L'accouchement est un processus naturel, mais il arrive que, pour des raisons médicales ou personnelles, il soit nécessaire de le déclencher artificiellement. Cet article explore les causes du déclenchement de l'accouchement, les méthodes utilisées et les risques potentiels.
Raisons médicales du déclenchement de l'accouchement
Plusieurs situations médicales peuvent justifier le déclenchement de l'accouchement :
Dépassement de terme : Il est envisagé au-delà de 41 semaines d’aménorrhées et 6 jours, lorsque la maman dépasse le terme de sa grossesse. En effet, en fin de grossesse, le placenta vieillit et ne peut plus remplir tous ses rôles d’échange. Une grossesse prolongée (dépassement de terme au-delà de 41 semaines), qui peut constituer dans quelques cas un risque pour l’enfant. C’est pour cette raison que, si vous n’avez pas accouché à la date prévue du terme, on vous a proposé une surveillance régulière et éventuellement un déclenchement.
Rupture prématurée des membranes : Dans le cas d’une rupture prématurée des eaux et si le travail n’a pas commencé dans les 12 à 18h qui suivent, il existe un risque d’infection. Ce qui peut pousser à déclencher l’accouchement. La rupture prématurée de la poche des eaux avant le début du travail peut parfois entraîner une infection chez l’enfant. Dans 80% des cas, l’accouchement se déclenche tout seul dans les 48 heures.
Souffrance fœtale : La souffrance fœtale n'est pas comme son nom le laisse croire une douleur du fœtus mais un manque d'oxygénation (ou hypoxie). du rythme cardiaque mènera à une suspicion de souffrance fœtale. contractions, c'est un signe évocateur d'une souffrance fœtale. La mesure du PH au scalp : on prélève une goutte de sang sur la tête du fœtus, et on mesure son acidité.
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Décollement placentaire : Egalement appelé DPNI, Décollement du Placenta Normalement Inséré. En fin de grossesse, ou en cours de travail, le placenta se décolle de la paroi de l'utérus et le fœtus ne peut plus être oxygéné normalement. d'une hémorrragie massive. Dans la majorité des cas, l'hématome rétro placentaire survient de manière imprévisible. Il existe différents degrés de gravité, du décollement partiel au décollement total. qui nécéssite de faire naître l'enfant immédiatement, le plus souvent par césarienne.
Pathologies maternelles : La perfusion peut-être administrée dans le cadre d’une urgence maternelle ou fœtale. « Par exemple, si la patiente a une maladie liée à la grossesse comme une pré-éclampsie sévère ou si le bébé présente des anomalies au niveau du cœur », explique la gynécologue-obstétricienne.
Antécédent d’accouchement rapide : Un antécédent d’accouchement rapide (< 2 heures) peut être une indication de déclenchement du travail à partir de 39 SA si le col est favorable.
Déclenchement de convenance
L’accouchement peut aussi être déclenché pour des raisons d’organisation ou de convenance. Cette rapide augmentation résulte de la multiplication des déclenchements dits « de convenance » soit à la demande des patientes, soit pour faciliter la vie de l’obstétricien ou du service de maternité. Une femme enceinte, lors d'une grossesse normale, peut également demander un déclenchement de convenance avant son terme (41 semaines). Si vous avez demandé un déclenchement de convenance, vous pouvez changer d’avis tant que le déclenchement n’est pas commencé.
Méthodes de déclenchement de l'accouchement
Plusieurs méthodes peuvent être utilisées pour déclencher l'accouchement, en fonction de l'état du col de l'utérus et des facteurs de risque de la patiente :
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Perfusion d'ocytocine : La perfusion d’ocytocine par voie intraveineuse, ou d’ocytocine qui est l’hormone de synthèse. Cette hormone permet ainsi d’augmenter les contractions et de provoquer la dilatation du col. La perfusion contient une hormone artificielle appelée ocytocine. Elle a pour mission de donner des contractions utérines et favoriser l'accouchement. « Cette hormone est naturellement produite chez la femme enceinte durant la phase de travail. En fin de grossesse en effet, la production d’ocytocine augmente considérablement. Ce processus physiologique permet non seulement l’initiation du travail, mais aussi une meilleure expulsion de la totalité du placenta au moment de l'accouchement. La perfusion est mise en place lorsque le col de l'utérus est dit favorable : c’est-à-dire ouvert au minimum à 6 selon le score de Bishop. Ce mode de calcul clinique permet d’évaluer l’état du col utérin. Plus ce score est élevé, plus les chances de déclencher le travail sont importantes. Toutefois, comme le rappelle le Dr Emmanuelle Cohen, la perfusion n’est pas une procédure médicale obligatoire pour toutes les femmes. « Si les futures mamans sont en travail spontané, il n’y a pas besoin de perfusion d'ocytocine. La dose maximum recommandée d’ocytocine est de 20 milli-unités par minute. Chez les grandes multipares (≥ 5 accouchements antérieurs), le déclenchement du travail par l’ocytocine peut être associé à une augmentation du risque de rupture utérine.
Décollement des membranes : Le décollement des membranes du segment inférieur de l’utérus qui entraîne des contractions et le travail. On procède manuellement au décollement des membranes fœtales du col de l'utérus. C'est un peu douloureux et il peut y avoir des petits saignements, mais ne vous inquiétez pas, c'est normal.
Rupture artificielle des membranes : Lorsque le col de l'utérus est bien ouvert, on procède à la rupture de la poche des eaux. La tête du bébé appuie alors bien sur le col et s'infiltre pour sortir. Mais la phase de dilatation est souvent très longue.
Prostaglandines : Pour déclencher le travail, on dispose de deux méthodes, l’administration intravaginale d’un gel de prostaglandines et la perfusion intraveineuse d’ocytocine associée à une rupture de la poche des eaux. Ces deux méthodes peuvent être employées seules ou successivement. Lorsqu’il y a une indication médicale pour provoquer un accouchement, le déclenchement peut être envisagé quel que soit l’état du col. Si le col est fermé, on fera une application de prostaglandines par voie vaginale.
Le tampon de prostaglandines : c’est un insert de petite taille, ressemblant à une bandelette, que le médecin ou la sage-femme place au fond du vagin pendant 24 heures maximum. Il contient des prostaglandines. Des hormones qui aident le muscle utérin à se contracter.
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La prise de misoprostol par voie orale : comme les options précédentes, le misoprostol contient de la prostaglandine. Il favorise donc un relâchement du col utérin.
L’utilisation des prostaglandines E2 est préférable à l’utilisation de l’ocytocine pour le déclenchement du travail quand le col est immature. En cas de déclenchement par les prostaglandines E2 en application vaginale, un monitorage fœtal continu doit être réalisé pendant au moins 2 heures.
Sonde de Foley (ballonnet) : sur conditions défavorables (col non mûr). gonflable (sonde de Foley) ou de prostaglandines qu'on place dans le vagin. La technique du ballonnet consiste à introduire une sonde souple en caoutchouc dans le col de l'utérus. Une fois la sonde en place, un petit ballonnet est progressivement gonflé avec de l'eau. Le ballonnet permet d'ouvrir le col et de décoller les membranes. Lorsque la dilatation du col aura atteint environ 3 cm, le ballonnet tombe généralement tout seul. Le placement du ballonnet par exemple, peut être désagréable et entraîner quelques crampes dans le bas du ventre qui s’atténuent par la suite. L’utilisation de la sonde de Foley n’est pas recommandée en routine dans le déclenchement artificiel du travail.
Déroulement d'un accouchement déclenché
La future maman arrive à la maternité soit la veille au soir, soit de bonne heure le matin même du déclenchement de l'accouchement. On le fait s'installer dans une chambre et une sage-femme s'assure des derniers préparatifs. Elle vérifie qu'elle a bien eu une consultation avec un.e anesthésiste et que tous les examens nécessaires ont été pratiqués.
Le lendemain, la femme enceinte est conduite en salle de pré-travail. Le médecin ou la sage-femme fera un toucher vaginal afin d'apprécier l'état du col : ramolli, fermé, ouvert, consistant… On appelle cela le "score de Bishop". Dans le cas où votre col n'est pas favorable (tonique et fermé), la sage-femme ou le médecin vous applique, dans un premier temps, au niveau du vagin, un gel contenant des prostaglandines. Quelques heures après, il ou elle vous pose une perfusion en intraveineuse d'ocytocine, substance présente lorsque l'accouchement est spontané.
Lorsque le col de l'utérus est bien ouvert, on procède à la rupture de la poche des eaux. La tête du bébé appuie alors bien sur le col et s'infiltre pour sortir. Mais la phase de dilatation est souvent très longue.
Lorsque l'on déclenche l'accouchement, ce qui change par rapport à un accouchement spontané, c'est la phase de dilatation. Les contractions utérines permettent au bébé de franchir le col de l'utérus et de laisser apparaître sa tête. Vous êtes sûrement très fatiguée, mais on vous demandera de pousser. Ce sera grâce à vos efforts que votre bébé naîtra. Inspirez, bloquez, poussez et détendez-vous entre chaque contraction pour reprendre des forces. Quant à la délivrance, elle se situe 20 minutes après la naissance. Il s'agit de s'aider des contractions utérines encore présentes pour expulser le placenta en exerçant une pression sur le fond utérin.
En fonction du type de déclenchement choisi, l'accouchement peut se produire dans un laps de temps qui va de quelques heures à 72 heures. En moyenne, la durée d'un déclenchement est de 48 heures.
Risques et complications possibles
Bien que certains parents souhaitent choisir la date d’accouchement, il faut savoir que cela n’est pas sans risque pour la maman et pour le bébé.
Risque d'infection : En cas de rupture prématurée des membranes confirmée, la décision est prise en fonction du risque infectieux qui augmente avec la durée de rupture.
Échec du déclenchement : Le déclenchement aux prostaglandines a un risque d'échec plus important, puisque la maturation peut échouer. Comme toutes les méthodes médicales néanmoins, il y a un risque que cela ne marche pas. On parle alors d’échec du déclenchement. Avant de recourir à la césarienne, le médecin ou la sage-femme peut mettre en place des techniques qui aident à l'ouverture du col de l'utérus : un changement de position, de l’acupuncture ou un massage du col par exemple.
Césarienne : d'aboutir à une césarienne. césarienne est prise. Dans l’accouchement déclenché, comme dans l’accouchement spontané, il peut se produire des contractions excessives de l’utérus ou un arrêt de la dilatation du col qui nécessite une césarienne.
Rupture utérine : la poche des eaux a été rompue, il se peut, si la maman se tient debout, que le cordon ombilical tombe dans le vagin. obstétricale, car lorsque la tête du bébé appuiera sur le cordon, il ne pourra plus laisser passer le sang et l'oxygène. Si la rupture est importante, ou si votre bébé n'est pas juste sur le point de naître, la rupture utérine est une indication de césarienne en urgence. Un déclenchement artificiel du travail, pour une indication maternelle oufœtale, peut s’avérer nécessaire chez une femme ayant un utérus cicatriciel. Le déclenchement artificiel du travail reste une option raisonnable, mais le risque potentiel de rupture utérine qui y est associé doit être discuté avec la patiente. Chez les grandes multipares (≥ 5 accouchements antérieurs), le déclenchement du travail par l’ocytocine peut être associé à une augmentation du risque de rupture utérine.
Contractions excessives : "Dans l’accouchement déclenché, comme dans l’accouchement spontané, il peut se produire des contractions excessives de l’utérus ou un arrêt de la dilatation du col qui nécessite une césarienne. "Généralement, des contractions de forte intensité qui peuvent être plus douloureuses qu’un début de travail spontané", rapporte la HAS. Néanmoins, la prise de ce médicament peut, dans de très rares cas, engendrer des contractions utérines trop longues ou trop fréquentes.
Autres risques : Le déclenchement provoqué double le risque d’embolie amniotique (troisième cause de mort maternelle). Il double le risque de césarienne dont on connaît déjà les nombreux méfaits sanitaires pour la mère et l’enfant.
Alternatives naturelles pour stimuler le travail
Il existe des méthodes médicamenteuses pour induire le travail, mais chaque femme peut stimuler la dilatation du col de l'utérus de façon naturelle : méthode vieille comme le monde, le simple fait de bouger, de s'activer en douceur aide à accélérer la dilatation en augmentant le débit sanguin. Il est également possible d'utiliser une balle, de se détendre, de rire… Contrairement à ce qui a été longtemps dit, faire l'amour juste avant le terme de la grossesse n'augmenterait pas de façon significative les chances de l'apparition spontanée du travail chez les femmes enceintes.
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