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Entorse du Genou chez l'Enfant : Symptômes et Traitement

L’entorse du genou est une lésion fréquente, particulièrement chez les enfants actifs et les jeunes sportifs. Elle se caractérise par l’atteinte d’un ou plusieurs ligaments du genou, souvent à la suite d’un traumatisme. Reconnaître les symptômes d’une entorse du genou et comprendre les options de traitement disponibles est essentiel pour une récupération efficace et pour minimiser le risque de complications futures.

Qu'est-ce qu'une entorse du genou ?

Une entorse du genou désigne l’atteinte d’un ou plusieurs ligaments de cette articulation. Le genou est l’articulation située entre le fémur et le tibia. Les ligaments du genou, notamment le ligament croisé antérieur (LCA), le ligament croisé postérieur (LCP), et les ligaments latéraux (interne et externe), sont essentiels pour la stabilité du genou. Des couches de cartilage (ménisques) amortissent les chocs dans le genou. Quatre ligaments assurent sa stabilité : les ligaments latéraux internes (LLI) et externes (LLE), situés de part et d’autre du genou, qui l’empêchent de trop bouger d’un côté à l’autre ; et les ligaments croisés antérieurs (LCA) et postérieurs (LCP), qui empêchent le genou de trop bouger en avant ou en arrière. Ce sont ces structures qui sont le plus souvent lésées lors des chocs au genou. L’entorse du genou se caractérise par une lésion des ligaments, survenant à la suite d’un mouvement anormal de la jambe ou bien d’un traumatisme direct, d’une chute sur le pied en se tordant le genou.

Causes et mécanismes de l'entorse du genou

L’entorse du genou est essentiellement due à un traumatisme indirect (mouvement anormal de la jambe, torsion, hyperextension). Mais, elle peut aussi être causée par un traumatisme direct (choc ou chute sur le genou, accident domestique ou du travail …). Un traumatisme en torsion du genou est potentiellement plus grave qu’un choc direct sur le genou (souvent simple contusion). Les chutes sur le genou sont fréquentes dans les cours d’école. Il s’agit le plus souvent de contusions simples de la rotule ou de la partie haute du tibia au moment du choc sur le sol.

Les principales atteintes ligamentaires sont l’étirement, et la rupture (partielle ou complète). Elles peuvent être bénignes, modérées ou sévères. Le LLI et le LCA sont le plus souvent touchés. Elles affectent surtout le sportif, qui pratique les sports pivots avec ou sans contact (football, rugby, handball, basketball…) ou le skieur, considérés comme profils à risque. La pratique de sports « en pivot » est l’un des facteurs de risque principaux de l’entorse du genou.

Symptômes de l'entorse du genou chez l'enfant

Les symptômes de l’entorse du genou sont variables d’une personne à l’autre, non proportionnels à la gravité de la lésion. Lors d’une entorse au genou, les manifestations sont généralement similaires d’une personne à une autre. En d’autres termes, vous pouvez ne pratiquement pas souffrir lors d’une entorse grave et, au contraire, avoir très mal avec une entorse bénigne. Parmi les symptômes, s’ajoutent souvent une impossibilité de s’appuyer sur la jambe et donc, de marcher. La capacité à marcher juste après s’être fait une entorse du genou dépend. L’atteinte des ligaments peut se traduire par une vive douleur, une difficulté à marcher ou encore un genou gonflé.

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Certains signes particulièrement évocateurs permettent d’orienter le diagnostic :

  • Douleur aiguë
  • Craquement ou claquement audible, sensation de déboîtement
  • Instabilité à la marche ou à l’appui
  • Gonflement rapide (hémarthrose → suspicion LCA ou lésion intra-articulaire)
  • Blocage, limitation de l’amplitude, épanchement
  • Sensation de « lachage » dans le genou
  • Sensation d’instabilité du genou : « je sens mon genou qui se déboite », « je sens mon genou qui craque », « mon genou part ».
  • Douleurs de genou
  • Gonflement du genou, surtout à l’effort, lors de la pratique d’activités sportives. Il s’agit d’un épanchement « mécanique » qui traduit une souffrance mécanique de genou.

Parfois la douleur suite au choc est telle que l’enfant se « réfugie » dans une position de « confort » notamment en extension. Le genou se retrouve ainsi « bloqué jambe tendue» et ne peut plus le plier. Ce blocage est lié à la contraction reflexe du muscle de la cuisse (quadriceps) en réponse à la douleur.

Signes de gravité

Un traumatisme grave du genou correspond soit à une rupture ligamentaire (entorse grave, rupture LCA), soit à une lésion méniscale, soit à une luxation de rotule qui s’est spontanément réduite, ou soit encore à une fracture.

S’il n’y a pas de signes de gravité retrouvé (chute directe sur le genou, pas d’hémarthrose, pas de grosse douleur, appui possible sur la jambe traumatisée) il s’agit probablement d’une simple contusion.

Diagnostic de l'entorse du genou

Le diagnostic d’une entorse du genou repose essentiellement sur l’examen clinique. En cas de douleur au genou, il est important d’obtenir un diagnostic aussi tôt que possible. En effet, une entorse négligée peut évoluer vers une instabilité chronique du genou, qui elle-même favorise l’arthrose à plus long terme. L’examen clinique permet d’évaluer le degré de gravité de la blessure et d’établir la conduite à tenir : examens à réaliser, traitement à prescrire, suivi, orientation, coordination …

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Lors de l’examen clinique, le médecin évaluera le degré de gravité de l’entorse, afin de déterminer les examens à réaliser et le traitement adapté. Il procèdera à un interrogatoire, pour comprendre le mécanisme de torsion, le craquement au moment de l’accident ainsi que la localisation de la douleur. Il vérifiera la présence d’un hématome, d’un épanchement interne ainsi que l’importance du gonflement de l’articulation. En règle générale, l’examen clinique permet de déterminer la gravité de l’entorse du genou.

Examen clinique

L’interrogatoire que vous menez vous permet de recueillir les antécédents (blessures), et de déterminer la localisation de la douleur, les circonstances de survenue ou le mécanisme de torsion… L’inspection vous permet de déceler les signes associés : craquement, œdème, épanchement, hématome, posture antalgique … À noter que la douleur étant une notion subjective, sa présence ou son absence n’est pas toujours spécifique. Enfin, différents tests vous permettent d’affiner ou d’orienter votre diagnostic.

Les plus importants sont les tests ligamentaires :

  • Le test de Lachman : il s’agit de tirer doucement sur le tibia tout en maintenant le fémur en place : un mouvement excessif est évocateur d’une lésion du LCA.
  • Le test dit du « tiroir » : il consiste à tirer le tibia vers l’avant tout en maintenant le fémur immobile. Une entorse est suspectée en cas de translation excessive.
  • Le test de pivot shift : il s’agit de faire pivoter le tibia tout en appliquant une pression, pour rechercher des mouvements anormaux. Ce test permet d’évaluer la stabilité du genou et de s’assurer que le LCA est intègre.
  • Le test de valgus (abduction) : il consiste à appliquer une pression latérale sur le genou fléchi, à la recherche d’une ouverture sur le côté médial. Il permet d’évaluer l’intégrité du LLI.
  • Le test de varus (adduction) : il consiste à appliquer une pression médiale pour vérifier la stabilité du genou. Il évalue l’intégralité du LLE.

Les autres tests :

  • Le Test de McMurray est utile pour rechercher une lésion méniscale, repérable par une douleur au niveau du ménisque médial ou latéral, et un « cliquetis » audible lors de la manipulation du genou
  • Le Test de Thessaly permet de rechercher un signe de blocage ou une douleur évocatrice d’une possible lésion méniscale.

Examens d'imagerie

Les examens d’imagerie confirment le diagnostic et évaluent l’étendue des blessures.

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  • Radiographies standards : Elles permettent de déceler ou d’exclure les arrachements osseux, les fractures ou une luxation associée.
  • IRM (examen clé) : L’IRM n’est pas l’examen de première intention, mais c’est l’examen de référence en cas de suspicion de lésions graves telles que : les ruptures ligamentaires (LCA), les lésions des ménisques, les contusions osseuses et cartilagineuses. Elle est également recommandée en cas de persistance des symptômes plusieurs jours après la mise en place du protocole PRICE (protection, repos, glaçage, compression, élévation). Si aucune fracture n’est retrouvée il est difficile de faire à un stade aïgu le diagnostic d’une lésion notamment du LCA du fait du gonflement et des douleurs. Un RDV avec un orthopédiste spécialisé dans le domaine de la chirurgie du sport du genou est nécessaire dans les 15 jours et une IRM sera souvent prescrite (rapidement si nécessaire). La consultation spécialisée permettra déjà le plus souvent de faire le diagnostic de rupture du LCA ou d’un autre ligament ou d’un problème d’instabilité de rotule.

Traitement de l'entorse du genou chez l'enfant

Le traitement peut être médical ou chirurgical, en fonction de la gravité des lésions, de l’importance des douleurs et de la gêne fonctionnelle, ainsi que l’incidence sur la vie quotidienne et / ou sportive. Une entorse du genou peut être une blessure sévère, mais avec le bon diagnostic et le traitement adéquat, de nombreux patients récupèrent complètement, surtout après une intervention chirurgicale.

Premiers soins et traitement conservateur

Si vos symptômes sont inquiétants, consultez un médecin dans la journée. En cas de gêne très modérée, le délai peut s’étendre à un ou deux jours.

  • Protocole GREC (Glace - Repos - Élévation - Compression) : Le protocole GREC est surtout indiqué en phase aiguë, c’est-à-dire dans les suites immédiates de la blessure, pour réduire la douleur et l’inflammation.
    • Mettre l’articulation au repos total durant les 10 premiers jours.
    • Le 1er et 2ème jour suivant l’entorse, il convient de refroidir l’articulation à l’aide d’une poche de glace et de surélever la jambe : ceci permettra de limiter les gonflements. En revanche, le glaçage à raison de 3 à 4 fois par jour pendant 20 minutes est recommandé pour lutter contre l’inflammation locale et la douleur.
  • Immobilisation : En cas de forte douleur, on peut recourir à l’immobilisation de la jambe avec une attelle ou un dispositif dédié, mais aussi en cas d’instabilité du genou ou de suspicion de lésion grave. Porter une attelle au genou pendant toute la période qui vous a été indiquée par le médecin. L’attelle n’est pas utile en cas de simple contusion.
  • Appui : En règle générale, l’appui est autorisé en cas de blessures légères à modérées, si la douleur est supportable et si le genou est stable. Marcher en appuyant sur la jambe blessée avec des béquilles. S’il ressent des douleurs il faut lui demander au moins de poser le pied par terre, et d’appuyer de plus en plus au fil des jours. Cela permet de garder un déroulé du pas correct et d’éviter de voir d’autres douleurs liées à une immobilisation prolongée apparaître. Il faut éventuellement lui préférer les béquilles quelques jours avec un appui progressif.
  • Antalgie : En cas de douleur persistante, la prise d’antalgiques (anti-inflammatoire non stéroïdien ou paracétamol) peut aider à la calmer. Le recours aux antalgiques ou aux AINS dépend du contexte médical. Dès la disparition des symptômes, cessez le traitement, qui ne doit pas s’étendre sur plus de 5 jours.
  • S’il n’y a pas de signes de gravité retrouvé (chute directe sur le genou, pas d’hémarthrose, pas de grosse douleur, appui possible sur la jambe traumatisée) il s’agit probablement d’une simple contusion: Repos, glace et antalgiques simples quelques jours seront suffisants.

Traitement spécifique pour le blocage du genou chez l'enfant

A partir du moment ou le genou n’est pas gonflé, il faut savoir rassurer l’enfant pour qu’il se détente progressivement au fil des jours. Lui demander de plier progressivement le genou en se mettant sur le ventre. Il peut également être proposé à l’enfant d’aller à la piscine et de marcher dans l’eau. Si le problème dure plus d’une semaine il faut consulter un médecin pour bien expliquer à l’enfant le problème et éventuellement prescrire quelques séances de rééducation pour «aider à « déverrouiller » le genou de cette contracture musculaire réflexe.

Traitement chirurgical

En cas d’entorse grave (par exemple, rupture des ligaments), une intervention chirurgicale, généralement par arthroscopie, permettra de réparer les ligaments lésés. Le médecin peut envisager ou non une chirurgie. Les entorses graves, peuvent nécessiter une chirurgie pour réparer ou reconstruire le ou les ligament(s) affecté(s). En cas d’entorse grave, et si l’état du patient le permet, une intervention chirurgicale peut être indiquée.

Si le genou est glacé et une attelle mise en place dès que possible à titre antalgique, il faut consulter votre médecin ou un médecin urgentiste qui fera un examen clinique et surtout prescrira une radiographie pour rechercher une fracture qui nécessiterait une prise en charge chirurgicale rapide dans les 48-72h. Il peut s’agir d’une fracture articulaire du tibia ou du fémur par exemple ou encore de la rotule. Il peut aussi s’agir d’un arrachement du pied du LCA (fracture des épines tibiales (cf chap fracture épines tibiales). L’appui sur la jambe sera repris après indication du chirurgien.

Rééducation

Même en cas d’entorse bénigne, une rééducation en kinésithérapie est nécessaire. La rééducation du genou est indispensable après une telle intervention. Elle commence d’abord dans le service de chirurgie, avant d’être poursuivie en cabinet de kinésithérapie. Cette prise en charge est généralement longue, pouvant aller jusqu’à 4 mois.

Importance du travail kinésithérapique dès la phase subaiguë : La prise en charge kinésithérapique est essentielle. Elle doit débuter dès la phase subaiguë. Elle permet de récupérer l’amplitude, de renforcer les muscles et de travailler la proprioception. Les principaux risques à éviter sont le flessum, l’instabilité chronique et la perte fonctionnelle.

Éducation thérapeutique du patient

L’éducation thérapeutique est une étape essentielle du programme de soins. Elle permet d’informer le patient sur les risques, les signes de récidive et d’aggravation, et de lui apporter une conduite à tenir quand ils se présentent. Elle engage le blessé à respecter les consignes : reprise progressive des activités, respect des temps de récupération, surveillance de la douleur … Et, nous savons que l’une des clés de succès de la prise en charge est la participation active du patient.

Prévention des entorses du genou

Pour éviter une entorse du genou et les douleurs qui l’accompagnent, il est nécessaire d’avoir un parfait contrôle neuromusculaire. Il faut de plus utiliser les techniques appropriées lors de la pratique sportive. En amont : pour prévenir les blessures de genou, vous pouvez proposer d’intégrer un programme préventif qui inclut un :

  • Échauffement structuré (ex : programme FIFA 11+)
  • Renforcement quadriceps / ischio-jambiers
  • Travail d’équilibre et proprioception

Un travail dédié à la technique sportive peut également être intégré : Apprentissage des gestes à risque (réceptions, pivot). Correction posturale et gestuelle (entraînement supervisé).

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