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Allergies alimentaires, RGO et diabète infantile: Conseils et avis du Dr Lalau Keraly

L'alimentation des enfants est un sujet de préoccupation majeur pour les parents, surtout lorsque des problèmes de santé tels que les allergies alimentaires, le reflux gastro-œsophagien (RGO) ou le diabète de type 1 se manifestent. Cet article, enrichi par les avis du Dr Lalau Keraly, pédiatre endocrinologue, aborde ces questions et propose des pistes pour une meilleure prise en charge.

Allergies alimentaires chez l'enfant

Les allergies alimentaires sont en augmentation chez les enfants. Plus de 8 % des enfants en âge d’être scolarisés en souffrent. Les principaux allergènes alimentaires chez les plus jeunes sont l’œuf, l’arachide, les noix et autres fruits à coque, le blé et ses dérivés, le lait de vache, le poisson et le kiwi, énonce le Dr Lalau Keraly, pédiatre endocrinologue.

Évolution des allergies avec l'âge

Heureusement, certaines allergies s’atténuent avec le temps. C’est le cas de l’allergie au lait de vache, qui disparaît dans 90 % des cas vers l’âge de 3 ans, ou de celle à l’œuf, moins fréquente après 7 ans.

Plan d'accueil individualisé (PAI)

Face à la maladie de leur enfant, certains parents minimisent son régime alimentaire pour être sûrs qu’il soit accepté à la cantine. D’autres, au contraire, par crainte du pire, exagèrent son problème. Rien ne sert de paniquer ou de nier quand son enfant doit suivre un régime alimentaire spécifique. Dès l’annonce de la maladie et du régime particulier qui l’accompagne, il est indispensable d’en parler à la crèche ou à l’école, afin que l’établissement mette en place un plan d’accueil individualisé (PAI).

Lorsqu’un PAI est nécessaire, le médecin traitant ou l’allergologue établit un certificat, explique le Dr Lalau Keraly. Il est destiné au médecin scolaire, lequel rédigera le PAI. Certaines allergies simples se manifestent par de l’eczéma ou par d’autres symptômes sans gravité. Le PAI est alors simplifié, sans protocole d’urgence. L’enfant est accueilli à la cantine : le ou les aliments incriminés sont substitués par d’autres qu’il tolère.

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D’ailleurs, certaines cantines proposent d’office des repas qui excluent plusieurs allergènes. Parfois, l’élève est accueilli à la cantine, mais il ne peut faire autrement que d’apporter son propre panier-repas. En plus des aliments, les parents doivent alors fournir l’assiette, les couverts et le verre, précise le pédiatre.

Diabète de type 1 chez l'enfant

On estime que plus de 20 000 enfants ont un diabète de type 1. Ils doivent, à chaque repas principal, consommer un produit laitier, de la viande, du poisson ou un œuf, un féculent ou un produit céréalier, un légume, un fruit, un peu de matière grasse.

Le PAI pour le diabète

Dans le cas de l’enfant diabétique, le PAI indique à quelle heure doit être prise la collation fournie par la famille. Il décrit également les symptômes qui signalent que l’enfant est en hypoglycémie, ainsi que les gestes appropriés. Par exemple, “donner du sucre : 1 morceau pour 20 kg, soit x morceaux…” L’accueil d’un élève diabétique à la cantine est plus simple que celui d’un enfant allergique, explicite le Dr Lalau Keraly.

Reflux gastro-œsophagien (RGO) du nourrisson

Le reflux gastro-œsophagien (RGO) du bébé est un sujet d’inquiétude pour les parents. Comment le diagnostiquer ? Comment le prendre en charge ? Dans quels cas prescrire des médicaments ? Quelles différences avec des régurgitations ?

Régurgitations vs RGO

La plupart du temps, les régurgitations banales ne gênent pas les nourrissons, mais elles ennuient les mamans car elles tachent les vêtements et laissent une désagréable odeur de lait caillé ! Un trop-plein peut vite arriver quand on sait que « un bébé boit entre 130 et 150 ml par kilo de poids et par jour, explique le Dr Bellaïche. Si on transpose cela pour un poids d’adulte, cela reviendrait, pour ce dernier, s’il pèse 60 kg, à avaler 8 litres de liquide ! » Sans oublier que le nourrisson passe une bonne partie de ses journées en position allongée, ce qui favorise la remontée des liquides.

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Diagnostic du RGO

Le médecin peut demander, lorsqu’il suspecte un RGO pathologique, ou RGO interne, des examens complémentaires. Lorsqu’un reflux gastro-oesophagien est suspecté avec perte de poids ou sang dans les vomissements, « les recommandations sont de réaliser une oesogastroduodénoscopie (endoscopie digestive par le haut) à la recherche d’une oesophagite, informe le Dr Bellaïche. Cet examen se fait sous anesthésie générale chez le nourrisson. Il est très court, entre 3 et 5 minutes, avec parfois une biopsie. »

Dans ce cas, on fait une pHmétrie oesophagienne, informe le gastro-pédiatre. On insère dans l’une des narines de l’enfant une sonde de tout petit diamètre et équipée d’un capteur d’acidité. Cette dernière est glissée jusqu’au bas de l’œsophage. Elle est reliée à un enregistreur et l’enfant la garde 24 heures. Après la pause de la sonde, l’enregistreur est placé dans un petit sac à dos et l’enfant rentre chez lui. Le lendemain, la sonde est retirée et les données de l’enregistreur sont analysées.

Traitement du RGO

Il s’agit de pansements gastriques à base d’alginate (Gaviscon), de simeticone (Polysilane) qui protègent la muqueuse dd l’œsophage des remontées acides de l’estomac. De plus, ces médicaments (IPP) n’ont pas reçu d’Autorisation de mise sur le marché (AMM) pour les moins d’un an. En effet, « les inhibiteurs de la pompe à protons rendent beaucoup de service et sont bien tolérés dans la majorité des cas, dit le dr Bellaïche. Cependant, il y a des effets secondaires dans 14 % des cas avec une augmentation du risque d’infections digestives, pulmonaires et davantage d’irritabilité. Il n’est donc pas question de galvauder leurs prescriptions.

Conseils et astuces pour limiter le RGO

Cette position permet, grâce à la gravité, que le contenu de l’estomac soit attiré vers le bas et donc remonte moins. La surélévation du lit grâce à l’ajout d’un plan incliné peut limiter les régurgitations. Attention, il n’est pas question de ‘bricoler’ soi-même un plan incliné dans le lit de bébé avec des coussins ou des couvertures. La position verticale après la tétée ou le biberon limite le reflux. Mais, il est difficile de garder son bébé plusieurs heures à la verticale, dans les bras. D’où l’intérêt d’avoir recours à une écharpe de portage. La bonne position de portage est celle où bébé se sent bien. Tout doucement, avec l’aide de trois doigts seulement, masser le ventre de bébé dans le sens des aiguilles d’une montre, tout d’abord au niveau de l’estomac puis juste au-dessus du nombril, pour faciliter sa digestion.

Homéopathie et RGO

En homéopathie, il y a trois grands médicaments classiques que l’on peut prescrire en cas de reflux gastro-oesophagien chez l’enfant. « Il s’agit de Nux Vomica, d’Antimonium Crudum et d’Asa Foetida, précise l’homéopathe. Il y a aussi les médicaments d’aggravation qui sont Arsenicum Album, Phosphorus et Robinia pseudoacacia. Avant l’âge de six mois, pour éviter tout risque de fausse route, il faut faire fondre les granules dans un peu d’eau, bien agiter la solution et les donner au bébé au biberon.

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  • Nux Vomica : « Ce médicament s’adresse aux bébés ‘goinfres’, pressés, impatients de manger et qui font de grosses colères si on ne les nourrit pas assez vite, précise le Dr Mulet. Ces bébés ont également tendance à souffrir de ballonnements, de constipation.
  • Antimonium Crudum : « Il s’adresse aux bébés suralimentés, gloutons et ‘boulimiques’, précise l’homéopathe. Ils ont une langue chargée d’un enduit blanchâtre, et font souvent des régurgitations avec des rots à l’odeur de lait caillé.
  • Asa Foetida : « Ce médicament homéopathique s’adresse aux nourrissons qui ont un reflux avec des spasmes de l’œsophage, explique le Dr Mulet. Leur déglutition est bruyante, ils sont ballonnés au niveau de l’estomac, ils ont du mal à éructer.
  • Arsenicum Album : « C’est le médicament des bébés qui souffrent d’un reflux qui s’accompagne d’une oesophagite, détaille l’homéopathe. Ces bébés sont fatigués, affaiblis, et rejettent l’eau froide bue. En revanche, leur reflux est soulagé par des biberons chauds.
  • Phosphorus : « Il correspond aux bébés qui ont un reflux avec des régurgitations sanglantes et qui sont soulagés par des biberons froids », détaille l’homéopathe.
  • Robinia pseudoacacia : « Il s’adresse aux nourrissons dont le reflux s’accompagne de remontées acides, de régurgitations douloureuses, avec une aggravation nocturne, en position allongée », explique le Dr Mulet.

L'ostéopathie pour soulager le RGO

Le bébé étant une véritable ‘éponge’, tout mal être chez la mère peut engendrer des problèmes d’alimentation chez le nourrisson. A cet âge, la communication passe principalement par la bouche. « C’est pourquoi, il peut être intéressant de repérer une problématique en miroir, en lien avec la mère et/ou le père, et de la traiter en homéopathie. Puis il installe le nourrisson, en body, sur la table. « Avant de le manipuler, il faut lui parler et attendre que le bébé soit d’accord pour travailler avec l’ostéopathe », précise Laure Calmettes. « Au niveau de l’estomac, du diaphragme pour réduire les pressions abdominales, détaille l’ostéopathe et redonner un confort digestif au bébé grâce aux massages doux effectués, mais aussi au niveau du crâne, notamment pour libérer le nerf vague, et au niveau de la mandibule pour éviter que le nourrisson n’avale trop d’air. Si la séance d’ostéopathie avec un tout-petit dure entre 45 minutes et une heure, la partie manipulation peut être courte, et la partie échange avec les parents, plus longue, surtout lorsque la cause semble plus émotionnelle. En général, une première amélioration se fait sentir lorsque le tout-petit commence à se tenir assis, vers six mois, puis entre 1 an et l’âge de 15 mois le RGO disparaît. Si le RGO.

Prévention de l'obésité infantile

Conformément à la charte signée par les professionnels de l’audiovisuel, plusieurs chaînes ont lancé une série animée visant à lutter contre l’obésité infantile. Une démarche en lien avec le Programme national «nutrition santé» (qui prône notamment les cinq fruits et légumes par jour).

L'avis du Dr Lalau-Keraly sur les campagnes de prévention

Le Dr Jean Lalau-Keraly, endocrinologue-nutritionniste, accueille l’initiative favorablement. Tout ce qui est éducatif est positif. Ça ne me paraît pas insensé de vouloir éduquer les enfants à bien s’alimenter le plus tôt possible, de même qu’on leur enseigne les bons réflexes en matière d’hygiène corporelle et dentaire. C’est une très bonne façon de prévenir l’obésité. Mais bien évidemment, le message doit être confirmé par les parents.

Génétique et obésité

Il y a une injustice évidente qui fait qu’à alimentation et activité égales certaines personnes deviennent obèses et d’autres pas. Cette injustice a une origine génétique, mais on explore actuellement d’autres pistes, d’origines infectieuses, inflammatoires ou en rapport avec la flore intestinale qui pourrait jouer un rôle. Mais l’obésité c’est avant tout une inadéquation entre les dépenses et les apports énergétiques. Il n’y avait pas d’obèses dans les camps de concentration. Et le nombre d’obèses a augmenté au 20e siècle, alors que les facteurs génétiques n’ont pas été modifiés.

Efficacité de la prévention

Quand on suit 100 enfants obèses, un tiers continue à grossir, un tiers stagne, et un tiers guérit. Il faut donc se méfier des discours excessifs qui laissent à penser qu’il n’y a rien à faire, qui démobilisent et déresponsabilisent. La prévention grand public est importante, mais il faut aussi mettre le paquet sur le dépistage et orienter les enfants à risques vers des consultations spécialisées. Par ailleurs, il ne faut pas condamner que les excès, mais aussi les carences.

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