L'entretien d'embauche est une étape cruciale pour évaluer les compétences d'un candidat et s'assurer de son adéquation avec le poste. Cependant, toutes les questions ne sont pas appropriées. Cet article explore les questions relatives à la paternité lors d'un entretien d'embauche, en mettant en lumière les aspects légaux, les bonnes pratiques et les stratégies pour les candidats et les recruteurs.
Questions illégales et discriminatoires
En France, la loi protège les candidats contre toute forme de discrimination lors d'un recrutement. L'article L1221-6 du Code du travail stipule que les informations demandées au candidat, sous quelque forme que ce soit, ne peuvent avoir comme finalité que d'apprécier sa capacité à occuper l'emploi proposé ou ses aptitudes professionnelles. Ces informations doivent présenter un lien direct et nécessaire avec l'emploi proposé ou avec l'évaluation des aptitudes professionnelles.
Ainsi, il est illégal de poser des questions sur la situation familiale d'un candidat, y compris s'il a des enfants ou s'il envisage d'en avoir. Les questions telles que "Avez-vous des enfants ?" ou "Prévoyez-vous d'avoir des enfants dans l'année ?" sont considérées comme intrusives et discriminatoires. De même, il est interdit de demander comment sont gardés les enfants d'un candidat pendant qu'il travaille.
Poser de telles questions peut introduire un biais dans l'évaluation du candidat et conduire à une discrimination à l'embauche. En effet, la situation familiale d'une personne n'a aucun impact sur ses compétences professionnelles.
Questions potentiellement problématiques
Certaines questions, bien que n'étant pas explicitement illégales, peuvent être perçues comme discriminatoires ou intrusives. Par exemple, demander à une candidate "Comment allez-vous gérer votre absence si votre enfant tombe malade ?" peut laisser entendre que l'employeur doute de sa capacité à concilier vie professionnelle et vie personnelle.
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Il est important pour les recruteurs d'être conscients de l'impact potentiel de leurs questions et de veiller à ce qu'elles soient pertinentes pour le poste et non discriminatoires.
Comment répondre aux questions indélicates
Si un candidat se voit poser une question indélicate sur sa paternité lors d'un entretien d'embauche, il a plusieurs options :
Ne pas répondre à la question. Le candidat n'a aucune obligation de répondre à une question illégale ou intrusive. Il peut simplement recentrer la conversation sur ses compétences et sa motivation pour le poste.
Retourner la question au recruteur. Le candidat peut demander au recruteur pourquoi il pose cette question. Cela peut aider à désamorcer la situation et à comprendre les préoccupations du recruteur.
Répondre de manière vague et ramener la discussion sur le sujet des compétences et de la motivation. Le candidat peut répondre à la question sans donner de détails personnels, puis rediriger la conversation vers ses qualifications et son intérêt pour le poste.
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Il est important pour le candidat de rester professionnel et courtois, même s'il se sent mal à l'aise avec la question.
Quand aborder le sujet de la paternité
Certains candidats choisissent d'aborder eux-mêmes le sujet de leur paternité lors d'un entretien d'embauche. Il peut être judicieux de le faire lors des étapes de sélection finales, une fois que le projet est validé. Cela peut permettre d'instaurer une relation de confiance avec l'employeur et de discuter des éventuelles adaptations du temps de travail.
Cependant, il est important de rester conscient des enjeux professionnels. Le candidat doit montrer qu'il maîtrise son organisation et qu'il est totalement investi dans ses prochaines missions, même s'il a des contraintes parentales.
Les devoirs du recruteur
Les recruteurs ont la responsabilité de garantir un échange objectif, respectueux et équitable avec tous les candidats. Ils doivent se conformer au cadre légal et éviter de poser des questions discriminatoires.
Pour mener des entretiens éthiques et inclusifs, les recruteurs doivent :
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- Construire des entretiens structurés avec des questions pertinentes.
- Se concentrer sur les compétences et les aptitudes professionnelles des candidats.
- Éviter les questions intrusives ou discriminatoires sur leur situation personnelle.
- Former les managers qui mènent des entretiens sur les bonnes pratiques en matière de recrutement.
Le point de vue des experts
Selon Constance Philippon, responsable du recrutement des cadres supérieurs, évoquer sa paternité peut être contreproductif, sauf si le poste est en rapport avec l'enfance. Elle estime que cela peut laisser entendre que les personnes sans enfants n'ont pas les mêmes compétences.
Anne Peymirat, coach parental, affirme qu'il n'y a aucune obligation à parler de sa parentalité dans le monde professionnel. Elle conseille aux parents de se sentir libres d'évoquer ou non leur statut de parent.
Les compétences développées grâce à la parentalité
Devenir parent permet de développer de nombreuses compétences transférables au monde professionnel, telles que :
- L'organisation et la planification
- La gestion des priorités
- L'autonomie
- Le sens des responsabilités
- La capacité à être multitâches
- Les compétences en management
Il est important pour les candidats de valoriser ces compétences lors d'un entretien d'embauche, en les reliant aux exigences du poste.
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