Flavia Coelho, chanteuse brésilienne au sourire rayonnant et à l'énergie débordante, captive le public avec sa musique métissée et ses rythmes entraînants. Installée en France depuis 2006, elle a su conquérir le cœur des mélomanes avec son style unique, mêlant bossa muffin, cumbia, hip-hop, reggae et ambiances afro-caribéennes. Son parcours atypique, marqué par la joie et la résilience, fait d'elle une artiste attachante et inspirante.
Un parcours musical riche et éclectique
Flavia Coelho a débuté sa carrière musicale dès l'âge de 14 ans au Brésil, son pays d'origine. Montée sur scène pour la première fois à cet âge, elle rêvait d'une vie d'artiste, malgré l'absence de musiciens dans sa famille. « Personne de ma famille ne faisait de la musique mais j’avais très envie d’être avec des musiciens et de voyager un peu partout dans le monde », confie-t-elle. Elle a chanté toute sa vie au Brésil, mais n'avait jamais essayé d'écrire une chanson.
À 26 ans, elle prend la décision de s'installer à Paris pour lancer sa carrière internationale. C'est là qu'elle rencontre Victor Vagh-Weinmann, musicien et producteur, avec qui elle va collaborer étroitement. Ensemble, ils créent un son original, mêlant les influences brésiliennes aux sonorités modernes. « J’avais chanté toute ma vie au pays, mais jamais je n’avais essayé d’écrire une chanson, poursuit-elle. J’ai pu réaliser ça grâce à ma rencontre avec Victor-Attila Vagh, mon producteur, qui a relevé le défi de proposer une musique brésilienne avec une artiste différente, quelque chose de nouveau. »
Son premier album, Bossa Muffin, sort en 2011 et remporte un succès critique et public. On aime son audace en studio comme sur scène, son inlassable énergie : « Mon diplôme, ça a été ce disque. On a compris ma sincérité… Je ne suis pas une diva : ma voix, je la mets avant tout au service de la musique ». Les deux albums suivants, Mundo Meu (2014, avec notamment l’intervention du légendaire batteur Tony Allen) et Sonho Real (2016) reçoivent le même accueil chaleureux. Flavia aime également tisser des liens avec d’autres artistes. Parmi les plus récents, Gaël Faye, qui l’a invitée sur « Ballade brésilienne » en 2018.
En octobre 2019, Flavia revient avec un quatrième album DNA - l’album à la fois le plus personnel et le plus universel de Flavia Coelho. Enregistré entre le Quartier Latin et le Var, les deux studios de Victor Vagh-Weinmann, il brille par son hybridité musicale.
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Un style musical unique et métissé
Flavia Coelho définit son style musical comme un mélange de musique africaine, des Caraïbes, de musique traditionnelle du Brésil, de hip-hop et de reggae. Elle ne se fixe aucune limite et chante ce qu'elle aime, créant ainsi un univers sonore unique et personnel. Ce 3e album est en effet, comme les deux autres, une invitation au voyage, aussi bien dans les divers styles musicaux que sur le plan des cultures du monde.
Elle a la joie de recevoir une chanteuse brésilienne qui vit en France depuis 2006. Son cinquième album, Ginga, est sorti en mai dernier, elle est en tournée tout l’été et sera à l’Olympia le 12 mars prochain, mais d’ici là, Flavia Coelho nous a rejoints sous le soleil de Platon, dans la caverne de France Inter, pour nous aider à réfléchir à cette belle question : pourquoi la joie nous fait-elle tant de bien ?
"Sonho Real" : un album qui invite au voyage
Le dernier album de Flavia Coelho, « Sonho Real », est sorti le 7 octobre dernier. Ce troisième album est une invitation au voyage, tant sur le plan musical que culturel. L'artiste y explore différents styles et langues, chantant en portugais brésilien et en français. Cette fois, l’artiste a décidé de chanter l’une de ses chansons, Temontou, en français, quand toutes les autres sont dans sa langue natale, le portugais brésilien. Pourquoi ? « Le fait de chanter en français c’est quelque chose qu’on me demande depuis un moment. Je trouvais ça légitime pour tout le public qui me suit sans forcément comprendre ce que je dis. Et j’ai décidé de reprendre une chanson que j’ai entendue il y a quelques années dans le sud de la France. »
Dans Sonho Real, Flavia Coelho aborde des thèmes variés tels que la féminité, les relations de couple et l'importance d'être bien dans sa tête pour aider les autres. Les jours sont très difficiles et même quand on dit des choses dures en musique, il faut qu'elle soit toujours joyeuse mais c'est un truc très Sud-Américain ou très Latin. On pleure nos amours en dansant de la salsa ! (Rires). Dans la chanson « Cê Inventa », j’aborde les problèmes de couple mais je trouve des solutions drôles et je dis qu’il ne faut pas tout trop prendre au sérieux.
La joie et la résilience comme moteurs
L'adversité n'est pas un obstacle à la joie. Flavia Coelho a perdu sa mère à l'âge de onze ans, mais elle a aussi connu d'autres difficultés. C'est pourquoi, dans son œuvre, et notamment dans son cinquième et dernier album, il y a la thématique de la résilience, du courage qu'elle met en avant, tout en l'abordant avec beaucoup de joie, de bonne humeur et d'allégresse. C'est une façon de dire que l'adversité, au fond, n'est pas un obstacle à la joie : « C'est au fur et à mesure que le temps passe que je me rends compte que cette joie-là est un pied de nez à tous ceux qui essaient de nous dénigrer et de casser notre moral. Depuis très longtemps au Brésil, nous vivons dans des difficultés sociétales et politiques. Et cette manière d'avoir cette joie et de l'entretenir sans arrêt, c'est aussi pour montrer qu'on peut continuer de se battre malgré la douleur. »
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Sur son précédent album, DNA, Flavia Coelho abordait plus directement la politique de manière très engagée notamment contre Bolsonaro. Il y avait une colère, mais qui était presque joyeuse, comme une joie qui persévère malgré les injustices : « J'avais envie de continuer d'affronter les adversités malgré tout et d'essayer de mettre cette joie en politique, mais aussi à chaque moment de ma vie. Mes textes peuvent être parfois très durs, mais il y a toujours une lumière au bout du tunnel, un espoir qui nous maintient debout. »
Dans ses chansons, et notamment dans « Mama Santa » où elle évoque sa mère, Flavia Coelho parle beaucoup de résilience. La notion de résilience a deux grandes idées ; la première, c'est que la résilience, c'est la capacité qu'on a de prendre un nouveau départ, d'effacer le passé et de trouver de la ressource pour un redémarrage. L'autre idée, c'est que ce n'est pas un nouveau départ, mais une manière de ressaisir le passé, de l'accueillir et de faire avec : « Quand je parle de résilience, ce n'est pas de se courber l'échine et de laisser tout passer. La résilience pour moi, c'est de prendre cette valise pleine de ce passé et d'essayer de la rendre de plus en plus légère pour la porter. »
Lorsque Flavia Coehlo a perdu sa mère à l'âge de 11 ans, elle a eu l'impression de vieillir de dix ans d'un coup : « C'est souvent l'impression qu'on a quand on perd un parent, on est obligé de grandir, de se débrouiller et d'affronter la vie. Je n'aurais jamais été de cette femme si je n'avais pas perdu ma mère. Avec le temps, ce traumatisme s'est transformé en musique et en envie de partager. »
La musique permet de dire des choses là où la théorie échoue comme une espèce de joie qui est possible quand le bonheur ne l'est pas. Souvent, sur scène, Flavia Coelho sent qu'elle apporte cette joie au public : « Avec mon producteur, nous avons écouté beaucoup de musique classique ; Beethoven, Mozart, Dvorak ou encore Rachmaninov et Chopin. J'avais besoin de comprendre comment, 300 ans, 400 ans après, ces pièces musicales arrivent toujours à nous émouvoir. C'est très intéressant d'étudier la musique et de voir quels enchaînements d'accords peuvent éveiller certaines émotions. »
Une artiste engagée et proche de son public
Flavia Coelho est une artiste engagée, qui n'hésite pas à aborder des thèmes importants dans ses chansons, tels que la corruption, l'homophobie et le racisme. Elle exprime ainsi son point de vue sur la situation politique de son pays, le Brésil, et sur les injustices qu'elle observe dans le monde.
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Malgré les difficultés qu'elle a rencontrées, Flavia Coelho reste une artiste positive et optimiste. Elle transmet un message d'espoir et de joie à son public, l'invitant à vivre pleinement sa vie et à ne pas se prendre trop au sérieux. Si tu avais un message à faire passer grâce à ta musique ; quel serait-il ? Que les gens vivent au maximum et qu’ils sachent pardonner, aimer, qu’ils ne prennent pas les choses trop au sérieux ni qu’ils ne se prennent trop sérieux eux-mêmes et enfin, qu’ils essayent de prendre la vie à la légère !
Elle est très reconnaissante envers son public, qui la suit depuis ses débuts et qui lui apporte un soutien indéfectible. Quelle serait ta plus belle récompense de la part du public ? J’en ai déjà une avec la sortie de ce troisième album en si peu de temps. Le public nous suit toujours, les gens aiment toujours, ils donnent leur avis, ils viennent aux concerts, ils emmènent tous les copains, ils s’organisent pour venir me voir, ils font garder les enfants et ça, c’est une putain de récompense !
Prochains projets et perspectives d'avenir
Flavia Coelho continue de tourner à travers le monde pour présenter son dernier album, Ginga, et partager sa musique avec un public toujours plus large. Elle sera notamment à l'Olympia à Paris le 12 mars 2025. Les concerts, l’énergie que lui renvoie le public, elle n’en a jamais assez. La tournée se passe merveilleusement bien, assure la chanteuse. Le concert au festival Les Vieilles Charrues, à Carhaix, en Bretagne, vendredi 12 juillet, restera une étape marquante. « Sans oublier tous ces gens heureux, vus partout où nous passons, inventant même des chorégraphies sur Sistema Solar, un des nouveaux titres, une espèce de compas [genre musical haïtien] à la brésilienne. »
Elle envisage également de collaborer avec d'autres artistes, notamment des auteurs de la scène parisienne et française, ainsi que des musiciens internationaux tels que Damien Marley et Jay-Z. Avec qui aimerais-tu partager des duos à l’avenir ? Je te redirais tous les auteurs que je t’ai cité précédemment mais aussi Damien Marley et si je peux rêver, j’aimerais bien faire un titre avec Jay-Z également ! On ne sait jamais si l’univers me donne des bonnes nouvelles, j’ajouterais Youssou N’Dour, Salif Keïta et M.
Son projet principal pour les années à venir est de rester en bonne santé physique et mentale pour pouvoir continuer à faire ce qu'elle aime : créer de la musique et la partager avec le monde. Mon projet principal pour les années à venir est d’avoir toujours la santé physique et mentale pour pouvoir faire ce que je veux !
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