La réduction mammaire, ou plastie mammaire de réduction, est une intervention chirurgicale visant à diminuer le volume des seins et à corriger la ptôse (affaissement) qui y est souvent associée. Cette opération peut améliorer significativement la qualité de vie des femmes souffrant d'hypertrophie mammaire, en soulageant les douleurs physiques et en améliorant l'estime de soi. Cependant, de nombreuses questions se posent quant à son impact sur la grossesse et l'allaitement. Cet article vise à répondre à ces interrogations en fournissant des informations claires et complètes.
Qu'est-ce que la réduction mammaire ?
L'hypertrophie mammaire, caractérisée par un volume mammaire excessif par rapport à la morphologie de la femme, peut entraîner des douleurs cervicales, dorsales et aux épaules, ainsi que des irritations sous-mammaires pouvant évoluer vers des mycoses. Elle peut apparaître dès la puberté, après une prise de poids, ou avec le temps, et s'accompagne souvent d'une ptôse mammaire. La chirurgie de réduction mammaire permet de :
- Réduire le volume de la poitrine.
- Remettre l'aréole et le mamelon en bonne position.
- Recréer le galbe et l'harmonie du sein.
- Corriger une éventuelle asymétrie mammaire.
Elle est aussi associée à un lifting mammaire. Une réduction mammaire est possible dès la fin de la puberté et tout au long de la vie. Dans les cas extrêmes, une réduction mammaire est même possible avant la fin de la puberté.
Grossesse après une réduction mammaire : est-ce possible ?
Une grossesse est tout à fait possible après une chirurgie de réduction mammaire et un lifting des seins. Il n'y a aucune contre-indication médicale à effectuer une réduction mammaire avant de tomber enceinte. Cependant, il est important de prendre en compte les changements que la grossesse induit sur le volume des seins. La grossesse implique une augmentation du volume du sein et détend la glande et la peau.
Il est recommandé d'attendre une période de 6 mois voire de 1 an après une plastie mammaire de réduction avant d'envisager une grossesse. Cela laisse le temps aux tissus de cicatriser et de retrouver une fonctionnalité normale. Il est également possible d'envisager une réduction mammaire après un allaitement.
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Malgré tout, il faut garder en tête que la grossesse et l’allaitement entraînent une variation du volume mammaire, qui peut entraîner une ptôse (affaissement des seins) plus ou moins importante, associée ou non à une fonte mammaire. C’est pourquoi, en cas de gêne modérée liée à une hypertrophie mammaire, il peut être plus sage de mener à bien son ou ses projet(s) de grossesse avant d’opter pour une réduction mammaire. Mais si l’on est jeune et/ou que l’on est très gênée par sa forte poitrine, il peut être plus bénéfique d’opérer en amont des grossesses.
Allaitement après une réduction mammaire : ce qu'il faut savoir
L’allaitement, même s’il reste souvent possible, peut diminuer en abondance et le risque d’impossibilité total ou partiel d’allaiter doit donc être envisagé par la patiente. La possibilité de l’allaitement maternel dépend également de l’importance du volume mammaire retiré.
L’allaitement est généralement possible après une réduction mammaire. Cependant, il peut être plus difficile, parce que la glande mammaire a été touchée, et qu’une partie a été retirée. La production de lait peut être insuffisante, et l’éjection du lait plus compliquée. La réussite de l’allaitement dépend notamment de la technique chirurgicale utilisée (d’où l’importance de parler de son désir d’allaiter en amont avec le chirurgien), de la quantité de glande mammaire retirée ou encore de la localisation de la glande ôtée. Bref, l’allaitement n’est pas impossible, mais pas garanti non plus.
Une réduction mammaire implique de pratiquer une incision péri-aréolaire autour du mamelon, ce qui peut impacter les canaux galactophores (ou lactifères). Certains peuvent avoir été sectionnés lors de la chirurgie, ce qui aura des conséquences pour la lactation. Lorsque l’on souhaite allaiter après avoir eu recours à une réduction mammaire, il est judicieux de faire appel à une consultante en lactation. Après avoir pris connaissance de la technique chirurgicale utilisée, celle-ci pourra donner des conseils et astuces pour que l’allaitement se déroule le mieux possible. Il s’agira notamment de mettre en place une prise au sein optimale du bébé, via différentes positions d’allaitement, d’envisager l’usage d’un Dispositif d'aide à la lactation, ou DAL, si nécessaire, de bouts de sein, etc.
Déroulement de l'intervention et cicatrices
Deux à trois consultations seront nécessaires pour définir un projet chirurgical. Il vous faudra tout d’abord atteindre un poids stable. En effet, le volume de la poitrine varie aussi avec le poids. Le projet thérapeutique sera établi selon les désirs et l’anatomie de la patiente. Un volume / un bonnet cible sera envisagé. Une asymétrie mammaire est recherchée et sera corrigée au cours de l’intervention chirurgicale.
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La position des cicatrices peut varier selon le projet. Elles peuvent se situer autour de l’aréole et de façon verticale vers le bas (lollipop) pour les hypertrophies légères. Pour les hypertrophies moyennes et importantes, les cicatrices seront positionnées autour de l’aréole et de façon verticale vers le bas et dans le sillon sous mammaire (en ancre de marine). La durée de l’intervention est d’1h 30. Elle est réalisée sous anesthésie générale au cours d’une hospitalisation ambulatoire (sortie le soir même) ou d’une courte hospitalisation (1 nuit). L’aréole mammaire est remontée, le sein allégé et regalbé.
Pour réduire un sein les cicatrices sont inévitables. Plus le sein gros, plus les cicatrices sont longues. La réduction mammaire nécessite en général de remonter l’aréole, laissant une cicatrice péri-aréolaire, une incision entre l'aréole et le sillon sous-mammaire (cicatrice verticale), voire une troisième incision au niveau de la base du sein, dans le sillon sous mammaire. D’abord rouges et très visibles les premiers mois, les cicatrices laissées par une réduction mammaire vont blanchir et s'estomper au fil du temps. Il faut donc patienter un à deux ans pour voir le résultat définitif de la chirurgie, du moins en ce qui concerne l’aspect final des cicatrices.
Suivi post-opératoire
Le premier pansement est réalisé par le Dr. Dès la fin de l’opération, le résultat est visible. L’aréole est ascensionnée, le volume du sein est réduit, la forme est arrondie et les douleurs cervicales et dorsales disparaissent en quelques jours. Initialement, le sein est remonté, bien galbé même ferme. Les douleurs post-opératoire sont légères et de courte durée. Il peut aussi exister pendant les premiers jours et les premières semaines un gonflement post opératoire ainsi que des ecchymoses. Aucun drain n’est laissé en place après l’intervention.
Les soins post opératoires sont relativement simples. Un lavage quotidien des cicatrices sera effectué par la patiente et/ou par un(e) infirmier(e) diplômé(e) d’État à l’eau et savon, puis le pansement sera posé sur les cicatrices. Elles s’estomperont en 3 à 6 mois. Un soutien-gorge de contention devra être porté pendant 4 à 6 semaines. Il permet de limiter le gonflement post opératoire mais aussi de maintenir la poitrine en bonne position et de soulager la tension sur les cicatrices. Un repos post-opératoire de deux semaines est conseillé. La pratique du sport est déconseillée pendant 1 à 2 mois.
Après quelques mois, le sein se déroule et reprend un aspect naturel. Au-delà de l’aspect du sein, le retentissement à long terme sur la qualité de vie au quotidien, les douleurs dorsales et cervicales, la pratique du sport et l’équilibre pondéral est notable et stable dans le temps. Le sein opéré reste sensible au cycle hormonal et à la variation pondérale. Il est donc important de ne pas prendre trop de poids au risque de réaugmenter le volume mammaire. Il arrive souvent que la sensibilité des aréoles mammaires se modifie à type d’engourdissement, d’insensibilité, ou de sensations inhabituelles des aréoles et des mamelons. Ces modifications sont fréquentes et disparaissent progressivement, au moins partiellement, avec le temps (plusieurs mois ou années selon les cas).
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Après une réduction mammaire, les chirurgiens plastiques et esthétiques recommandent a minima le port d’un soutien-gorge de sport, de type brassière, sans armature et de préférence en coton, pendant au moins un mois, pour une bonne contention des seins. L’idée étant de tenir les pansements, de limiter l’œdème et de faciliter la cicatrisation. Pendant les six mois qui suivent ce type de chirurgie, il est difficile de dormir sur le ventre, et c’est même déconseillé durant les premières semaines post-opératoires.
Prise en charge financière
La réduction mammaire est prise en charge par la Sécurité sociale uniquement dans certains cas. Malgré tout, il faut garder en tête que le remboursement par la Sécurité sociale comprend uniquement le prix de l’acte médical, et non les compléments d’honoraires du chirurgien, du médecin anesthésiste, ou encore les éventuels frais annexes (chambre seule, repas, télévision, etc.). Mais ces frais peuvent être pris en charge par la mutuelle. La fourchette de prix d’une réduction mammaire varie donc de zéro reste à charge pour la patiente si l’opération est remboursée et réalisée en hôpital public, à plus de 5 000 euros selon les cliniques et en l’absence de remboursement.
Risques et complications
Comme n’importe quelle chirurgie, la réduction mammaire comporte des risques et de rares complications qu’il faut toutefois prendre en considération.
Le "Mommy Makeover"
Ainsi, la réduction mammaire est souvent intégrée dans une prise en charge plus complète appelée Mommy Makeover. Ce protocole associe plusieurs interventions de chirurgie esthétique pour restaurer la silhouette - et le plaisir d’être être soi - après une ou plusieurs grossesses.
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