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IRM Pédiatrique sous Anesthésie Générale: Protocoles et Alternatives

L'Imagerie par Résonance Magnétique (IRM) est un examen d'imagerie médicale crucial qui permet d'observer en coupe, en deux ou trois dimensions, des organes tels que le cerveau, le cœur, les muscles ou la moelle épinière. L'appareil d'IRM se compose d'un lit mobile qui coulisse dans un tunnel étroit contenant un puissant électro-aimant. Cet examen, bien que totalement indolore, peut être long et désagréable, notamment à cause du bruit généré par l'appareil.

Chez les enfants, en particulier ceux de moins de 5 ou 6 ans, la nécessité de rester immobile pendant une durée significative représente un défi majeur. Avant cet âge, l’enfant est souvent trop jeune pour comprendre le déroulement de l’examen et rester immobile. Pour pallier cette difficulté, différents protocoles sont mis en place, allant de la sédation à l'anesthésie générale.

Préparation à l'Examen

Informer l'enfant est une étape cruciale. S’il a bien compris la nécessité et le déroulement de l’examen, il coopère plus facilement. Plusieurs services d’imagerie médicale d’hôpitaux pédiatriques (d'abord à Lyon, puis à Robert Debré à Paris, à Nice…) ont mis en place des maquettes de l’appareil IRM pour expliquer à l’enfant son déroulement. L’enfant peut s’allonger, écouter les différents bruits de la machine, s’entraîner à ne pas bouger en étant filmé et voir ensuite sur un écran s’il a réussi à rester immobile ou non. On peut aussi “jouer à l’IRM” avec lui (grâce à des figurines par exemple) et l’entraîner à faire la « statue ».

Pour le confort de votre enfant, mettez-lui des vêtements faciles à enlever. Pour certains examens, une préparation spécifique est nécessaire (être à jeun, arriver à l’avance…).

Il est important de garder un contact par la parole avec l’enfant tout au long de l’examen pour le distraire ou le rassurer. Malgré une préparation adaptée, il arrive qu’un enfant soit trop agité pour rester immobile (c’est le cas parfois quand l’enfant a eu une mauvaise expérience lors d’un soin ou d’un examen dans le passé).

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Le Déroulement de l'Examen

Dans la salle, le.la manipulateur.trice installe votre enfant sur le lit mobile, dans la bonne position pour faire l’IRM : allongé le plus souvent, calé éventuellement avec des coussins pour être plus confortable. Le.la manipulateur.trice montre à votre enfant les solutions pour communiquer pendant tout l’examen : un micro, des hauts-parleurs et une sonnette, tenue en main par l’enfant, qu’il peut actionner en cas de problème. Grâce au haut-parleur, le.la manipulateur.trice prévient votre enfant chaque fois que l’appareil IRM va faire une image et donc faire du bruit : c’est ce qu’on appelle le lancement des séquences. Cela dure entre une et quatre minutes. Le médecin radiologue vous donne oralement les premiers résultats, parfois en vous les expliquant sur l’écran.

Alternatives à l'Anesthésie Générale: Le Simulateur d'IRM

Afin de rassurer les enfants avant leur installation sur la table d'IRM, on peut désormais les préparer en les faisant passer dans un simulateur qui reproduit les conditions d'examen. En pratique, il s'agit d'une fusée miniature et colorée, comportant un tunnel identique à un dispositif d'IRM, qui reproduit le bruit d'une vraie machine, et dans lequel on installe le jeune patient. On lui applique une antenne factice en lui demandant de rester immobile pendant trois minute pendant qu'on lui projette un dessin animé. L'expérience montre que, lorsqu'il arrive dans la salle d'examen, son appréhension a quasiment disparu et il se prête ainsi avec plus de docilité aux recommandations des professionnels. Les résultats d'un protocole de recherche, lancé par le Pr Pracros sur une population de 300 enfants de 3 à 10 ans concernant l'utilisation de ce prototype, ont évalué à plus de 87% le taux d'anesthésies générales évitées grâce à cette procédure. Le dispositif, fabriqué par la société Domed, et que l'on peut acquérir à hauteur de 25 000 €, installation et formation comprises, est déjà installé dans plusieurs centres hospitaliers français dédiés à la prise en charge pédiatrique. La Fondation Lenval, à Nice, est le dernier établissement à l'avoir adopté, en ce mois de janvier 2014.

Sédation

Une autre alternative est la sédation (appelée aussi prémédication), c’est à dire qu’il est un peu “endormi” grâce à un médicament (donné en sirop, en suppositoire ou par une piqûre) dans le but de le calmer ou de faciliter son endormissement. On peut aussi lui proposer de respirer un mélange gazeux (le MÉOPA) dans un masque pour le détendre et le soulager.

Anesthésie Générale: Protocole et Suivi

Lorsque la sédation ne suffit pas, l'anesthésie générale peut être envisagée. À l’Hôpital Américain de Paris, le protocole d’anesthésie pour les enfants autistes, comporte l’administration de clonidine, de propofol et/ou de sevoflurane. Pour la sécurité de votre enfant pendant l’examen, nous utilisons un dispositif de contrôle des voies aériennes (masque laryngé ou sonde trachéale) et nous assistons sa ventilation. La nouvelle salle d’IRM de l’Hôpital Américain de Paris est équipée d’un respirateur amagnétique.

Après vous être présentés à l’accueil de l’IRM, vous et votre enfant êtes conduits dans la salle de préparation. L’infirmière donne la prémédication. L’enfant est installé sur le brancard d’IRM après avoir retiré ses vêtements ainsi que tous les objets métalliques qu’il pourrait porter (bijoux, montre, lunettes, prothèses auditives et dentaires…). L’infirmière pose la perfusion si c’est le mode d’induction qui a été retenu en consultation d’anesthésie. Si, au contraire, il a été prévu une induction inhalatoire, nous commençons par demander à l’enfant de respirer avec le masque facial. L’équipe d’anesthésie de l’Hôpital Américain de Paris applique les principes de l’ABA (Applied Behavioral Analysis). Notre objectif est d’amener votre enfant à la perte de conscience sans déranger sa routine, sans jamais le forcer ni le brusquer. Votre enfant est ensuite conduit dans l’anneau d’IRM. Les électrodes et les fils de surveillance sont branchés sur le moniteur de l’IRM, le circuit de ventilation est raccordé au respirateur amagnétique, sous la surveillance du médecin anesthésiste présent dans la salle d’IRM pendant toute la durée de l’examen. A la fin de la séquence d’acquisition, votre enfant toujours endormi et allongé sur son brancard est conduit en salle de réveil. Dès qu’il reprend contact avec nous, vous êtes appelé pour le rejoindre. Il doit conserver les électrodes et les fils de surveillance ainsi que la perfusion jusqu’à son transfert en salle de repos. Nous remettons à sa disposition sa tablette ou son jouet préféré.

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Les effets des médicaments anesthésiques disparaissent en quelques dizaines de minutes. Néanmoins la récupération complète des fonctions supérieures peut prendre plusieurs heures. Après son passage en salle de réveil, votre enfant est encore surveillé en salle de repos, le temps qu’il boive, mange et retrouve son niveau d’activité habituel. Un accompagnant adulte devra être présent en plus du conducteur si vous avez prévu de rentrer à domicile avec votre véhicule personnel. De retour à domicile, votre enfant peut se sentir fatigué et prendre quelques heures de sommeil réparateur, ou à l’inverse être temporairement plus actif que d’habitude. Après vous être présentés à l’accueil de l’IRM, vous et votre enfant êtes conduits dans la salle de préparation.

Considérations Importantes

Il fait frais dans la salle d’examen (pour le bon fonctionnement des appareils). Le lit sur lequel est installé votre enfant se déplace dans un tunnel assez étroit, ce qui peut être angoissant. De plus, au moment de la prise des images, le bruit très fort est désagréable. Pour limiter ces désagréments et distraire votre enfant, le.la manipulateur.trice peut proposer un casque pour écouter de la musique ou des histoires.

Pour examiner certains organes (le foie ou les reins par exemple), il est parfois nécessaire d’utiliser un produit de contraste. Ce liquide est injecté lors de l'examen et nécessite la pose d'un cathéter, le plus souvent au pli du coude ou sur le dos de la main.

Risques et Contre-indications

Les contre-indications et risques sont peu nombreux et liés essentiellement à l’utilisation d’un champ magnétique. Les patients porteurs d’un pace-maker (il faut noter que depuis quelques années il existe des pace-makers qui permettent de passer une IRM - pace-maker IRM compatibles-. Par mesure de précaution, pour les patients chez lesquels ont été implantés chirurgicalement du matériel ferro-magnétique (prothèses articulaires en particulier) ou du matériel type stents vasculaires, les bonnes pratiques indiquent de ne pas faire d’IRM dans les 3 semaines qui suivent cette implantation. L’allergie au produit de contraste utilisé en IRM (le Gadolinium) est beaucoup plus rare que l’allergie à l’iode.

Suivi Post-Examen

Parlez ensemble de ce qui vient de se passer ; expliquez une fois de plus pourquoi l‘examen était nécessaire. De retour à domicile, après avoir surmonté avec courage l’épreuve de l’IRM sous anesthésie, votre enfant peut se sentir fatigué et prendre quelques heures de sommeil réparateur, ou à l’inverse être temporairement plus actif que d’habitude.

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