L'article suivant explore la complexité de la relation entre Éros (l'amour, le désir) et Thanatos (la mort) à travers diverses perspectives, allant de la mythologie grecque à l'art, en passant par la psychanalyse et les mutations sociétales contemporaines. Il examine comment ces forces opposées s'entrelacent, se confrontent et se fécondent mutuellement, façonnant notre compréhension de l'existence humaine.
Introduction
La thématique d'Éros et Thanatos, amour et mort, est un fil rouge qui traverse l'histoire de la pensée humaine. Des mythes antiques aux analyses psychanalytiques, en passant par les œuvres d'art, ces deux forces fondamentales sont souvent présentées comme des polarités dynamiques, s'influençant et se définissant l'une par rapport à l'autre. Cet article se propose d'explorer les différentes facettes de cette relation complexe, en s'appuyant sur des exemples tirés de la mythologie, de l'art, de la littérature et des phénomènes sociétaux contemporains.
Éros et Thanatos dans la Mythologie Grecque
Dans la mythologie grecque, Éros est la divinité de l'amour et du désir, tandis que Thanatos personnifie la mort. Hésiode, dans sa Théogonie, décrit la naissance d'Éros comme une force primordiale, surgissant en même temps que Gaïa (la Terre) et Ouranos (le Ciel). Cette vision d'Éros comme une puissance cosmique souligne son rôle dans la création et la perpétuation de la vie.
L'histoire d'Ouranos et de Gaïa illustre la tension entre Éros et Thanatos. Ouranos, craignant d'être détrôné par ses enfants, les emprisonne dans le sein de Gaïa. Cette dernière, souffrant de cet emprisonnement, incite ses fils à se rebeller contre leur père. Cronos, armé d'une faucille, tranche les organes génitaux d'Ouranos, les jetant à la mer. De cette castration naît Aphrodite, la déesse de l'amour et de la beauté.
Ce mythe complexe révèle plusieurs aspects de la relation entre Éros et Thanatos. La violence d'Ouranos envers ses enfants représente une forme de Thanatos, une négation de la vie. La castration d'Ouranos, bien que violente, est un acte de rébellion qui ouvre la voie à la naissance d'Aphrodite, symbole d'Éros. Ainsi, Thanatos devient paradoxalement une condition nécessaire à l'émergence d'Éros.
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De plus, la naissance d'Aphrodite à partir des organes génitaux tranchés d'Ouranos suggère un lien étroit entre l'amour et la mort. La beauté et le désir, incarnés par Aphrodite, sont inextricablement liés à la violence et à la castration. Cette association entre Éros et Thanatos se retrouve dans de nombreux mythes et œuvres d'art de la Grèce antique.
La Psychanalyse et les Pulsions de Vie et de Mort
Sigmund Freud, le fondateur de la psychanalyse, a développé une théorie des pulsions qui met en évidence la dualité entre Éros et Thanatos. Dans son essai Au-delà du principe de plaisir (1920), Freud introduit le concept de la pulsion de mort (Thanatos), qui s'oppose à la pulsion de vie (Éros).
La pulsion de vie, également appelée libido, est la force qui pousse l'individu à se conserver, à se reproduire et à créer des liens avec les autres. Elle est associée au plaisir, à l'amour et à la sexualité. La pulsion de mort, quant à elle, est une force destructrice qui pousse l'individu à retourner à un état inorganique, à l'anéantissement. Elle se manifeste par l'agression, la destruction et l'autodestruction.
Freud considère que ces deux pulsions sont présentes en chacun de nous et qu'elles sont en conflit permanent. La pulsion de vie cherche à s'exprimer et à se réaliser, tandis que la pulsion de mort cherche à la freiner et à la détruire. L'équilibre psychique de l'individu dépend de la manière dont il parvient à gérer ce conflit.
Selon Freud, la pulsion de mort est souvent détournée vers l'extérieur, se manifestant par l'agression et la violence envers les autres. Cependant, elle peut également se retourner contre soi-même, entraînant des comportements autodestructeurs tels que la dépression, l'addiction ou le suicide.
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La théorie des pulsions de Freud a été critiquée par certains psychanalystes, qui la considèrent comme trop pessimiste. Cependant, elle a eu une influence considérable sur la pensée psychanalytique et a contribué à une meilleure compréhension des motivations humaines.
L'Art comme Expression d'Éros et Thanatos
L'art, sous toutes ses formes, est un terrain fertile pour l'expression d'Éros et Thanatos. De nombreuses œuvres d'art explorent la tension entre la vie et la mort, le désir et la destruction, la beauté et l'horreur.
La Nef des fous de Jérôme Bosch, par exemple, est une représentation saisissante de la folie humaine et de la déchéance morale. Les personnages, plongés dans l'ivresse et la débauche, semblent inconscients de leur propre perdition. Cette œuvre illustre la puissance destructrice du désir lorsqu'il est débridé et incontrôlé.
Les sculptures de l'Inde du nord et du centre de l'époque des Kuṣāṇa (Ier-IIIe siècle de notre ère) offrent un autre exemple de la manière dont Éros et Thanatos peuvent s'entrelacer dans l'art. Ces sculptures, souvent associées à des sanctuaires bouddhiques, représentent des divinités (yakṣa et Kubera) consommant des boissons alcoolisées jusqu'à l'ivresse, ainsi que des couples amoureux tenant une coupe de vin.
Cette célébration du vin et de l'érotisme peut sembler paradoxale dans un contexte bouddhique, où le désir est considéré comme un obstacle à la délivrance du cycle des renaissances. Cependant, ces sculptures peuvent être interprétées comme une manière de faire leur place aux exigences de la vie matérielle et aux plaisirs sensuels, tout en rappelant qu'ils enchaînent au cycle des renaissances. Elles peuvent également renvoyer aux joies des paradis auxquels aspireraient les laïcs, ou encore présenter de façon métaphorique la béatitude suprême du Nirvāṇa.
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Ces exemples montrent que l'art peut être un moyen d'explorer les complexités de la relation entre Éros et Thanatos, de donner forme à nos peurs et à nos désirs les plus profonds.
Éros et Thanatos dans la Société Contemporaine
Dans la société contemporaine, la tension entre Éros et Thanatos se manifeste de différentes manières. La culture de la consommation, par exemple, encourage la recherche du plaisir immédiat et la satisfaction des désirs matériels, souvent au détriment de la durabilité et du bien-être collectif.
Le transgenrisme, abordé dans l’article intitulé « Wokisme, une déraison mortifère », se rattache à des discours idéologiques associés à la mouvance décoloniale et intersectionnelle. Ces discours, marqués par une binarité récurrente et une incapacité à dialectiser, considèrent l’Occident comme une entité dominante, coloniale, blanche et patriarcale, tandis que toutes les minorités (femmes, personnes LGBT+, groupes raciaux, personnes transgenres) se perçoivent comme des victimes de cette domination, appelées à se révolter contre leurs oppresseurs. Cette logique binaire du wokisme qui empêche toute reconnaissance de l’ambivalence psychique, apparaît quelque peu paradoxale pour les mouvements LGBTQ+ qui précisément, s’efforcent de dénoncer la binarité. Dans ce contexte, un dirigeant politique de « La France insoumise » plaide pour inscrire dans la Constitution la liberté du choix de genre, lors d’un vibrant plaidoyer pour promouvoir les études de genre à l’université de Lille. Ce responsable politique exhorte à « déconstruire le faux genre humain », soutenant que l’homme serait violent par construction, basant son argumentation sur les études de genre face « aux ignorants grossiers ».
La lutte contre toutes formes de discrimination, qu’elles soient basées sur le sexe, la race ou l’orientation sexuelle, devient l’horizon des démocraties contemporaines qui ont renoncé à toute idée de progrès social et d’émancipation collective. Parallèlement, la mondialisation et ses conséquences en matière de délocalisations, qui engendrent un marché de consommateurs à l’échelle mondiale, contribuent à l’effritement de la classe ouvrière.
Dans ce mouvement, un groupe de réflexion progressiste, Terra Nova, publie une étude le 10 mai 2011, affirmant qu’un « mythe fondateur de la gauche française est brisé[3]. » Terra Nova évoquerait la « nouvelle terre » à reconquérir symboliquement dans ses fondements et potentiellement à reconfigurer un lien social. L’article souligne que le divorce entre le Parti socialiste et la classe ouvrière, « en déclin », est prononcé. Les signataires préconisent de s’adresser à un nouvel électorat urbain composé de « diplômés », de « jeunes », de « minorités des quartiers populaires » et de « femmes » : tous rassemblés autour de « valeurs culturelles et progressistes ».
Un nouveau peuple est désormais en mouvement, focalisé sur les minorités ethniques, religieuses, culturelles et sexuelles. Dans cette société marquée par l’individualisme et le consumérisme, chacun est invité à façonner sa propre identité, qui relève d’une projection narcissique, ignorant tout déterminisme historique ainsi que toute donnée biologique et sexuelle. Chacun brandit en étendard sa prétendue identité, en participant à une marche des fiertés permanente ! Les identités, qui mutent en diverses « fiertés », ne se définissent plus par ce qu’elles accomplissent, mais par leur essence. Notons que ces parades périodiques et festives des fiertés, comme les Gay Pride, pourraient soutenir l’idée du « fait social total » déjà évoquée. Les conquêtes socio-politiques laissent place à l’émergence permanente de représentants issus du combat juridique.
Dans ce contexte, les différents groupes sexuels, dont le transgenrisme trouveront leur essor. Historiquement, jusqu’à la fondation du Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR), le militantisme LGBT+ prônait une forme d’assimilation revendiquant le droit à l’indifférence. Aujourd’hui, ce mouvement aspire à cultiver sa différence jusqu’à devenir un puissant lobby revendiquant sa propre culture. L’assimilation, inscrite dans le Code civil, cédait ainsi la place au droit à la différence, à la diversité et à l’exclusivité des groupes, ouvrant ainsi la voie à divers types de communautarismes. Le slogan de McDonald’s « Venez comme vous êtes » devenait le motto de l’école, de la société et, récemment, la devise de la refondation d’un parti politique français[4].
Comme le souligne Natacha Polony[5], l’identité nationale qui nous rassemblait autour d’une mémoire commune et d’un narratif collectif, où chacun avait sa place dans la société, est désormais la seule identité véritablement bannie. Nous pourrions rappeler que cette communauté nationale, hier qualifiée de patrie, était invoquée dans les appels à l’unité et chantée dans nos écoles : « Allons, enfants de la patrie ! »
À l’instar des États-Unis, un quotidien français[6] recense les parlementaires selon leur pigmentation pour dénoncer une assemblée qui « reste blanche ». Pendant son mandat, le président Obama représentait l’archétype dumonde de la diversité à venir, associant en sa personne sexe et race : afro-américain, blanc et noir, tout en présentant une fragilité féminine, presque « métis et hermaphrodite[7] » générant ainsi une véritable Obamania. Il convient de souligner que les minorités ont trouvé protection dans l’universalisme, acceptées non pas pour leurs différences, mais pour leur similitude au sein de notre humanité partagée. Dans un retournement majeur, le social a cédé la place au « sociétal », un néologisme qui a affecté les mœurs et les modes de vie privés. Alors que le social est le terrain fondateur du lien intersubjectif, du langage et de l’inconscient dans la structuration du sujet, qui n’existe que par son inscription dans un ordre social et symbolique, le sociétal s’inscrit dans des mutations culturelles qui altèrent le mode de subjectivation et tendent vers une désymbolisation par un brouillage des repères et une confusion des places.
En marge de ces diversités, nos sociétés sont traversées par un élan de commisération. Un zèle compatissant envers les démunis, les déshérités et les exclus ne cesse de se manifester dans l’arène politique. À tel point que, comme le note Myriam Revault d’Allonnes[8], « les dirigeants n’hésitent plus à faire de leur aptitude à compatir un argument décisif en faveur de leur droit à gouverner ».
En 1902, Lénine se posait la question fondamentale : « Que faire ? », alors qu’aujourd’hui, il semble que les politiques se préoccupent davantage de « Que dire ? » en quête de soi-même et visent moins les mouvements d’émancipation que la défense des minorités « menacées ».
La désormais célèbre anaphore d’un candidat à la présidence de la République, « Moi, président », fait référence à l’individu en tant que personne privée, en opposition à l’expression « si je suis président », où le pronom « je » désigne un sujet. Loin est l’époque de Roosevelt, grand homme d’État, paralysé par une poliomyélite invalidante et jamais présenté dans son appareillage pour tenir debout. L’éthique des journalistes consistait alors à dissimuler la vie privée d’un dirigeant.
Cette autoaffirmation de soi, métabolisée en hypertrophie du moi, signe notre époque. Les « vécus » des auteurs fleurissent comme jamais dans la littérature, et les ouvrages consacrés aux émotions et aux sentiments connaissent un essor considérable dans les rayonnages des livres de développement personnel.
Comme l’indique Élisabeth Roudinesco[9], des expressions telles que « Je pense donc je suis », « Ça pense là où je ne suis pas » ou encore « Je est un autre » et « Je suis Charlie » affirment l’existence d’une identité universelle, à la fois consciente et inconsciente, toujours divisée, toujours « autre », tout en restant soi-même et en incluant l’étranger en soi. Cependant, l’affirmation « Je suis Charlie » reste discutable, dans la mesure où elle ne représente qu’un volet face à la barbarie. Comme elle le souligne, chacun aspire à « être soi-même comme un roi » et non pas comme un autre. Nous pourrions également entendre, en ces temps narcissiques, chacun cherche « à être soi, m’aime »…
L’émergence de ces diversités identitaires s’est accompagnée de « souffrances narcissiques identitaires » repérées par René Roussillon. Le concept de déconstruction, forgé par Martin Heidegger et revisité par Jacques Derrida, s’est transformé progressivement en une idéologie nihiliste visant la destruction des assises de notre civilisation par une inversion de nos valeurs fondamentales. Ce processus s’attache à déconstruire ce qui est souvent désigné comme « le privilège blanc » et ses multiples facettes : la langue française, la structure familiale, ainsi que les notions de genre et de sexe. Au nom de la liberté individuelle, nous assistons paradoxalement à une entrave à la liberté d’autrui, qui se manifeste par différentes formes de nuisances, d’insultes, voire de violences. Nous constatons des perturbations ou des annulations de conférences, ainsi que des intimidations et des menaces de mort liées à la présentation d’ouvrages comme Transmania[10]. La liberté, qui doit être encadrée par des lois (c’est-à-dire des limites, des frontières et des institutions), semble désormais menacée.
Dans ce contexte, ma liberté, envisagée à travers le prisme du « moi je », s’affranchit de toutes formes d’aliénation déjà mentionnées par Platon. Nous glissons insidieusement de la liberté vers un système de contrôle, en dénaturant ainsi le projet d’émancipation inscrit dans la promesse républicaine et en contrariant l’esprit démocratique, qui doit résoudre les différends par le dialogue et non par la violence. L’idée d’un « homme qui s’empêche », selon l’expression d’Albert Camus, semble, aujourd’hui frappée de caducité, comme si le sujet moderne ne rencontrait plus d’obstacles intérieurs pouvant freiner sa jouissance. En l’absence d’introjection des interdits, le surmoi s’est érodé et l’homme contemporain ne s’empêche plus : il s’abandonne.
Une autre forme d’atteinte à la liberté se manifeste aujourd’hui dans une sorte de jouissance punitive de dénonciation, par le biais de la censure pratiquée par les pairs, remplaçant ainsi la censure verticale imposée par les autorités. Annie Ernaux, la première femme écrivain française à recevoir le prestigieux prix Nobel, écrit pour « venger sa race », tout en ne renonçant pas aux honneurs du monde d’en haut, peuplé de ces « dominants » qu’elle pourfend, rapporte le journal Le Point [11]. Elle s’indigne face à la publication de Langue fantôme[12], un essai critique sur le multiculturalisme, et obtient le départ de Richard Millet du comité de lecture de Gallimard après avoir initié une pétition, signée par environ cent-cinquante écrivains, et publiée dans les colonnes du Monde [13]. Faut-il rappeler la phrase d’Albert Camus lors de son discours de réception du prix Nobel en 1957 ? L’égalité, second volet de la devise républicaine, s’avère également dévoyée en un vice égalitariste.
Quelques illustrations : Le Planning familial peut affirmer dans ses brochures : « Un homme peut être une femme » ou encore « Un pénis est un pénis, pas un organe sexuel mâle ! » Ces énoncés incohérents illustrent comment la conception de l’égalité des droits, qui est un principe démocratique, se transforme en une forme d’égalitarisme, semblable à une véritable religion de l’égalité. Ce processus infini vise à uniformiser et à indifférencier, en écrêtant toute distinction et en annihilant toute reconnaissance. Ce phénomène est amplifié dans un contexte de relativisme, où les autorités sont affaiblies et où règne l’horizontalité des réseaux sociaux. Cette jouissance sans limites d’un surmoi collectif, identifié par Lacan, qui pourrait s’exprimer sous l’injonction « Jouissez pareillement ! », n’exprime-t-elle pas une dérive imaginaire en réaction à la structure symbolique du manque ?
Cet égalitarisme, en place de l’excellence, se déploie notamment à travers l’écriture inclusive, qui vandalise la langue et nous sépare d’un passé supposément inégalitaire. Adieu aux beautés des alexandrins, si nous devions écrire « le vainqueur et la vainqueuse » ! Flaubert, inquiet de la dégradation possible de la langue, affirmait : « Je n’écris pas pour le lecteur d’aujourd’hui, mais pour les lecteurs qui se présenteront tant que la langue vivra. » Ce nouveau signifiant maître, l’inclusion, cherche à définir tout individu par sa différence, remplaçant ainsi la notion d’égalité dans l’école publique. L’objectif est d’inclure dans le savoir[14], qui doit être désormais à la portée de tous, tout en occultant que cette inclusion implique nécessairement une forme d’exclusion.
Lacan[15] le soulignait en précisant que tout ensemble procède d’une exclusion du fait de l’identité à un trait commun. Ce principe d’inclusion, qui s’oppose à toute forme de méritocratie, s’avère être une chimère. Le sigle LGBT en est l’expression, par l’inflation de signes qui s’attachent à ces initiales. Comment pourrait-on visibiliser tous les genres (femme, trans, personne non binaire…), ce qui est une visée de l’écriture inclusive, dans une langue qui, par sa nature même, fonctionne sur le principe de l’exclusion, à savoir que, ce qui est énoncé implique toujours ce qui ne l’est pas ? Cette tentative de modifier le symbolique par le politique, de rectifier le Réel (l’impossible du sexe) et de réparer la castration par la syntaxe répond à un fantasme de maîtrise du langage. Pour Lacan, l’écriture inclusive pourrait être une tentative « d’écrire le rapport sexuel » en un lieu où il n’existe pas symboliquement.
Cet égalitarisme se déploie dans l’éducation des élèves en vue d’instaurer une véritable égalité des sexes au sein de l’école. Paradoxalement, une initiative censée promouvoir l’égalité, à savoir le port d’un uniforme scolaire, pensé comme un moyen d’abolir la rivalité des apparences et l’emprise des marques, suscite la réticence, voire le refus, d’une part significative du corps enseignant. Et ce, alors même qu’elle fut portée par un ancien Premier ministre au nom d’un idéal républicain d’unification.
N’est-il pas contradictoire de soutenir que le symbolique exerce une action causale (exprimée par exemple dans la volonté d’ajouter un e à professeur), alors que l’on promeut une déconstruction de la langue et des repères symboliques ?
Ces évolutions sociétales témoignent d'une tension croissante entre la recherche du plaisir individuel et la nécessité de préserver le lien social et l'identité collective.
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