La pédiatrie française traverse une crise sans précédent, exacerbée par des décennies de négligence et des transformations sociologiques profondes. La Société Française de Pédiatrie (SFP), sous l'impulsion de figures comme Isabelle Desguerre, s'est mobilisée pour alerter les pouvoirs publics et proposer des solutions concrètes. Cet article explore les enjeux de cette crise, les travaux de recherche menés, et les pistes envisagées pour améliorer la santé des enfants en France.
Une Crise Profonde et Multifactorielle
Le 23 décembre 2022, le Président Emmanuel Macron a rencontré un groupe de huit soignants en pédiatrie, une rencontre qui souligne la gravité de la situation. Christèle Gras Le Guen (CGL), s'exprimant au nom de la SFP, a remercié le Président pour cette opportunité d'échanges directs, soulignant la gravité sans précédent de la situation. Elle a insisté sur l'hyper-crise dans les services hospitaliers et l'augmentation de la mortalité infantile entre 2012 et 2019, révélant un dysfonctionnement profond du système de santé de l'enfant, longtemps délaissé. L'expression consacrée « petits enfants = petites maladies = petits moyens » illustre ce manque d'investissement chronique.
Les modifications sociologiques post-COVID ont contribué au dysfonctionnement d'un système de soin devenu inadapté aux besoins de santé des enfants. La permanence des soins (PDS) constitue un écueil majeur, avec des services d'urgences saturés et des soignants épuisés. Les gardes sont devenues « insupportables », poussant certains à quitter leurs postes pour préserver leur équilibre familial. La sécurité des patients n'est plus toujours garantie.
État des Lieux de la Périnatalogie
La périnatologie est également touchée. Une enquête de 2022 auprès de 721 néonatologues français révèle que 80% travaillent plus de 50 heures par semaine, et 13% plus de 75 heures. Près de la moitié effectuent cinq gardes ou plus par mois, et 20% travaillent trois ou quatre week-ends par mois. Ces conditions de travail entraînent des troubles du sommeil chez près de la moitié des médecins interrogés et une insatisfaction quant à leur qualité de vie au travail pour plus de la moitié. Les motifs d'insatisfaction incluent le sentiment d'insécurité, un temps de travail excessif et une rémunération jugée insuffisante.
Les Propositions de la Société Française de Pédiatrie
Face à cette crise, la SFP a formulé plusieurs propositions pour améliorer la situation. CGL a salué la proposition du Ministre de la santé d'organiser des Assises de la santé de l'enfant, qu'elle co-préside avec M. Adrien Taquet. Ces Assises représentent une opportunité historique d'améliorer la santé des 0-18 ans. Elle a sollicité le soutien du Président pour que les propositions issues de ces Assises soient mises en œuvre rapidement.
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Les principales préoccupations soulevées par la SFP incluent :
- Manque d'attractivité pour les soignants : Pénurie d'infirmiers, de puéricultrices, d'aides-soignants, de kinésithérapeutes et de psychologues à l'hôpital, ainsi que de pédiatres et de médecins généralistes en ville.
- Défaut de reconnaissance des soins de l'enfant : Nécessité de reconnaître la vulnérabilité et les spécificités des besoins de l'enfant, tant en ville qu'à l'hôpital, notamment en matière de permanence des soins, de néonatalogie, de réanimation, de maladies rares et chroniques, de chirurgie pédiatrique et de pédopsychiatrie.
- Problème du suivi des enfants en ville : Difficultés d'accès à un pédiatre ou à un médecin traitant, PMI dépassées malgré leur rôle majeur dans la prévention.
- Formation des professionnels de santé : Nécessité d'une analyse des besoins par filières et par territoire pour améliorer la formation de l'ensemble des professions de santé.
La SFP a également souligné que la situation est critique dans d'autres disciplines pédiatriques, telles que la pédopsychiatrie, la chirurgie infantile et l'anesthésie pédiatrique.
Les Réponses du Gouvernement et les Pistes Envisagées
Le Président Macron a manifesté une écoute attentive et a reconnu la gravité de la situation. Il a proposé une première série de mesures d'urgence, non spécifiques à la pédiatrie, axées sur l'amélioration de la coopération inter-métiers et la promotion des Conseils Nationaux pour la Refondation (CNR) territoriaux pour assurer la permanence des soins et la coopération ville-hôpital. Il a insisté sur l'importance d'une dynamique humaine et de responsabilités collectives et partagées.
Le Président a également souligné que des mesures financières seules ne suffiraient pas à résoudre la crise, citant les mesures du Ségur de la santé, qui ont apporté un renfort financier significatif sans pour autant améliorer la situation de manière significative. Il a plaidé pour une rémunération sur des objectifs de santé populationnelle, prenant en compte la lourdeur des soins et le temps soignant passé, plutôt que sur la T2A (tarification à l'activité).
La seconde strate de réponses repose sur les travaux des Assises de la santé de l'enfant et sur la recherche de solutions pour retenir les soignants à l'hôpital et inciter ceux qui sont partis à revenir. Le Président a insisté sur la nécessité de créer un système qui a du sens collectivement et de limiter le recours à l'intérim. Il a également évoqué la question des logements et des transports, ainsi que la gestion des carrières. Il a proposé d'intégrer plus tôt la pratique dans la formation, sous la forme d'un compagnonnage.
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Enfin, le Président a annoncé des mesures pour janvier visant à apporter considération, reconnaissance et moyens aux soignants.
Les Travaux de Recherche d'Isabelle Desguerre et Leur Importance
Bien que l'extrait fourni ne détaille pas spécifiquement les travaux de recherche d'Isabelle Desguerre, il est clair que son expertise et son implication au sein de la Société Française de Pédiatrie sont cruciales pour comprendre et adresser la crise actuelle. Les recherches menées par Isabelle Desguerre et d'autres membres de la SFP sont essentielles pour :
- Identifier les causes profondes de la crise : Comprendre les facteurs qui contribuent à la pénurie de personnel, au manque de reconnaissance des soins pédiatriques et aux difficultés d'accès aux soins pour les enfants.
- Évaluer l'impact de la crise sur la santé des enfants : Mesurer les conséquences de la saturation des services d'urgence, des retards de diagnostic et de traitement, et du manque de suivi médical sur la morbidité et la mortalité infantile.
- Développer des solutions innovantes : Proposer des modèles d'organisation des soins plus efficaces, des outils de prévention adaptés aux besoins des enfants, et des stratégies pour améliorer la formation et les conditions de travail des professionnels de santé.
- Plaidoyer pour des politiques publiques favorables à la santé de l'enfant : Utiliser les résultats de la recherche pour sensibiliser les décideurs politiques et les inciter à investir dans la santé de l'enfant.
Les travaux de recherche d'Isabelle Desguerre, combinés à l'action de la SFP, jouent un rôle déterminant dans la transformation du système de santé de l'enfant en France.
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