La médecine de la reproduction offre différentes alternatives pour de nouveaux modèles familiaux. Parmi ces alternatives, le don d'ovules au Québec est un sujet d'intérêt croissant. Cet article explore les conditions, le processus et les implications de cette pratique dans le contexte québécois et canadien.
Diversité des Familles et Méthode ROPA
Aujourd'hui, nous sommes confrontés à la diversité des familles. La médecine de la reproduction offre différentes alternatives pour de nouveaux modèles familiaux, dont la méthode ROPA. La méthode ROPA permet aux couples de partager la maternité dès le début. L’une fournit les ovocytes, qui sont inséminés avec le sperme d’un donneur anonyme, et l’autre reçoit les embryons et les met en gestation. La reproduction sexuée nécessite l’interaction de deux cellules germinales : une femelle et un mâle, à l’intérieur d’organes génitaux féminins.
Selon la législation espagnole actuelle, « les femmes peuvent utiliser les techniques réglementées par cette loi indépendamment de leur état civil et de leur orientation sexuelle ». Depuis 2007, la Loi espagnole autorise l’enregistrement de la double maternité dans le registre civil, de sorte que les enfants nés d’un traitement ROPA en Espagne, entre un couple de femmes mariées, seront des enfants de deux mères à des fins juridiques, tant que les deux femmes sont mariées. Actuellement, bien qu’il s’agisse d’une technique non prévue par la loi, il est possible d’accéder à la technique ROPA ou réception d’ovocytes d’un couple, qui permet à deux femmes membres d’un mariage ou d’une union libre de participer au traitement et à la grossesse. Il y a une mère génétique et une mère gestationnelle après que les deux ont donné leur consentement.
La méthode ROPA n’est rien d’autre qu’un traitement conventionnel de fécondation in vitro (FIV) effectué par des professionnels qualifiés dans un centre de procréation assistée et adapté aux besoins reproductifs des femmes lesbiennes. À partir de ce moment, les embryons commenceront à se développer et seront transférés entre le 5e et le 6e jour de développement. Tout traitement de procréation assistée (fécondation in vitro, embryo adoption ou fécondation par la méthode ROPA) a un impact émotionnel.
Cadre Légal Canadien et Québécois
Le Canada se démarque franchement comme l’un des pays les plus progressistes au monde en matière de reproduction assistée et de diversité familiale. Les donneurs peuvent choisir de rester anonymes ou non. Mais malgré ces avancées, le paysage juridique canadien reste assez complexe selon la province. Les droits parentaux varient donc selon la province. Les traitements de procréation médicalement assistée doivent respecter le principe de non-discrimination. L’insémination artisanale n’est pas expressément interdite par la loi fédérale.
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Au Québec, les règles de filiation sanguine s’appliquent généralement. Cette flexibilité distingue vraiment le Canada d’autres pays plus stricts. La loi interdit formellement tout paiement pour les dons de gamètes. Seuls les dons altruistes sont autorisés. Le but ? Préserver l’éthique du don de sperme et éviter de transformer le corps humain en marchandise. La Loi sur la procréation assistée de 2004 pose ce cadre strict.
Au Canada, la gestation pour autrui est légale tant qu’il n’y a pas de compensation financière. L’encadrement juridique change beaucoup d’une province à l’autre. Exception au Québec : Là-bas, tous les contrats de maternité de substitution sont considérés comme invalides.
Spécificités Québécoises
Au Québec : L’absence de reconnaissance des accords de mère porteuse complique la filiation. Chaque province gère ses propres procédures d’adoption. Les règlements changent d’une région à l’autre. Certaines provinces imposent un âge minimum différent. Le Québec reconnaît officiellement l’adoption par les couples de même sexe. Les accords avec des mères porteuses ne reçoivent aucune reconnaissance légale au Québec. Cette démarche nécessite une décision du tribunal.
Le Processus de Don d'Ovules
Le processus de sélection du donneur de sperme le plus approprié est très rigoureux. Il répond à la grande responsabilité que nous assumons face à la confiance que nous accordent nos patients. C’est pourquoi, dans le cadre du don de sperme, nous effectuons des tests qui vont au-delà de ceux exigés par la loi. En raison du caractère exhaustif de ces tests, seul un nombre très restreint de candidats est finalement apte à figurer dans notre banque de sperme de donneur. Les avancées technologiques actuelles nous permettent de développer des analyses supplémentaires qui offrent une plus grande sécurité. Aux contrôles que nous effectuons en tant que protocole dans le processus de don, nous ajoutons l’étude des maladies sexuellement transmissibles, l’analyse génétique des 600 ou 3 000 maladies les plus graves qui peuvent être transmises à la descendance et, entre autres, l’analyse du sang par PCR, qui offre la possibilité d’une deuxième validation des sérologies au moment du prélèvement, puisque le diagnostic est immédiat.
Étapes Clés du Don d'Ovules
- Sélection Rigoureuse des Donneurs : Les donneurs potentiels subissent des tests exhaustifs pour s'assurer de leur aptitude physique et génétique.
- Évaluation Médicale et Psychologique : Les donneurs sont soumis à des évaluations médicales et psychologiques approfondies.
- Consentement Éclairé : Les donneurs doivent donner un consentement éclairé, comprenant une compréhension complète des risques et des implications du don.
- Stimulation Ovarienne et Prélèvement des Ovules : La donneuse subit une stimulation ovarienne pour produire plusieurs ovules, qui sont ensuite prélevés par une procédure médicale.
- Fécondation et Transfert d'Embryons : Les ovules sont fécondés en laboratoire, et les embryons résultants sont transférés dans l'utérus de la receveuse.
Aspects Psychologiques et Émotionnels
Tout traitement de procréation assistée (fécondation in vitro, embryo adoption ou fécondation par la méthode ROPA) a un impact émotionnel. Il est important de reconnaître et de gérer les aspects psychologiques et émotionnels associés au don d'ovules, tant pour les donneurs que pour les receveurs.
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Soutien Psychologique
Un soutien psychologique adéquat est essentiel pour aider les donneurs et les receveurs à faire face aux défis émotionnels et psychologiques associés au don d'ovules.
Recherche Qualitative sur le Don d'Ovules Dirigé
Cet article présente les résultats d’une recherche qualitative visant à mieux comprendre le vécu et le sentiment de filiation des couples receveurs et des donneuses lors d’un don d’ovules dirigé, ce qui offre une perspective croisée inédite dans l’exploration de ce champ. S’inscrivant dans la tradition de la méthodologie de la théorisation enracinée (Luckerhoff et Guillemette, 2012), cette recherche a favorisé une écoute et des analyses conceptualisantes (Paillé et Mucchielli, 2012) à partir des acteurs en jeu dans la situation du don d’ovules. Les liens avec la littérature existante seront donc essentiellement effectués dans la discussion; de ce fait, seul un court cadre conceptuel et théorique sera présenté avant la méthodologie, rendant compte des concepts sensibilisateurs qui ont guidé l’écoute des chercheuses (Charmaz, 2004 ; Corbin et Strauss, 2008). Le cadre théorique d’appartenance des auteures est celui de la psychanalyse contemporaine, intégrant les dimensions intrapsychique et intersubjective de la construction de la subjectivité, une position purement inductive s’avérant illusoire (Charmaz, 2014). Cependant, la nécessité de faire des incursions dans le champ de l’anthropologie de la parenté s’est imposée au fil des différentes étapes d’analyse. Cet article propose donc également un début de dialogue entre ces deux champs disciplinaires, autour des conceptualisations originales qui ont émergé des analyses du discours et du graphisme des participants à qui il a été demandé une libre réalisation de leur génogramme (Veuillet, 2003).
Questions d'Origine et Identité
La perspective psychanalytique rappelle que la question des origines contribue aux fondements de notre identité (Prieur, 2007) et conserve une part de mystère en raison de la dimension inconsciente reliée au sexuel de cette origine (Ansermet, 2019a). Pour chacun, PMA ou pas, ces interrogations parcourent le développement psychique depuis l’enfance et, chemin faisant, construisent la subjectivité consciente et inconsciente. Par exemple, l’élaboration de la scène primitive (Freud, 1954 [1918]) et celle du roman familial (Freud, 2010 [1909]) constituent les traces de ce travail psychique fondateur Ainsi, lorsqu’il est question de révéler la présence de tiers de procréation à l’enfant, mais aussi que parents ou donneuse intègrent psychiquement cette présence dans le scénario procréatif, c’est l’ensemble des théories sexuelles infantiles (Freud, 1987 [1905]) qui est mobilisé complexifiant les enjeux psychiques qui se vivent lors de ces nouvelles façons de faire famille.
Il est rarement envisagé en première intention pour les couples hétérosexuels : il survient après une longue trajectoire de traitements de fertilité qui les éprouve (Allard et al., 2007 ; Bydlowski, 2014 ; Péloquin et Brassard, 2013 ; Squires, 2018) en raison des deuils multiples qui leur faut traverser (deuil d’une conception naturelle, deuils périnataux liés aux échecs de PMA, deuil d’une filiation biologique) (Achim et Noël, 2014). Le choix d’une donneuse d’ovules constitue un moment clé de ce parcours et les modalités disponibles varient en fonction des législations des pays. Au Canada, le don dirigé constitue un choix fréquent (Blyth et al., 2011) : la donneuse est connue du couple receveur, elle fait souvent partie de son entourage social ou familial.
Enjeux Psychologiques pour les Receveurs
Les enjeux psychologiques caractérisant les couples sont plus décrits que conceptualisés dans les recherches empiriques qui se sont centrées sur les enfants nés de ces dons d’ovules, par souci pour leur développement (Golombok et al., 2005 ; 2013). Des écrits francophones plus cliniques concernant essentiellement le don croisé décrivent en profondeur les enjeux psychiques des receveurs et des receveuses, notamment à l’égard de la donneuse (Beauquier-Macotta, 2018 ; Bydlowski, 2008 ; Bydlowski, 2014 ; 2017 ; Canneaux et al., 2013 ; Canneaux, 2017 ; Karpel et al., 2005 ; Squires, 2018). Le fait que celle-ci soit anonyme constitue un écran de projection pour les fantasmes des receveurs (Bydlowski, 2008 ; Canneaux et al., 2013) et le manque d’éléments de réalité dans cette relation receveurs - donneuse complexifie les enjeux psychologiques à résoudre pour intégrer un scénario de conception qui fasse une place à cette donneuse. Qu’en est-il de ces enjeux lorsque la donneuse est connue du couple ?
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Statut Complexe des Donneuses
Ce statut est complexe (Cauvin, 2009) du fait que les donneuses sont le vecteur corporel de la transmission d’une hérédité (Delaisi de Parseval, 2004). Les études les concernant restent à approfondir (Almeling, 2015), car si elles décrivent leurs intentions à donner et les différentes circonstances influençant leurs motivations (Purewal et van der Akker, 2009), peu proposent pour le moment des conceptualisations intégratrices (Lavoie, 2019). Des raisons financières mais surtout altruistes sont invoquées (Kenney et McGowan, 2010) lorsqu’il s’agit de donner à un couple ou à une femme connue de la donneuse (Graham et al., 2016 ; Yee et al., 2011). La profondeur de leurs enjeux s’entend dans les questionnements qui les animent quant à la représentation de leur don, les limites de celui-ci et les stratégies de mise à distance qu’elles mettent en place dans leur rapport à la maternité (Almeling, 2011). La levée de l’anonymat rappelle que ces femmes donneuses, quel que soit le type de don, sont des actrices à écouter et dont il faut tenir compte pour penser les origines de l’enfant né de leur don. La psychanalyse rappelle la dimension inconsciente de la question des origines qui ne saurait se réduire à des échanges de gamètes et des négociations conscientes (Ansermet, 2019b).
L'Importance de la Transparence
Le débat autour de la levée de l’anonymat des donneurs de gamètes est essentiellement centré sur l’intérêt de l’enfant afin qu’il puisse accéder à un savoir suffisant sur son origine conceptionnelle biologique et l’intégrer harmonieusement à ses questionnements (Bayle, 2005). Transmettre les détails de l’histoire de conception et des conditions de la naissance (Canneaux et al., 2016 ; Doumergue et Kalampalikis, 2014 ; Squires, 2018), révélant l’ensemble des adultes à l’origine de la conception, répond à la demande de ces enfants nés de don de gamètes, maintenant en âge de faire valoir leurs besoins différenciés de ceux de leurs parents (Delaisi de Parseval, 2009b ; Jadva et al., 2010).
Penser les Origines de Manière Systémique
En conclusion, penser les origines de façon systémique dans une perspective qui croise celle des receveurs et celle de la donneuse, tout en considérant celle de l’enfant, se révèle essentiel et conduit à la symbolique de la filiation par-delà le vécu relatif au don d’ovules. Comment se représenter la filiation des enfants nés d’un don de gamètes ? Les donneuses sont-elles de nouvelles figures de la parenté ?
Détails de l'Étude Qualitative
Au total, 19 participants ont été recrutés : quatre couples receveurs et trois receveuses (une en couple et deux récemment séparées) ainsi que huit donneuses (six en couple et deux séparées). Les femmes receveuses ont entre 31 et 45 ans (moyenne de 38 ans), les receveurs ont entre 31 et 43 ans (moyenne de 38 ans) et entre 25 à 36 ans pour les donneuses (moyenne de 32,5 ans). Les enfants des receveurs sont âgés de 2 mois à 4 ans et il y a un bébé en cours de grossesse; les enfants nés des dons des donneuses sont âgés de 18 mois à 6 ans avec également un bébé in utero. Pour participer à cette recherche, il suffisait d’avoir été une donneuse ou un couple receveur d‘un don d’ovules, quelle qu’en soit l’étape, afin de privilégier la diversité des scénarios. Trois systèmes receveurs - donneuses ont pu être recrutés.
Les participants ont été rencontrés pour des entretiens individuels (les huit donneuses et cinq receveurs) ou en couple (six receveurs) d’une heure trente à deux heures (pour un total de seize entretiens). Ces entretiens ont eu lieu au laboratoire de recherche (six), à domicile (deux), sur le lieu de travail de la personne rencontrée (une), par Skype (quatre) et par téléphone (deux). Deux donneuses ont débuté les échanges par courriel puis ont poursuivi par une entrevue en personne (une) ou par Skype (une). La première auteure a mené cinq entretiens (deux couples et trois donneuses) et la deuxième auteure 10 entretiens (deux couples, trois receveuses et quatre donneuses) dans le cadre de son postdoctorat. Ces deux auteures sont psychologues cliniciennes d’expérience, spécialisées en périnatalité. La deuxième auteure est également spécialisée en fertilité. Une doctorante encadrée par ces chercheuses également cliniciennes a conduit les échanges courriels puis un entretien avec l’une des donneuses. Afin de favoriser la participation et une logique inductive, un maximum de flexibilité et d’ouverture dans l’amorce de l’entretien et ses modalités a été offert : « Racontez-moi votre histoire du recours au don d’ovules pour devenir parent; comment l’avez-vous vécu ? » pour les receveurs et « Racontez-moi comment vous est venue l’idée de faire ce don et comment l’avez-vous vécu ? » pour les donneuses. Suite à cette consigne large, des relances au plus près du discours ont été effectuées afin de couvrir plusieurs thèmes : désir d’enfant, trajectoire de PMA, choix de la donneuse et rencontre, grossesse, rencontre avec l’enfant, accompagnement (pour les receveurs); pour la donneuse : motivations, lien avec le couple receveur, entourage, étapes du don, lien avec l’enfant, histoire de maternité, accompagnement. Ces thèmes se sont enrichis au fil des séquences « collecte - analyse de données » pratiquées dans un aller-retour constant entre les données et les conceptualisations émergeantes (Luckerhoff et Guillemette, 2012). Ainsi, cette première partie d’entretien d’une durée moyenne d’une heure présentait un format semi-structuré, avec un canevas évolutif. Lors d’une deuxième partie d’entretien, d’une durée moyenne de 45 minutes, les participants ont été invités à représenter graphiquement leur histoire familiale sur plusieurs générations en y intégrant l’histoire du don pour ramener la perspective de la filiation. Cette tâche du génogramme libre (GL) leur a été proposée afin de laisser place à l’imaginaire et au fantasme dans la représentation des liens familiaux (Tuil, 2005 ; Veuillet, 2003) avec la consigne suivante : « Pourriez-vous réaliser votre arbre généalogique afin que je puisse comprendre comment cette histoire s’inscrit dans votre histoire familiale ? ». Concrètement, il a fallu leur expliquer qu’ils pouvaient représenter comme ils le souhaitaient les personnes qu’ils considèrent être membres de leur famille et les liens entre eux, ceci en incluant au moins trois générations. Une feuille de symboles de base leur a été présentée afin de créer une amorce, tout en précisant qu’il leur était possible d’inventer d’autres symboles.
Qu’ils soient parents, futurs parents ou donneuses, ce fût un défi de plonger dans cette tâche projective qu’il a fallu étayer tout au long de sa réalisation, comme si chacun avait laissé une partie de cette question des origines en friche. En référence à la clinique de la passation conceptualisée à propos des méthodes projectives (Chabert et Azoulay, 2019), une attention particulière a été accordée tant au matériel graphique qu’aux verbalisations qui entouraient les réalisations graphiques, ainsi qu’aux enjeux de la rencontre entre participants et chercheuses cliniciennes (et aussi entre conjoints quand il s’agissait d’un couple). Cette façon de recueillir les données a été guidée par la méthode clinique psychanalytique, favorisant une écoute de la subjectivité consciente et inconsciente des participants ainsi qu’une prise en compte du ressenti de la chercheuse intervieweuse.
Au plan éthique, toutes les précautions ont été prises pour obtenir un consentement libre et éclairé des participants et préserver leur anonymat; ils ont été invités à poser leurs questions lors de la lecture du formulaire de consentement. Certaines données du questionnaire sociodémographique, complété en fin d’entretien, ne sont pas présentées afin de respecter l’anonymat. Les entretiens ont été enregistrés, retranscrits et anonymisés, tout comme les génogrammes qui ont été retracés en respectant le style de chacun.
Résultats de la Recherche
Les entretiens avec couples receveurs, receveuses et donneuses ont fait émerger l’histoire affective et relationnelle qui se déploie tout au long de la trajectoire de procréation assistée, durant la grossesse, la période post-partum et, pour certains, la période de la petite enfance. Cette histoire, ainsi que la rencontre qu’elle suppose entre tous les acteurs du don d’ovules dirigé (le bébé y compris), a déjà donné lieu à une publication (Noël et al., 2018 ; 2020) : elle constitue la toile de fond des résultats qui seront présentés ici et qui sont tirés de la libre réalisation du génogramme par les participants. Alors que les receveurs approfondissent l’élaboration des enjeux psychiques du recours au don d’ovules pour devenir parent, dans la continuité de ce qui a émergé dans les entretiens, les donneuses élaborent le sens profond et personnel de leur don d’ovules, en décalage avec les données d’entrevue. Cette émergence de zones spécifiques lors de la réalisation des GL a eu l’effet d’une révélation, dans la mesure où elle tranchait avec la grande convergence des entretiens entre donneuses et receveurs. Ainsi, les résultats tirés de l’analyse des génogrammes libres (GL) viennent préciser les enjeux spécifiques de chacun des acteurs et les enjeux communs qui les rassemblent. Les traces graphiques de ces enjeux seront présentées avec les extraits de verbatim pertinents recueillis durant la réalisation du GL pour les lier avec les éléments significatifs de l’entretien.
Impact des Pertes Périnatales
Béatrice, maintenant mère d’un enfant d’un an conçu par don d’ovules, représente ses six précédentes pertes périnatales (fausses-couches dont deux tardives) par de petits cœurs, signifiant à la fois son attachement aux projets de bébés maintenant perdus et la culpabilité de l’infertilité qu’elle s’attribue entièrement.
Gamétogenèse In Vitro : Perspectives d'Avenir
Vous pouvez mettre en place la coparentalité avant la conception ou après la naissance. "Cela permettrait aussi à des couples du même sexe d'avoir un enfant apparenté génétiquement aux deux partenaires", avance auprès de l'AFP l'une des auteures de l'étude, Paula Amato, chercheuse à l'Oregon Health & Science University aux Etats-Unis. Cependant, Mme Amato prévient qu’il faudra au moins une dizaine d'années avant que ces recherches profitent éventuellement à des patientes infertiles. Ce travail s'inscrit dans un champ de recherche en plein essor : la "gamétogenèse in vitro". Il a déjà donné lieu à des avancées marquantes: début 2025, des chercheurs japonais avaient fait naître des souris de deux pères biologiques. L'étude qui vient d’être publiée dans la revue Nature Communications va cependant plus loin.
Les scientifiques américains ont ainsi transformé des cellules cutanées en ovocyte en utilisant la technique bien connue de « transfert de noyau » : le noyau de cellule cutanée ayant été placée dans un ovocyte auparavant délesté de son propre noyau. Mais il a fallu aussi retirer les 23 chromosomes « en trop », un processus indispensable pour obtenir une cellule reproductrice. Cela a été effectué par une technique qu'ils ont baptisée "mitoméiose". Puis, ils ont tenté de fertiliser ces cellules avec des spermatozoïdes. Sur ces candidats ovules, une petite dizaine se sont développés en embryons de quelques jours, un stade théoriquement suffisant pour les implanter chez une patiente lors d'une fécondation in vitro. Les auteurs de l’étude restent, eux-mêmes très prudents. Ils concluent : « Bien que notre étude démontre le potentiel de la mitoméiose pour la gamétogenèse in vitro, elle ne constitue à ce stade qu'une preuve de concept et des recherches supplémentaires sont nécessaires pour garantir son efficacité et sa sécurité avant de futures applications cliniques ».
Mais ces résultats sont suffisamment majeurs pour susciter l'engouement de plusieurs chercheurs. D'autant que d'autres scientifiques suivent une voie différente mais aussi prometteuse : ils cherchent plutôt à "reprogrammer" des cellules non reproductives, pour les ramener à un stade où elles seraient indifférenciées. Toutes ces recherches sont suffisamment avancées pour que des régulateurs se posent déjà la question du cadre à donner un jour à une telle avancée médicale, à l'instar en France de l'Agence de biomédecine. Celle-ci, dans une publication jeudi sur son site, estime que la création artificielle de gamètes "pourrait profondément bouleverser le paysage de la reproduction humaine". Elle est "susceptible de modifier, en profondeur, la dynamique de formation des familles, les normes sociales autour de la reproduction, et les liens génétiques qui les sous-tendent", estime cette agence publique.
Évolution de la PMA au Canada
En 2017, près de 7000 naissances ont eu lieu au Canada grâce à la procréation médicalement assistée (PMA). Parmi les traitements de fertilité, le recours au don d’ovules est chaque année en augmentation, passant de 5 % en 2013 à 10 % en 2018 (CFAS, 2019). Les couples et les femmes seules peuvent avoir recours à une donneuse d’ovules qu’il est interdit de rémunérer, alors que l’achat de gamètes à l’étranger est toléré.
Témoignages et Parcours Individuels
Suivie par le Professeur Frydman (Médecin qui a fait la 1ère FIV française) , elle a fait 3 tentatives de FIV. Elle a eu recours à 3 FIV successives « à l’étranger parce que passé quarante-deux ans, en France, on n’a plus accès à cette méthode ». Parfois mon ventre était si gonflé que je ne pouvais plus fermer mon manteau. Dans un interview, elle déclare : « J’ai eu une première grossesse naturelle deux mois après notre mariage, et j’ai fait une première fausse couche. Après ça, ça n’a plus marché. Jade était issue de la cinquième FIV ». Elle a eu recours à la Fécondation In Vitro et a accouché de deux petits garçons à l’âge de 45ans. Elle indique dans une interview « Aucun médecin ne nous prépare vraiment à ce que nous allons vivre. Alors en couple avec le footballeur Adil Rami ,elle déclara avoir fait une FIV en Espagne et : « Pas d’endométriose pour ma part, selon les cas les docteurs envisagent l’insémination ou la FIV. FIV direct pour moi. Premier essai, deux embryons, car il y avait le risque que l’un des deux ne tienne pas ». Grace à la FIV, elle a eu deux fils avec son défunt mari René Angelil. Après de nombreuses FIV,elle donna naissance à une petite fille prénommée Coco. Elle a donné naissance à un petit garçon prénommé Max Valentine suite à une FIV avec don de sperme. Elle a déclaré : « Pour ceux d’entre vous qui me connaissent, c’est quelque chose que je voulais depuis longtemps et je suis heureuse que cela soit possible avec l’aide d’une FIV (fécondation in vitro) et d’un donneur de sperme. Je ne dirai rien de plus publiquement à ce sujet. Elle a déclaré avoir fait plusieurs tentatives de FIV en vain. L’actrice du film « Mariage à la grecque » a fait des FIV pendant 9 ans en vain.
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