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Impact de la pandémie de COVID-19 sur la pédiatrie : tests, syndromes et suivi

La pandémie de COVID-19 a eu des répercussions considérables sur la santé des enfants, allant des infections post-vaccinales aux syndromes inflammatoires multisystémiques pédiatriques (PIMS) et aux effets à long terme du COVID long. Cet article vise à explorer les différents aspects de l'impact de la pandémie sur la pédiatrie, en mettant l'accent sur les tests, les syndromes et le suivi des enfants touchés.

Augmentation des cas de syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique (PIMS)

Fin avril, les cliniciens français ont observé une augmentation des cas présentant un syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique (PIMS). Une surveillance nationale a été mise en place et a démontré une association temporo-spatiale avec l'épidémie de coronavirus (COVID-19) pour 156 cas signalés au 17 mai : 108 ont été classés comme cas confirmés (n = 79), probables (n = 16) ou possibles (n = 13) de PIMS post-COVID-19.

Infections post-vaccinales chez le personnel de santé

Malgré la grande efficacité du vaccin Pfizer à ARNm messager contre la COVID-19, des infections post-vaccinales ont été récemment rapportées dans la littérature médicale internationale, notamment parmi le personnel de santé. Une étude de cohorte prospective menée par des épidémiologistes et immunologistes israéliens au Sheba Medical Center (Ramat Gan) a examiné ces infections parmi les employés de l'hôpital.

Entre le 19 décembre 2020 et le 28 avril, 91 % du personnel avaient reçu deux doses du vaccin BNT162b2 de Pfizer-BioNTech. Parmi 11 453 membres du personnel hospitalier complètement vaccinés, environ 13 % (1 497) ont subi un test RT-PCR. Parmi les employés testés, 39 cas d’infections post-vaccinales ont été détectées, soit chez 2,6 % d’entre eux. Celles-ci ont concerné 18 infirmiers, 10 personnels administratifs, 6 paramédicaux, 5 médecins.

Parmi les 39 patients vaccinés infectés, 26 (67 % des cas) n’ont présenté qu’une forme légère de Covid-19. Treize patients (33 %) sont restés asymptomatiques tout au long de l’infection. Environ un tiers des employés infectés (31 %) a déclaré ressentir des symptômes résiduels quatorze jours après le diagnostic d’infection. Ils étaient 19 % à se plaindre de symptômes de forme longue de Covid-19 (« Covid-long ») (anosmie prolongée, toux persistante, faiblesse musculaire, difficultés respiratoires ou douleurs musculaires) six semaines après le diagnostic. Aucun employé infecté n’a été hospitalisé.

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L’âge moyen des employés infectés était de 42 ans, avec une majorité de cas chez les femmes (64 %). L’intervalle médian entre la seconde dose vaccinale et la détection de l’infection post-vaccinale a été de 39 jours (entre 11 et 102 jours).

Les chercheurs ont réalisé une étude cas-témoins afin d’identifier de possibles corrélats des infections post-vaccinales, en tenant compte de plusieurs variables (sexe, âge, délai entre l’administration de la seconde dose et la date du prélèvement sanguin pour analyse sérologique, présence d’un déficit immunitaire). Les immunologistes ont évalué les titres en anticorps neutralisants dans les échantillons obtenus lors de la semaine précédant la détection du SARS-CoV-2 au test PCR, le pic des titres en anticorps neutralisants durant la période post-vaccinale, le taux d’anticorps IgG dirigés contre la protéine spike du virus (anti-S) à ces deux moments.

Les résultats ont montré que les titres en anticorps neutralisants durant la période péri-infection étaient associés à des valeurs plus élevées de Ct (PCR ciblée sur le gène N codant la nucléocapside), c’est-à-dire à de plus faibles quantités de copies d’ARN viral. De faibles titres en anticorps neutralisants, et plus encore en IgG anti-S, pourraient servir de marqueurs d’infection post-vaccination. Le niveau du pic en anticorps (et de la réponse immunitaire initiale) importe beaucoup plus que le déclin des anticorps.

Flambée épidémique de Covid-19 dans un hôpital pédiatrique

Des médecins israéliens rapportent la survenue dans un hôpital pédiatrique d’une flambée épidémique de Covid-19 après qu’un enfant est venu consulter, accompagné de sa mère, malgré le respect des mesures de protection habituelles. C’est la première fois que l’on décrit dans la littérature médicale une flambée nosocomiale par le SARS-CoV-2 alors que le port du masque et la distanciation physique étaient respectés.

Tout commence lorsqu’un petit garçon de trois ans est admis dans le service de pédiatrie générale du Schneider Children’s Medical Center de Petah Tiqva (Israël) pour être traité pour des crises d’épilepsie qui surviennent dans son sommeil. À cette occasion, un test RT-PCR pour le SARS-CoV-2 est réalisé. Le résultat revient négatif. L’enfant quitte l’hôpital le jour-même.

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Quatre jours plus tard, sa mère présente des symptômes évocateurs de la Covid-19, elle est déclarée positive pour le coronavirus. Les jours suivants, neuf patients se révèlent également infectés par le SARS-CoV-2. Parmi eux, six sont des professionnels de santé : quatre médecins, une infirmière, une diététicienne. Tous étaient de service le matin dans le service lorsque l’enfant a été examiné, même si aucun n’a été en contact direct avec le jeune patient. Tous les soignants portaient un équipement de protection, notamment un masque chirurgical.

Les trois autres personnes contaminées sont deux enfants et une maman qui se trouvaient dans la même pièce dans l’unité des soins pédiatriques. Il est à noter que la mère du garçon de trois ans a constamment porté un masque chirurgical. Six jours après sa sortie de l’hôpital, son enfant a, à son tour, été détecté positif pour le SARS-CoV-2.

Impact de la pandémie sur le développement de l'enfant

La pandémie de COVID-19 a entraîné des fermetures d'écoles et des restrictions sociales, ce qui a eu un impact sur le développement des enfants.

  • Acquisition du langage : Le port du masque peut rendre difficile l'acquisition du langage, car il empêche les enfants de voir les mouvements des lèvres, qui sont importants pour comprendre leur interlocuteur et, plus largement, pour communiquer. Cependant, des études montrent que le masque n'affecte pas leur compréhension.
  • Apprentissage scolaire : La fermeture des écoles a entraîné une baisse du niveau scolaire, en particulier pour les enfants issus de milieux défavorisés. L'enseignement à distance n'est pas transposable à l'enseignement en présence et nécessite des infrastructures solides.
  • Santé mentale : La pandémie a eu un impact sur la santé mentale des enfants et des adolescents, entraînant un état anxieux élevé et une augmentation des demandes d'examen à la demande.

COVID long chez l'enfant

Partout dans le monde, des cas de symptômes qui persistent, resurgissent ou se déclarent au-delà de quatre semaines sont signalés aussi chez des enfants et adolescents. Évoqué par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) dès l’automne 2020, le Covid long pédiatrique n’est pas officiellement reconnu en France à ce jour, à l'exception du PIMS.

Selon les données communiquées en juin par l’Office of National Statistics (ONS) du Royaume-Uni, 11 000 enfants (de 2 à 11 ans), 19 000 adolescents (de 12 à 16 ans) et 89 000 jeunes (de 17 à 24 ans) souffraient de symptômes persistants quatre semaines après le début de la maladie. Malheureusement, nous n’avons pas de chiffres officiels en France mais selon une étude publiée dans Acta Paediatrica, 16,8 % des enfants d'une cohorte suivie à l'hôpital de la Timone présentaient des symptômes persistants environ un an après leur primo infection.

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Les plaintes relevées chez les enfants présentant des symptômes prolongés sont similaires aux tableaux cliniques décrits chez l'adulte. Les témoignages dans les groupes de soutien et la littérature scientifique qui commence à émerger se rejoignent et signalent principalement une asthénie marquée, des difficultés de concentration, de la dyspnée, de la toux, des maux de tête, des douleurs abdominales et musculaires, de la tachycardie (des syndromes POTS).

La plupart des enfants souffrant de Covid Long pédiatrique n’ont pas connu de forme grave de la maladie nécessitant une hospitalisation d’urgence ou un passage en réanimation. Il s’agit plutôt d’enfants ayant eu des primo-infections "d'apparence légère ou modéré" mais pour lesquels des symptômes ont persisté ou émergé des semaines voire des mois après l'infection.

Syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique (PIMS)

Le PIMS est une forme grave, d’apparition brutale, généralement 4 à 6 semaines après l’infection au SARS-CoV-2. Le PIMS peut être considéré comme l'une des manifestations possibles de Covid Long chez l'enfant. Il se caractérise par une forte fièvre, des marqueurs biologiques d’inflammation, le dysfonctionnement d’un ou plusieurs organes et nécessite une hospitalisation d’urgence.

501 cas ont été signalés entre le 1er mars et le 25 avril, pour une moyenne d’âge de 7 ans. Un enfant de 9 ans est décédé en France, il présentait un tableau PIMS associé à une myocardite.

Suivi post-intensif en pédiatrie

Il est maintenant bien établi que le syndrome post-soins intensifs est fréquent chez les enfants gravement malades après leur sortie de l'unité de soins intensifs pédiatriques (USIP). Néanmoins, le suivi post-soins intensifs est très hétérogène dans le monde et n'est pas considéré comme un soin de routine dans de nombreux pays. Un groupe de travail composé de psychologues, de médecins de l'USIP, de physiothérapeutes et d'infirmières de différentes USIP françaises a été créé. L'objectif est de décrire les objectifs du programme de suivi et la population à cibler, et de fournir un cadre pour mettre en œuvre le suivi post-USIP dans la pratique clinique.

Registre français de soins intensifs pédiatriques

Fournir des soins de qualité nécessite un suivi en ce qui concerne les activités cliniques et économiques. Au cours de la dernière décennie, les bases de données médicales et les registres de patients se sont considérablement développés, en particulier en médecine de soins intensifs pédiatriques. L'objectif d'une étude était de déterminer les variables qui devraient être incluses dans un registre français de soins intensifs pédiatriques. Les variables nécessaires qui devraient être incluses dans un registre français de soins intensifs pédiatriques ont été identifiées.

Recommandations

Face à l'impact de la pandémie sur la pédiatrie, il est important de mettre en place des mesures pour protéger la santé des enfants :

  • Vaccination : Encourager la vaccination contre la COVID-19 pour réduire le risque d'infection et de complications.
  • Dépistage : Mettre en place des protocoles de dépistage efficaces dans les écoles et les hôpitaux pour identifier rapidement les cas de COVID-19.
  • Suivi : Assurer un suivi médical régulier pour les enfants atteints de COVID long ou de PIMS.
  • Soutien : Fournir un soutien psychologique et éducatif aux enfants et aux familles touchées par la pandémie.
  • Reconnaissance : Reconnaître officiellement le Covid long pédiatrique pour améliorer la prise en charge des jeunes patients.

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