L’allaitement maternel, un sujet aussi universel qu’intime, joue un rôle clé dans la vie de chaque nouvelle mère et de son bébé. En reconnaissance de son importance, la Semaine Mondiale de l’Allaitement met en lumière les avantages de ce geste naturel, tout en attirant l’attention sur les défis que peuvent rencontrer certaines mères. Cet article a pour objectif d’éclairer les futures mamans et celles qui allaitent déjà sur les bénéfices et les éventuelles difficultés de l’allaitement mais aussi comment allier la reprise du travail et l’allaitement.
Les Bienfaits de l’Allaitement pour le Bébé
L’allaitement maternel offre de nombreux bienfaits, tant pour le bébé que pour la maman. Il permet de répondre aux besoins nutritionnels du nourrisson, en renforçant le système immunitaire et en favorisant le lien entre la mère et l’enfant.
Le lait maternel est la meilleure alimentation pour bébé. À lui seul, le lait maternel satisfait tous les besoins du nourrisson pendant les premiers mois de sa vie. Il contient tous les éléments nécessaires à la croissance et au développement de bébé : eau, vitamines, sels minéraux, oligoéléments, sucres, graisses, protéines, enzymes, hormones, cellules du système immunitaire, anticorps… le tout dans les bonnes quantités. De plus, la composition du lait maternel évolue en permanence pour s’adapter aux besoins du bébé qui grandit. Il s’enrichit en graisses à mesure que le sein se vide et que les tétées se rapprochent.
Le lait maternel n’a jamais tout à fait le même goût d’une tétée à l’autre, il change en fonction des aliments consommés par la maman.
Sur le plan de la santé, le lait maternel offre de nombreux avantages. Le lait maternel est bien toléré par le tube digestif fragile de bébé, ses reins et son foie. Il favorise la bonne digestion, sans fatiguer les reins ni le foie, et diminue les gaz. Le bébé bénéficie des anticorps de sa mère, qui lui fournissent une protection contre les microbes. Le lait maternel contribue aussi à réduire le risque d’allergies chez les enfants prédisposés au niveau familial. Les bébés nourris au lait maternel sont moins souvent et moins gravement malades (cela vaut tout le temps de l’allaitement et jusqu’à 3 mois après son arrêt). Plus la durée de votre allaitement sera prolongée, plus votre bébé sera protégé contre les infections.
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Le lait maternel contient moins de protéines, plus facilement digestes et de sels minéraux que le lait de vache.
Le lait maternel permet au bébé de mieux se défendre contre les agents infectieux, en particulier grâce aux anticorps qu’il contient.
Les Bienfaits de l’Allaitement pour la Maman
L’un des principaux avantages est le renforcement du lien mère-enfant. Ce lien est créé par le contact physique et la proximité, renforçant ainsi l’attachement mutuel. En tétant le sein de sa maman, bébé est au contact de sa peau, il reconnaît son odeur, il entend les bruits de son cœur. Maman et bébé se touchent, se caressent, s'observent. Ces échanges sont importants et sont une des façons de créer un lien, de se connecter à son bébé. Bébé et maman partagent chaleur, amour et sécurité. Ainsi, l’allaitement est agréable pour la mère et son bébé.
L’allaitement a également des effets positifs sur la santé. En effet, la tétée accélère les contractions de l’utérus, lui permettant de reprendre sa place plus rapidement après l’accouchement. L’utérus reprend sa place plus rapidement grâce aux contractions de l’utérus provoquées par les tétées, c’est le phénomène des tranchées. Elle contribue à réduire le risque de certaines maladies chez la mère notamment la prévention du cancer du sein, de l’ovaire, ainsi que l’ostéoporose. Allaiter a aussi des effets sur la santé à court et long terme pour la mère. diminue le risque de cancer du sein. L’allaitement permet de faire des économies, car les laits artificiels sont payants. Il a aussi un intérêt écologique, car contrairement à l’industrie du lait artificiel, il ne génère pas de déchet et ne nécessite aucune énergie extérieure.
Allaitement et Sommeil du Bébé
L’allaitement maternel contribue de manière significative à réguler le sommeil du nouveau-né, offrant des avantages essentiels pour son développement et sa croissance. Cette régulation du sommeil est liée à plusieurs aspects du lait maternel et des interactions mère-enfant.
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Le lait maternel est une substance dynamique qui s’adapte aux besoins spécifiques du nourrisson à mesure qu’il grandit. Il contient des protéines, des graisses, des sucres et d’autres composants essentiels qui jouent un rôle crucial dans la régulation du sommeil. La présence d’acides aminés tels que le tryptophane favorise la production de sérotonine et de mélatonine, des neurotransmetteurs qui jouent un rôle clé dans le cycle du sommeil.
Les nouveau-nés ont des cycles de sommeil distincts caractérisés par des périodes de sommeil profond et de sommeil léger. L’allaitement maternel s’adapte naturellement à ces cycles, permettant au nourrisson de se nourrir lorsqu’il est plus alerte et de se calmer lorsqu’il est temps de se rendormir. Cela contribue à établir un rythme circadien régulier, favorisant une transition en douceur entre les phases d’éveil et de sommeil.
En suivant le rythme circadien du nourrisson, ce lait contribue également à établir un cycle de sommeil régulier. Les bébés allaités ont tendance à être plus conscients de leur environnement et de leur propre rythme biologique. La sécrétion d’hormones telles que l’ocytocine pendant l’allaitement favorise la détente chez la mère et l’enfant. L’ocytocine, souvent appelée l’hormone de l’amour, contribue à renforcer le lien émotionnel entre la mère et le bébé. Cette sensation de sérénité peut faciliter l’endormissement du nourrisson après une tétée.
L’allaitement maternel n’influence pas seulement le sommeil du nourrisson, mais il peut également avoir des bienfaits sur le sommeil de la mère. Les mères allaitantes ont souvent un sommeil plus léger, ce qui leur permet de réagir rapidement aux besoins de leur bébé pendant la nuit.
Les Problèmes Rencontrés Lors de l’Allaitement et Leurs Solutions
L’allaitement, bien que naturel, peut parfois s’avérer complexe, avec plusieurs défis à relever. Par exemple, les crevasses sont courantes durant le premier mois. Ces petites fissures sur le mamelon sont généralement dues à une mauvaise position du bébé pendant la tétée et peuvent entraîner un arrêt prématuré de l’allaitement. Face à ce problème, l’ajustement de la position du bébé, l’hygiène rigoureuse des mains avant chaque tétée, ainsi que l’aide d’un professionnel de l’allaitement peuvent faire la différence. L’application de colostrum ou de lait maternel sur le mamelon après chaque tétée peut également aider à prévenir les crevasses.
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L’engorgement du sein, qui se manifeste par une accumulation de lait dans la glande mammaire, est une autre difficulté courante. Cela peut rendre le sein douloureux et gonflé, compliquant ainsi l’allaitement. Pour surmonter cet obstacle, il est recommandé d’augmenter la fréquence des tétées, d’utiliser un tire-lait ou de masser l’aréole pour faciliter l’écoulement du lait. Des compresses froides entre les tétées peuvent aussi aider à réduire l’inconfort.
Chaque problème a sa solution, et même les cas plus rares comme la mastite, une inflammation du sein généralement due à une stagnation du lait, peuvent être gérés. Il est crucial de continuer à allaiter, en privilégiant le sein atteint. Si l’allaitement est trop douloureux, l’expression manuelle du lait ou l’utilisation d’un tire-lait peut être nécessaire. En cas de mycose du sein ou de muguet chez le bébé, une consultation médicale rapide est essentielle pour un traitement adéquat.
Dans les cas où le bébé refuse le sein, il est important de rester calme et patient. Offrir la tétée dans un moment de calme et demander des conseils à un professionnel ou à une association de soutien à l’allaitement peuvent être des démarches efficaces. L’allaitement peut être un parcours semé d’embûches, mais la clé réside souvent dans la patience, le soutien et l’accès à des informations et des conseils de qualité.
D’autres difficultés peuvent apparaître lors des premières mises au sein (sentiments contraires : plaisir/déplaisir, peur de ne pas avoir assez de lait, de ne pas y arriver, douleurs…).
Pour faciliter la mise en route de l’allaitement, le mieux est d’être au calme. Si les deux parents peuvent être présents pour se soutenir, cela est souvent rassurant.
Les bonnes positions pour allaiter doivent être confortables pour maman et pour bébé. C’est la première chose à rechercher. C’est normal de ne pas forcément trouver de bonnes positions tout de suite, et de faire des essais. Quelles que soient les positions que l’on choisira, on s’assure que bébé a la bouche largement ouverte, qu’elle englobe bien une grande partie de l’aréole et pas seulement le mamelon.
Généralement, on propose les deux seins à bébé. On laisse bébé aller au bout de la tétée sur le premier sein, puis on lui propose le deuxième. Il en prendra un peu, beaucoup, ou pas du tout selon ses besoins.
Allaitement et Travail : Comment Concilier les Deux ?
La reprise du travail n’implique pas nécessairement l’arrêt de l’allaitement. En effet, avec une bonne préparation et une bonne organisation, il est tout à fait possible de continuer à allaiter votre enfant tout en travaillant. Pour cela, il est essentiel de bien préparer votre projet avec les personnes qui garderont votre bébé et votre entreprise.
Dans la pratique, si votre lieu de travail et celui de garde de votre enfant sont proches, vous pouvez envisager de continuer l’allaitement exclusif en vous absentant pour nourrir votre bébé. Vous pouvez aussi envisager de tirer votre lait sur votre lieu de travail, si vous disposez d’un tire-lait, d’un réfrigérateur pour conserver le lait, et du matériel pour le transporter dans de bonnes conditions. Si l’allaitement exclusif n’est pas envisageable, l’allaitement partiel peut être une solution. Vous pouvez donner des biberons de lait infantile à votre enfant pendant la journée en semaine et l’allaiter le reste du temps (le matin, le soir, le week-end…).
La loi française, à travers les articles L 1225-30 à L 1225-33 du Code du Travail, prévoit de libérer une heure par jour pour tirer votre lait ou allaiter votre bébé, jusqu’au premier anniversaire de l’enfant. Il est important de discuter avec votre employeur pour mettre en place une organisation qui convienne à tous.
Un conseil pratique serait de commencer à faire des stocks de lait congelé avant la reprise du travail. Il n’est pas nécessaire de supprimer des tétées avant la reprise du travail, sauf si vous envisagez de donner des biberons de lait infantile dans la journée. Dans ce cas, ne vous y prenez pas trop tôt pour ne pas tarir votre lactation avant même d’avoir repris votre travail.
Si on travaille à domicile ou à proximité du lieu où est gardé bébé : on peut aussi s’organiser, en accord avec l'employeur, pour s'absenter le temps de le nourrir. Cela permet de continuer à donner le sein.
Sinon, on peut tirer son lait et le conserver. Il sera donné en notre absence à bébé, à la tasse ou au biberon. Il peut être nécessaire de tirer le lait sur le lieu de travail pour entretenir la lactation. On peut aussi passer à un allaitement partiel. Bébé aura du « lait infantile » en notre absence, à la tasse ou au biberon selon son âge. On lui donnera le sein le reste du temps (le matin, le soir, le week-end, la nuit…). Cela nécessite que l’allaitement soit bien installé.
Conseils et Recommandations Pratiques
- Lors de l’allaitement, ne buvez aucune boisson alcoolisée car l’alcool passe dans le lait et est néfaste pour le bébé. Faites attention aux médicaments que vous prenez, même en automédication. Beaucoup sont contre-indiqués.
- Tant que l’allaitement n’est pas complètement installé, il est mieux d’éviter de donner des biberons de complément.
- Le rythme et la durée des tétées varient selon les besoins de votre bébé. Au début, donnez-lui le sein à la demande, puis espacez progressivement les tétées. En moyenne, bébé peut téter entre 8 et 12 fois par 24 heures. Il peut y avoir des « jours de pointe » pendant lesquels bébé va réclamer plus longtemps et plus souvent.
- Pour faciliter l’émission d’un rot, tenez votre bébé verticalement contre vous après les repas, marchez avec votre bébé tenu verticalement et tapotez-lui légèrement le dos.
- Si le début d’allaitement est inconfortable, difficile ou que l’on se pose des questions, on n’hésite pas à demander conseil auprès de professionnels de santé compétents et diplômés en allaitement (sages-femmes, puéricultrices, auxiliaires de puériculture, médecins, consultants en lactation…). On pourra les trouver à la maternité, au centre de PMI ou en libéral. On peut aussi trouver du soutien auprès d’associations ou de groupes de mamans.
- Sevrez votre bébé sur plusieurs semaines en diminuant petit à petit le nombre de tétées en journée et en les remplaçant par des biberons de lait infantile. Gardez les tétées du matin et du soir, ce qui peut vous permettre de reprendre le travail tout en allaitant partiellement votre enfant.
Idées Reçues sur l’Allaitement
- L’alcool, la bière en particulier, favorise la production de lait : FAUX. Quand on allaite, mieux vaut éviter toute boisson alcoolisée (bière, vin, cidre, alcool fort, apéritif, etc). L’alcool passe dans le lait maternel que boit le bébé et peut aussi diminuer la production de lait. Il faut particulièrement éviter de consommer de l’alcool pendant les premières semaines de l’allaitement. Après cette période, si on veut consommer un peu d’alcool de temps en temps, c’est possible, mais cela doit rester exceptionnel. Et il est préférable de ne pas boire plus d’un verre, plutôt après la tétée et le plus longtemps possible avant la tétée suivante.
- Un début d’allaitement douloureux, c’est normal : FAUX. Allaiter ne doit pas faire mal.
Quand on allaite, il n’est pas nécessaire de suivre un régime particulier ou de manger plus. Aucun aliment n’est à éviter quand on allaite. On essaye d’avoir une alimentation équilibrée et variée, on limite les boissons sucrées et, quand c’est possible, on préfère le bio pour les fruits, légumes, produits céréaliers et légumes secs. On pense à boire de l’eau régulièrement, car l’allaitement augmente les besoins en eau de notre organisme. Il est très rare qu’une maladie soit incompatible avec l’allaitement. Une grippe, un rhume, une gastro-entérite ou même une maladie chronique comme le diabète ou une maladie psychique n’empêche pas d’allaiter. Toutefois, on n’hésite pas à consulter un médecin en cas de fièvre, de douleurs ou d’autres signes inhabituels, et on pense à signaler lors de la consultation qu’on allaite son bébé. Dans tous les cas, on ne prend aucun médicament sans l’avis de notre médecin, sage-femme ou pharmacien.
Fumer pendant l’allaitement n’est pas recommandé. Le mieux est d’arrêter de fumer ou, si cela vous est impossible, de limiter au maximum votre consommation de tabac. En effet le tabac modifie le goût du lait, sa composition (présence de nicotine dans le lait) et en diminue la production.
Allaitement Maternel : un Choix Personnel
Le choix d’allaiter ou non son enfant est souvent contraint par des raisons professionnelles, l’environnement social, la peur de mal faire… Le père joue aussi un rôle dans ce choix car il soutient la mère. Il est naturel de se poser toutes sortes de questions lors des premières tétées : « Est-ce que ça fait mal ? », « Est-ce que j’aurai assez de lait pour nourrir mon enfant ? », « Est-ce que mes seins seront abîmés ? », « Quelles précautions alimentaires dois-je prendre ? ».
Le choix de l’allaitement est une décision personnelle et intime qui appartient à chaque mère. Il est influencé par une variété de facteurs, tels que les préférences individuelles, les besoins familiaux, les contraintes de la vie quotidienne et les circonstances médicales. Chaque femme a des expériences uniques et des perspectives différentes, ce qui rend son choix d’allaitement unique. La capacité et la volonté d’allaiter peuvent varier d’une personne à l’autre, et il est donc nécessaire de respecter chaque choix de chaque famille.
Mais surtout, ne vous mettez aucune pression ni aucun objectif de durée ! Si vous le pouvez (et même si vous ne souhaitez pas allaiter par la suite), au sein, à la pipette ou à la cuillère, proposez à votre nouveau-né votre tout premier lait. Véritable vaccin pour bébé, il tapissera les parois de son estomac et de ses intestins pour les protéger des méchantes infections virales et bactériales.
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