Le Ferrailleur, salle nantaise devenue mythique, résonne au rythme des groupes de la scène montante metal, mais pas seulement. Des soirées éclectiques aux ambiances survoltées, ce lieu est un véritable carrefour musical. Cet article propose une immersion dans l'univers du Ferrailleur, à travers des comptes rendus de concerts variés qui ont marqué l'histoire de cette salle emblématique.
Showtime : Un Hommage au Hard Rock des Années 80
Né de l’association de 3 combos parisiens (Watcha, Snake Eye et Stonedrive), le groupe SHOWTIME a décidé de faire revivre cette décennie magique où les plus grands classiques du genre ont vu le jour ! Avec un répertoire allant d’ACDC à Van Hallen, en passant par Iron Maiden, KISS, Scorpions, Mötley Crue etc… La setlist rend hommage à la grande époque du Hard Rock et du Heavy Metal des années 80 ! Un groupe vraiment très représentatif de l’ambiance fédératrice et de l’énergie que nous trouvons au Hellfest ! Le Line Up reunit El Butcho, un des grand Frontman de la scène Metal Française, avec à son actif plus de 3000 dates en France (Olympia, Zenith, etc…) et à l’étranger.
Freak Frequenz : Une Soirée aux Couleurs Sombres
Pour cette deuxième journée du festival Freak Frequenz organisé par Black Speech Productions et Devilicious Couture au Ferrailleur, l'ambiance s'annonçait sombre. La soirée a débuté avec Matt Hart, figure montante de la scène industrielle européenne, dont le mélange d'EBM, de metal indus et d'électronique sombre a misé sur l'efficacité. Son enthousiasme et son énergie ont su conquérir un public qui le découvrait. Les titres fédérateurs comme Black Abyss, Rotations ou Gone to Shit ont marqué les esprits, grâce à des grosses guitares, des rythmiques martiales et des paroles scandées.
Antania, voyageant avec Psyclon Nine, a ensuite plongé le Ferrailleur dans une atmosphère plus pesante. Le duo a misé sur le minimalisme de son dispositif et l'inquiétante présence de ses costumes. La chanteuse, masquée derrière un voile funéraire, a renforcé l'aura macabre du groupe. Avec son approche écrasante toute en basses épaisses, le duo a modernisé l'electro dark et dopé l'ensemble avec des riffs pachydermiques.
Psyclon Nine, projet culte mélangeant black metal et dark electro, était l'événement majeur de cette édition du Freak Frequenz. Nero Bellum, avec son maquillage, ses lentilles, ses gants griffus et sa gestuelle théâtrale, a incarné une gargouille démoniaque. Soutenu par Jon Siren à la batterie et Todd Buller à la guitare et aux machines, Psyclon Nine a régalé le public avec une setlist variée, puisant dans l'ensemble de sa discographie.
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Divine Shade, projet de rock industriel lyonnais, a conclu la soirée avec une performance plus sobre et élégante. L'énergie habituelle du groupe a muté vers une forme de minimalisme froid, mettant en avant la poésie sombre d'Oublier et l'humeur introspective de Stars. Un DJ set de Max et Zoé de Herrschaft a prolongé le plaisir, avec des titres de Bad Omens, Poppy et Combichrist.
Soirée Métal : Vestige et Ashen Déchaînent le Ferrailleur
Vendredi 26 septembre, direction Le Ferrailleur à Nantes pour une soirée placée sous le signe du metal. Deux groupes au programme : Vestige en première partie et Ashen en tête d’affiche. Vestige s’est formé à Paris fin 2022 par son compositeur Théodore Rondeau. C’est un groupe de metal moderne aux teintes shoegaze. Leur univers oscille entre ambiances aériennes, mélodies poignantes et passages violents, presque torturés. Et leur premier album, Janis, est né d’une période compliquée pour Théo. Sur scène, tout ça se ressent. Chaque morceau te prend aux tripes, comme une vague qui alterne entre douceur planante et déchaînement viscéral.
Ashen c’est un groupe de metalcore parisien fondé en 2021. Leur musique se nourrit du passé, des traumas et des peurs du monde moderne, qu’ils transforment en morceaux sombres, déchirants et puissants. Sur scène, cette promesse prend tout son sens. Dès les premières notes, l’énergie a explosé dans la salle. La présence scénique était dingue. Les musiciens vivaient chaque morceau à 200 %. C’était viscéral, presque animal par moments. Et en même temps, il y avait une vraie connexion avec le public. Résultat ? Une performance intense, énergique, qui a complètement embarquée le public du début à la fin.
Coffees & Cigarettes et Merzhin : Une Soirée Éclectique
Duo originaire de Poitiers, Coffees & Cigarettes ouvrait donc en première partie de Merzhin. Impossible de poser des mots assez juste pour décrire une expérience visuelle et musicale qui se doit d’être vécue en prise directe entre les artistes et leur public. Cela fait un moment que j’ai découvert MERZHIN puisque j’avais eu la chance de me faire proposer l’écoute dès 2001 du premier album du groupe grâce à un ami brestois. Et quel album. 17 années ont passé, et c’est maintenant le septième album du groupe qui vient de sortir. C’est avec Standing Rock que le groupe attaque le concert, mettant tout de suite le rythme à un public qui n’en demandait pas tant. Changement d’ambiance avec Conscience (toujours issu du premier album). Laisse moi seul entonne Pierre tandis que Ludovic fait chanter sa flûte. Arrive un passage un tantinet plus calme (oui il faut quand même qu’on souffle un peu) assez bienvenu pour faire descendre légèrement la température (Babel, sous la Focale) avant de revenir à « nomades » pour « sans nous ». Le temps de remonter dans les tours avec « les filons » avant une jolie surprise lorsque retentit « les écorchés » de Noir Desir. « substance » vient clôturer un set de 16 titres qu’on n’aura pas vu passer. Le temps d’un léger break puis le groupe revient pour un rappel de 3 titres avant la séquence vidéo souvenir au mobile en front de scène. Merzhin a bien grandi, une maturité qui se ressent tant dans les textes, la présence scénique et la richesse des influences musicale.
Mantra, Enlightened et Seeds of Mary : Une Soirée Triomphale
La soirée débute à 20 heures avec Mantra. Les musiciens et le danseur sont déjà sur scène, plongés dans une lumière tamisée. Le silence règne dans la salle, le public retenant son souffle. Les tenues noires des membres accentuent l’atmosphère sobre et envoûtante qui s’installe peu à peu. Lumières vaporeuses et odeurs d’encens plongent la salle dans une ambiance mystique, un préambule à ce qui sera bien plus qu’un simple concert. L’ouverture se fait sur FALL et WINTER, les deux premières saisons dévoilées de leur quatrième album CELESTIAL. L’expérience est totale : à travers un jeu de lumières hypnotique, une exécution millimétrée et les mouvements captivants du danseur, le groupe pousse son art au-delà de la simple interprétation musicale.
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À 21 heures, Enlightened prend le relais pour célébrer la sortie de leur troisième album tant attendu. Plongeant immédiatement le public dans un univers de metal progressif, le groupe livre une prestation où chaque note reflète l’énergie et la passion investies dans ce nouvel opus. Les riffs puissants s’entrelacent avec des mélodies envoûtantes, tandis que des compositions audacieuses explorent des paysages sonores oniriques et mystiques. Les interactions chaleureuses entre les membres du groupe et le public amplifient cette énergie lumineuse, rendant chaque morceau encore plus captivant.
La soirée atteint son apogée à 22h30 avec Seeds of Mary. Voilà des années que le groupe bordelais écume les scènes aux quatre coins de France, partageant l’affiche avec des formations emblématiques comme Nashville Pussy, Klone, ou Les Wampas, et forgeant sa patte musicale au gré de ses évolutions. Difficile à mettre en case, leur musique oscille entre violence et légèreté, toujours à la recherche d’un son unique qui assimile leurs nombreuses influences. Leur performance est marquée par des textes introspectifs et une expression affirmée des émotions. Ces mauvaises graines, poussant vite et fort, livrent une prestation puissante et nuancée. Le chant profond s’entrelace avec des compositions audacieuses et rythmées, captivant totalement le public. Tout au long de la soirée, un lien authentique s’est créé entre les groupes et le public. Cette soirée au Ferrailleur restera gravée dans les mémoires comme un véritable triomphe. Trois groupes aux styles distincts ont brillamment su se compléter, offrant une soirée où la diversité musicale et l’émotion étaient au rendez-vous.
Houle et Wayfarer : Une Soirée Black Metal aux Ambiances Opposées
Mercredi après-midi, mi-août, la terrasse ensoleillée du Ferrailleur se remplit progressivement d'un public disparate en vue d'un menu terre et mer pour le soir : ce sont deux groupes de black metal opérant dans des univers bien différents qui vont se succéder sur scène, d'abord Houle, puis Wayfarer. Il n'y a pas que des têtes connues, la population change un peu des habitués des lieux, et beaucoup de marins et de cowboys sont venus d'autres horizons ce soir, leur look livrant parfois des indices sur le groupe qu'ils sont venus soutenir en priorité.
Houle embarque le public avec son « metal noir marin ». Les cinq musiciens, vêtus de cirés, marinières et bottes, créent une ambiance immersive grâce à des algues et des lanternes. La chanteuse Adsagsona, aka Cafard, ne s'économise pas : elle crie, râle, harangue la foule, descend dans le public et parcourt la scène en brandissant une bouteille de gros rouge qui tâche. La setlist reprend tout l'album Ciel cendre et misère noire dans l'ordre, avec le titre « Le Continent » issu de l'EP en bonus. L'aspect théâtral du groupe évoque parfois les arts de rue.
Wayfarer, groupe américain, propose un folk black metal western qui sent le cuir et la poussière. Le quatuor du Colorado mise sur la sobriété pour incarner son univers. Le concert débute avec « The Thousand Tombs of Western Promise », suivi par « The Cattle Thief ». La setlist fait la part belle à l'album American Gothic, sorti en 2023, avec cinq titres joués. Les fans apprécient également « The Crimson Rider » et « The Iron Horse » de l'album A Romance with Violence de 2020, ainsi que « Animal Crown » de l'album World's Blood de 2018. Le chanteur Shane McCarthy communique davantage avec le public, annonçant et commentant les morceaux. Le show se déroule de façon posée et smooth, mais manque parfois d'intensité et de furie.
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Destrage, The Contortionist et Periphery : Une Soirée Prog Mémorable
En plein anniversaire des 10 ans du Ferrailleur organisé autour de la venue de God Is An Astronaut, Mass Hysteria et autres Ultra Vomit, une soirée prog s’est glissée, avec pour représentants des pionniers du genre : Destrage, The Contortionist et Periphery. Un spectacle réussi, sous le son psychédélique du combo américain.
Destrage commence son set avec un mélange de metal progressif et de metalcore. Les membres du combo italien sont souriants et leur plaisir de jouer est communicatif. La setlist se repose en partie sur leur nouvel opus A Means to No End. Même si le show est expéditif, le plaisir d’écouter Destrage a fait mouche.
The Contortionist présente son album Language sorti en 2014. Les six membres occupent bien la scène. The Contortionist, c’est très psychédélique, parfois même onirique. On croit planer, traverser en voiture les rues éclairées d’une métropole dans une nuit complète ou tout bonnement être ailleurs. La magie du metal progressif. Cameron Maynard, un des deux guitaristes assurant tantôt une rythmique soutenue puis des riffs plus mélancoliques, ne perdra pas une seule fois ce sourire un brin caché, les yeux fermés, concentré sur l’exécution de sa partition. The Contortionist a largement contribué à élever le niveau de cette soirée placée sous le signe du prog.
Periphery commence avec "A Black Minute", un véritable plaisir pour nos oreilles, joué avec le concours de la foule qui chante en même temps que Spencer Sotelo, la voix du combo. Alternant le chant crié puis le chant plus posé, ce dernier communie parfaitement avec l’ensemble des spectateurs. Les musiciens ne peuvent s’empêcher de rire en voyant ce public qui ne connaît que trop bien leurs compositions. C’est une véritable messe sous couvert de djent et de prog. Misha Mansoor, guitariste et membre d’origine du combo, assure le show avec ce recul et cette timidité qu’on lui connaît. Mais les yeux sont vers Jake Bowen, évidemment. Le prodige de trente-trois ans à un charisme fou, et un doigté non sans rappeler un certain John Petrucci… Au-delà des effets accélérés puis des ghosts notes que Matt Halpern effectue sur sa batterie, c’est la place de plus en plus importante que prends le guitariste Mark Holcomb qui surprend ce soir. Les titres choisis sont de véritables ôdes au metal progressif. L’exécution de "Marigold" est un moment qui restera dans les mémoires de tous ceux présent au Ferrailleur, un morceau d’une force sans demi-mesure, où le talent des américains se livre à nous avec sincérité, toujours sur une composition globale de grande qualité. Periphery a bien plus de réserve que nous ne pouvons l’imaginer. A mi-chemin entre djent et metal progressif, la bande à Misha Mansoor reste un des maîtres dans cet art.
Yawning Man et Stoned Harpies : Une Soirée Stoner Planante
Blue Wave a offert un évènement rare en accueillant Yawning Man, groupe culte du stoner rock. Pour leur troisième concert sous cette formation (Thomas, à la basse, n’était pas présent sur l’EP), les STONED HARPIES font étalage de leur talent et des différentes ambiances qu’ils peuvent créer, tantôt western urbain, tantôt stoner déchaîné (j’adore « In my head » !). La setlist permet une belle montée en puissance et ce ne sont pas les petits temps morts entre les morceaux qui viendront gâcher cet excellent concert.
Pas de mise en scène ou de discours d’introduction, les gars s’installent et balancent le son, comme s’ils jouaient tous seuls, pour eux et les quelques privilégiés que nous sommes. Et c’est parti pour plus d’1h15 non stop de voyage musical, où lorsque YAWNING MAN joue, il est aisé de penser à certains groupes (et pas que stoner, n’est-ce pas M. Leur rock instrumental planant est la bande son de l’évasion de l’esprit, la répétition des motifs créée un état de transe quasi chamanique dans lequel c’est un plaisir de se laisser porter et on voudrait que ça se prolonge jusqu’au lever du soleil, tellement cette musique offre un sentiment de plaisir.
Blackrain et Kissin’ Dynamite : Une Soirée Glam Metal Explosive
Samedi 19 Octobre 2019, le concert de Blackrain + Kissin’ Dynamite à Nantes est assurément Sold Out ! La performance de Blackrain est savoureuse ! Swan a une voix qui monte facilement dans les aigus, si chère au Heavy/Glam des années 70/80 et une prestance scénique qui met tout le monde d’accord. Une setlist variée qui alterne anciens et nouveaux morceaux : Un gros kiff sur « Back in Town ». Quant au nouvel album Dying Breed sorti le 13 septembre 2019, les titres éponymes ainsi que « Hellfire » & « Blast Me Up » (repris d’un ancien album - « It begins ») sont de bonnes claques dans les cages à miel ! Au final, on adore la simplicité du groupe ! ceux qui se qualifient eux-même de pas compliqués, le prouvent avec panache ce soir. Le chanteur semble halluciné devant la participation du public… « vous êtes fous ! quand on vient jouer ici on est assurés de l’ambiance ! c’est la troisième fois à Nantes et à chaque fois c’est le feu !
On se sera pas en revanche particulièrement époustouflés par la performance au piano même si on apprécie volontiers le moment, et même un poil blasé devant le « scénario » du roi, sans intérêt particulier pour le spectacle. La presta scénique n’est pas dingue sans être mauvaise en soit mais il faut bien reconnaître un certain talent d’animateur et de chauffeur de salle au chanteur ! L’ensemble du show est pour le coup très interactif, mais les musiciens restent malheureusement un peu trop en retrait !
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