fait l’objet d’implantations bilatérales en deux périodes (juin 96-décembre 97, janvier 98-octobre 98). Après une greffe bilatérale, on a pu noter une amélioration, que l’on peut chiffrer de 30 à 40 % de l’état antérieur dans la majorité des cas, se traduisant par une réduction des périodes de blocage, une amélioration des capacités motrices et une modification des dyskinésies, le tout sans effets secondaires majeurs.

Thérapie génique

La thérapie génique vise à corriger le défaut génétique responsable de la maladie de Huntington. Plusieurs approches sont en cours de développement, notamment :

  • Silencing génique : Cette approche consiste à bloquer l'expression du gène HTT muté, empêchant ainsi la production de la protéine huntingtine anormale.
  • Correction génique : Cette approche consiste à modifier directement le gène HTT muté pour le ramener à sa forme normale.

Depuis avril 1998, l’équipe du docteur PESCHANSKI expérimente une technique de thérapie génique déjà validée chez les primates : elle consiste dans l’administration d’un facteur de protection des neurones par implantation de cellules génétiquement modifiées et encapsulées dans un polymère, afin d’éviter les réactions immunitaires. Ce procédé a permis d’utiliser, dans un premier temps, des cellules de hamster. Les xénogreffes soulevant pour l’instant un problème de principe, l’expérimentation se poursuit maintenant avec des fibroblastes humains (cellules du tissu conjonctif).

Une forme de thérapie génique très répandue utilise, pour délivrer une substance potentiellement thérapeutique (par exemple « neuroprotectrice »), des cellules d’origines et de phénotypes divers, modifiées génétiquement ex vivo puis implantées. Dans le cas des maladies neurodégénératives, l’implantation intracérébrale de ces cellules rejoint ainsi totalement la problématique de la thérapie cellulaire. On peut imaginer -et il s’agit d’une voie de recherche existante- de modifier des neurones fœtaux pour les implanter chez des patients chez lesquels ils joueraient, ainsi, en même temps, un rôle de substitution et un rôle neuroprotecteur.

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Considérations éthiques

La recherche sur la maladie de Huntington, en particulier la thérapie cellulaire et génique, soulève des questions éthiques importantes. L'utilisation de cellules fœtales issues d'IVG est un sujet de débat, et il est essentiel de respecter les directives éthiques et légales en vigueur. La thérapie génique soulève également des questions sur la sécurité et les effets à long terme des modifications génétiques.

Conformément au protocole établi en 1990 par le CCNE, l’accord de la mère sur un prélèvement éventuel à des fins scientifiques ou médicales est recueilli par écrit, par les obstétriciens et non par les neurologues. Une information plus précise sur l’utilisation des prélèvements peut être fournie sur demande de la patiente.

Impact psychologique et social de la maladie de Huntington

La maladie de Huntington a un impact profond sur les patients et leurs familles. Les symptômes moteurs, cognitifs et psychiatriques peuvent entraîner une perte d'autonomie, des difficultés relationnelles et une diminution de la qualité de vie. Les familles sont confrontées à des défis émotionnels, sociaux et financiers importants.

Le diagnostic de la maladie de Huntington peut être particulièrement difficile pour les personnes ayant des antécédents familiaux de la maladie. Elles peuvent se sentir coupables de transmettre le gène muté à leurs enfants. Le conseil génétique et le soutien psychologique sont essentiels pour aider les personnes et les familles à faire face aux défis de la maladie de Huntington.

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