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Inhalation d'huiles essentielles et grossesse : Précautions et alternatives

Les huiles essentielles sont de plus en plus populaires pour leurs bienfaits naturels sur le bien-être, le sommeil, la gestion du stress et les petits maux du quotidien. Issues de plantes aromatiques, elles concentrent des principes actifs puissants qui agissent rapidement sur l’organisme. Cependant, leur utilisation pendant la grossesse suscite de nombreuses questions. Faut-il éviter les huiles essentielles pendant la grossesse ? Lesquelles sont autorisées, et sous quelles conditions ? Quels sont les risques pour le bébé ? Peut-on en respirer sans danger ? Cet article vise à répondre à ces interrogations en fournissant des informations claires et structurées.

Pourquoi les huiles essentielles sont-elles déconseillées aux femmes enceintes ?

Les huiles essentielles sont des extraits végétaux extrêmement concentrés. Quelques gouttes suffisent à produire des effets physiologiques notables : elles peuvent agir sur le système nerveux, hormonal, digestif ou encore respiratoire. Chez la femme enceinte, l’organisme subit de nombreuses modifications : hormonales, immunitaires, métaboliques. De plus, certains composés actifs contenus dans les huiles essentielles peuvent traverser la barrière placentaire et atteindre le fœtus, dont les organes sont en développement.

En France, l’utilisation des huiles essentielles chez la femme enceinte ou allaitante n’est pas réglementée. Par mesure de précaution, l’usage des huiles essentielles est totalement interdit pendant les 3 premiers mois de grossesse. En effet, elles peuvent passer la barrière du placenta et donc se révéler dangereuses pour le fœtus en cours de formation et provoquer des fausses couches. C’est pourquoi, en l’absence de données cliniques suffisantes et d’études sur l’évaluation des huiles essentielles pendant la grossesse, leur utilisation est fortement déconseillée.

Quelles sont les huiles essentielles interdites pendant la grossesse ?

Pendant le premier trimestre, aucune huile essentielle ne doit être utilisée, ce qui vaut également pour de nombreux médicaments, compléments alimentaires, etc. Pour le reste de la grossesse et pendant l'allaitement, certaines huiles essentielles sont totalement interdites. Cette liste, bien que non exhaustive, comprend les huiles essentielles les plus connues à éviter :

  • Menthe des champs
  • Menthe poivrée
  • Eucalyptus mentholé
  • Absinthe
  • Camphre
  • Origan
  • Persil
  • Thuya
  • Vétiver
  • Aneth
  • Romarin
  • Cyprès
  • Cèdre
  • Palmarosa
  • Clou de girofle
  • Sauge

Il est essentiel de mémoriser cette liste, en évitant toute huile essentielle évoquant une fraîcheur mentholée ou anisée. Cependant, il est préférable de bien intégrer l’ensemble des interdictions, car toutes ces substances n'ont pas une saveur mentholée ou anisée.

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D'autres huiles essentielles sont interdites en ingestion et par voie cutanée pendant toute la grossesse : Ajowan, Angélique, Bergamote, Bergamote sans Bergaptène, Cade, Cajeput, Camomille sauvage, Cannelle, Carvi, Cèdre de l’Atlas, Citronnelle de Java, Clou de girofle, Combava, Coriandre graines, Criste Marine, Curcuma, Encens, Estragon, Eucalyptus Globulus, Eucalyptus Smithii, Fenouil Doux, Galbanum, Genévrier, Hélichryse de Madagascar, Khella, Lavande Aspic, Lavandula Stoechas, Lédon du Groenland, Lemongrass, Livèche, Marjolaine Sylvestre , Mélisse, Menthe Poivrée, Menthe verte, Muscade, Myrte verte, Myrte rouge, Myrte citronnée, Nard de l’Himalaya, Orange douce, Origan compact, Origan vert, Origan d’Espagne, Palmarosa, Pamplemousse, Patchouli, Pin douglas, Pin Sylvestre, Poivre noir, Pruche, Romarin à camphre, Romarin à cinéole, Sapin de Sibérie, Sapin baumier, Sarriette des Montagnes, Sauge à feuilles de lavande, Sauge sclarée, Térébenthine, Thym à thymol, Verge d’or, Verveine exotique, Vétiver.

Fin 2020, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a alerté sur la consommation de compléments alimentaires contenant des huiles essentielles issues des feuilles de différentes espèces de Melaleuca, à savoir l’arbre à thé, le niaouli et le cajeput, qui auraient de possibles effets toxiques.

Quelles huiles essentielles peuvent être utilisées par les femmes enceintes après le premier trimestre ?

Une fois le premier trimestre révolu, il peut être intéressant d’avoir recours à l’aromathérapie avec des huiles essentielles spécifiques, adaptées à cette période de vie et sans risque pour la maman et le fœtus, en étant bien accompagnée. Les huiles essentielles suivantes sont considérées comme relativement sûres à partir du second trimestre de grossesse, à condition de respecter scrupuleusement les doses, la durée d’exposition et les modes d’utilisation :

  • Lavande vraie (lavandula angustifolia) : calmante, apaisante, elle favorise le sommeil, diminue le stress et les tensions musculaires.
  • Citron (citrus limon) : utile contre les nausées matinales et pour faciliter la digestion. Elle peut également aider à lutter contre la fatigue.
  • Citronnelle de java (cymbopogon winterianus) : répulsif naturel contre les moustiques.
  • Eucalyptus radiata (et non globulus) : décongestionnant respiratoire doux, apprécié en cas de rhume ou de nez bouché.

Même pour ces huiles dites « autorisées », l’usage ne doit jamais être systématique ni prolongé. Il est crucial de consulter un professionnel de santé formé en aromathérapie avant toute utilisation.

Inhalation d'huiles essentielles pendant la grossesse : Est-ce sûr ?

Respirer des huiles essentielles pendant la grossesse peut sembler anodin, surtout lorsqu’il s’agit d’une simple odeur perçue dans une pièce ou d’un produit parfumé. Cependant, il convient d'être prudent. Il est préférable d’éviter de respirer l’huile essentielle directement au flacon et les inhalations pour la femme enceinte. Il convient de faire attention en évitant les diffusions sur des périodes prolongées.

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Tout dépend de plusieurs facteurs : la nature de l’huile essentielle, sa concentration dans l’air, la durée d’exposition, la sensibilité individuelle de la femme enceinte et le terme de la grossesse. Il est donc important pour les femmes enceintes de ne pas utiliser de diffuseurs d’huiles essentielles sans avis médical, et d’éviter les espaces clos où des huiles non adaptées pourraient avoir été diffusées.

La diffusion atmosphérique est généralement considérée comme le mode d’utilisation le plus sûr pendant la grossesse, à condition de respecter certaines précautions.

Quelles huiles essentielles peuvent être utilisées pendant l’accouchement ?

Certaines huiles essentielles, comme l'huile essentielle de clou de Girofle, sont interdites tout au long de la grossesse mais peuvent cependant être utiles lors de l’accouchement en favorisant le déclenchement et la régularité des contractions, tout en soulageant les douleurs. Cependant, leur utilisation doit être encadrée par un professionnel de santé.

Peut-on utiliser des huiles essentielles pendant l’allaitement ?

Après la grossesse, l'utilisation d'huiles essentielles au moment de l'allaitement nécessite également une grande prudence car certaines substances peuvent passer dans le lait maternel et affecter le bébé. Durant la période d’allaitement, la prudence reste de mise. Certaines molécules aromatiques peuvent en effet passer dans le lait maternel et ainsi atteindre le nourrisson.

Il est impératif de ne pas utiliser d’huiles essentielles pendant la grossesse ou l’allaitement.

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Quelles sont les alternatives aux huiles essentielles pour la femme enceinte ?

Pour celles qui souhaitent éviter les huiles essentielles, il existe plusieurs alternatives naturelles :

  • Hydrolats aromatiques : L’hydrolat aromatique est un produit issu de la distillation des plantes qui contient 98% d’eau environ. On les utilisera par voie cutanée ou voie orale à raison d’1 cuillère à café, 2 fois par jour, avec l’avis d’un professionnel de santé.
  • Phytothérapie : Les plantes sont utilisées depuis la nuit des temps pour améliorer la santé et soigner certains maux. Il est important de demander conseil à son médecin, de sa sage-femme ou de son pharmacien avant d’avoir recours à un remède à base de plantes.
  • Remèdes de grand-mère : Pour soulager les symptômes du rhume, par exemple, une infusion de miel associée au jus de citron permettra d’apaiser l’irritation de la gorge. Une bonne hydratation est également essentielle.

Précautions d'emploi des huiles essentielles pendant la grossesse

L’utilisation des huiles essentielles pendant la grossesse demande des précautions strictes. Même lorsqu’elles sont considérées comme « autorisées », leur usage doit rester ponctuel, encadré, et adapté au stade de la grossesse. Voici quelques recommandations importantes :

  • Consulter un professionnel de santé : Avant tout, il est important de consulter un professionnel de santé formé en aromathérapie, comme une sage-femme, un pharmacien ou un médecin. Ce conseil est d’autant plus crucial au 1er trimestre, période où le risque de toxicité embryonnaire est le plus élevé.
  • Modes d’utilisation : Les huiles essentielles ne doivent jamais être appliquées pures sur la peau, ni inhalées en continu, ni ingérées. Leur utilisation doit se faire sur de courtes durées, à des dosages très faibles, en privilégiant les méthodes les moins invasives, comme la diffusion douce ou les applications cutanées diluées à moins de 2 %.
  • Application cutanée : L’application cutanée est également envisageable, mais elle doit toujours se faire de manière très diluée. Les huiles essentielles doivent être mélangées à une huile végétale douce (comme l’amande douce ou le noyau d’abricot), avec une concentration maximale de 2 %.
  • Ingestion : L’ingestion d’huiles essentielles est strictement contre-indiquée.
  • Vérifier la composition des produits : Il est essentiel de vérifier la composition des produits du quotidien, même ceux étiquetés « bio » ou « naturels ». De nombreuses femmes enceintes utilisent, parfois sans le savoir, des produits du quotidien contenant des huiles essentielles : crèmes cosmétiques anti-vergetures, huiles de massage, produits ménagers, désodorisants d’ambiance, lessives ou adoucissants parfumés. Même lorsqu’ils sont certifiés bio, ces produits peuvent renfermer des huiles essentielles déconseillées voire interdites pendant la grossesse.

Que faire en cas d'utilisation accidentelle d'une huile essentielle interdite ?

Il arrive qu’une femme enceinte utilise, parfois sans le savoir, une huile essentielle non recommandée pendant la grossesse, que ce soit via une crème, une huile de massage ou un produit parfumé. Ce type d’utilisation occasionnelle est considéré comme sans danger pour le fœtus. Les risques évoqués pour certaines huiles essentielles (neurotoxicité, effets hormonaux, contractions) concernent des usages répétés, à fortes doses ou par voie orale ou respiratoire. Il est important de ne pas se rajouter du stress si vous avez utilisé une huile essentielle sans savoir que vous étiez enceinte. Si le moment est passé et que vous n’avez pas eu de répercussions négatives, ne vous inquiétez pas. Demandez tout de même l’avis de votre gynécologue ou sage-femme pour vous rassurer.

Pour la suite de votre grossesse, mieux vaut opter pour des produits spécifiquement conçus pour les femmes enceintes, formulés sans huiles essentielles à risque.

Huiles végétales et grossesse : une alternative bénéfique

Les huiles végétales sont d'excellentes alternatives aux huiles essentielles pendant la grossesse, notamment pour la prévention des vergetures. Elles hydratent la peau en profondeur et peuvent aider à maintenir son élasticité. Il est important de choisir une huile végétale obtenue par première pression à froid, en vérifiant attentivement les étiquettes pour éviter les huiles estérifiées ou minérales.

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