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Féminisme en Espagne : Manifestations et Lutte pour le Droit à l'Avortement

Le machisme et le féminisme sont des sujets d'actualité brûlants en Espagne. La lutte féministe contre le machisme est un thème prépondérant dans l'Espagne contemporaine. La place de la femme dans la société espagnole, bien que marquée par des avancées historiques, reste un enjeu majeur.

Les Premières Avancées et la Régression Franquiste

L'Espagne a été l'un des pays les plus progressistes d'Europe en matière de droits des femmes dès l'entre-deux-guerres. En 1931, les Espagnoles ont obtenu le droit de vote, le droit de se marier civilement et le droit de divorcer. En 1936, le droit à l'avortement a été légalisé, plaçant l'Espagne à l'avant-garde en Europe.

Cependant, avec la victoire du général Franco en 1939, ces droits ont été révoqués, et les femmes ont perdu le droit de vote jusqu'en 1980. L'Espagne franquiste a marqué une régression sociétale vers un modèle patriarcal archaïque où l'homme dominait.

Revendications Féministes et Affaire de "La Manada"

En 2019, les revendications féministes et la lutte pour les droits des femmes restent des sujets cruciaux. De janvier à septembre 2019, 45 femmes sont décédées en Espagne sous les coups de leur conjoint (contre 56 en 2018). Ces dernières années, l'Espagne a été le théâtre de manifestations féministes importantes en raison de l'affaire de "La Manada".

Cinq hommes, dont un membre de la Guardia Civil, se faisant appeler "La Manada" (la meute), ont été accusés d'avoir violé une femme de 18 ans lors des fêtes de San Fermín en 2016. La condamnation initiale de ces hommes à neuf ans de prison pour "abus sexuel" et non pour "viol", suivie de leur relaxe, a provoqué une vague massive de manifestations. Finalement, ils ont été condamnés à 15 ans de prison.

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Machisme vs Féminisme : Définitions et Musée del Prado

Le machisme véhicule l'idéologie de la suprématie masculine, tandis que le féminisme prône l'égalité entre les hommes et les femmes et l'amplification du rôle des femmes dans la société. En 2017, le musée del Prado a été la cible de critiques féministes du groupe "Herstóricas", qui vise à analyser la contribution des femmes à la société à travers l'histoire, en soulignant leur absence dans de nombreux domaines (art, science, politique). Le nom du groupe est un jeu de mots anglais entre "history" (histoire) et "his story" (son histoire à lui), d'où "her story" (son histoire à elle), ou en espagnol "Herstoria". Chaque année, le prix de la publicité la plus machiste de l'année est décerné.

Manifestations Contre la Réforme de l'IVG

Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées dans les rues de Madrid pour manifester contre la réforme de l'IVG présentée par le gouvernement de Mariano Rajoy. L'avant-projet de loi visait à faire passer l'avortement du rang de droit, autorisé jusqu'à la 14e semaine sans justification, à celui de délit. Seules deux exceptions étaient prévues : en cas de viol ayant fait l'objet d'une plainte préalable, et en cas de danger pour la santé physique ou psychique de la femme, prouvé par un double rapport médical.

Cette réforme a suscité une levée de boucliers chez les féministes, les professionnels de la santé et l'opposition de gauche. Les femmes espagnoles craignaient que cette loi ne ramène le pays 30 ans en arrière, avant la loi de 1985, qui autorisait l'avortement uniquement en cas de viol ou d'incapacité physique ou mentale de la femme enceinte.

Manifestations de Soutien et Appel International

Des manifestations de soutien ont eu lieu à Paris, où le mouvement "La marche mondiale des femmes" a appelé à un rassemblement pour soutenir les féministes espagnoles et s'opposer à la régression des droits des femmes en Europe. Des femmes politiques et militantes féministes françaises ont lancé un appel au gouvernement espagnol pour qu'il renonce à son projet de loi anti-IVG, soulignant que le droit des femmes à disposer de leur corps est un droit fondamental et le socle de l'égalité.

Il a été rappelé que dans le monde, une femme meurt toutes les neuf minutes d'un avortement clandestin, soulignant l'importance de garantir l'accès à l'avortement légal et sûr.

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"Train de la Liberté" et Opposition au Projet de Loi

Des défenseurs de l'avortement, rejoints par un groupe de femmes arrivées à bord d'un "train de la liberté", ont manifesté à Madrid contre le projet de loi supprimant quasiment le droit à avorter, parallèlement à d'autres manifestations de soutien à Londres et Paris. Le "train de la liberté" est parti de Gijón, dans le nord de l'Espagne, transportant des militantes féministes en gilet violet, la couleur symbole des manifestations féministes en Espagne.

Les manifestantes ont exprimé leur détermination à ne pas revenir à l'époque où l'avortement était un délit en Espagne. Elles ont dénoncé le projet de loi comme une atteinte aux droits fondamentaux des femmes et une tentative de les maintenir dans un statut social étroit et de soumission.

Contexte Européen et Réactions Épiscopales

Le gouvernement conservateur espagnol a approuvé un projet de loi qui supprime l'avortement en Espagne sauf en cas de danger prouvé pour la vie ou la santé physique ou psychologique de la femme, ou après un viol ayant fait l'objet d'une plainte préalable. Les évêques espagnols ont salué ce projet de loi comme une "avancée positive".

Les associations organisatrices de la manifestation à Madrid se sont insurgées contre cette réforme, la considérant comme une régression et une atteinte aux droits des femmes. Elles ont souligné que cette attaque du gouvernement espagnol s'inscrit dans l'offensive européenne des opposants aux droits des femmes.

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