L'interruption volontaire de grossesse (IVG) chez les adolescentes représente un enjeu majeur de santé publique. Bien que la contraception soit largement utilisée, le nombre de grossesses non désirées et d'IVG reste préoccupant. Cette situation souligne l'importance d'une information et d'une éducation complètes et adaptées aux jeunes, afin de favoriser des choix éclairés en matière de santé sexuelle et reproductive.
Le Contexte Général
Malgré l’utilisation répandue de moyens de contraception par de nombreux couples, le nombre de grossesses non désirées demeure élevé, représentant environ une grossesse sur trois. Parallèlement, le nombre d'IVG se maintient aux environs de 200 000 par an (chiffres IGAS, 2009). De nombreux échecs de contraception sont liés à un défaut d’observance de la part des utilisatrices. Il est crucial de noter qu'aucune méthode contraceptive n’est efficace à 100%, mais l’efficacité est étroitement corrélée à l’adéquation de la méthode utilisée aux attentes et contraintes des femmes.
Le Rôle Essentiel du Pharmacien
Le pharmacien joue un rôle essentiel d’information et d’éducation du public dans ce domaine. Son intervention est particulièrement précieuse lors de la dispensation d’un contraceptif ou de la délivrance anonyme et gratuite de la contraception d’urgence aux mineures. Les adhérents au programme « Vitrines » ont reçu l’affiche « Vous vous posez plein de questions sur la contraception ? Ca tombe bien, ici on a plein de réponses », éditée par l’Inpes.
Dans le cadre de cette campagne d’affichage, le Cespharm met à la disposition des confrères des fiches mémo sur la conduite à tenir en cas d’oubli de pilule, élaborées conjointement par le Cespharm et l’Association française pour la contraception, ainsi qu'un dossier documentaire et une sélection de brochures à remettre au public.
Campagne de Sensibilisation à travers des Scènes de Vie
Des scènes de vie variées sont utilisées pour illustrer la banalité des questions liées à la sexualité et à la contraception.
Lire aussi: En savoir plus sur l'IVG Arabe
Scène 1: À la Piscine
Dans une piscine, une maître-nageuse, assise sur sa chaise haute, semble réfléchir et demande à voix haute : « Pour se faire dépister des IST, il faut aller où ? » Un plongeur rate son plongeon, perturbé par la question.
Scène 2: Dans un Salon de Coiffure Afro
Dans un salon de coiffure afro, une cliente se fait coiffer et demande : « La PrEP, c’est bien le comprimé qui protège du VIH ? » La coiffeuse et les deux amies présentes sont surprises par cette question. Une amie répond : « Ouais ouais, c’est ça meuf ! »
Scène 3: Au Supermarché
Dans un supermarché, une cliente à la caisse, perdue dans ses pensées, demande à voix haute : « J’ai quoi comme choix de contraception ? » La caissière la regarde sans réaction, puis reprend le scan des articles.
Scène 4: Dans une Station-Service
Dans la boutique d’une station-service, un caissier s’ennuie et demande à voix haute : « Comment je peux savoir si ma copine a aussi envie de faire l’amour ? » La question est diffusée par les mégaphones extérieurs, surprenant un couple de septuagénaires.
Scène 5: Au Théâtre
Dans un théâtre, lors d’une pièce médiévale amateur, un chevalier blanc, sur le point de mourir, demande : « J’ai eu une panne au lit hier soir, c’est grave ? »
Lire aussi: Bonnes pratiques d'allaitement
Chaque scène se termine par la voix-off : « Tout le monde se pose des questions. Et tout le monde peut trouver des réponses sur QuestionSexualité.fr », suivie du panneau de fin avec le logo Santé publique France.
La Situation en Région PACA
Depuis 2007, la région PACA (Provence-Alpes-Côte d'Azur) est la région qui a le plus fort taux de recours à l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) des régions de France métropolitaine. En 2008, ce taux était de 21 IVG pour 1 000 femmes de 15 à 49 ans, contre 15 pour la Métropole. Le nombre d’IVG est estimé à 23 280 en région PACA.
Cependant, la structure de l’offre en matière d’IVG évolue. Si le nombre total se stabilise depuis quelques années, les IVG prises en charge par des médecins libéraux à leur cabinet est en forte progression depuis juillet 2004.
Connaissances et Utilisations des Moyens Contraceptifs chez les Adolescents
Les adolescents connaissent les différents moyens contraceptifs qui sont à leur disposition, même les plus récents. Cependant, ils ne connaissent pas toujours leur méthode d’utilisation correcte. Cette lacune souligne l'importance d'une éducation sexuelle complète, axée sur l'utilisation correcte des contraceptifs et la prévention des grossesses non désirées.
Défis et Perspectives
La persistance d'un nombre élevé d'IVG chez les adolescentes met en évidence plusieurs défis :
Lire aussi: Cinq Mères
- Manque d'information et d'éducation: Les jeunes ont besoin d'une information claire, précise et accessible sur la contraception, les IST et la santé sexuelle en général. Cette information doit être adaptée à leur âge et à leur niveau de compréhension.
- Difficultés d'accès à la contraception: L'accès à la contraception peut être limité pour certaines adolescentes, en particulier celles qui vivent dans des zones rurales ou qui ont des difficultés financières.
- Facteurs socio-économiques: Les grossesses non désirées et les IVG sont plus fréquentes chez les adolescentes issues de milieux socio-économiques défavorisés.
- Tabous et stigmatisation: Les tabous et la stigmatisation liés à la sexualité peuvent empêcher les jeunes de parler de leurs préoccupations et de chercher de l'aide.
Pour améliorer la situation, il est essentiel de :
- Renforcer l'éducation sexuelle à l'école: L'éducation sexuelle doit être obligatoire, complète et adaptée à l'âge des élèves. Elle doit aborder tous les aspects de la santé sexuelle, y compris la contraception, les IST, la prévention des violences sexuelles et le respect de soi et des autres.
- Faciliter l'accès à la contraception: La contraception doit être accessible à toutes les adolescentes, gratuitement ou à faible coût. Les centres de planification familiale et les autres structures de santé doivent être accessibles et accueillants pour les jeunes.
- Lutter contre les tabous et la stigmatisation: Il est important de parler ouvertement de la sexualité et de la contraception, afin de briser les tabous et de réduire la stigmatisation.
- Impliquer les parents et les professionnels de santé: Les parents et les professionnels de santé ont un rôle important à jouer dans l'éducation sexuelle des jeunes. Ils doivent être à l'écoute de leurs préoccupations et leur fournir des informations fiables et objectives.
tags: #inpes #ivg #et #adolescent