Loading...

Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) : Effets Secondaires et Déroulement

L'interruption volontaire de grossesse (IVG), ou avortement, est une procédure médicale permettant de mettre fin à une grossesse non désirée. En France, elle est encadrée par la loi et peut être réalisée selon deux méthodes : médicamenteuse et instrumentale. Cet article vise à informer sur les effets secondaires potentiels de l'IVG, en particulier l'IVG médicamenteuse, ainsi que sur le déroulement général de la procédure.

Cadre Législatif et Accès à l'IVG

En France, l'accès à l'IVG est un droit pour toutes les femmes. La loi a été renforcée en mars 2022 pour étendre le délai légal de l'IVG médicamenteuse en ville. Les établissements publics ne peuvent refuser de pratiquer des IVG et doivent garantir un rendez-vous dans les 5 jours suivant l'appel d'une patiente. Les frais de soins, de surveillance et d'hospitalisation sont intégralement pris en charge par l'assurance maladie, assurant ainsi l'accès à l'IVG pour toutes les femmes, y compris les étrangères.

Démarches Préalables à l'IVG

Avant de procéder à une IVG, plusieurs étapes sont obligatoires :

  1. Deux Consultations Médicales : Ces consultations permettent à la femme d'exprimer sa demande d'IVG et de recevoir des informations claires et précises sur la procédure, les méthodes disponibles (médicamenteuse ou instrumentale), et les choix offerts en matière d'anesthésie. La première consultation peut être réalisée en présentiel ou en téléconsultation, avec l'accord de la femme et si le médecin ou la sage-femme le juge possible.
  2. Entretien Psycho-social : Un entretien d'information, de soutien et d'écoute est proposé systématiquement aux femmes qui souhaitent en bénéficier. Cet entretien est obligatoire pour les mineures non émancipées. Il permet d'aborder les aspects psychologiques et sociaux liés à l'IVG et d'offrir une assistance ou des conseils appropriés. Une attestation de consultation est délivrée à la mineure.
  3. Examens Médicaux : Des examens médicaux sont prescrits selon le cas de chaque femme (échographie, prise de sang, etc.). L'échographie, bien qu'encouragée, n'est pas indispensable, mais elle doit montrer une longueur cranio-caudale (LCC) < 90 mm et/ou un diamètre bipariétal (BIP) < 30 mm (limites d'un âge < 14 SA).
  4. Confirmation Écrite : Après les consultations, si la femme renouvelle sa demande d'interruption de grossesse, elle doit délivrer une confirmation écrite, qui ne peut intervenir qu'après l'expiration d'un délai de 2 jours suivant l'entretien de soutien.

Pour les mineures non émancipées, le médecin doit s'efforcer d'obtenir l'autorisation d'un des deux parents ou du représentant légal. Si le consentement parental n'est pas obtenu, la mineure doit se faire accompagner par une personne majeure de son choix.

Méthodes d'IVG

Il existe deux méthodes principales d'IVG :

Lire aussi: Effets secondaires possibles du Galactogil

  • IVG Médicamenteuse : Elle peut être réalisée jusqu'à 7 semaines de grossesse (9 semaines depuis le début des dernières règles) en ville ou dans un établissement de santé. Elle consiste à prendre deux médicaments différents : la mifépristone et le misoprostol.
  • IVG Instrumentale : Elle est pratiquée obligatoirement dans un établissement de santé (hôpital ou clinique). Elle est généralement proposée après 7 semaines de grossesse.

Le professionnel de santé est là pour guider la femme et l'aider à choisir la méthode qui lui convient le mieux.

IVG Médicamenteuse : Déroulement et Effets Secondaires

L'IVG médicamenteuse se déroule en plusieurs étapes :

  1. Prise de Mifépristone : Ce premier médicament, pris par voie orale, bloque l'action de la progestérone, l'hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Il interrompt la grossesse, provoque des contractions de l'utérus et l'ouverture du col. La mifépristone est remise lors de la deuxième consultation par le professionnel de santé.
  2. Prise de Misoprostol : 36 à 48 heures après la prise de mifépristone, le second médicament, le misoprostol, est pris (généralement par voie orale, buccale ou sublinguale). Ce comprimé provoque des contractions utérines et l'expulsion de l'embryon. La HAS recommande de ne pas administrer le misoprostol par voie vaginale en raison de ses effets secondaires.

Les effets secondaires de l'IVG médicamenteuse peuvent inclure :

  • Douleurs Pelviennes : Des douleurs pelviennes (type règles) sont ressenties et accompagnées de saignements. Les contractions utérines induisent des douleurs ressemblant à celles des règles, plus ou moins fortes en fonction des femmes. Il est reconnu que la douleur augmente avec la parité, l'âge gestationnel et les doses utilisées de prostaglandines.
  • Saignements : Des saignements surviennent généralement dans les 2 à 4 heures suivant la prise de misoprostol. La période de saignement abondant ne doit pas excéder 2 à 4 heures. Les femmes doivent être informées de la possibilité de survenue de saignements abondants après la prise de misoprostol. En cas de saignements très abondants qui ne diminuent pas mais s'intensifient, il est important de contacter le numéro d'urgence fourni par le médecin.
  • Fatigue : Il est tout à fait normal de ressentir de la fatigue après une IVG médicamenteuse.
  • Autres Effets Secondaires : D'autres effets secondaires peuvent survenir, tels que nausées, vertiges, maux de tête, diarrhées et vomissements.

Selon une étude, 27 % des femmes ayant réalisé une IVG médicamenteuse ont ressenti des douleurs très intenses après la prise du second comprimé, 83 % ont pris des antidouleurs et 88 % ont ressenti une grande fatigue.

IVG Instrumentale : Anesthésie et Dilatation du Col

L'IVG instrumentale est pratiquée obligatoirement en établissement de santé. Une anesthésie est nécessaire :

Lire aussi: Calendula en ovules : guide complet

  • Anesthésie Générale : Le plus souvent sans intubation. Une consultation en anesthésie est alors obligatoire.
  • Anesthésie Locale : Anesthésie du col de l'utérus.

Une dilatation du col est parfois nécessaire pour permettre l'introduction de la canule. Elle peut se faire par prise médicamenteuse au préalable et/ou mécaniquement après l'anesthésie grâce à des petits instruments de différents diamètres introduits successivement dans le col de l'utérus pour permettre son ouverture progressive.

Complications Possibles

Bien que l'IVG soit une procédure sûre, des complications peuvent survenir :

  • Hémorragie : La survenue d'une hémorragie lors d'une IVG est un événement très rare (1 % des cas) avec nécessité de transfusion dans 0,1 % des cas. L'hémorragie est plus fréquente en cas d'IVG médicamenteuse que dans les autres techniques. Elle doit alors conduire à une aspiration instrumentale en urgence.
  • Infection : Une infection peut survenir après une IVG.
  • Échec : L'IVG médicamenteuse est efficace à 95 %. Il y a donc un risque d'échec (grossesse évolutive ou avortement incomplet). Il est important de toujours réaliser la visite de contrôle après l'IVG afin de vérifier l'interruption de la grossesse.

La HAS estime que la fréquence des complications de l'IVG à domicile (hémorragies sévères) est comparable à celle des IVG réalisées en milieu hospitalier.

Suivi Post-IVG

Une consultation de contrôle est indispensable pour vérifier que la grossesse est bien interrompue et que la patiente ne présente aucune complication. Cette vérification peut se faire par une prise de sang pour confirmer la baisse du taux de l’hormone de grossesse d’au moins 80 % au bout de 15 jours par rapport au moment où la grossesse a été confirmée. La date du retour des règles est très variable d'une femme à l'autre.

Un soutien psychologique est toujours possible tout au long de la procédure et après.

Lire aussi: Alternatives aux ovules

tags: #effets #secondaire #ivg #cngof

Articles populaires:

Share: