L'allaitement maternel représente un don précieux pour le nouveau-né, lui offrant une nutrition optimale et un lien affectif unique avec sa mère. Si les bienfaits de l'allaitement en général sont largement reconnus, la question de l'allaitement long suscite des débats et des interrogations. Quand peut-on considérer qu'un allaitement est long ? Quels sont les avantages et les inconvénients d'une telle pratique ? Comment gérer les remarques de l'entourage ? Cet article explore ces questions en profondeur, en s'appuyant sur des études, des recommandations et des témoignages.
Définition de l'allaitement long
L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande un allaitement exclusif pendant les six premiers mois de la vie du bébé, suivi d'un allaitement complémentaire, associé à une alimentation diversifiée, jusqu'à deux ans ou plus, selon le souhait de la mère et de l'enfant. En France, la durée moyenne de l'allaitement est d'environ 15 semaines, ce qui est bien en deçà des recommandations internationales.
L'allaitement long est généralement défini comme un allaitement qui se prolonge au-delà de la première année de l'enfant. Cependant, cette définition peut varier selon les cultures et les contextes. Certaines personnes considèrent qu'un allaitement est long dès qu'il dépasse 6 mois, tandis que d'autres estiment qu'il ne devient long qu'après 12 mois.
Il est important de noter qu'il existe également le concept d'"allaitement non écourté", qui fait référence à un sevrage naturel qui se produit généralement entre deux et quatre ans.
Avantages de l'allaitement long
L'allaitement long offre de nombreux avantages, tant pour l'enfant que pour la mère :
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Pour l'enfant
- Nutrition optimale : Le lait maternel continue de fournir des nutriments essentiels, des vitamines, des minéraux et des anticorps qui renforcent le système immunitaire de l'enfant, même après la première année. L'apport calorique du lait maternel s'adapte naturellement aux besoins de l'enfant.
- Protection contre les maladies : Le lait maternel protège contre le diabète de type 1 et réduit les risques d'allergies. Il renforce le système immunitaire de l'enfant et le protège contre les infections. Lorsque l'enfant grandit et tète moins, la concentration de facteurs immunologiques augmente dans le lait de sa maman.
- Développement cognitif : L'allaitement long améliore le développement cognitif de l'enfant.
- Lien affectif : L'allaitement long crée un lien privilégié entre la mère et l'enfant. Il offre un moment de réconfort, de sécurité et aide à apaiser les petites peurs ou frustrations du quotidien. C'est un moyen efficace pour soulager un enfant durant ses moments de stress et de peur. L'enfant développe une sécurité affective solide.
- Réconfort : Le sein n'est pas uniquement nourricier ; un enfant peut téter pour se réconforter, ce qui est normal et absolument pas malsain.
Pour la mère
- Diminution des risques de cancer : L'allaitement protège les mamans de certains cancers, notamment celui du sein et des ovaires (avant la ménopause). La diminution des risques de mortalité cardiovasculaire et facilite la perte de poids post-accouchement de la maman.
- Temps partagé : Allaiter longtemps permet des interactions précoces entre la mère et l’enfant.
- Renforcement du lien : L’ocytocine renforce le lien mère-enfant. La confiance en soi de la mère grandit et la relation parent-enfant s’épanouit.
- Allaitement et fertilité : L’allaitement peut, sous certaines conditions, retarder le retour de l’ovulation et donc la fertilité.
Inconvénients de l'allaitement long
Malgré ses nombreux avantages, l'allaitement long présente également des inconvénients potentiels :
Pour la mère
- Fatigue : L'allaitement long est éprouvant pour le corps d'une femme. Il fatigue énormément et nécessite une adaptation de l'emploi du temps. La production de lait maternel représente une dépense énergétique assez importante pour la maman, nécessitant une réadaptation de son alimentation pour augmenter ses apports caloriques.
- Difficultés organisationnelles : En cas de reprise du travail, l'allaitement long peut s'avérer compliqué à mettre en place.
- Conséquences sur le couple : L'allaitement prolongé peut entraver la relation entre la maman et son conjoint. Le père participe de façon moins intense au nourrissage de son tout petit, ce qui peut l'amener à se sentir mis à l'écart.
- Conséquences sur la santé et la sexualité : L'allaitement prolongé peut entraîner une sécheresse vaginale et une baisse de libido.
- Pression sociale : Dans certaines cultures, allaiter au-delà de la première année est mal vu, et les remarques de l'entourage peuvent peser lourdement sur les épaules des mères. Un enfant de plus d'un an et encore au sein de sa maman soulève bien souvent des remarques, des réflexions voire des jugements de la part de l'entourage.
Pour l'enfant
- Développement psychologique : Plusieurs études suggèrent que l'allaitement prolongé pourrait nuire au développement psychologique de l'enfant et à son autonomie.
Gérer les remarques de l'entourage
L'une des difficultés rencontrées par les mères qui choisissent d'allaiter longtemps est la gestion des remarques et des jugements de l'entourage. Voici quelques conseils pour faire face à ces situations :
- Ayez confiance en vous : Rappelez-vous que vous connaissez mieux que quiconque les besoins de votre enfant et de votre famille.
- Expliquez votre choix : Expliquez calmement pourquoi vous avez fait ce choix, en vous basant sur des informations fiables et des recommandations d'experts.
- Ignorez les remarques : Si les remarques vous pèsent trop, ignorez-les simplement.
- Posez vos limites : N'hésitez pas à dire aux personnes qui vous critiquent que vous préférez ne pas parler de ce sujet.
- Entourez-vous de soutien : Parlez-en avec d'autres mamans qui allaitent longtemps, avec des professionnel.les de santé ou avec votre conjoint.
Voici quelques phrases que vous pouvez utiliser pour répondre aux critiques :
- "J'ai choisi ce qui me semblait le mieux pour mon bébé et moi, et pour le moment, ça nous convient bien."
- "Chaque famille trouve son équilibre différemment, et c'est ça qui est beau."
- "Je comprends que ça ne soit pas le choix de tout le monde, mais c'est le mien/nôtre."
- "Ce n'est pas toujours facile, mais c'est important pour moi/nous."
- "Merci de t'en soucier, mais je me sens bien dans ce choix."
- "L'OMS recommande l'allaitement jusqu'à 2 ans ou au-delà, tant que la mère et l'enfant le souhaitent."
- "Mon enfant et moi avons encore besoin de ces moments-là."
- "Il mange aussi autre chose. L'allaitement est juste un complément maintenant."
- "Il se détachera naturellement quand ce sera le bon moment pour lui."
- "L'allaitement évolue avec l'enfant. Ce n'est plus le même qu'au début."
- "On fait ce qui fonctionne pour notre famille, même si ce n'est pas classique."
- "Les besoins de mon bébé sont réels, et j'essaie d'y répondre au mieux."
- "J'ai choisi une parentalité qui respecte son rythme."
- "Je ne vais pas te mentir, ce n'est pas évident tous les jours, mais on s'adapte ensemble."
- "Le sommeil des bébés est un vrai sujet (allaités ou pas), mais on avance pas à pas."
- "Il existe des solutions pour concilier allaitement et travail, je m'organise."
- "J'ai préparé cette étape pour qu'elle se passe en douceur."
- "Ce n'est pas forcément l'un ou l'autre, on peut allaiter et être active."
- "Le sevrage viendra quand ce sera le bon moment pour nous deux."
- "J'ai trouvé un bon équilibre entre mes différents rôles, et ça me rend sereine."
- "En ce moment, j'ai surtout besoin d'écoute et de présence bienveillante."
- "Ce que je recherche, c'est du soutien, pas forcément des solutions."
- "J'ai déjà beaucoup d'infos. J'ai juste besoin qu'on me soutienne."
- "Parfois, un simple « tu fais du mieux que tu peux » suffit."
- "J'avance comme je peux. Ce qui m'aide le plus, c'est qu'on me fasse confiance."
- "Merci pour ton avis, mais je me fie à mon instinct et aux professionnels qui m'accompagnent."
- "Je préfère qu'on respecte nos choix, même s'ils sont différents."
- "Ce n'est pas toujours facile d'être parent, alors on essaie de s'encourager plutôt que de se juger."
- "Chacun fait comme il peut avec ce qu'il est et ce qu'il sait, moi y compris."
- "Ce sujet est sensible pour moi, je préfère qu'on parle d'autre chose."
- "J'ai pris la décision d'arrêter, c'est un choix réfléchi et apaisé."
- "L'allaitement a été une belle aventure, mais il est temps pour nous de passer à autre chose."
- "J'ai écouté mes besoins et ceux de mon bébé, et ce moment est venu naturellement."
- "Ce n'est pas une fin, c'est juste une nouvelle étape dans notre lien."
- "Ce choix me permet de me recentrer et d'apporter autrement à mon bébé."
- "Je me suis bien informée et j'ai finalement choisi de ne pas allaiter. Et je me sens en paix avec ce choix."
- "Ce n'était pas le bon choix pour moi, mais rassure-toi, mon bébé va très bien."
- "Le biberon me permet aussi de créer un lien fort avec mon bébé."
- "Je respecte profondément l'allaitement, mais ce n'est pas ce que j'ai choisi."
- "Il existe mille façons d'être une bonne mère, allaiter n'en est qu'une parmi d'autres."
Le sevrage
Le sevrage est le processus par lequel l'enfant cesse de se nourrir exclusivement de lait maternel et commence à consommer d'autres aliments. Il existe deux types de sevrage :
- Le sevrage naturel : L'enfant décide lui-même du moment où il n'a plus besoin du sein. Ce processus peut prendre des mois, voire des années, et s'accompagne généralement d'une réduction progressive des tétées. Le sevrage naturel survient généralement entre 2 et 4 ans, mais peut aller jusqu’à 7 ans selon les cultures. C’est l’enfant qui diminue progressivement ses tétées jusqu’à ne plus en ressentir le besoin.
- Le sevrage planifié : La mère initie le sevrage. Ce choix peut être motivé par de multiples raisons : fatigue, reprise du travail ou simple désir de passer à autre chose.
Si vous venez de débuter le sevrage et que vous regrettez votre décision, il est peut-être possible de revenir en arrière. Il faudra simplement remettre votre bébé au sein très régulièrement pour relancer la production de lait.
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Conseils pour un sevrage en douceur
- Réduisez progressivement le nombre de tétées : Commencez par supprimer une tétée par jour, puis deux, et ainsi de suite.
- Proposez des alternatives : Proposez à votre enfant d'autres aliments ou boissons à la place du sein.
- Offrez du réconfort : Donnez à votre enfant beaucoup d'amour et d'attention pendant cette période de transition.
- Soyez patient : Le sevrage peut prendre du temps, alors soyez patient et compréhensif avec votre enfant.
- Impliquez le père : Le père peut jouer un rôle important dans le processus de sevrage en offrant du réconfort et en passant du temps avec l'enfant.
Si vous rencontrez des difficultés avant ou pendant le sevrage, vous pouvez vous faire aider par différent.es professionnel.les de santé, qui pourront vous prodiguer de nombreux conseils.
- Le pédiatre qui suit votre enfant : Il pourra vous indiquer les recommandations en lien avec votre situation personnelle et vous aider à mettre en place un plan d’arrêt de l’allaitement.
- Un.e consultant.e ou conseillèr.e en lactation ou votre sage-femme : Elle pourra vous accompagner durant la transition vers l’arrêt de l’allaitement en vous donnant des conseils pratiques et vous soutenir si c’est dur pour vous émotionnellement.
- D’autres mamans : Même si chaque situation est unique, il peut être utile d’échanger avec d’autres mères pour partager votre expérience et éventuelles difficultés. N’hésitez pas à vous rapprocher d’un groupe de parole de mamans par exemple ou de lire des témoignages de mères.
- Votre entourage : Il n’est pas rare qu’un bébé accepte plus facilement ses 1ers biberons s’ils sont proposés par une autre personne que sa maman, comme son papa, ses grands-parents, ses oncles ou tantes, …
Allaitement et reprise du travail
La reprise du travail n'est pas nécessairement synonyme de sevrage. En France, la loi permet aux femmes qui viennent d'accoucher de prendre une heure répartie en 2 fois sur la journée, pour allaiter ou plus généralement tirer leur lait, et ce, pendant la première année de leur bébé.
Pour concilier allaitement et travail, vous pouvez :
- Tirer votre lait au travail : Utilisez un tire-lait pour exprimer votre lait pendant vos pauses.
- Stocker votre lait : Conservez votre lait au réfrigérateur ou au congélateur pour pouvoir le donner à votre bébé plus tard.
- Allaiter votre bébé avant et après le travail : Profitez des moments où vous êtes avec votre bébé pour l'allaiter.
- Opter pour un allaitement mixte : Alternez les tétées au sein avec des biberons de lait maternel ou de lait infantile.
Grève de la tétée
Certains bébés refusent subitement le sein et font ce qu'on appelle communément une "grève de la tétée". Ces épisodes peuvent survenir à différents moments pendant l'allaitement.
Les causes possibles d'une grève de la tétée sont :
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- Une maladie ou infection : Rhume, rhinite, nez bouché, poussées dentaires, otite… votre bébé est inconfortable et il est alors gêné pour téter.
- Un nouvel apprentissage ou une étape clé de son développement : De nouvelles acquisitions ou étapes clés de son développement, un souci à la maison qui vous perturbe (comme la reprise de votre travail) peuvent le perturber et le “détourner” momentanément du sein.
Si votre bébé fait une grève de la tétée, essayez de :
- Rester calme : Même si cela est souvent plus facile à dire qu'à faire, essayez de rester la plus calme possible.
- Proposer le sein régulièrement : Proposez le sein à votre bébé aux moments où il est le plus calme possible, juste après une sieste par exemple, ou lorsque bébé est en éveil calme, et pas trop affamé.
- Mettre en place de nouveaux rituels « mère-enfant » : Pour privilégier le contact physique : peau à peau, câlin, massage. Au début, il risquera peut-être de chercher le sein mais ces caresses le rassureront.
- Accompagner votre enfant vers plus d'autonomie : Selon son âge, l’accompagner vers plus d’autonomie, que ce soit lors de la prise de biberon ou lors d’une alimentation diversifiée.
- Ne pas forcer votre enfant : Essayez de ne pas le forcer, il n'est peut-être pas encore tout à fait prêt.
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