Le syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO) est une complication potentielle, bien que de plus en plus rare, des traitements de fécondation in vitro (FIV) induite par la stimulation ovarienne. Cet article vise à fournir une vue d'ensemble complète de la prise en charge de l'hyperstimulation ovarienne, en mettant l'accent sur la prévention, la surveillance et les stratégies de gestion.
Comprendre l'hyperstimulation ovarienne
L'hyperstimulation ovarienne survient lorsque les ovaires réagissent de manière excessive aux médicaments de fertilité utilisés pour stimuler le développement des follicules. Cette réaction excessive entraîne une accumulation de liquide dans l'abdomen et, dans les cas graves, peut affecter d'autres organes.
Causes et facteurs de risque
Le SHO est directement lié à la stimulation ovarienne nécessaire à la FIV. Les hormones utilisées dans le traitement peuvent provoquer un état d’accumulation de liquide autour des ovaires. Bien que cela se produise plus fréquemment lorsque les ovaires développent un nombre élevé de follicules stimulés, ce n'est pas une condition obligatoire. Des facteurs de risque plus élevés d'apparition de la maladie ont été définis.
Prévention du SHO
La prévention est la clé de la prise en charge du SHO. Plusieurs stratégies ont été développées pour minimiser le risque de développer cette complication.
Utilisation d'agonistes de la GnRH
L'une des stratégies préventives les plus efficaces est l'utilisation d'agonistes de la GnRH (hormone de libération des gonadotrophines) au lieu de l'hCG recombinante (hormone chorionique gonadotrope humaine) pour déclencher l'ovulation et, ainsi, être en mesure de collecter efficacement les ovocytes. L’agoniste de la GnRH fait que les hormones ne durent pas dans le temps, donc, sans aucun autre traitement, il provoque généralement des menstruations après 6-7 jours d’administration, ce qui réduit considérablement le risque de SHO.
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Vitrification embryonnaire
La vitrification des embryons, une technique de congélation rapide, est une autre stratégie importante. Dans un état propice à la souffrance du syndrome d’hyperstimulation ovarienne, une grossesse pourrait déclencher l’apparition de la complication. La vitrification permet de différer le transfert d'embryons, évitant ainsi d'aggraver le SHO en cas de grossesse.
Surveillance pendant la stimulation ovarienne
Un suivi attentif pendant la stimulation ovarienne est essentiel pour détecter les signes précoces de SHO et intervenir rapidement.
Monitorage échographique
Le monitorage permet de surveiller les effets du traitement hormonal sur les ovaires. Cet examen est la plupart du temps indolore et dure une dizaine de minutes. Il est réalisé vessie vide, il n’est pas nécessaire d’être à jeun. Vous serez installée sur une table d’examen gynécologique.
Gestion du SHO
Malgré les mesures préventives, le SHO peut encore se développer. La gestion du SHO vise à soulager les symptômes et à prévenir les complications.
Traitement symptomatique
La thérapie consiste à contrôler les symptômes qui apparaissent. La plus grande crainte est le fait qu’il n’y ait pas de traitement efficace.
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Hydratation et repos
Une hydratation adéquate et le repos sont essentiels pour aider le corps à se rétablir.
Surveillance des complications
Dans les cas graves, une surveillance étroite des complications telles que l'épanchement pleural, l'ascite et les troubles électrolytiques est nécessaire.
Fécondation In Vitro (FIV) : Informations Complémentaires
La fécondation in vitro (FIV) est une technique de procréation médicalement assistée (PMA) qui implique la fécondation d'un ovule par un spermatozoïde en laboratoire, suivie du transfert de l'embryon résultant dans l'utérus de la femme. Cette procédure est souvent utilisée pour traiter l'infertilité lorsque d'autres méthodes ont échoué.
Prise en charge financière
Pour la FIV, les transferts d’embryons congelés (TEC), les inséminations intra-utérines (IIU), la préservation de la fertilité, la prise en charge est fixée à 100% par l’Assurance Maladie. Les traitements de stimulation d’AMP sont possibles jusqu’aux 43 ans de la femme (jour anniversaire). L’Assurance Maladie prend en charge 4 tentatives de fécondation in vitro quand elles sont indiquées par le centre d’AMP. L’assurance Maladie prend en charge 6 inséminations intra utérines quand elles sont indiquées par le centre d’AMP.
Habitudes de vie et traitements de fertilité
Il est recommandé d’avoir une hygiène de vie la plus saine possible. Votre alimentation doit être équilibrée et vous devez pratiquer une activité physique régulière. Le surpoids ou l’obésité diminuent les chances de réponse aux traitements et les chances de grossesse. Ils entrainent une augmentation du risque de fausses couches et d’autres complications durant la grossesse.
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La consommation de tabac dans le couple diminue le taux de réussite des traitements d’AMP mais entraîne également des échecs d’implantation et majore le risque de fausse couche. Il est donc important d’arrêter de fumer dès que possible et nous vous conseillons de le faire dès le début de votre prise en charge. Des solutions prises en charge par l’Assurance Maladie existent.
Qu’il s’agisse d’un traitement de FIV, d’insémination, de stimulation de l’ovulation, il n’y a pas de contre-indication à la baignade au cours du traitement.
Médication et injections
La prise d’acide folique est à poursuivre tout le long de votre prise en charge et jusqu’à la fin du premier trimestre de grossesse. Vous pouvez acheter des vitamines en vente libre en pharmacie. Elles existent pour homme et femme.
Les injections de stimulation ovarienne sont à réaliser quotidiennement en fin de journée entre 18h et 20h. L’ordonnance prévoit si nécessaire le passage d’une IDE (infirmière diplômée d’état) à domicile. Il est important de respecter les modalités de conservation et d’utilisation des produits (certains doivent être conservés au réfrigérateur, d’autres à moins de 25 degrés). Les stylos de PUREGON et OVALEAP se gardent. L’injection des traitements pour la fertilité est généralement sous-cutanée, dans le ventre ou la cuisse, après une désinfection cutanée.
Voyage pendant le traitement
Il n’est pas contre-indiqué de voyager pendant un traitement de stimulation de l’ovulation sauf si l’équipe médicale vous signifie le contraire (dans le cadre d’une hyper stimulation ovarienne notamment). Cependant, les vols longs courriers ne sont pas recommandés en raison du risque de phlébite. Il n’est pas indiqué de rester alité après le transfert embryon. Les vols long-courriers (6 heures et plus) sont contre-indiqués dans les 4 semaines qui suivent la FIV.
Attention aux pays où la circulation des virus Zika et Chikungunya active. Une liste actualisée des pays concernés vous sera communiquée lors de votre prise en charge. Il faut respecter un délai entre le retour de la zone à risque et la prise en charge : > 6 mois pour l’homme et > 2 mois pour la femme.
Après le transfert d'embryon
Après une FIV, un transfert d’embryon congelé ou une insémination intra utérine, vous pourrez réaliser un test de grossesse sanguin (dosage de béta HCG) 15 jours après le geste. Si vous n’êtes pas enceinte à l’issue du traitement de fertilité, contactez votre médecin référent. Si vous êtes enceinte à l’issue de votre traitement, contactez les sages-femmes du centre au 05 56 79 56 52 afin de communiquer le taux de béta HCG. En fonction de celui-ci, vous devrez refaire un dosage 2 à 7 jours plus tard. Dans tous les cas, le test de grossesse (bilan sanguin - BHCG) est à réaliser à la date indiquée par le centre.
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