Chaque année, des milliers de familles sont confrontées à la réalité bouleversante d'un diagnostic de cancer chez leur enfant. Si les progrès de la médecine ont considérablement amélioré les taux de survie, le cancer pédiatrique reste la première cause de décès par maladie chez les enfants en France. Cet article se penche sur les aspects liés à l'hospitalisation suite à une forte fièvre, symptôme révélateur d'un cancer pédiatrique, en explorant les causes, la prise en charge et les perspectives d'avenir.
Fièvre et cancer pédiatrique : un signal d'alarme
La fièvre est un symptôme fréquent chez les patients atteints de cancer, qu'il s'agisse de tumeurs solides ou d'hémopathies malignes. Elle se manifeste chez près des deux tiers des patients atteints de cancer du poumon, que ce soit au moment du diagnostic ou lors de l'évolution et du traitement de la maladie. La fièvre est définie par une température supérieure à 38,3 °C au moins une fois, ou supérieure ou égale à 38 °C à deux reprises sur une période de 8 heures. Cependant, une température inférieure à 36 °C peut également être un signe de sepsis grave.
Dans le contexte particulier des cancers pédiatriques, une fièvre persistante, une prise de sang inhabituelle ou un état de fatigue inexpliqué peuvent révéler une leucopénie, c'est-à-dire une diminution du nombre de globules blancs dans le sang. Bien que ce terme puisse paraître alarmant, il ne désigne pas une maladie en soi, mais une anomalie biologique nécessitant une investigation approfondie.
Leucopénie : définition et causes
La leucopénie correspond à une diminution du nombre de globules blancs dans le sang et se mesure au cours d'un hémogramme. Elle peut survenir dans de nombreuses situations, notamment :
- Suite à une infection virale (grippe, varicelle, etc.)
- Prise de certains médicaments
- Maladie génétique
- Déficit immunitaire
- Atteinte de la moelle osseuse (leucémie, aplasie médullaire)
Il est crucial d'évaluer le contexte dans lequel la leucopénie est détectée, car les valeurs normales de globules blancs varient selon l'âge, le laboratoire et le contexte clinique.
Lire aussi: Prévention de l'Anémie Ferriprive en Grossesse
Signes d'alerte et examens complémentaires
La leucopénie peut être découverte fortuitement lors d'un bilan de routine ou d'une prise de sang motivée par une fièvre persistante. Cependant, certains signes d'alerte doivent inciter à des investigations plus poussées :
- Fièvre prolongée
- Infections sévères
- Grande fatigue
- Enfant apathique
- Apparition de ganglions
- Gonflement de la rate
Si la leucopénie s'accompagne d'autres anomalies sanguines (baisse des globules rouges et des plaquettes), cela constitue un signal préoccupant nécessitant des examens approfondis.
Pour comprendre l'origine du trouble, il est nécessaire d'analyser en détail les sous-catégories de globules blancs touchées (lymphopénie ou neutropénie). En cas de signes d'alerte, des examens complémentaires peuvent être réalisés, tels qu'un myélogramme pour explorer le fonctionnement de la moelle osseuse.
Prise en charge de la leucopénie
Il n'existe pas de traitement standard de la leucopénie, car celle-ci n'est que le reflet d'un autre trouble. Le traitement vise à traiter la cause sous-jacente : antibiotiques en cas d'infection bactérienne, chimiothérapie en cas de leucémie, greffe de moelle osseuse en cas de déficit immunitaire sévère.
Dans la majorité des cas, la leucopénie chez l'enfant est modérée et transitoire, survenant le plus souvent dans un contexte infectieux et se corrigeant spontanément.
Lire aussi: Congé Parental et Hospitalisation Bébé
Neutropénie fébrile : une urgence thérapeutique
La neutropénie est définie par un nombre absolu de polynucléaires neutrophiles (PNN) inférieurs à 1 500/mm3, et l'aplasie lorsque les PNN sont inférieurs à 500/mm3. Une fièvre associée à une neutropénie est d'origine infectieuse jusqu'à preuve du contraire et justifie une prise en charge rapide et adaptée. La neutropénie fébrile chez un patient d'oncohématologie est une urgence thérapeutique.
Toute neutropénie est susceptible de se compliquer d'infections qui peuvent être graves si les mesures appropriées ne sont pas prises rapidement. L'agranulocytose et l'aplasie post-chimiothérapie surviennent généralement dans les 4 à 10 jours après le début du traitement. Il est indispensable de préciser le type et la date de la dernière chimiothérapie et l'utilisation de facteurs de croissance hématopoïétiques, car cela conditionne le délai avant la sortie d'aplasie.
Il faut distinguer :
- Les neutropénies profondes et de durée prolongée (supérieures à 7 jours) pour lesquelles la prise en charge est hospitalière.
- Les neutropénies moins profondes et de courte durée (inférieures à 7 jours) qui peuvent être prises en charge en ambulatoire, sous réserve d'une réévaluation régulière.
Chez le patient neutropénique, la symptomatologie est souvent fruste. Les signes inflammatoires locaux sont généralement atténués, car la capacité de production de pus est limitée.
Bilan et traitement de la neutropénie fébrile
Un examen clinique est indispensable le jour même (recherche de foyer infectieux en particulier cutanéomuqueux, urinaire, pulmonaire, méningé, et chambre implantable). Le bilan minimal comporte si possible : une paire d'hémocultures, un examen cytobactériologique des urines (ECBU) et une radiographie de thorax en cas de symptômes respiratoires. Une recherche de Clostridium difficile est nécessaire en cas de diarrhée.
Lire aussi: Durée d'hospitalisation IVG en France
Cependant, à l'issue d'un bilan clinique, microbiologique et radiologique complet, il n'y a pas de point d'appel retrouvé dans près de deux tiers des cas. Un traitement antibiotique empirique doit être initié rapidement, ciblant les entérobactéries, Pseudomonas aeruginosa et les cocci à Gram positif.
Le traitement à privilégier en ambulatoire est l'association d'une bêtalactamine et d'un inhibiteur de bêtalactamases (amoxicilline-acide clavulanique) avec une fluoroquinolone ciblant Pseudomonas aeruginosa (ciprofloxacine à forte dose). En cas d'allergie vraie aux pénicillines, un schéma par clindamycine et ciprofloxacine est possible, sinon privilégier une prise en charge hospitalière. Un traitement par facteurs de croissance (G-CSF) initié avant l'aplasie fébrile doit être poursuivi.
Une réévaluation clinique est nécessaire dans les 48 heures. Si l'apyrexie est obtenue en 48 à 72 heures :
- En l'absence de documentation : la stratégie la plus habituelle est de poursuivre l'antibiothérapie jusqu'à la sortie d'aplasie, mais un arrêt du traitement est possible au bout de 72 heures, comprenant plus de 48 heures d'apyrexie, en poursuivant la surveillance dans les 48 heures suivantes, en l'absence de critères de gravité initiale.
- En cas de documentation microbiologique, le spectre antibiotique doit être adapté au germe.
L'éducation du patient et de son entourage tient une place essentielle dans la prise en charge. La température doit être mesurée quotidiennement, notamment dans la période où il est potentiellement neutropénique. La prise de température rectale est déconseillée, étant donné le risque d'ulcération, notamment en cas de neutropénie. Le malade doit avoir une ordonnance afin de réaliser en cas de fièvre un hémogramme en urgence, et une ordonnance d'antibiotiques afin d'initier le traitement le plus rapidement possible.
Leucémies : les cancers pédiatriques les plus fréquents
Les leucémies sont les cancers pédiatriques les plus fréquents, représentant près d'un cancer sur trois diagnostiqués chez les enfants. Elles trouvent leur origine dans la moelle osseuse, où se produisent les cellules souches hématopoïétiques à l'origine des différents types de cellules du sang :
- Globules blancs (leucocytes) : luttent contre les infections
- Globules rouges (érythrocytes) : assurent le transport de l'oxygène
- Plaquettes : interviennent dans la coagulation
La leucémie est un cancer de la moelle osseuse hématopoïétique qui a des répercussions dans le sang. Elle est caractérisée par un développement anormal et excessif de globules blancs dans la moelle osseuse. Ces cellules se répandent ensuite dans le sang et dans différents organes, perturbant leur fonctionnement.
Types de leucémies
Les leucémies se définissent selon deux caractéristiques : la rapidité de leur progression (aiguë ou chronique) et le type de cellules anormales en cause (lymphoïde ou myéloïde).
- Leucémies aiguës : progression rapide, symptômes apparaissant en quelques semaines (leucémies aiguës lymphoïdes (LAL) et leucémies aiguës myéloïdes (LAM)).
- Leucémies chroniques : progression plus lente, symptômes apparaissant plus tardivement (leucémies myéloïdes chroniques (LMC) et leucémies myélomonocytaires chroniques juvéniles (LMMJ)).
Symptômes des leucémies
Les symptômes des leucémies varient en fonction du type de leucémie et de sa progression. Ils peuvent inclure :
- Pâleur, fatigue, difficultés respiratoires, palpitations
- Petites tâches rouges sous la peau (pétéchies), saignements des gencives ou du nez, ecchymoses
- Infections fréquentes, fièvre
- Douleurs osseuses ou articulaires
- Gonflement des ganglions, augmentation du volume de la rate ou du foie
- Perte d'appétit
Diagnostic et traitement des leucémies
Le diagnostic débute généralement par une visite chez le médecin traitant ou suite à une analyse sanguine révélant des anomalies. Les principaux examens diagnostiques sont :
- Analyse sanguine (formule sanguine complète)
- Examen de la moelle osseuse (myélogramme)
- Ponction lombaire
- Radiographie des poumons et échographie de l'abdomen
La chimiothérapie est le traitement principal de la leucémie chez l'enfant. Dans les formes les plus agressives, une greffe de moelle osseuse peut être envisagée.
Cancers pédiatriques : généralités
Le cancer chez l'enfant et l'adolescent est une maladie rare qui représente 1 à 2 % de l'ensemble des cancers dans les pays développés. En France, environ 2 260 cas de cancers pédiatriques sont diagnostiqués chaque année chez les enfants de moins de 18 ans. Les principaux types de cancers observés sont les leucémies, les tumeurs du système nerveux central et les lymphomes.
Causes des cancers pédiatriques
Malgré les progrès de la recherche, les causes des cancers pédiatriques sont rarement identifiées. Les mutations génétiques surviennent souvent par hasard, et le rôle des facteurs environnementaux n'a pas été démontré à ce jour. Les facteurs héréditaires sont impliqués dans environ 5 % des cas.
Symptômes des cancers pédiatriques
Les signes d'appel des cancers pédiatriques sont variables et souvent trompeurs, car ils peuvent s'observer au cours de maladies bénignes. C'est la persistance et/ou la combinaison de certains symptômes qui doivent alerter :
- Fatigue inhabituelle
- Fièvre prolongée ou récurrente
- Amaigrissement, anorexie
- Douleurs osseuses ou articulaires
- Maux de tête, troubles de la vue, troubles de la marche
- Vomissements répétés
En cas de doute, il est essentiel de consulter un médecin traitant.
Traitement et survie
Des progrès considérables ont été réalisés dans le traitement des cancers pédiatriques, permettant de guérir quatre enfants sur cinq en moyenne. Ces progrès sont dus à l'adoption de chimiothérapies de plus en plus efficaces, à des collaborations entre différents spécialistes et à une harmonisation des procédures de traitement. La recherche médicale est essentielle pour continuer à améliorer les stratégies thérapeutiques et guérir plus d'enfants, avec le moins de séquelles possibles.
tags: #hospitalisation #forte #fièvre #découverte #cancer #pédiatrique