L'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG), un droit acquis en France depuis 1975, permet à chaque femme enceinte d'avorter si elle le souhaite. Ce droit fondamental offre aux femmes la possibilité de disposer de leur corps et de prendre des décisions éclairées concernant leur santé reproductive. L'IVG peut être réalisée par deux méthodes principales : médicamenteuse et instrumentale (par aspiration). Cet article se concentre sur l'IVG par aspiration et ses effets secondaires, en particulier les nausées.
Les Méthodes d'IVG : Médicamenteuse et Instrumentale
Il existe deux méthodes principales pour réaliser une IVG :
- IVG médicamenteuse : Cette méthode consiste en la prise de deux médicaments à différents intervalles. Ces derniers ont pour effet d’interrompre la grossesse et d’expulser l’œuf. Elle peut être pratiquée jusqu’à la 7e semaine de grossesse (soit 9 semaines d'aménorrhée).
- IVG instrumentale (par aspiration) : Cette méthode est réalisée en établissement de santé, et dans certains centres de santé, jusqu'à 14 semaines de grossesse (soit 16 semaines d'aménorrhée). Elle consiste en l'introduction d’une canule souple de calibre adapté par le col de l’utérus pour aspirer le contenu de l’utérus.
Comparaison des Deux Méthodes
| Caractéristique | IVG Médicamenteuse | IVG Instrumentale |
|---|---|---|
| Délai | Jusqu'à 7 semaines de grossesse (9 semaines d'aménorrhée). | Jusqu'à 14 semaines de grossesse (16 semaines d'aménorrhée). |
| Professionnel | Médecin ou sage-femme. | Médecin, ou sage-femme sous certaines conditions. |
| Lieu | En cabinet, en centre de santé sexuelle, en centre de santé, en établissement de santé. | En établissement de santé, dans certains centres de santé. |
| Procédure | Prise de deux médicaments à 24-48h d’intervalle en présence du professionnel de santé (au sein du cabinet ou de la structure où exerce le professionnel ou lors d’une téléconsultation) ou seule à votre domicile. | Au cours d’une courte hospitalisation : introduction d’une canule souple de calibre adapté par le col de l’utérus pour aspirer le contenu de l’utérus. |
| Douleur | Pas d'anesthésie mais prescription d'anti-douleurs systématique. | Anesthésie locale ou générale selon votre souhait et en accord avec le professionnel de santé qui réalise l’intervention. En cas d’anesthésie générale il sera nécessaire de réaliser préalablement une consultation avec un médecin anesthésiste. |
| Durée Totale | Variable. A partir de la prise du second médicament la grossesse est évacuée dans les 4h dans environ 60% des cas. Dans 40% des cas l’évacuation de la grossesse aura lieu dans les 24 à 72h. | L’intervention est rapide et dure entre 15 et 20 minutes. Après l’intervention, il est nécessaire de rester sous surveillance quelques heures dans l’établissement ou le centre de santé. |
| Consultation Suivi | 14 à 21 jours après l’IVG pour s’assurer de l’efficacité de la méthode et de l’absence de complications. | 14 à 21 jours après l’IVG pour s’assurer de l’efficacité de la méthode et de l’absence de complications. |
| Taux de Succès | 95% | 99,7% |
| Effets Indésirables | Douleurs plus intenses que des douleurs de règles liées aux contractions utérines, généralement après la prise du second médicament. Possible troubles gastro-intestinaux. Saignements plus abondants que des règles habituelles pendant quelques jours. | Douleurs de règles liées aux contractions utérines après l’intervention. Saignements plus abondants que des règles habituelles à la suite de l’intervention pendant quelques jours. |
| Téléconsultation | Toutes les étapes sont réalisables en téléconsultation. | Les étapes préalables à l’IVG et la consultation de suivi sont réalisables en téléconsultation. |
Étapes de l'IVG par Aspiration
L'IVG instrumentale, ou par aspiration, se déroule généralement en plusieurs étapes :
- Consultation préalable : Cette consultation est essentielle pour confirmer la demande d'IVG, informer la patiente sur les différentes méthodes, évaluer les contre-indications éventuelles et réaliser un examen médical. Toutes les étapes préalables à l’IVG sont les mêmes quelle que soit la méthode.
- Entretien psychosocial (si nécessaire) : Pour les mineures et les femmes qui le souhaitent, un entretien psychosocial est proposé afin de les accompagner dans leur réflexion et de les orienter vers des soutiens adaptés.
- Deuxième consultation : La deuxième consultation s’effectue avec le médecin ou la sage-femme en charge de votre IVG. Si vous êtes mineure ou avez effectué un entretien psychosocial, c’est à ce moment que vous confirmez votre choix d’IVG.
- Intervention : L'intervention consiste en l'aspiration du contenu utérin à l'aide d'une canule introduite par le col de l'utérus. Elle se déroule sous anesthésie locale ou générale, selon le choix de la patiente et l'avis du professionnel de santé. L’intervention est rapide et dure entre 15 et 20 minutes. Après l’intervention, il est nécessaire de rester sous surveillance quelques heures dans l’établissement ou le centre de santé.
- Consultation de suivi : Une consultation de contrôle est programmée 14 à 21 jours suivant l’IVG pour s’assurer de l’efficacité de la méthode et de l’absence de complications.
Effets Secondaires et Complications Possibles de l'IVG par Aspiration
Comme toute intervention médicale, l'IVG par aspiration peut entraîner des effets secondaires et des complications, bien que ces dernières soient rares lorsque l'IVG est pratiquée dans des conditions sécurisées.
Effets Secondaires Fréquents
- Saignements : Des saignements plus abondants que des règles habituelles sont fréquents à la suite de l’intervention pendant quelques jours. Les saignements peuvent durer plus longtemps qu’une menstruation. Ils peuvent également être constitués de caillots. Les saignements peuvent disparaître un certain temps, puis reprendre, cela varie d’une femme à l’autre.
- Douleurs : Des douleurs de règles liées aux contractions utérines sont fréquentes après l’intervention.
- Désagréments hormonaux : Les symptômes de grossesse (fatigue persistante, nausées ou sensibilité des seins) disparaissent quelques jours après l’IVG.
- Tension mammaire et/ou engorgement : Si vous étiez enceinte depuis un certain nombre de semaines déjà, vos seins peuvent rester tendus et douloureux pendant quelque temps encore après l’intervention. Vous pouvez même souffrir d’un engorgement ou avoir des écoulements de lait.
Complications Rares
- Hémorragie : Des pertes très abondantes de sang peuvent être le signe d’une hémorragie.
- Infection : Une infection peut survenir si la grossesse n’a pas été totalement expulsée.
- Lésions utérines : Des lésions au niveau du col de l’utérus ou de la paroi utérine liées à l’intervention sont des complications très peu fréquentes.
- Complications liées à l'anesthésie : Des complications liées à l’anesthésie peuvent survenir (allergies aux produits d’anesthésie par exemple) tout comme pour toute autre intervention. Ces complications sont rares et la consultation d’anesthésie préopératoire permet de réduire considérablement ces risques.
Nausées
Bien que les nausées soient plus fréquemment associées à l'IVG médicamenteuse en raison de la prise de médicaments, elles peuvent également survenir après une IVG par aspiration. Plusieurs facteurs peuvent contribuer à ces nausées :
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- Anesthésie : L'anesthésie générale peut provoquer des nausées chez certaines patientes.
- Changements hormonaux : La diminution rapide des hormones de grossesse après l'IVG peut entraîner des nausées. Les symptômes de grossesse (fatigue persistante, nausées ou sensibilité des seins) disparaissent quelques jours après l’IVG.
- Stress et anxiété : L'IVG peut être une expérience stressante et anxiogène, ce qui peut également provoquer des nausées. Vivre un avortement peut être éprouvant.
Que faire en cas de nausées ?
Si vous ressentez des nausées après une IVG par aspiration, voici quelques conseils :
- Reposez-vous : Le repos peut aider à réduire les nausées.
- Hydratez-vous : Buvez de petites quantités d'eau ou de boissons claires régulièrement.
- Mangez légèrement : Évitez les aliments gras, épicés ou difficiles à digérer. Privilégiez les aliments fades comme les crackers, le pain grillé ou le riz.
- Prenez des médicaments anti-nauséeux : Si les nausées persistent, consultez votre médecin ou sage-femme.
Quand Consulter un Professionnel de Santé ?
Il est important de contacter rapidement le professionnel de santé qui vous a suivie pour l’IVG si vous présentez l’un ou plusieurs des symptômes/signes suivants :
- De la fièvre, avec une température supérieure à 38 °C.
- Des pertes très abondantes de sang (si vous devez changer de serviette hygiénique toutes les 30 minutes (serviette taille maxi) pendant plus de deux heures de suite).
- Un malaise.
- De très fortes douleurs abdominales qui persistent malgré la prise des antidouleurs.
- Si ces symptômes persistent au-delà de sept jours.
- Des douleurs différentes de celles des règles, des pertes inhabituelles en couleur et odeur.
- Des effets indésirables (douleurs, fièvre, vomissements, diarrhées, maux de tête, vertiges, malaises, frissons et bouffées de chaleur) insoutenables et/ou qui persistent plus de 24h.
Soutien Psychologique Après une IVG
Vivre un avortement n’est pas anodin. Et même après une décision réfléchie - même si vous l’avez décidé - il se peut que vous ressentiez une certaine tristesse voire une culpabilité après l’intervention. Après un avortement, certaines femmes peuvent se sentir libérées et apaisées. D’autres, au contraire, vivent plus ou moins bien cette période. Certains spécialistes parlent de syndrome post-IVG. Les hormones reviennent à leur état normal, ce qui peut entraîner un sentiment de tristesse, voire un état dépressif. Il se peut que vous vous sentiez seule. Votre entourage et votre famille vous semblent peu sensibles à ce qui vous arrive : « avorter, c’est tellement fréquent et tellement simple aujourd’hui !», vous répète-t-on. Il arrive également qu’un avortement bouleverse le couple. Votre compagnon ou votre époux vous écoute, mais vous sentez bien qu’il n’a pas vécu ce traumatisme dans sa chair. Votre sentiment de solitude en est renforcé. Le dialogue entre vous est devenu compliqué. Vous avez du mal à partager votre chagrin. Peut-être que vous vous rendez compte que vous auriez aimé qu’il souhaite garder le bébé… et vous lui en voulez.
Après une IVG, parler, se sentir écoutée et soutenue peut s'avérer essentiel. N’hésitez pas à vous confier à une personne de confiance ou à en parler avec un professionnel de santé ou un psychologue. Vous pouvez aussi contacter l’antenne du la plus proche de chez vous ou le numéro vert national "IVG, , sexualité" (par téléphone ou via le tchat) afin d’être orientée vers des associations légitimes et adéquates, et/ou vers un psychologue. Vous pouvez également vous rendre dans un centre de santé sexuelle ou un Espace vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS).
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