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Syndrome de Dravet : Causes, Symptômes et Traitements

Le syndrome de Dravet, également connu sous le nom d’épilepsie myoclonique sévère du nourrisson (EMSN), est une encéphalopathie épileptique rare et sévère qui se manifeste généralement au cours de la première année de vie. Cette maladie neurologique est caractérisée par des crises réfractaires, des retards de développement et un risque accru de mort subite inexpliquée associée à l’épilepsie (SUDEP).

Définition et Historique

Initialement appelée « Épilepsie Myoclonique Sévère du Nourrisson » (EMSN), la maladie a été décrite pour la première fois en 1978 par la Dre Charlotte Dravet, qui lui a donné son nom. Le syndrome de Dravet est une encéphalopathie épileptique et développementale génétique rare, caractérisée par des crises réfractaires à début infantile, généralement fébriles, associées à des troubles moteurs et cognitifs.Le syndrome de Dravet se caractérise par une épilepsie sévère survenant au cours de la première année de vie et persistant à l’âge adulte. Imprévisibles et souvent intenses, les crises convulsives sont associées à des déficiences intellectuelle, cognitive et motrice qui impactent considérablement la qualité de vie des personnes touchées.

Prévalence

Le syndrome de Dravet est une forme rare d’épilepsie. On estime qu’il touche environ 1 naissance sur 20 000 à 40 000.

Causes et Génétique

Dans environ 80 à 85 % des cas, le syndrome de Dravet est lié à une mutation ou une délétion du gène SCN1A. Ce gène, situé sur le chromosome 2, contient les instructions nécessaires à la fabrication d’une protéine essentielle au bon fonctionnement du cerveau : la sous-unité alpha du canal sodium voltage-dépendant. Ce canal joue un rôle crucial dans la transmission de l’influx nerveux entre les neurones.

Lorsque le gène SCN1A est muté, le canal sodium ne fonctionne pas correctement, ce qui perturbe la communication entre les cellules nerveuses et provoque des crises d’épilepsie. Dans près de 90 % des cas, la mutation génétique n’est pas observée chez les parents. On parle alors de mutation de novo pour qualifier une altération survenue dans une cellule de l’ovule ou du spermatozoïde ayant participé à la conception de l’enfant.

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Et dans certains cas, d’autres gènes peuvent être impliqués. Environ 15 % des personnes atteintes du syndrome de Dravet ne présentent pas de mutation du gène SCN1A connue. En outre, l’analyse du gène SCN1A ne révèle aucune anomalie dans 20 à 30 % des cas, ce qui laisse entrevoir l’implication d’autres gènes dans le déclenchement du syndrome de Dravet. Des mutations de novo du gène CHD2 ont été identifiées chez des sujets atteints du syndrome de Dravet sans mutation de SCN1A.

Des études ont révélé que différents défauts biophysiques sont détectés dans les canaux mutés, dont un décalage hyperpolarisé de la voltage-dépendance de l’activation et un retard de récupération à partir de l’inactivation rapide et lente. À 40 °C, d’autres défauts d’activation ont été détectés pour les deux canaux mutés R859H et R865G. Le canal muté R859H (GEFS+) présentait une perte de fonction dans la voltage-dépendance de l’inactivation et une augmentation de la fréquence de stimulation du canal à 40 °C, sans réduction de l’intensité maximale du courant. Le canal muté R865G (SD) présentait une diminution des courants sodiques maximaux, une augmentation de l’entrée en inactivation lente et une augmentation de la fréquence de stimulation à 40 °C.

Symptômes et Manifestations

Le syndrome de Dravet se manifeste par une variété de symptômes, dont la sévérité et l’expression peuvent varier d’une personne à l’autre. Les signes cliniques précoces du syndrome de Dravet (SD) observés avant l’âge d’un an chez des patients porteurs de mutations du gène SCN1A incluent :

  • Épilepsie : Le symptôme principal est l’épilepsie, qui débute généralement avant l’âge d’un an. Les premières crises sont souvent fébriles, longues et peuvent conduire à un état de mal épileptique nécessitant une hospitalisation. Les données cliniques de 138 patients atteints du SD avec mutations du gène SCN1A ont été analysées, révélant que l’âge médian d’apparition des crises était de 5,3 mois. Quatre-vingt-dix-neuf patients (71,7 %) avaient présenté des crises durant plus de 15 minutes au cours de la première année de vie. Deux crises ou plus induites par la fièvre en 24 heures ou par la même maladie fébrile ont été observées chez 93 patients (67,4 %). Cent onze patients (80,4 %) présentaient des crises hémicloniques et/ou focales. Les crises convulsives avaient été déclenchées par une fièvre faible (< 38 °C) chez 62,3 % des enfants (86/138) avant la première année de vie. Des convulsions associées à la vaccination ont été observées chez 34,8 % des enfants (48/138). Chez 22,5 % des patients (31/138), les crises étaient déclenchées par un bain chaud.Avec le temps, d’autres types de crises peuvent apparaître, tels que des absences, des crises focales, hypotoniques, partielles ou myocloniques. Les crises peuvent être déclenchées par des changements de température, la fièvre, la photosensibilité, ou encore l’activité physique. La carbamazépine, l’oxcarbazépine, la lamotrigine, le phénobarbital et la phénytoïne n’avaient pas d’effet ou exacerbaient les crises dans un groupe de patients étudiés.
  • Retard de développement : Un retard de développement devient souvent évident après l’âge de 2 ans. Les enfants peuvent présenter des difficultés de langage, une mauvaise coordination des mouvements, une déficience intellectuelle, des troubles autistiques, des troubles du comportement, des troubles du sommeil et des difficultés motrices.
  • Troubles alimentaires : Les enfants atteints du syndrome de Dravet ont souvent des problèmes d’anorexie et sont très sélectifs quant aux textures et aux goûts. Ils peuvent rester fixés sur un même aliment et refuser d’autres textures.
  • Troubles moteurs : Des troubles moteurs peuvent se développer à l’adolescence ou à l’âge adulte, tels que l’ataxie (posture chancelante et démarche instable) et la « crouch gait » (démarche semi-accroupie).
  • Autres manifestations : D’autres manifestations sont associées au syndrome de Dravet : troubles de l’apprentissage, sensibilité accrue aux infections, déformations de la colonne vertébrale, troubles du sommeil…

Diagnostic

Lorsqu’un nourrisson présente deux signes ou plus de convulsions fébriles complexes au cours de la première année de vie, le diagnostic de syndrome de Dravet doit être envisagé et un test de dépistage d’une mutation du gène SCN1A doit être effectué le plus tôt possible. Un test génétique peut être réalisé dans certains cas pour confirmer le diagnostic.

Prise en Charge et Traitements

Il n’existe pas de traitement curatif pour le syndrome de Dravet. La prise en charge vise principalement à :

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  • Réduire la fréquence et la sévérité des crises : Plusieurs médicaments antiépileptiques peuvent être utilisés. La maladie étant résistante à ces traitements, la plupart du temps, une combinaison de plusieurs médicaments (polythérapie) est nécessaire. L’association du valproate avec des benzodiazépines constitue le traitement de référence, même s’il n’est pas suffisant chez certains enfants. Le stiripentol est significativement plus efficace que le placebo en termes de réduction d’au moins 50 % de la fréquence des crises et d’absence de crises, bien que les effets indésirables soient plus fréquents avec le STP.
  • Prévenir l’état de mal épileptique : Des benzodiazépines peuvent être utilisées pour traiter les crises aiguës. Il est important d’avoir un plan d’urgence clair et de savoir comment administrer les médicaments de secours en cas de crise prolongée. Concernant le traitement d’urgence de l’état de mal épileptique, il repose sur l’administration de diazépam par voie rectale.
  • Gérer les troubles associés : Une prise en charge multidisciplinaire est essentielle pour aider l’enfant à développer au maximum ses capacités motrices et intellectuelles. Elle peut inclure de la kinésithérapie, de la psychomotricité, de l’orthophonie, de l’ergothérapie et un soutien psychologique. Concernant les difficultés de développement intellectuel et physique de l’enfant, une prise en charge multidisciplinaire et spécialisée doit être mise en place rapidement. Ces enfants ont besoin d’être stimulés pour développer un maximum leurs capacités motrices et intellectuelles.

Thérapies Alternatives et Recherches

Face à la résistance aux traitements conventionnels, les familles recherchent souvent des thérapies alternatives. Parmi celles-ci, l’utilisation de cannabis enrichi en cannabidiol (CBD) a été explorée. Une enquête a montré que 16 parents sur 19 (84 %) ont rapporté une réduction de la fréquence des crises de leur enfant avec l’utilisation de cannabis enrichi en cannabidiol. Parmi ceux-ci, deux (11 %) décrivaient une absence complète de crises, huit (42 %) une réduction supérieure à 80 % de la fréquence des crises et six (32 %) une réduction de 25 % à 60 % des crises. Les autres effets bénéfiques étaient une augmentation des capacités d’attention et une amélioration de l’humeur et du sommeil. Les effets indésirables étaient notamment une somnolence et une fatigue.

Des études ont montré que le CBD peut réduire et atténuer les crises d’épilepsie associées à la maladie. Parmi les enfants et les adolescents qui ont reçu du CBD, une nette diminution de la fréquence des crises, qui est passée de 12,4 à 5,9 par mois, a été constatée. Chez 43 % des participants à l’étude qui ont reçu du CBD, la fréquence des crises a été réduite d’au moins 50 %. Les résultats intermédiaires d’une étude montrent qu’un traitement à long terme avec le CBD dans le syndrome de Dravet résistant au traitement a conduit à une réduction soutenue et significative des crises d’épilepsie. En même temps, le profil de sécurité est « acceptable ».

En 2019, l’UE a approuvé l’Epidyolex, médicament utilisé dans le traitement du syndrome de Dravet ou du syndrome de Lennox-Gastaut, une autre forme grave d’épilepsie chez les enfants. La solution de CBD très pure peut être utilisée comme thérapie concomitante pour les enfants à partir de deux ans. Ce médicament contenant des cannabinoïdes est disponible dans les 27 pays de l’Union européenne ainsi qu’en Norvège, en Islande et au Liechtenstein. Aux États-Unis, les médecins utilisent l’Epidiolex depuis 2018.

Parmi les pistes explorées, on peut citer :

  • Les thérapies géniques : Ces thérapies visent à corriger le gène SCN1A muté ou à compenser son dysfonctionnement.
  • Les médicaments existants : Des essais cliniques évaluent l’efficacité de médicaments déjà commercialisés pour d’autres indications dans le traitement du syndrome de Dravet.

Vivre avec le Syndrome de Dravet

Le syndrome de Dravet a un impact important sur la vie quotidienne des personnes atteintes et de leurs familles. Il est important de :

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  • S’informer et se former : Comprendre la maladie, ses symptômes et ses traitements est essentiel pour prendre les meilleures décisions et gérer les situations d’urgence.
  • Bénéficier d’un soutien psychologique : Un soutien psychologique peut aider à faire face aux difficultés émotionnelles et aux défis que pose la maladie.
  • Adapter son environnement : Il est important de créer un environnement sûr et adapté aux besoins de l’enfant, en tenant compte de ses difficultés motrices, cognitives et comportementales.
  • Communiquer avec son entourage : Expliquer la maladie à sa famille, à ses amis et à l’école permet de sensibiliser et de mieux faire comprendre les besoins de l’enfant.
  • Rejoindre une association de patients : Les associations de patients offrent un soutien moral, des informations pratiques et permettent de partager son expérience avec d’autres familles concernées.

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