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Glande Mammaire Sous l'Aisselle et Grossesse : Causes et Prise en Charge

La découverte d'une boule sous l'aisselle, surtout pendant la grossesse, peut susciter de l'inquiétude. Bien que la première pensée puisse se diriger vers des problèmes graves, il est essentiel de savoir que dans la majorité des cas, ces manifestations sont bénignes et souvent liées aux changements hormonaux de la grossesse. Cet article vise à explorer les causes potentielles de ces boules, en particulier la glande mammaire accessoire, et à fournir des informations claires sur quand s'inquiéter et comment gérer cette situation.

Ganglions Axillaires et Masses Sous l'Aisselle : Généralités

Les ganglions axillaires sont de petites structures en forme de haricot situées sous l’aisselle. Ils appartiennent au système lymphatique et jouent un rôle essentiel dans la défense immunitaire. Une masse sous l’aisselle peut avoir plusieurs origines. Les ganglions lymphatiques réagissent aux infections virales ou bactériennes en gonflant. Si une masse sous l’aisselle persiste plus de deux semaines ou présente des caractéristiques suspectes, il est recommandé de consulter un médecin.

Glande Mammaire Accessoire : Une Cause Fréquente

Une boule sous l’aisselle chez la femme a peu de chances d’être un simple lipome ! En effet, le plus souvent il s’agit d’une glande mammaire accessoire. Les lipomes sont très rares au niveau des aisselles. Chez la femme, une boule sous l’aisselle est fréquemment une glande mammaire accessoire.

Définition et Caractéristiques

Une glande mammaire accessoire, également appelée glande mammaire surnuméraire, correspond à du tissu mammaire qui s’est développé en dehors du sein. La localisation principale de la glande mammaire accessoire est l’aisselle. Elle est beaucoup plus fréquente au niveau de l’aisselle que le lipome. Une glande mammaire accessoire axillaire se présente cliniquement sous la forme d’une boule sous l’aisselle, de consistance molle et bien mobile par rapport à la peau. Une glande mammaire accessoire est parfaitement indolore. Elle peut fréquemment apparaître au niveau des deux aisselles. On parle de glande mammaire accessoire axillaire bilatérale. Elle est fréquemment confondue avec le lipome, qui est constitué uniquement de graisse. Le lipome est très rare au niveau des aisselles.

Glande Mammaire Accessoire et Grossesse

Quand on détecte une boule sous l’aisselle, le réflexe naturel est de penser tout de suite à un ganglion, mais saviez-vous que les aisselles peuvent abriter des glandes mammaires accessoires? Dans ce genre de cas, on parle plus précisément de glandes mammaires axillaires. Il s’agit d’un phénomène très fréquent et sans gravité. Généralement, il passe totalement inaperçu, mais, parfois, en raison des bouleversements hormonaux de la grossesse, la ou les glandes se mettent à augmenter de volume. Habituellement, une glande mammaire axillaire gonflée se traduit par une boule assez molle, indolore au toucher et aux contours bien déterminés.

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Risque de Cancer et Prise en Charge

Bien que les glandes mammaires accessoires soient dans l’immense majorité des cas bénignes, un cancer du sein peut se développer dans le tissu mammaire qui la constitue. C’est pourquoi une imagerie est systématiquement réalisée avec de retirer une glande mammaire accessoire. L’imagerie (échographie axillaire ou IRM axillaire) permet par ailleurs de confirmer le diagnostic. Le risque de cancer du sein au niveau d’une glande mammaire accessoire n’est pas nul mais il n’est pas accru par la présence d’une glande mammaire accessoire. Ainsi, il n’est pas recommandé de retirer systématiquement une glande mammaire accessoire. En revanche, elles peuvent parfois être visibles et inesthétiques voire gêner l’habillage au niveau des aisselles. Dans ce cas, la chirurgie permet de les retirer.

Quand S'inquiéter ?

Bien que la majorité des boules sous les aisselles pendant la grossesse soient bénignes, certains signes doivent inciter à consulter rapidement un professionnel de santé. Les signes d'alerte incluent l'apparition de rougeurs locales, de modifications de la peau du sein ou du mamelon, ainsi que des symptômes généraux comme une fatigue excessive, de la fièvre ou une perte de poids inexpliquée. Le médecin décidera de l'urgence d'une consultation selon la présence de signes avant-coureurs et d'autres symptômes. Si aucun signe préoccupant n'est présent et que vous vous sentez bien, il est possible d'attendre une semaine pour observer l'évolution avant de contacter votre médecin.

Autres Causes Possibles de Boules Sous l'Aisselle

Outre la glande mammaire accessoire, d'autres conditions peuvent provoquer l'apparition de boules sous l'aisselle.

Kystes Sébacés

Les kystes sébacés sont également fréquents au niveau des aisselles. Le kyste sébacé, également appelé kyste épidermique, se manifeste également par une boule sous la peau. Il apparaît consécutivement à une glande sébacée qui se bouche et se gorge de sébum. Le kyste est constituée d’une coque (ou capsule) renfermant un liquide plus ou moins épais malodorant. Il communique avec la peau par un petit pertuis (petit orifice) généralement visible à la surface de la peau. La pression du kyste fait sourdre le liquide malodorant à la surface de la peau. Il est très facile de faire le diagnostic d’un kyste sébacé. Aucun examen d’imagerie n’est nécessaire. Le kyste sébacé de l’aisselle se traduit par une boule de consistance dure, qui est attachée à la peau lorsqu’on le manipule. La pression du kyste fait apparaître le liquide malodorant qu’il renferme. De plus, un kyste sébacé peut s’infecter et devenir douloureux. Le kyste augmente alors de volume, la peau devient inflammatoire, rouge et douloureuse. Parfois le kyste peut s’abcéder. La formation d’un abcès de l’aisselle entraîne l’écoulement de pus. Le traitement d’un kyste sébacé est uniquement chirurgical.

Ganglions Lymphatiques Réactifs

Les ganglions lymphatiques axillaires, situés sous chaque aisselle au nombre de 20 à 40, constituent la cause la plus fréquente de ces manifestations. Pendant la grossesse, plusieurs facteurs peuvent provoquer l'inflammation de ces ganglions. L'épilation régulière, qu'elle soit réalisée au rasoir, à la cire ou par d'autres méthodes, crée de minuscules traumatismes cutanés qui peuvent déclencher une réaction du système lymphatique. Les ganglions lymphatiques sont naturellement présents dans de nombreux lieux de l’organisme, dont les aisselles, mais ils sont si petits qu’on ne les remarque pas en temps normal. Dans la très grande majorité des cas, cette dernière signifie simplement que vous avez attrapé une infection bénigne. Une petite plaie cutanée peut aussi expliquer l’adénopathie. En pratique, le gonflement du ganglion est dû à la surproduction de globules blancs pour combattre les agents infectieux (ex.: virus, bactérie). La plupart du temps, un ganglion enflé ou une glande mammaire axillaire gonflée ne nécessite aucun traitement particulier.

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Lipomes

Les lipomes, tumeurs bénignes constituées de tissu graisseux, peuvent également se développer dans cette région. Ces amas graisseux sont généralement mous, mobiles et indolores, et bien qu'ils ne soient pas dangereux, il reste important de les faire évaluer par un médecin.

Diagnostic et Examens

Lorsqu'un examen médical s'avère nécessaire, plusieurs investigations peuvent être proposées. L'échographie mammaire constitue souvent l'examen de première intention, permettant de caractériser la nature de la masse et d'orienter la prise en charge. Une imagerie (écho-mammographie ou IRM) est indispensable avant de programmer l’intervention chirurgicale.

Traitement et Chirurgie

Il n’est pas obligatoire de retirer une glande mammaire accessoire. La chirurgie est généralement envisagée pour des raisons esthétiques. En effet, une glande mammaire accessoire axillaire peut être responsable d’une boule visible et disgracieuse qui déforme l’aisselle. L’opération pour enlever une glande mammaire accessoire de l’aisselle peut se dérouler soit sous anesthésie locale, soit sous anesthésie générale. L’anesthésie générale est privilégiée pour des raisons de confort lorsque la glande mammaire accessoire est volumineuse ou lorsqu’elle est présente au niveau des deux aisselles. Dans tous les cas, l’opération a lieu au bloc opératoire, en chirurgie ambulatoire.

L’objectif de la chirurgie est de retirer toute la glande mammaire accessoire qui est ensuite envoyée pour analyse, au laboratoire. L’analyse permet de confirmer le diagnostic d’une part, et vérifier qu’il n’y a pas de cancer dans la glande d’autre part. En effet, une glande mammaire accessoire est constituée de tissu mammaire, ce qui explique qu’un cancer du sein peut s’y développer. En revanche, le risque de cancer du sein n’est pas accru par la présence d’une glande mammaire accessoire. Il n’est donc pas recommandé de les retirer systématiquement.

Consignes Post-Opératoires

Les consignes après la chirurgie d’une glande mammaire accessoire sont simples :

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  • Douche à l’eau et au savon, sans le pansement dès le soir de l’intervention.
  • Aucun fil à retirer (fils résorbables).
  • Reprise du sport et de la baignade (piscine et eau de mer) 3 semaines après la chirurgie.
  • Des séances de kinésithérapie douce peuvent être prescrites pour éviter l’engourdissement précoce de l’aisselle.
  • Quelques jours d’arrêt de travail pourront être nécessaire en fonction de l’activité professionnelle exercée.

Cicatrice

La chirurgie d’une glande mammaire accessoire va laisser une cicatrice sous l’aisselle. La cicatrice est définitive. L’objectif est d’obtenir une cicatrice discrète.

Prévention et Bonnes Pratiques

Adopter quelques précautions simples peut contribuer à réduire le risque d'apparition de masses douloureuses sous les aisselles pendant la grossesse. Maintenir une bonne hygiène et surveiller les réactions cutanées aide à prévenir les infections locales. L'épilation mérite une attention particulière durant la grossesse. Privilégier des techniques douces, désinfecter soigneusement les instruments utilisés et éviter les épilations trop agressives peut limiter les micro-traumatismes responsables d'inflammations locales. Le port de vêtements amples, particulièrement au niveau des aisselles, favorise une meilleure aération de la zone et limite les frottements.

Questions Fréquentes

  1. Les boules sous les aisselles pendant la grossesse sont-elles toujours bénignes ? Dans la très grande majorité des cas, les masses douloureuses qui apparaissent sous les aisselles pendant la grossesse sont effectivement bénignes. Elles résultent le plus souvent de ganglions lymphatiques réactifs, de glandes mammaires accessoires qui se développent sous l'influence hormonale, ou d'inflammations locales liées aux soins d'hygiène.
  2. Combien de temps faut-il attendre avant de consulter ? Si la boule est douloureuse mais sans autres signes inquiétants, vous pouvez observer son évolution pendant une semaine. En revanche, il convient de consulter rapidement si la masse persiste au-delà de 2 semaines, si elle devient dure et fixe, si elle s'accompagne de fièvre, de rougeurs locales, ou de modifications du sein.
  3. Les traitements antibiotiques sont-ils sans danger pendant la grossesse ? Certains antibiotiques sont parfaitement compatibles avec la grossesse et peuvent être prescrits sans risque pour traiter les infections responsables de ganglions inflammés. Votre médecin choisira toujours des molécules autorisées pendant la grossesse et adaptera la posologie selon votre terme.
  4. Peut-on masser ou appliquer des compresses sur les boules douloureuses ? L'application de compresses tièdes peut effectivement soulager l'inconfort, particulièrement en cas d'inflammation ou d'abcès débutant. En revanche, il est déconseillé de masser vigoureusement la zone ou de presser les masses, car cela pourrait aggraver l'inflammation ou favoriser la diffusion d'une éventuelle infection.
  5. Ces boules peuvent-elles affecter l'allaitement ? Les masses bénignes sous les aisselles n'interfèrent généralement pas avec l'allaitement. Au contraire, si elles correspondent à des glandes mammaires accessoires, elles peuvent même participer à la production lactée.

Cas Clinique : Polymastie Axillaire et Hypertrophie Post-Ménopausique

C’est l’histoire d’une femme de 71 ans, mère de six enfants. Ménopausée depuis vingt ans, elle ne présente aucun antécédent médical particulier si ce n’est qu’elle perçoit depuis sa dernière grossesse, survenue il y a trente ans, un gonflement non douloureux dans l’aisselle gauche. Initialement de petit volume, cette grosseur a augmenté de volume au cours des cinq dernières années. Parallèlement, celle-ci est devenue douloureuse et présente maintenant une zone ulcérée. L’examen clinique constate que la grosseur n’est autre qu’un sein. Celui-ci ne mesure pas moins de 15 cm dans son grand axe. Il est souple et mobile, mais ne comporte ni aréole, ni mamelon. Il existe une ulcération de 4 cm de diamètre à son pôle inférieur. Les deux autres seins sont normaux, de même que les ganglions lymphatiques de l’aisselle. L’échographie de la masse siégeant dans le creux axillaire gauche met en évidence une structure ressemblant à une glande mammaire, avec absence de nodule. L’aspect échographique des deux seins en position pectorale ne montre rien de particulier. Une biopsie cutanée de l’ulcération du sein surnuméraire ne montre qu’une inflammation (dermite ulcérée), sans signe de malignité. Les gynécologues du Centre hospitalier universitaire Ibn Rochd de Casablanca (Maroc), qui rapportent le 23 juillet 2021 ce cas clinique exceptionnel dans la revue Radiology Case Reports, ont procédé à l’ablation chirurgicale du sein surnuméraire axillaire. L’examen de la pièce opératoire a confirmé le diagnostic en montrant la présence de lobules de tissu adipeux, avec présence d’un infiltrat de cellules inflammatoires mais absence de cellules cancéreuses. Les suites opératoires ont été simples, la patiente ayant regagné son domicile le surlendemain de l’intervention chirurgicale.

Polymastie : Généralités

La polymastie, ou sein surnuméraire, est une affection congénitale correspondant à la persistance, en position anormale, de tissu mammaire. Celui-ci se situe le long de la ligne mammaire qui s’étend de l’aisselle au pli de l’aine. En novembre 2015, je relatais sur ce blog les cas d’une femme qui avait trois seins et d’une autre qui en avait quatre. On estime que 0,4 % à 6 % des femmes et 1 % à 3 % des hommes présentent une polymastie. Environ 67 % des cas de polymastie sont localisés dans la partie thoracique ou abdominale de la ligne mammaire, souvent juste en dessous du pli infra-mammaire. Dans 20 % des cas, les seins surnuméraires sont localisés dans le creux de l’aisselle. Exceptionnellement, la polymastie peut se produire en dehors de la ligne mammaire, au niveau du cou, du visage, des bras ou des hanches. Le caractère unilatéral est rarement rapporté. Les seins surnuméraires sont le plus souvent asymptomatiques avant la puberté et doivent faire l’objet d’un suivi radiologique régulier car ils peuvent subir les mêmes modifications pathologiques que le sein normal, comme une mastite (inflammation de la glande mammaire), une maladie fibrokystique (affection associant des kystes et une fibrose), voire un carcinome (tumeur maligne).

Le cas exceptionnel rapporté par les gynécologues marocains correspond donc à un sein surnuméraire unilatéral, de localisation axillaire, qui s’est paradoxalement hypertrophié après la ménopause, faisant craindre le développement d’un cancer. Un cancer du sein peut en effet se développer en position axillaire. De fait, le site le plus fréquent de carcinome mammaire surnuméraire est l’aisselle (0,2 % à 6 % des cas). Des cas extrêmement rares de cancer du sein bilatéral, de localisation axillaire, ont également été décrits.

Développement Embryonnaire

Au cours du développement embryonnaire, à la septième semaine, des bourgeons mammaires apparaissent de chaque côté, le long d’une ligne allant du creux de l’aisselle à la face antéro-interne de la cuisse, à proximité de la vulve. Ces bourgeons persistent dans la région pectorale chez l’espèce humaine alors que les autres disparaissent à la 7e semaine. A la 12e semaine, les bourgeons se développent en lobules mammaires. La persistance de certains bourgeons aboutit aux seins accessoires ou surnuméraires. La glande mammaire surnuméraire peut se limiter à une zone sous-cutanée de tissu mammaire ou à un sein complet avec une aréole et un mamelon. L’anomalie est présente à la naissance mais n’est en général découverte qu’au cours de la grossesse ou de la lactation à l’occasion d’une augmentation de volume, d’une douleur cyclique, d’une sensation d’inconfort, d’une sécrétion d’un liquide laiteux ou d’une irritation cutanée locale. La présence d’un petit mamelon est la forme la plus fréquente de sein surnuméraire. Le traitement consiste le plus souvent en l’excision chirurgicale du sein surnuméraire, parfois en une liposuccion, voire à l’association de ces deux types d’intervention.

Localisations Ectopiques Rares

Ces anomalies peuvent se retrouver sur toute la crête mammaire (également appelée ligne lactéale), jusqu’à la vulve. Moins de 50 cas de sein surnuméraire de localisation vulvaire ont été décrits dans la littérature médicale internationale. Des cas exceptionnels de seins surnuméraires bilatéraux de la région vulvaire ont même été rapportés. En 1998, des médecins koweitiens ont rapporté dans le magazine scientifique Acta Cytologica la présence de deux grosseurs d’un et de deux centimètres au niveau vulvaire chez une femme égyptienne de 30 ans à la 26e semaine de grossesse.

Conclusion

L'apparition de boules douloureuses sous les aisselles pendant la grossesse, bien qu'inquiétante au premier abord, correspond dans l'immense majorité des cas à des phénomènes bénins liés aux transformations physiologiques de cette période. La clé réside dans l'observation attentive de l'évolution de ces masses et dans la communication avec votre équipe médicale. Adoptez une surveillance vigilante mais sans anxiété excessive, en sachant reconnaître les signes qui nécessitent une consultation rapide. N'hésitez jamais à partager vos préoccupations avec votre médecin ou votre sage-femme : ils sont là pour vous accompagner et vous rassurer tout au long de cette période unique qu'est la grossesse, en veillant à ce que chaque symptôme soit correctement évalué et pris en charge si nécessaire.

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