Loading...

Analyse des chiffres économiques et des enjeux liés aux maladies post-partum en France

Introduction

La période périnatale, s'étendant de la fin de la grossesse aux premiers mois de la vie du nourrisson, est une phase cruciale où le bien-être de l'enfant et son développement émotionnel et cognitif sont déterminés par de nombreux facteurs. En France, cette période est marquée par des défis spécifiques, notamment en ce qui concerne la santé mentale des mères et les inégalités territoriales. Cet article se penche sur les chiffres économiques alloués à la périnatalité, les indicateurs de santé, les causes et les solutions envisagées pour améliorer la situation.

Les investissements dans la périnatalité

Les moyens alloués à la politique de périnatalité sont en constante augmentation en France, atteignant 9,3 milliards d’euros en 2021, soit une augmentation de 9% par rapport à 2016. Malgré ces investissements croissants, la natalité recule, avec une baisse de 5,3% sur la même période.

Indicateurs de santé périnatale : une performance mitigée

Malgré les investissements importants, les principaux indicateurs de santé périnatale en France révèlent une performance médiocre par rapport aux autres pays européens. Le taux de mortinatalité (part d’enfants nés sans vie) est l’un des plus élevés d’Europe, s’établissant à 3,8‰ de 2015 à 2020, sans diminution notable depuis 2000. La mortalité néonatale (décès au cours des 28 premiers jours de vie) atteint 2,7‰, plaçant la France au 22e rang sur 34 pays européens.

Mortalité maternelle : une cause préoccupante, le suicide

En France, une jeune mère se suicide tous les trois semaines, soit environ 17 chaque année, selon le 7e rapport de l’ENCMM. Le suicide constitue ainsi la première cause de mortalité maternelle dans l’année suivant l’accouchement. Cette tendance est d’autant plus inquiétante qu’elle est en hausse en France, contrairement à la majorité des pays européens où ce type de mortalité diminue depuis 2000.

Facteurs de risque et inégalités

Plusieurs facteurs de risque contribuent à la survenue de problèmes de santé mentale périnatals, notamment :

Lire aussi: L'importance des comptines à la maternelle

  • Les risques périnataux importants et en progression, liés au surpoids maternel, à une prise de poids inadaptée pendant la grossesse, aux consommations à risque des femmes enceintes, aux grossesses tardives (après 35 ans), à la prématurité et au faible poids à la naissance (moins de 2 500 grammes).
  • La précarité des mères, qui semble s’aggraver, avec un peu moins d’accouchements couverts par l’Assurance maladie et davantage de mères en situation irrégulière disposant de l’Aide médicale d’État (AME) et de mères sans abri.
  • Certaines pathologies maternelles en cours de grossesse et en post-partum, telles que les troubles liés à l’hypertension et le diabète gestationnel, sont en augmentation.

Inégalités territoriales et sociales

Le rapport de Santé Publique France met en évidence des situations hétérogènes entre les territoires, avec une dégradation dans les départements et régions d’Outre-mer (DROM). En effet, les DROM présentent un taux de mortalité maternelle quatre fois plus élevé qu’en métropole, un taux de mort-nés 1,5 fois plus élevé et un taux de mortalité néonatale deux fois plus élevé. De plus, les femmes migrantes présentent une mortalité plus élevée que celles nées en France, en particulier pour les femmes nées en Afrique subsaharienne.

Une femme sur trois (34 %) présentait au moins un critère de vulnérabilité socio-économique versus 22 % dans la population globale des parturientes.

Troubles mentaux périnatals : un problème de santé publique

Aujourd’hui, une femme sur 5 et un homme sur 10 présente des symptômes de dépression pendant la période périnatale. On parle souvent des troubles post-partum, mais 40% des troubles se manifestent dès la période anténatale. Il existe encore une très forte stigmatisation de la dépression autour de la grossesse, qui est perçue comme une faiblesse. A cause de cela, les parents en difficulté hésitent à demander de l’aide.

Les pathologies psychiatriques périnatales ne se limitent pas exclusivement aux mères, elles peuvent également affecter d’autres membres de la famille, comme le 2nd parent ou les autres enfants du couple.

Sans une prise en charge précoce et adaptée, cela peut avoir un impact significatif sur la santé mentale des parents. Reconnaître et accompagner ces difficultés, promouvoir une vision positive des soins en santé mentale, et encourager l’implication des sage-femmes ou des gynécologues-obstétriciens sont des impératifs.

Lire aussi: Chiffres en Grande Section : le guide

Solutions et recommandations

Face à ces constats, plusieurs pistes d’amélioration sont envisagées :

  • Renforcer la prévention et la promotion de la santé périnatale, en particulier dans les territoires les plus défavorisés.
  • Améliorer l’accès aux droits et aux soins, notamment pour les femmes en situation de précarité et les femmes migrantes.
  • Déployer un plan d’action national pour mieux prendre en compte et traiter les problèmes de santé mentale chez les mères.
  • Mettre en place un dépistage systématique des troubles mentaux périnatals, dès la période anténatale.
  • Renforcer l’offre de soins en psychiatrie périnatale, en proposant un soutien aux familles pendant la grossesse et les premières années de vie de l’enfant.
  • Allonger la durée du congé paternité, afin de favoriser une implication équitable des deux parents pendant les 1000 premiers jours de l’enfant.
  • Informer le public sur les enjeux de la santé mentale périnatale et libérer la parole sur cette question.
  • Soutenir les proches des jeunes parents, en leur proposant des échanges entre pairs et des rencontres avec des professionnels de santé.

Structures et professionnels de santé vers qui se tourner

En première ligne, les sage-femmes, les gynécologues, les médecins généralistes et les pédiatres sont des points de contact essentiels. Ils doivent être en mesure d’initier des discussions sur ces sujets avec tous les futurs parents, qu’ils aient des facteurs de risques identifiés ou non.

Les psychologues et les psychiatres spécialisés dans la périnatalité sont également des ressources importantes. Les services de psychiatrie périnatale offrent des traitements spécialisés et adaptés à cette phase de vie.

Ressources d’auto-aide

Dans le cadre du projet européen “PATH: Pathways to improving perinatal mental health”, plusieurs contenus pédagogiques ont été mis à disposition du public, notamment une brochure d’information, un livret BD « Devenir papa » pour accompagner les pères, un MOOC « Santé mentale périnatale au cours des 1000 premiers jours » destiné aux professionnels du champ sanitaire, médico-social ou social, mais ouvert à tout public et un podcast « PATH » sur le bien être des (futurs) parents au travail.

Les jeunes parents peuvent également se tourner vers des associations comme Maman Blues, qui prodigue écoute, conseils et soutien aux parents en difficulté.

Lire aussi: Activités pour apprendre les chiffres en maternelle

tags: #chiffres #economiques #maladies #post #partum #France

Articles populaires:

Share: