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Échographie médullaire chez le nourrisson : indications, technique et interprétation

Introduction

L’échographie médullaire est un examen d’imagerie médicale précieux pour évaluer la moelle épinière chez les nouveau-nés et les nourrissons. Cette technique non invasive permet de visualiser la morphologie de la moelle épinière, les racines nerveuses et les espaces péri-médullaires. Cet article détaille les indications de cet examen, la technique de réalisation, et les éléments importants pour son interprétation.

Indications de l'échographie médullaire

L’échographie médullaire est principalement indiquée dans les situations suivantes :

  • Anomalies cutanées sacro-coccygiennes : La présence d’une fossette sacro-coccygienne atypique est l'indication la plus fréquente. Une fossette est considérée comme atypique si elle présente une dépression médiane de plus de 5 mm, si elle est située à plus de 25 mm de l’anus, ou si elle est associée à d’autres anomalies cutanées comme une touffe de poils, un angiome ou un pertuis cutané. Ces anomalies peuvent être des signes indirects de malformations de la moelle épinière.
  • Malformations des pieds : Dans certains cas, l'échographie médullaire peut être envisagée si le bébé présente des malformations des pieds.
  • Problèmes de contrôle des sphincters : Si un nourrisson présente des difficultés à contrôler ses sphincters, l'échographie médullaire peut être utilisée pour rechercher des anomalies de la moelle épinière qui pourraient affecter la fonction nerveuse.
  • Dépistage des anomalies médullaires congénitales : L'échographie médullaire est utilisée pour le dépistage des anomalies médullaires congénitales et en particulier des dysraphismes occultes.

Période idéale pour la réalisation de l'examen

L’échographie médullaire doit être réalisée idéalement dans le premier mois de vie, et au plus tard dans les trois premiers mois après la naissance. La raison de cette fenêtre temporelle est liée à l'ossification progressive des arcs postérieurs des vertèbres. Avant l'âge de trois mois, le développement osseux et ligamentaire du rachis n'interfère pas avec le champ de vision. Au-delà de cet âge, l’ossification rend la visualisation échographique plus difficile, et l’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) devient la méthode d’imagerie de choix pour étudier la moelle épinière.

Technique de l'examen

L’échographie médullaire est un examen simple et rapide qui ne nécessite aucune préparation particulière. Voici les étapes principales de la procédure :

  1. Installation du bébé : L’enfant est placé sur le ventre ou sur le côté, en position fœtale, sur la table d’examen. Cette position permet d’optimiser l’accès à la région sacro-coccygienne.
  2. Application du gel : Un gel échographique est appliqué sur la peau du bébé dans la région à examiner. Ce gel améliore le contact entre la sonde et la peau, et facilite la transmission des ultrasons.
  3. Acquisition des images : Une sonde linéaire de haute fréquence est utilisée pour obtenir des images précises de la moelle épinière et des structures environnantes. La haute fréquence de la sonde permet une meilleure résolution des images.
  4. Analyse des structures : L’examen débute par l’étude du cône médullaire, qui est l’extrémité inférieure de la moelle épinière. Ensuite, les racines nerveuses de la queue de cheval sont examinées. L’échographie permet de visualiser la morphologie et la position du cône terminal, du filum terminal (la corde d’amarrage du cône terminal), des racines de la queue de cheval et des espaces périmédullaires.

L’examen dure environ dix minutes et est généralement bien toléré par les nourrissons, surtout si l’examen est réalisé pendant la période post-prandiale lorsque le bébé est calme ou endormi.

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Interprétation des résultats

L’interprétation des images échographiques nécessite une connaissance approfondie de l’anatomie de la moelle épinière et de ses variations normales. Voici les éléments clés à évaluer lors de l’interprétation :

  • Position du cône médullaire : Le cône médullaire doit normalement se situer au-dessus du niveau du disque L2-L3, et jusqu’au plateau supérieur de L3. Une position anormalement basse du cône médullaire peut indiquer une anomalie de fixation de la moelle (moelle attachée basse).
  • Aspect du filum terminal : Le filum terminal est un fin filament qui prolonge la moelle épinière jusqu’au coccyx. Il doit apparaître fin et non épaissi. Un filum terminal épaissi peut être le signe d’un lipome du filum terminale.
  • Mobilité des racines de la queue de cheval : Les racines nerveuses de la queue de cheval doivent être mobiles et libres de toute compression.
  • Absence de masse échogène : Il ne doit pas y avoir de masse anormale dans le cul-de-sac dural (l’extrémité inférieure du sac dural qui contient la moelle épinière et les racines nerveuses).

Variantes de la normale

Il existe des variantes anatomiques normales qui peuvent être observées à l’échographie médullaire et qui ne nécessitent pas d’investigations complémentaires. Les principales variantes de la normale sont :

  • Ventricule terminal : Il s’agit d’une petite cavité kystique située à l’extrémité inférieure de la moelle épinière.
  • Dilatation transitoire du canal épendymaire : Le canal épendymaire est un canal central qui traverse toute la longueur de la moelle épinière. Une dilatation transitoire de ce canal peut être observée chez certains nourrissons.

La découverte d’une variante de la normale à l’échographie ne justifie en aucun cas la réalisation d’une IRM médullaire.

Pathologies détectables

L’échographie médullaire permet de détecter diverses malformations congénitales de la moelle épinière, notamment :

  • Myéloméningocèle : C’est une malformation grave caractérisée par une absence de fermeture du tube neural, entraînant une exposition de la moelle épinière et des méninges à la surface de la peau.
  • Lipomyéloméningocèle : Il s’agit d’une malformation similaire à la myéloméningocèle, mais associée à la présence d’un lipome (tumeur graisseuse) qui adhère à la moelle épinière.
  • Moelle attachée basse : Dans cette condition, la moelle épinière est anormalement fixée au niveau du coccyx, ce qui limite sa mobilité et peut entraîner des problèmes neurologiques.
  • Lipome du filum terminale : C’est une tumeur graisseuse bénigne qui se développe au niveau du filum terminal.

Intérêt de l'échographie médullaire par rapport à l'IRM

L’échographie médullaire présente plusieurs avantages par rapport à l’IRM pour l’exploration de la moelle épinière chez le nourrisson :

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  • Non irradiante : L’échographie n’utilise pas de rayonnements ionisants, ce qui la rend particulièrement adaptée aux nourrissons et aux jeunes enfants.
  • Non invasive : L’examen est indolore et ne nécessite aucune injection.
  • Facilement accessible : L’échographie est une technique largement disponible et peu coûteuse.
  • Rapide : L’examen dure environ dix minutes, ce qui est particulièrement important chez les nourrissons qui ont du mal à rester immobiles pendant de longues périodes.

Cependant, l’échographie a aussi des limitations. Sa capacité à visualiser les structures profondes est limitée par l’ossification des vertèbres après l’âge de trois mois. Dans ces cas, l’IRM est plus appropriée car elle offre une meilleure résolution et une meilleure visualisation des structures de la moelle épinière.

Rôle de la radioprotection en pédiatrie

En imagerie pédiatrique, il est essentiel d'appliquer rigoureusement les principes de base de la radioprotection, à savoir la justification et l'optimisation des examens. La radiosensibilité des enfants est plus grande que celle des adultes, car leurs cellules en croissance rapide sont plus sensibles aux rayonnements. Il est donc crucial de n'effectuer un examen utilisant des rayonnements ionisants que s'il est absolument nécessaire et qu'il n'existe pas d'alternative non irradiante.

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