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Fiabilité de l'avortement médicamenteux : Études et perspectives

L'interruption volontaire de grossesse (IVG), communément appelée avortement, est un droit fondamental pour les femmes en France, inscrit dans la Constitution depuis le 8 mars 2024. Parmi les méthodes d'IVG, l'avortement médicamenteux est une option de plus en plus répandue, offrant une alternative moins invasive à l'IVG chirurgicale. Cet article explore en profondeur la fiabilité de l'IVG médicamenteuse, en s'appuyant sur des études et des données factuelles.

L'IVG médicamenteuse : Une méthode accessible et de plus en plus pratiquée

L'IVG médicamenteuse est l'une des deux méthodes autorisées en France pour mettre fin à une grossesse non désirée. Elle consiste en l'administration de médicaments pour interrompre le développement de la grossesse et provoquer son expulsion. Depuis la loi du 2 mars 2022, le délai légal pour une IVG médicamenteuse en ville a été allongé de deux semaines.

En France, l'IVG médicamenteuse est de plus en plus pratiquée et représente désormais une part importante des IVG réalisées. L’augmentation progressive du nombre des IVG médicamenteuses en ville ainsi qu’en centres de santé et CPEF depuis 2009 s’est accompagnée d’une baisse du nombre des IVG chirurgicales réalisées en établissements hospitaliers, alors que le nombre des IVG médicamenteuses en établissements de santé est stable depuis 2005. Désormais, en France métropolitaine, 48% des IVG réalisées en établissements de santé sont de type médicamenteux (43% dans les DOM) et, globalement, en comptabilisant aussi les IVG en ville ou en centres de santé, 55% des IVG sont réalisées de façon médicamenteuse (54% dans les DOM).

Déroulement de l'IVG médicamenteuse : Étapes clés

La méthode médicamenteuse est acceptable par les femmes jusqu’à 9 semaines, tant sur le plan de la douleur que de l’hémorragie. Elle s’apparente alors à une fausse couche. La procédure d'IVG médicamenteuse se déroule généralement en plusieurs étapes :

  1. Première consultation : Cette consultation permet au médecin ou à la sage-femme de confirmer la demande d'IVG, d'informer la patiente sur les différentes méthodes disponibles et de proposer un entretien de soutien et d’écoute avec une conseillère conjugale et familiale aux patientes (qui décident, ou non, d'en bénéficier). Cet entretien est obligatoire pour les mineures.
  2. Deuxième consultation : Le médecin ou la sage-femme remet l'attestation de première consultation. Chaque patiente doit ensuite confirmer sa demande par écrit et définir la méthode d'avortement et le lieu de l'intervention, en consultation avec le médecin ou la sage-femme.
  3. Prise de médicaments :
    • Mifépristone : prise d’un premier comprimé, la mifépristone (une antiprogestérone). Ce médicament interrompt la grossesse, provoque des contractions de l’utérus et l’ouverture du col.
    • Misoprostol : prise d'un second comprimé, 24 à 48 heures plus tard, le misoprostol (une prostaglandine). Ce médicament augmente les contractions et provoque l’expulsion de l'embryon.

Fiabilité de l'IVG médicamenteuse : Taux de succès et facteurs d'influence

Le risque d’échec de l'IVG médicamenteuse est de 2 à 5 %. Plusieurs facteurs peuvent influencer le taux de succès de la méthode, notamment :

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  • Le terme de la grossesse : L'IVG médicamenteuse est plus efficace lorsqu'elle est pratiquée tôt dans la grossesse.
  • Le protocole médicamenteux utilisé : La Haute autorité de santé (HAS) autorise deux pratiques: 200 milligrammes ou 600 milligrammes de mifépristone, le premier médicament. «Pour les femmes qui avaient reçu 600 milligrammes, 16% d'entre elles avaient des douleurs supérieures ou égales à 8 sur 10, alors qu'on était à 33%, soit le double, chez celles qui avaient reçu 200 mg. Elles souffraient plus quand elles en recevaient moins. C'était très net», confirme la chercheuse.
  • Le suivi médical : La consultation de contrôle permet de vérifier que la grossesse a bien été interrompue. Pour le Dr Linet, "les femmes ont souvent envie de laisser tout cela derrière elles". C'est pourquoi de plus en plus la confirmation de l’interruption de la grossesse se fait grâce à une prise de sang : une baisse du taux de l’hormone de grossesse d’au moins 80 % au bout de 15 jours par rapport au moment où la grossesse a été confirmée permet de conclure au succès de la procédure. Cette vérifications sont absolument essentielles pour s'assurer que la grossesse est bien arrêtée et qu'il n'y a pas de complications.

Douleur et effets secondaires : Une réalité à prendre en compte

Les femmes s’interrogent sur la quantité de sang qu’elles vont perdre et sur le temps que cela va durer. Les contractions utérines induisent des douleurs ressemblant à celles des règles, plus ou moins fortes en fonction des femmes. Selon une étude menée dans 11 centres d’IVG, par une équipe de l’Inserm pour la Fondation de l’avenir en 2016, 27 % des femmes ayant réalisé une IVG médicamenteuse ont ressenti des douleurs très intenses après la prise du second comprimé. Quelque 83 % ont pris des antidouleurs. Et 88 % ont ressenti une grande fatigue. D'autres effets secondaires peuvent survenir : nausées, vertiges, maux de tête, diarrhées et vomissements.

Il est essentiel que les femmes soient correctement informées sur les effets indésirables potentiels et qu'elles bénéficient d'un accompagnement adéquat pour gérer la douleur et les autres symptômes. Pourtant, dans son protocole, la HAS recommande aux équipes de prescrire systématiquement des antalgiques, allant du paracétamol aux opiacées, en fonction de la douleur ressentie.

Contrôle post-IVG : Évolution des pratiques et fiabilité des tests βHCG

Le contrôle de l’efficacité de la méthode par les βHCG, soit par dosage plasmatique soit par dosage urinaire, est fiable, facile à faire et à lire par la patiente. Un dosage des βHCG plasmatiques ou urinaires peut être fait le jour de la prise de la mifépristone et 5 à 10 jours après la prise du misoprostol. La comparaison des dosages, en appliquant la règle des 20%, permet de connaître rapidement et facilement le résultat du traitement sans faire d’échographie.

En outre, en s’appuyant sur le fait qu’un taux inferieur à 1000 unités de βHCG, 15 jours après la prise du misoprostol pour des grossesses de ≤ 63 jours d’aménorrhée, signe le succès de la méthode, un test urinaire dit de basse sensibilité développé pour contrôler l’efficacité de l’IVG médicamenteuse (CheckTop) vient d’être mis sur le marché. Il n’est positif qu’à partir de 1000 unités de βHCG ou plus (Fig 2, 3). Ce test est commercialisé en France par Nordic Pharma.

Des essais aux US proposent que la «visite de contrôle» se transforme en un «contrôle de l’efficacité de la méthode». Au total, concluent les auteurs, l’addition d’un appel téléphonique et d’un test urinaire de basse sensibilité pour détecter les grossesses évolutives a une fiabilité de 100%.

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L'importance de l'information et de l'accompagnement

Au-delà des douleurs physiques, l'isolement ressenti lors de cette épreuve est partagé par la plupart des femmes. Il faut travailler à mieux informer les femmes et particulièrement les jeunes, insiste l'épidémiologiste. Cette dernière souligne la nécessité de mieux communiquer dès l'adolescence, avec les infirmières dans les lycées notamment. Mais aussi auprès des aides-soignant·es, des sages-femmes, des gynécologues et des médecins généralistes.

IVG précoce : Perspectives d'avenir grâce aux βHCG

Autre possible évolution de l’IVG médicamenteuse grâce aux βHCG : sa réalisation très précoce avant l’apparition à l’échographie vaginale d’une image intra-cavitaire de la grossesse. Certains pensent qu’il est possible de réaliser l’IVG sans cette image grâce au suivi de la grossesse par les βHCG. En effet, si les βHCG lors d’un contrôle plasmatique fait très rapidement, dans les 3-4 jours suivant la prise du misoprostol, diminuent il s’agissait d’une grossesse intra-uterine qui est arrêtée, si par contre les βHCG ont augmenté ou diminué très légèrement, il s’agit soit d’une GEU ou d’une grossesse évolutive.

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tags: #fiabilité #avortement #médicamenteux #études

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