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CellCept en Pédiatrie : Dosage et Effets Secondaires

CellCept, dont le principe actif est le mycophénolate mofétil, est un immunosuppresseur utilisé pour prévenir le rejet d'organes après une transplantation. Cet article aborde spécifiquement son utilisation en pédiatrie, en mettant l'accent sur le dosage et les effets secondaires potentiels.

Formes et Administration de CellCept

CellCept est disponible sous plusieurs formes : gélules, comprimés, poudre pour suspension buvable et poudre pour solution à diluer pour perfusion. La solution pour perfusion ne doit jamais être administrée par injection intraveineuse rapide ou bolus intraveineux. La forme pour perfusion est une alternative aux formes orales, administrable pendant 14 jours maximum.

Dosage de CellCept en Pédiatrie

Recommandations Générales

La dose d’initiation recommandée de mycophénolate mofétil pour les patients pédiatriques transplantés rénaux, cardiaques et hépatiques est de 600 mg/m2 (de surface corporelle) administrée par voie orale deux fois par jour. La dose d’initiation quotidienne totale ne doit pas excéder 2 g ou 10 mL de suspension buvable. La dose et la forme pharmaceutique doivent être individualisées sur la base de l’évaluation clinique.Si la dose d’initiation recommandée est bien tolérée mais ne permet pas d’atteindre une immunosuppression cliniquement adéquate chez les patients pédiatriques transplantés cardiaques et hépatiques, la dose peut être augmentée à 900 mg/m2 de surface corporelle deux fois par jour (dose maximale quotidienne totale de 3 g). La dose de maintenance recommandée pour les patients pédiatriques transplantés rénaux reste 600 mg/m2 administrée deux fois par jour (dose maximale quotidienne totale de 2 g ou 10 mL de suspension buvable).

Adaptation selon la Surface Corporelle

Le mycophénolate mofétil poudre pour suspension buvable doit être utilisé chez les patients qui n’ont pas la capacité d’avaler des gélules ou comprimés et/ou qui ont une surface corporelle inférieure à 1,25 m2 en raison du risque accru d’étouffement. Lorsque la surface corporelle est comprise entre 1,25 et 1,5 m2, la posologie du mycophénolate mofétil en gélules est de 750 mg deux fois par jour (dose quotidienne de 1,5 g). Lorsque la surface corporelle est supérieure à 1,5 m2, la posologie de mycophénolate mofétil en gélules ou comprimés est de 1 g deux fois par jour (dose quotidienne de 2 g).

Transplantation Hépatique

Chez le transplanté hépatique, la dose recommandée de mycophénolate mofétil pour perfusion est de 1 g administrée deux fois par jour (dose quotidienne de 2 g). Le mycophénolate mofétil pour perfusion doit être administré pendant les 4 premiers jours suivant la transplantation hépatique avec un relais par mycophénolate mofétil par voie orale dès qu'il peut être toléré.

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Insuffisance Rénale

Chez les transplantés rénaux atteints d'insuffisance rénale chronique sévère (débit de filtration glomérulaire < 25 mL/min/1,73 m2), il convient d'éviter d'administrer des doses supérieures à 1 g deux fois par jour, en dehors de la période immédiatement postérieure à la greffe. Ces patients doivent en outre faire l'objet d'une surveillance attentive. Chez les patients présentant un retard à la reprise de fonction du greffon rénal, il n'est pas nécessaire d'adapter la dose.

Effets Secondaires Potentiels

Le traitement immunosuppresseur, incluant CellCept, peut entraîner divers effets secondaires.

Risque Accru d'Infections et de Tumeurs

Les patients recevant un traitement immunosuppresseur comportant plusieurs médicaments en association, dont CellCept, sont exposés à un risque accru de lymphomes et d'autres tumeurs malignes, notamment cutanées. Le risque semble plus lié à l'intensité et à la durée de l'immunosuppression plutôt qu'à l'utilisation d'un produit donné.

Les immunosuppresseurs, dont CellCept, augmentent le risque d’infections opportunistes (bactériennes, fongiques, virales et protozoaires), d’infections mortelles et de sepsis. Ces infections incluent des réactivations virales latentes, comme l'hépatite B ou C, et des infections causées par des polyomavirus (néphropathie associée au virus BK, leucoencéphalopathie multifocale progressive (LEMP) associée au virus JC). Des cas d’hépatites dues à une réactivation d’hépatite B ou C ont été rapportés chez des patients porteurs traités par immunosuppresseurs.

Effets Hématologiques

Une neutropénie peut survenir et doit être surveillée régulièrement. Chez les patients traités par CellCept, la numération globulaire doit être contrôlée chaque semaine pendant le premier mois de traitement, deux fois par mois au cours du deuxième et troisième mois, puis une fois par mois pendant le reste de la première année. Si une neutropénie apparaît (taux de neutrophiles <1,3 x 103/µL), il peut être approprié de suspendre ou d'interrompre le traitement. Des cas d'érythroblastopénie ont également été rapportés.

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Effets Gastro-Intestinaux

Le mycophénolate mofétil a entraîné une augmentation de la fréquence des effets indésirables digestifs, incluant de rares cas d'ulcération gastro‑intestinale, d'hémorragie ou de perforation.

Autres Effets Secondaires

D'autres effets secondaires incluent :

  • Des cas d’hypogammaglobulinémie associés à des infections récurrentes.
  • Des cas de bronchectasie.
  • Des cas isolés de pneumopathie interstitielle et de fibrose pulmonaire.

Liste des effets indésirables par systèmes et fréquences

Anomalies des examens de laboratoire

  • Très fréquent: hypocalcémie, hypokaliémie, hyperuricémie, hypophosphatémie, hypomagnésémie, hyperbilirubinémie, hyperkaliémie, créatininémie (augmentation), hyperglycémie, urémie (augmentation), LDH (augmentation), hypercholestérolémie, enzymes hépatiques (augmentation), leucocytose.
  • Fréquent: hyperlipidémie, bilan hépatique (anomalie), phosphatases alcalines (augmentation).
  • Peu fréquent: neutropénie.
  • Fréquence inconnue: hypogammaglobulinémie.

Cancérologie

  • Fréquent: cancer de la peau, cancer.
  • Peu fréquent: épithélioma basocellulaire, sarcome de Kaposi, lymphome, épithélioma spinocellulaire.

Dermatologie

  • Très fréquent: acné, éruption cutanée, hypertrophie cutanée.
  • Fréquent: alopécie, tumeur bénigne de la peau, prurit.
  • Peu fréquent: papillome cutané.

Divers

  • Très fréquent: hernie, frisson, asthénie, douleur, œdème, fièvre.
  • Fréquent: syndrome pseudogrippal, œdème périphérique, fatigue.
  • Peu fréquent: œdème des membres inférieurs, faiblesse, syndrome inflammatoire aigu associé aux inhibiteurs de la synthèse de novo des purines, œdème de la face.

Gynécologie, obstétrique

  • Fréquence inconnue: avortement spontané.

Hématologie

  • Très fréquent: anémie, leucopénie, thrombocytopénie, ecchymose.
  • Fréquent: pseudolymphome, pancytopénie.
  • Peu fréquent: insuffisance de la moelle osseuse, syndrome lymphoprolifératif, lymphopénie, contusion, lymphadénopathie, érythroblastopénie.
  • Cas isolés: neutrophiles de morphologie anormale.
  • Fréquence inconnue: cytopénie, agranulocytose, neutrophiles avec l'anomalie de Pelger-Huët, aplasie médullaire.

Hépatologie

  • Très fréquent: hépatite.
  • Fréquent: ictère.

Immuno-allergologie

  • Fréquent: hypersensibilité.
  • Fréquence inconnue: angioedème, réaction anaphylactique.

Infectiologie d'origine bactérienne

  • Très fréquent: infection bactérienne.
  • Fréquence inconnue: tuberculose, infection à mycobactérie atypique.

Infectiologie d'origine fongique

  • Très fréquent: candidose cutanéomuqueuse, mycose.
  • Fréquent: candidose respiratoire, candidose vaginale, candidose digestive.

Infectiologie d'origine virale

  • Très fréquent: herpès, infection virale, zona.
  • Fréquence inconnue: infection à cytomégalovirus, virémie, infection virale (réactivation), gastrite à cytomégalovirus.

Infectiologie non précisée

  • Très fréquent: infection.
  • Fréquent: péritonite.
  • Peu fréquent: sepsis, infection de la plaie.

Néonatologie

  • Fréquence inconnue: malformation congénitale.

Nutrition, métabolisme

  • Très fréquent: goutte, appétit diminué.
  • Fréquent: poids (diminution).
  • Peu fréquent: diabète, anorexie.
  • Fréquence inconnue: acidose.

Ophtalmologie

  • Peu fréquent: vision floue, conjonctivite.

ORL, stomatologie

  • Fréquent: dysgueusie, sinusite, stomatite, hyperplasie gingivale, pharyngite, sensation de vertige, rhinite.
  • Peu fréquent: coloration de la langue, sécheresse buccale, ulcère labial, obstruction du canal de Sténon.
  • Fréquence inconnue: vertige, ulcération buccale.

Parasitologie

  • Peu fréquent: infection protozoaire.

Psychiatrie

  • Très fréquent: dépression, insomnie, agitation, anxiété, confusion mentale.
  • Fréquent: pensée anormale.
  • Peu fréquent: délire, rêves anormaux.
  • Fréquence inconnue: trouble psychique.

Système cardiovasculaire

  • Très fréquent: tachycardie, vasodilatation, hypertension artérielle, hypotension artérielle.
  • Fréquent: thrombophlébite, malaise.
  • Peu fréquent: extrasystole ventriculaire, lymphocèle.
  • Fréquence inconnue: endocardite.

Système digestif

  • Très fréquent: nausée, vomissement, dyspepsie, constipation, diarrhée, douleur abdominale, flatulence, distension abdominale.
  • Fréquent: éructation, gastrite, œsophagite, hémorragie digestive, colite, iléus, pancréatite, ulcère gastro-intestinal.
  • Peu fréquent: subocclusion, soif, abdomen sensible, reflux gastro-œsophagien, ulcère gastroduodénal, halitose.
  • Fréquence inconnue: gastrite hémorragique, méléna, colite hémorragique, hématémèse, atrophie villositaire intestinale, perforation intestinale, ulcère œsophagien.

Système musculo-squelettique

  • Très fréquent: faiblesse musculaire, douleur articulaire.
  • Fréquent: douleur musculaire.
  • Peu fréquent: arthrite, ostéomyélite, crampe, dorsalgie.
  • Fréquence inconnue: douleur dans le cou, douleur musculo-squelettique.

Système nerveux

  • Très fréquent: tremblement, paresthésie, céphalée, hypertonie, somnolence.
  • Fréquent: syndrome myasthénique, convulsions.
  • Fréquence inconnue: leucoencéphalopathie multifocale progressive, méningite.

Système respiratoire

  • Très fréquent: dyspnée, épanchement pleural, toux.
  • Fréquent: infection des voies respiratoires supérieures, pneumonie, bronchite.
  • Peu fréquent: œdème pulmonaire, congestion pulmonaire, sifflement respiratoire, fibrose pulmonaire, bronchectasie, pneumopathie interstitielle.

Urologie, néphrologie

  • Très fréquent: hématurie, atteinte de la fonction rénale.
  • Peu fréquent: nécrose tubulaire aiguë, impuissance, sténose urétrale.
  • Fréquence inconnue: œdème du scrotum, néphropathie à BK virus.

Contre-indications et Précautions

Hypersensibilité

CellCept est contre-indiqué chez les patients présentant une hypersensibilité au mycophénolate mofétil, à l'acide mycophénolique ou à l’un des excipients.

Grossesse et Contraception

Le mycophénolate est un tératogène majeur. Il est contre-indiqué pendant la grossesse sauf en l’absence d’alternative thérapeutique appropriée pour prévenir un rejet de greffe. Les patientes en âge de procréer doivent être averties des risques et suivre les recommandations relatives à la contraception avant, pendant et après le traitement. Les femmes en âge de procréer doivent utiliser des méthodes de contraception efficaces avant de commencer le traitement, durant le traitement et 6 mois après l’arrêt du traitement, à moins que l’abstinence ne soit la méthode de contraception choisie.

Manipulation et Contact

Le mycophénolate mofétil ayant montré des effets tératogènes chez le rat et le lapin, éviter le contact direct de la poudre ou des solutions reconstituées avec la peau ou les muqueuses. Si un tel contact a lieu, laver abondamment avec de l’eau et du savon ; rincer les yeux à l’eau claire.

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Interactions Médicamenteuses

Plusieurs médicaments peuvent interagir avec le mycophénolate mofétil, modifiant son efficacité ou augmentant le risque d'effets secondaires.

  • Aciclovir: Augmentation des concentrations plasmatiques d'aciclovir.
  • Antiacides et IPP: Diminution de l’exposition à l’acide mycophénolique (MPA).
  • Cholestyramine: Diminution de l'ASC du MPA.
  • Ciclosporine A: Aucune modification de la pharmacocinétique de la ciclosporine A par le mycophénolate mofétil n'a été observée. Par contre, en cas d’arrêt d’un traitement concomitant par la ciclosporine, une augmentation d’environ 30 % de l’ASC du MPA doit être attendue.
  • Antibiotiques: Diminution de l’exposition systémique du MPA.
  • Telmisartan: Diminution des concentrations de MPA d’environ 30 %.
  • Ganciclovir: Augmentations des taux sanguins de MPAG et de ganciclovir.
  • Rifampicine: Diminution de l'exposition au MPA.
  • Sévélamer: Diminution de la Cmax et de l'ASC0-12h du MPA. Il est recommandé d'administrer le mycophénolate mofétil au moins une heure avant ou trois heures après la prise de sévélamer.
  • Tacrolimus: Augmentation d'environ 20 % de l'ASC du tacrolimus.
  • Vaccins vivants: Les vaccins vivants ne doivent pas être administrés à des patients ayant une réponse immunitaire altérée.

Surveillance

Une surveillance médicale étroite est nécessaire pendant le traitement par CellCept, incluant des contrôles réguliers de la numération globulaire et des tests de grossesse pour les femmes en âge de procréer.

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