L’aménorrhée, définie comme l’absence de règles, est une condition qui affecte de nombreuses personnes menstruées à un moment donné de leur vie. Bien que le terme puisse sembler mystérieux, il est essentiel de comprendre ses causes potentielles et les implications pour la santé. Cet article vise à décrypter les différents aspects de l’aménorrhée, en mettant particulièrement l’accent sur le rôle de l’hypophyse.
Qu'est-ce que l'aménorrhée ?
L’aménorrhée se caractérise par une absence de menstruations chez une personne menstruée. On distingue deux types principaux :
- Aménorrhée primaire : Absence des premières règles après l’âge de 16 ans ou après deux ans suivant le début de la puberté.
- Aménorrhée secondaire : Arrêt des règles pendant au moins trois cycles consécutifs chez une personne ayant déjà été menstruée. La grossesse est un exemple courant d’aménorrhée secondaire.
Causes de l'aménorrhée secondaire
Les causes de l’aménorrhée secondaire sont variées et peuvent être classées en plusieurs catégories :
Causes utérines ou ovariennes
- Insuffisance ovarienne : Nombre insuffisant d’ovocytes dans les ovaires. La ménopause est un exemple naturel d’insuffisance ovarienne, mais si elle survient avant 40 ans, elle est considérée comme précoce.
- Sténose cervicale du col de l’utérus : Rétrécissement du passage du col de l’utérus.
- Adhérences dans la cavité utérine : Bandes de tissus cicatriciels dans l’utérus ou entre ses parois.
Causes hormonales et/ou endocriniennes
- Atteinte de l’hypophyse : La glande hypophyse, située à l’arrière du crâne, joue un rôle crucial dans le maintien de l’équilibre hormonal. Diverses causes peuvent affecter son fonctionnement.
- Hyperthyroïdie : Taux élevé d’hormones thyroïdiennes, entraînant une accélération des fonctions vitales.
- Contraception hormonale : La pose d’un DIU hormonal ou la prise de certaines pilules contraceptives peuvent entraîner un arrêt des règles. Le cycle menstruel reprend généralement après l’arrêt du contraceptif.
- Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)
- Diabète
- Grossesse/Allaitement
Causes liées à une intervention médicale
- Chirurgie dans la zone utérine : Curetage, conisations, IVG…
- Prise de certains médicaments : Antipsychotiques, progestatifs, corticoïdes, chimiothérapie, médicaments traitant l’hypertension, antihistaminiques…
Causes psychologiques et/ou physiologiques
- Importante perte de poids
- Choc psychologique
- Dépression
- Carences importantes
Autres causes
- Cancer
- Cirrhose
- Insuffisance rénale
- Hépatite
- Hémochromatose
Il est important de noter que cette liste n’est pas exhaustive et qu’il existe de nombreuses autres raisons possibles à l’absence de règles.
Rôle de l'hypophyse dans l'aménorrhée
L’hypophyse est une petite glande située à la base du cerveau, dans une cavité osseuse appelée selle turcique. Elle joue un rôle essentiel dans la régulation de nombreux processus vitaux, notamment la croissance, la maturation sexuelle, la reproduction, la réponse au stress et le métabolisme basal.
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L’hypophyse est divisée en deux parties principales : l’antéhypophyse et la posthypophyse. L’antéhypophyse sécrète plusieurs hormones importantes, notamment :
- Hormone de croissance (GH)
- Gonadotrophines (LH et FSH)
- Thyréostimuline (TSH)
- Prolactine
- Hormone adrénocorticotrope (ACTH)
La sécrétion de ces hormones est régulée par des hormones hypothalamiques, telles que la GHRH pour la GH, la TRH pour la TSH et la GnRH pour la FSH et la LH.
Une atteinte de l’hypophyse peut perturber la production de ces hormones, entraînant divers problèmes de santé, dont l’aménorrhée.
Adénomes hypophysaires et aménorrhée
Les adénomes hypophysaires sont des tumeurs bénignes qui se développent au sein de l’antéhypophyse. Ils peuvent se révéler par leur taille (syndrome tumoral) ou par leur caractère sécrétant (hypersécrétion hormonale). Les adénomes à prolactine sont les plus fréquents et peuvent entraîner une aménorrhée secondaire chez les femmes.
Un adénome hypophysaire peut causer une aménorrhée de plusieurs manières :
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- Hyperprolactinémie : Les adénomes à prolactine sécrètent une quantité excessive de prolactine, une hormone qui intervient dans la lactation. L’hyperprolactinémie peut inhiber l’ovulation et entraîner une aménorrhée. Outre l’aménorrhée, l’hyperprolactinémie peut également provoquer une galactorrhée (écoulement de lait par les mamelons) et une baisse de la libido.
- Compression des structures voisines : Les adénomes hypophysaires de grande taille (macro-adénomes) peuvent comprimer les structures voisines, notamment le chiasma optique (entraînant des troubles visuels) et d’autres parties de l’hypophyse (entraînant une insuffisance hypophysaire).
- Insuffisance hypophysaire : Un adénome hypophysaire peut endommager les cellules hypophysaires et entraîner une diminution de la production d’autres hormones, telles que la LH et la FSH, qui sont essentielles à la régulation du cycle menstruel.
Autres causes hypophysaires d'aménorrhée
Outre les adénomes hypophysaires, d’autres affections peuvent affecter l’hypophyse et entraîner une aménorrhée, notamment :
- Craniopharyngiome : Tumeur bénigne qui se développe près de l’hypophyse et peut comprimer la glande.
- Hypophysite : Inflammation de l’hypophyse, souvent d’origine auto-immune.
- Syndrome de Sheehan : Nécrose de l’hypophyse après un accouchement, due à une hémorragie importante.
- Traumatismes crâniens
- Radiothérapie
Diagnostic de l'aménorrhée liée à l'hypophyse
Le diagnostic de l’aménorrhée liée à l’hypophyse repose sur un examen clinique, un bilan hormonal et des examens d’imagerie.
L’examen clinique comprend un interrogatoire sur les antécédents médicaux de la patiente, son historique menstruel et la présence d’autres symptômes, tels que des troubles visuels, des maux de tête, une galactorrhée ou une baisse de la libido.
Le bilan hormonal comprend des dosages sanguins de prolactine, de LH, de FSH, d’œstradiol, de TSH et d’autres hormones hypophysaires et périphériques.
Les examens d’imagerie, tels qu’une IRM de l’hypophyse, permettent de visualiser la glande et de détecter la présence d’un adénome ou d’une autre anomalie.
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Traitement de l'aménorrhée liée à l'hypophyse
Le traitement de l’aménorrhée liée à l’hypophyse dépend de la cause sous-jacente.
Adénomes à prolactine
Les adénomes à prolactine sont généralement traités avec des médicaments agonistes de la dopamine, tels que la bromocriptine ou le cabergoline. Ces médicaments réduisent la sécrétion de prolactine et permettent souvent de rétablir les cycles menstruels et la fertilité. Dans certains cas, une intervention chirurgicale ou une radiothérapie peuvent être nécessaires pour retirer ou détruire l’adénome.
Autres causes hypophysaires
Le traitement des autres causes hypophysaires d’aménorrhée dépend de l’affection sous-jacente. Une intervention chirurgicale, une radiothérapie ou un traitement hormonal substitutif peuvent être nécessaires.
Quand consulter ?
Il est important de consulter un médecin si vous constatez une absence de règles pendant plus de trois mois, ou si vous présentez d’autres symptômes tels que des troubles visuels, des maux de tête, une galactorrhée ou une baisse de la libido. Un diagnostic précoce et un traitement approprié peuvent aider à prévenir les complications et à améliorer votre qualité de vie.
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