Selon les dernières données de l’ARS, environ une femme sur cinq accouche par césarienne en France. Cette intervention chirurgicale, qu'elle soit planifiée ou réalisée en urgence, peut laisser des séquelles physiques et émotionnelles chez la mère. Parallèlement, la hernie discale est une affection courante qui peut provoquer des douleurs intenses et affecter considérablement la qualité de vie. Cet article vise à explorer les risques et les considérations spécifiques pour les femmes enceintes souffrant de hernie discale qui envisagent une césarienne ou un accouchement par voie basse.
Comprendre la hernie discale
Une hernie discale se produit lorsque le noyau d'un disque intervertébral sort de sa position normale, souvent à la suite d'une pression excessive ou d'une blessure. Cette condition peut provoquer des douleurs intenses, des engourdissements ou une faiblesse dans les membres.
Impact de la grossesse sur la hernie discale
Pendant la grossesse, le corps subit de nombreux changements, y compris une augmentation de la pression abdominale et une modification du centre de gravité, ce qui peut exacerber les symptômes d'une hernie discale. La grossesse exerce une pression supplémentaire sur la colonne vertébrale, ce qui peut intensifier les douleurs lombaires et les sciatiques. L'augmentation de la pression abdominale et les changements posturaux dus à la croissance du fœtus peuvent également aggraver les symptômes.
Il est crucial pour les femmes enceintes souffrant de hernie discale de surveiller attentivement les signes d'aggravation, tels que des douleurs persistantes dans le bas du dos, des engourdissements ou des picotements dans les jambes.
Diagnostic de la hernie discale pendant la grossesse
Diagnostiquer une hernie discale pendant la grossesse peut être complexe, car les examens d'imagerie comme l'IRM sont généralement évités pour protéger le fœtus. Les médecins doivent s'appuyer sur une évaluation physique approfondie pour détecter les signes de compression nerveuse ou d'autres anomalies. Un examen clinique minutieux est essentiel pour évaluer la situation.
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Césarienne : risques et vécu
Parmi les femmes qui ont vécu une césarienne, 3 sur 4 considèrent qu’elles n’ont pas vraiment accouché. Cette intervention peut également être source de stress post-traumatique, augmentant le risque de dépression post-partum et affectant le lien mère-enfant. Il existe plusieurs types de césariennes, classés en fonction de la technique chirurgicale, de la situation médicale de la mère et du bébé, et du moment de l'intervention. Quel que soit le type de césarienne, plusieurs couches de tissus sont incisées pour atteindre l'utérus et permettre la naissance du bébé.
Le vécu d’une césarienne est très variable d’une femme à l’autre selon leur histoire personnelle, le stress de l’accouchement, le type d’anesthésie, etc. Il est compréhensible qu’après toutes ces incisions, une césarienne laisse des séquelles physiques et émotionnelles sur la mère. Il est donc crucial pour la maman de prendre soin d'elle après l'accouchement.
Hernie discale et péridurale : une attention particulière
Pour les femmes enceintes souffrant d'une hernie discale, la décision de recevoir une péridurale pendant l'accouchement nécessite une attention particulière. Une hernie discale lombaire peut compliquer l'administration de la péridurale en raison de la proximité des vertèbres touchées. Le risque de perforation ou d'aggravation de la hernie est une préoccupation majeure, en particulier lorsque la hernie est située dans la région des dernières vertèbres lombaires.
En outre, l'efficacité de la péridurale peut être compromise chez ces patientes. Le retard de diffusion de l'anesthésie locale sur les racines nerveuses lésées peut réduire l'efficacité de la gestion de la douleur, laissant certaines femmes dans un inconfort accru. Même avec une péridurale correctement posée, le soulagement peut être incomplet ou latéralisé.
Évaluation préalable à l'accouchement
L'évaluation préalable à l'accouchement par un anesthésiste est une étape essentielle pour les femmes enceintes avec une hernie discale. Cette consultation permet de déterminer les contre-indications possibles à la péridurale et d'explorer d'autres stratégies de gestion de la douleur. Les femmes peuvent ainsi recevoir des conseils personnalisés sur les alternatives à la péridurale, telles que l'utilisation de techniques de relaxation, de massages, ou même de l'hypnose, si nécessaire.
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Accouchement par voie basse et hernie discale : facteurs à considérer
Envisager un accouchement par voie basse avec une hernie discale dépend de plusieurs facteurs, notamment la localisation et la gravité de la hernie. Il est crucial de prendre en compte les implications potentielles des efforts physiques et des microtraumatismes associés à l'accouchement par voie basse. Les options non invasives de soulagement de la douleur comprennent la physiothérapie, les exercices de renforcement, et l'utilisation de techniques de relaxation.
Césarienne : une option à considérer ?
Choisir le type d'accouchement le plus approprié pour une femme enceinte avec une hernie discale est une décision complexe qui doit être prise en collaboration avec les professionnels de santé. Bien qu'il n'existe pas de consensus clair, dans certains cas, une césarienne peut être recommandée pour minimiser le stress sur la colonne vertébrale et éviter d'aggraver la hernie discale.
Douleurs lombaires et troubles gynécologiques : les liens à connaître
Il est important de noter que les douleurs lombaires peuvent être liées à des troubles gynécologiques. Chez les femmes, les occasions d'avoir une lombalgie sont nombreuses : douleurs de règles, endométriose, grossesse, cancer, cicatrices, périnée.
Causes gynécologiques des douleurs lombaires
Pour de nombreuses femmes, les règles sont souvent signe de douleurs à type de crampe dans le bas ventre et de douleurs en bas du dos. Ces douleurs sont en fait liées aux contractions de l’utérus. L’endométriose est une maladie gynécologique qui se caractérise par la présence et le développement de muqueuse utérine hors de la cavité utérine. La douleur en bas du dos est la conséquence directe des modifications physiologiques de la grossesse.
Douleurs lombaires après l'accouchement
Les douleurs aux lombaires peuvent également apparaître après l’accouchement, toujours à cause de cette sangle abdominale moins tonique, d’où l’importance de faire ses séances de rééducation abdominale et périnéale. Que ce soit pour l’endométriose, une césarienne ou une résection d’un cancer ou d’un fibrome, la prise en charge chirurgicale a souvent vu naître des douleurs post opératoires associées à des adhérences cicatricielles.
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Rôle de l'ostéopathe
D’abord, votre ostéopathe aura pour rôle d’identifier si vos douleurs en bas du dos sont bien à cause d’un trouble gynécologique grâce à des questions et des tests. En fonction du trouble gynécologique, votre ostéopathe pourra vous accompagner dans la prise en charge de ce trouble, et plus particulièrement si les causes sont : les règles, l’endométriose, des adhérences cicatricielles post-opérations ou un trouble de la posture lié à une faiblesse périnéale. Ensuite, selon le trouble gynécologique, votre ostéopathe pourra vous proposer un traitement exclusivement manuel afin de soulager vos lombalgies ayant pour but de redonner de la mobilité aux zones de votre corps qui favorise ces troubles.
Conseils pour soulager la douleur
Pour soulager la douleur, il faut souvent du repos, mais pas un repos strict au lit. Il est important de ne pas rester assis ou allongé pendant de longues périodes et d'éviter les positions et les gestes douloureux. La marche est une activité physique non traumatisante et efficace pour soulager le mal de dos. La déshydratation étant un facteur de risque de la hernie discale, il faut s'assurer d'être suffisamment hydraté. Il est conseillé de boire de l'eau tout au long de la journée et d'essayer de dormir le plus possible la nuit suivante. Il est préférable d'éviter le café et le thé qui contiennent de la caféine, ayant un effet diurétique susceptible de vous déshydrater. L'application de chaleur sur le bas du dos au réveil peut aider à réchauffer les muscles et à diminuer la tension musculaire. Il existe également des exercices spécifiques pour soulager la douleur sciatique.
Récupération post-césarienne et ostéopathie
Une des démarches pour favoriser une récupération optimale et soulager certains maux après une césarienne est de consulter un(e) ostéopathe.
Pourquoi consulter un(e) ostéopathe ?
- Récupération de la mobilité du bassin et du dos : Après une césarienne et une grossesse, certaines zones du corps (comme le bassin et le bas du dos) peuvent devenir rigides ou douloureuses. L’ostéopathe va travailler sur ces zones pour aider à restaurer la mobilité et réduire les tensions.
- Soulagement des douleurs post-chirurgicales/cicatrices : Les cicatrices de la césarienne peuvent créer des adhérences internes et des tensions musculaires, entraînant des douleurs chroniques dans la région pelvienne, abdominale ou lombaire. L'ostéopathe peut aider à traiter ces douleurs en libérant les tensions et en favorisant une meilleure circulation sanguine.
- Rééquilibrage postural : La grossesse et la césarienne perturbent souvent l'équilibre du corps. L'ostéopathe va travailler pour rétablir une posture correcte et éviter des douleurs liées à des compensations.
- Récupération hormonale et émotionnelle : L'ostéopathie peut également contribuer à soulager certains symptômes émotionnels et hormonaux post-accouchement.
Il est conseillé de consulter un(e) ostéopathe environ 6 à 8 semaines après l'accouchement. Cependant, chaque femme est différente et chaque accouchement également.
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