La contraception d'urgence hormonale, notamment avec EllaOne (ulipristal acétate), est une méthode d'exception pour prévenir une grossesse non désirée après un rapport sexuel non protégé. Cet article explore l'efficacité d'EllaOne, en particulier après l'ovulation, ainsi que d'autres aspects importants liés à son utilisation.
Contraception d'Urgence : Un Aperçu
La contraception d'urgence hormonale implique l'administration d'un comprimé unique de lévonorgestrel ou d'ulipristal. Ces médicaments agissent principalement en retardant ou en perturbant l'ovulation. Par conséquent, leur efficacité est optimale si l'ovulation n'a pas encore eu lieu. Bien qu'il soit difficile de déterminer précisément la date d'ovulation, ces contraceptifs peuvent être utilisés pendant tout le cycle menstruel, mais leur efficacité peut être réduite dans les 14 jours précédant la date prévue des règles.
Lévonorgestrel
Le lévonorgestrel est un progestatif de synthèse. Idéalement, il doit être pris dans les 12 heures suivant un rapport sexuel non protégé, et au maximum dans les 72 heures (trois jours). Son efficacité varie de 58 à 95 % en fonction du délai entre le rapport sexuel et la prise du comprimé; plus la contraception est mise en place tôt, plus elle est efficace. Une contraception mécanique (préservatif, diaphragme, cape) doit être utilisée jusqu'aux règles suivantes. La prise de lévonorgestrel s'accompagne souvent de nausées et de vomissements, il est préférable de prendre le comprimé avec un repas. Le lévonorgestrel, habituellement appelé « Norlévo® », se compose d’une importante dose de progestatif connu sous le nom de « progestérone ». Cette dernière est une hormone naturelle sécrétée par l’ovaire pendant la deuxième partie du cycle menstruel ou la phase lutéale. Son action permet ainsi de retarder le moment de l’ovulation afin d’éviter tous types de rencontres entre l’ovule et les spermatozoïdes. L’apport de Norlévo est dans ce cas très utile pour renforcer l’action de la progestérone naturelle afin de protéger la femme en cas de relation sexuelle avant l’ovulation. Cette pilule contient également du lactose monohydraté. Ce médicament doit être pris au plus tard 72 heures, soit 3 jours après la relation sexuelle mal ou non protégée. Pour augmenter son efficacité, l’idéal serait de prendre ce médicament dans les 24 heures. Dans tous les cas, la prise de lévonorgestrel est fortement déconseillée aux personnes allergiques à la progestérone et au lactose monohydraté. Si le patient présente un antécédent de salpingite ou une insuffisance hépatique, la prescription médicale est nécessaire pour écarter tout risque sur la santé. La salpingite est une infection des trompes de l’utérus. Sur le territoire français, cette version de la pilule du lendemain est vendue sans ordonnance et gratuitement pour les mineurs. Pour les adultes, son achat n’est pas remboursé.
Ulipristal (EllaOne)
L'ulipristal agit également sur les récepteurs de la progestérone. Il doit être utilisé le plus tôt possible après le rapport sexuel non protégé et au plus tard dans les cinq jours qui suivent. Sa prise est susceptible de réduire l'action d'une contraception hormonale régulière (pilule). Il est donc recommandé d'utiliser une méthode de contraception mécanique (préservatifs) jusqu'aux règles suivantes. Son efficacité est incomplète et varie entre 73 et 85 % selon les études. L’Ulipristal (ELLAONE®) sert à empêcher tout risque de fécondation lorsque le rapport a eu lieu pendant ou après l’ovulation. Pour arriver à de telle performance, sa formule contient un modulateur de récepteur, notamment l’acétate d’Ulipristal. Pour ce faire, il faut le prendre au maximum 120 heures, soit 5 jours après la relation sexuelle. Pour acquérir l’Ulipristal ou l’Ellaone, vous avez besoin d’une prescription médicale. Cette forme de pilule du lendemain est plus chère que la première version, mais la sécurité sociale prend en charge près de 65 % de son coût. Tout comme le lévonorgestrel, l’efficacité de ce médicament dépend du moment de sa prise. Il est nécessaire de l’avaler au minimum dans les 24 heures qui suivent le rapport sexuel à risque pour obtenir une efficacité à 95 %. Dans le cas contraire, soit après 48 et 120 heures de la relation non protégée, son taux d’efficacité peut descendre jusqu’à 61 %. Dans tous les cas, la pilule EllaOne ne doit pas être prise en même temps que le lévonorgestrel. Ce dernier pourrait altérer l’efficacité de l’Ulipristal.
Efficacité d'EllaOne Après l'Ovulation
EllaOne contient de l'ulipristal acétate, qui agit en modifiant l'activité de la progestérone, une hormone naturelle nécessaire à l'ovulation. EllaOne fonctionne en retardant l'ovulation.
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Il est important de noter que la contraception d'urgence n'est pas efficace dans tous les cas. De plus, EllaOne ne protège pas contre les infections sexuellement transmissibles.
Action et délai d'utilisation
Cette pilule contient une molécule antiprogestative : l’ulipristal acétate, et peut être prise jusqu’à 5 jours (après un rapport sexuel à risque (= non protégé, ou préservatif qui craque, …). Son mode d’action consiste à bloquer ou à retarder l’ovulation si elle est sur le point de se produire, en supprimant le pic d’hormone lutéinisante (LH). En effet, elle bloque l’évolution du follicule ovarien pour retarder l’ovulation, tant que sa taille ne dépasse pas 18mm. Ellaone peut donc agir jusqu’à la veille de l’ovulation. Elle modifie également la glaire cervicale et empêche ainsi la nidation (quand l’ovule s’installe). Si tu as eu un rapport sexuel non ou mal protégé (aucune contraception, oubli de pilule, accident de préservatif, etc.), tu disposes d’un délai de 5 jours (120 heures) pour prendre ELLAONE. Son taux d’efficacité est d’environ 99 % si elle est prise dans les 24h suivant le rapport à risque, puis d’environ 98% les 4 jours suivants.
Comparaison avec le Lévonorgestrel
L’UPA est plus efficace que le LNG et doit lui être préféré dans la grande majorité des cas. (7)Je voudrais conclure en disant qu’il n’existe pas, tout au long de la vie d’une femme en âge de procréer, de protection sans faille contre la survenue d’une grossesse non programmée. La CU est un outil de prévention indispensable aux accidents non évités par une contraception régulière ou épisodique. Pour qu’elle soit efficace, il faut qu’elle soit prise au plus tôt après la prise de risque. Il faut surtout que la femme ait conscience qu’il n’y pas de rapport sexuel qui puisse se passer de protection vis-à-vis de la grossesse.
1/Le lévonorgestrel, progestatif de la classe des 19-nortestostérone est en achat direct par les femmes. L’achat direct représente 97% de son utilisation en France. Sur prescription ou si la femme est mineure (avec ou sans prescription), il est pris en charge à 100% par la Sécurité sociale. La dose habituellement utilisée est de 1,5 mg de LNG en une prise. Plus le produit est pris tôt après le rapport potentiellement fécondant, plus il est efficace. Mais s’il est pris après le début du pic de LH, il n’est plus efficace. Il ne l’est plus non plus si, au moment de la prise, le follicule ovarien dépasse 14 mm.
2/L’ulipristal acétate (UPA).Il appartient à la famille des modulateurs des récepteurs de la progestérone SPRM. Posologie : 30 mg d’UPA en une prise. Lui aussi agit en décalant l’ovulation de plus de 5 jours ou en l’inhibant. Il doit lui aussi être pris le plus tôt possible après le rapport potentiellement fécondant mais, différence notable, il garde une certaine efficacité jusqu’à 5 jours après celui-ci. Il est efficace s’il est pris avant et au début du pic de LH : il inhibe l’ovulation jusqu’à une taille folliculaire de 18 mm ce qui le différencie du LNG et en fait sa supériorité. Enfin, il n’est plus efficace s’il est pris le jour de l’ovulation. Il est de ce fait plus efficace que le LNG car la fécondité est maximum 48h avant l’ovulation, à un moment où le follicule ovarien mesure habituellement 16 à 18 mm (taille du follicule sur lequel le LNG n’est plus efficace). (2)Il est ainsi estimé 2 à 3 fois plus efficace que le LNG y compris si les deux produits sont pris dans les 3 jours après le rapport potentiellement fécondant. Si la prise a lieu dans les 24h qui suivent le rapport à risque, le LNG divise par 2 le risque de grossesse et l’UPA par 6.
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Facteurs Affectant l'Efficacité
Plusieurs facteurs peuvent influencer l'efficacité d'EllaOne :
- Poids: Le poids est une cause de perte d’efficacité du LNG qui débute au delà de 75 kg. Pour l’UPA, il semble que la perte d’efficacité soit pour des poids supérieurs 95 kg. En cas de poids supérieur à 75 kg, il faut donc préférer l’UPA. (5)
- Interactions médicamenteuses: En raison de ses principes actifs, la pilule du lendemain pourrait présenter de mauvaises interactions avec d’autres types de médicaments. Les dispositifs médicaux qui contiennent des inducteurs d’enzymes hépatiques pourraient diminuer son efficacité. Il est pour cela déconseillé de le prendre en cas de prise de médicament pour le traitement de l’épilepsie comme les barbituriques, la carbamazépine, la phénytoïne, etc. Ce type de contraception d’urgence ne doit pas être associé avec des médicaments pour la tuberculose comme la rifampicine, le VIH tel que le ritonavir ou l’efavirenz, les infections fongiques du type griséofulvine ainsi qu’avec certains produits à base de plantes comme le millepertuis. Pour les personnes qui doivent suivre ces traitements, il est conseillé d’utiliser des contraceptions d’urgence non hormonale. La prise de lévonorgestrel ne doit pas être combinée avec celle de l’EllaOne.
Quand peut-on débuter une contraception hormonale après prise d’une CU ?
Il est indispensable d’avoir un moyen contraceptif après prise d’une CU car celle-ci n’agit que pour le rapport l’ayant justifiée. Une CEP peut être débutée immédiatement après prise de LNG avec utilisation de préservatifs pendant 7 jours, temps nécessaire à l’efficacité d’une CEP lorsqu’elle n’est pas débutée le premier jour du cycle. Les interférences UPA/contraceptifs estroprogestatifs (CEP) sont connues.
Peut-on utiliser une CU en cas d’oublis de CEP ? Il n’existe aucune étude sur l’efficacité des CU lors des oublis de pilules. Ceci est logique car il est impossible de comparer son efficacité au risque théorique de grossesse lié à l’oubli de CEP. Le LNG ne peut pas modifier l’efficacité du CEP mais son efficacité est non prouvée puisque le LNG ou la pilule EP perdent leur capacité à inhiber l’ovulation si le follicule dépasse 14mm. L’UPA peut inhiber l’ovulation jusqu’à une taille folliculaire de 18 mm et peut donc suppléer en partie la perte d’efficacité de la CEP qui n’inhibe plus l’ovulation pour une taille de plus de 14 mm. Cependant, on ne connait pas les interférences CEP et UPA : l’un est-il susceptible de faire perdre de l’efficacité à l’autre ? En cas de prise d’UPA lors d’un oubli de pilule il est, à ce jour, souhaitable : - d’interrompre la prise de CEP 7 jours pour ne pas diminuer l’efficacité de la CU, - de débuter la plaquette de CEP en se protégeant en tout 14 jours avec un préservatif : 7 jours sans CEP et les 7 premiers jours de CEP. Rappelons que pour les oublis uniques, seuls ceux de la première semaine sont à risque si rapport sexuel dans les 5 jours qui précèdent l’oubli.
Effets Secondaires et Précautions
Comme tous les médicaments, EllaOne peut provoquer des effets secondaires, bien que tous ne les ressentent pas. Ces effets sont généralement modérés et disparaissent en 24 heures. Il est donc possible de souffrir de vomissements, de douleurs abdominales basses, de tensions mammaires, de nausées, de maux de ventre, de fatigue, de vertige ou de maux de tête. Sur le cycle menstruel, l’apport en forte quantité de progestatif est susceptible de perturber l’ovulation. De ce fait, en causant un dérèglement du cycle menstruel, il entraîne l’apparition précoce ou le retard des règles. Dans la semaine qui suit sa prise, il est aussi possible d’avoir des règles abondantes ou des saignements comme le spotting. Ces derniers n’ont rien en commun avec les règles puisqu’il s’agit uniquement de petits saignements rosés. Bien que des effets comme ceux-ci se produisent, les règles auront lieu, mais seront en retard. Toutefois, le retard en question ne doit pas dépasser plus de 5 à 7 jours après la date prévue des règles.
Il est important de consulter un médecin si :
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- Vous avez un retard de règles de plus de 5 jours par rapport à la date prévue, ce qui impose un test de grossesse.
- Vous ressentez des douleurs abdominales ou des saignements anormaux autour de la date attendue des règles.
Précautions supplémentaires
Après la prise de la pilule du lendemain, les femmes qui manipulent de gros engins ou qui conduisent doivent prendre quelques heures de repos. Pour les femmes allaitantes, la prise ponctuelle de pilule du lendemain n’est pas contre-indiquée. Toutefois, elle doit prendre en considération l’enfant puisque les actifs de ce médicament pourraient passer à travers le lait maternel.
Alternatives à la Contraception d'Urgence Hormonale
- Dispositif intra-utérin (DIU) au cuivre: La pose d'un stérilet au cuivre peut constituer une forme de contraception d’urgence. Le DIU d’urgence est peu utilisé. Il s’agit de la méthode la plus efficace présentant l’avantage de proposer dans le même temps une contraception pérenne après son utilisation avec un taux d’abandon faible dans l’année qui suit. Plus, elle peut être utilisée jusqu’à 5 jours après le rapport potentiellement fécondant. Il est utilisé après le rapport sexuel, il est donc probable qu’il n’agit pas comme il le fait en contraception classique en rendant les spermatozoïdes inaptes à la fécondation mais en inhibant l’implantation. Sa mise en œuvre n’est pas simple, en particulier en termes de délais : la femme doit en effet consulter un médecin ayant l’habitude de poser un DIU, se le procurer puis revoir le praticien, tout cela en 5 jours maximum. D’autre part, le risque infectieux n’est pas négligeable chez cette femme le plus souvent non connue du médecin poseur.
Accessibilité et Coût
Depuis le 1er janvier 2023, la contraception d'urgence hormonale est gratuite (prise en charge à 100 % sans avance de frais) pour toutes les femmes en âge de procréer, quel que soit le médicament demandé (lévonorgestrel ou ulipristal).
Où et comment l’acheter ?
Cette contraception d’urgence est en vente libre en pharmacie et disponible sans ordonnance. Elle peut être donnée gratuitement dans les structures comme les centres de planification, les SIUMPPS, Centres de santé,… Pour les mineures : elle est délivrée gratuitement en pharmacie, dans certains centres de planification, à l’infirmerie de ton collège/lycée,… Pour les majeures : elle est payante et coûte 17,23 euros. Elle est remboursable à 65% par la Sécurité Sociale, sous présentation d’une ordonnance du médecin. La pilule du lendemain peut être obtenue de manière totalement anonyme. Dans une pharmacie. Vous pouvez obtenir la pilule du lendemain en pharmacie, sans ordonnance. Mais cela est aussi valable dans une infirmerie scolaire de lycée ou collège, sans accord parental et anonymement. La pilule du lendemain (Norlevo et Lévonorgestrel Biogaran) coûte entre 3€ et 10 € en fonction des marques. La pilule du surlendemain à l’ulipristal (EllaOne) coûte 25€. Elle est gratuite pour les mineures. Si vous êtes majeure, elle est remboursée à 65% par la Sécurité Sociale depuis 2010 sur présentation d’une ordonnance, comme la pilule du lendemain.
Importance de la Contraception Régulière
La contraception hormonale d’urgence ne peut être utilisée souvent, car elle perturbe le cycle féminin. Destinée à un usage exceptionnel, elle ne constitue pas une méthode de contraception régulière. En l'absence de pilule contraceptive ou en cas de relation non protégée, le rapport sexuel pourrait se conduire à une grossesse. En effet, la femme oublie parfois de prendre sa contraception ou le préservatif craque pendant une relation sexuelle. Si de tels accidents surviennent, les gynécologues recommandent d’autres moyens de prévention pour éviter que la femme tombe enceinte.
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