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Allaitement et Alcool : Ce qu'il faut savoir avec le Dr. Newman

L'allaitement maternel est largement reconnu comme la méthode d'alimentation optimale pour les nourrissons, offrant de nombreux avantages pour la santé de l'enfant et de la mère. Cependant, de nombreuses questions se posent concernant le mode de vie de la mère pendant l'allaitement, notamment la consommation d'alcool. Cet article vise à fournir des informations claires et complètes sur l'allaitement et la consommation d'alcool, en s'appuyant sur des données scientifiques et des avis d'experts, dont ceux du Dr. Jack Newman, un pédiatre renommé et spécialiste de l'allaitement.

Les avantages de l'allaitement priment

En règle générale, que ce soit pour le tabac ou d’autres substances dont la mère aurait des difficultés à se passer, on considère que les bienfaits de l’allaitement sont supérieurs aux effets de ces substances. Entre principe de précautions et désir de ne pas représenter l’allaitement comme une contrainte de tout instant, il y a des données et avis scientifiques.

Recommandations de l'Académie Américaine de Pédiatrie (AAP)

Selon l’Académie américaine de pédiatrie (AAP) : » l’ingestion de boissons alcoolisées devrait être réduite au minimum et limitée à une consommation occasionnelle, mais pas plus de 0,5 g d’alcool par kg de poids corporel, ce qui, pour une mère de 60 kg, représente environ 2 oz de liqueur, 8 oz de vin ou 2 bières.

Alcool dans le sang et dans le lait maternel : La vérité derrière les chiffres

Comme l’explique très bien Dr Gonzales, la concentration d’alcool dans le sang est à peu près la même que dans le lait maternel. Ainsi, une mère présentant un taux d’alcool dans le sang de 0,05% (la limite légale pour conduire dans plusieurs pays d’Europe) nourrira son bébé d’un lait contenant 0,05% d’alcool.

Il peut faire peur à certaines mères (et à leur entourage) de nourrir un enfant avec du lait « alcoolisé ». Cependant, il est important ici de relativiser. Légalement, dans plusieurs pays, un breuvage contenant moins de 0,5% d’alcool est considéré sans alcool. On parle ici de 10 fois plus d’alcool qu’un breuvage contenant 0,05% (le lait de la mère dont nous parlions plus haut, qui aurait bu assez d’alcool pour présenter un taux d’alcool dans le sang de 0,05%). Pour qu’une mère produise un lait qui serait considéré « alcoolisé » d’un point de vue légal, il lui faudrait fabriquer un lait à plus de 0,5% d’alcool. Le sang de cette mère devrait donc contenir 0,5% d’alcool ou plus.

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Aussi, étant donné que le bébé ne boit que quelques dizaines de millilitres de lait par boire, l’alcool dans ce lait se retrouve en quelque sorte « dilué » dans son petit corps.

Risques et précautions

Certes, nous partons de la prémisse que la modération a bien meilleur goût, et qu’en effet, allaiter un enfant en ayant bu une quantité plus ou moins grande d’alcool comporte des risques : bébé plus somnolent, baisse du réflexe d’éjection chez la mère, etc. Une mère sachant que sa production lactée est déjà fragile, qui allaite un bébé prématuré ou présentant une problématique particulière aura tout intérêt à bien réfléchir à la question avant de prendre un verre. Ceci dit, nous parlons ici d’une consommation d’alcool occasionnelle. Du lait maternel contenant de l’alcool, quotidiennement, n’est certainement pas l’idéal, et une mère présentant un problème de consommation d’alcool a tout intérêt à demander de l’aide.

Dans le document canadien ci-dessous, le principe de précaution est évoqué, et, tout comme le recommande l’AAP, il est suggéré d’attendre 2h avant d’allaiter après avoir pris de l’alcool. « Il n’a pas été démontré que le fait de boire un verre d’alcool de temps en temps nuisait au bébé allaité.

Mythes et réalités de l'allaitement selon le Dr. Newman

Le Dr. Jack Newman, fort de son expérience de clinicien et de spécialiste de l'allaitement, a souvent démystifié de nombreuses idées fausses concernant l'allaitement. Il est important de les connaître pour prendre des décisions éclairées. Voici quelques exemples :

  • Mythe n°1 : Beaucoup de femmes ne produisent pas assez de lait.

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    • Réalité : C’est faux! La grande majorité des femmes produisent plus de lait que nécessaire. En effet, la surabondance de lait est fréquente. La plupart des bébés qui grossissent lentement ou qui perdent du poids le font non pas parce que la mère ne produit pas assez de lait, mais parce qu’ils n’arrivent pas à boire le lait qui est disponible. La raison la plus fréquente est que le bébé ne prend pas le sein correctement.
  • Mythe n°2 : Il est normal que l’allaitement fasse mal.

    • Réalité : C’est faux! Bien qu’une certaine sensibilité soit relativement fréquente pendant les quelques premiers jours, cela ne doit pas durer et surtout ne doit pas être au point que la mère appréhende le moment de la tétée. Toute douleur pénible est anormale et est presque toujours due à une mauvaise prise au sein. Il ne faudrait jamais négliger une douleur au sein qui ne s’améliorerait pas au bout de 3 à 4 jours ou durerait plus de 5 ou 6 jours. Une nouvelle douleur après une période où tout va bien peut être due à une candidose des mamelons. Limiter la durée des tétées ne prévient pas les douleurs. Interrompre l’allaitement pour permettre aux mamelons de guérir devrait être fait en dernier recours seulement.
  • Mythe n°3 : Il n’y a pas (ou pas assez) de lait pendant les 3 ou 4 premiers jours qui suivent la naissance.

    • Réalité : C’est faux! On a souvent cette impression parce que le bébé ne prend pas le sein correctement et par conséquent ne reçoit pas le lait disponible. Lorsqu’il y a peu de lait (comme c’est le cas normalement durant les premiers jours), le bébé doit prendre correctement le sein pour obtenir du lait. C’est ce qui entraîne des réflexions du genre : « il est resté au sein plus de deux heures et pourtant il avait encore faim quand je l’ai retiré. » S’il ne tète pas correctement, le bébé est incapable de boire le premier lait de la mère que l’on appelle le colostrum. Toute personne qui vous suggère d’exprimer votre lait pour savoir quelle quantité de colostrum vous produisez ne comprend rien à l’allaitement; ignorez-la poliment.
  • Mythe n°4 : Un bébé doit rester au sein 20 (10, 15, 7.6) minutes de chaque côté.

    • Réalité : C’est faux! Cependant on doit faire une distinction entre «être au sein» et «boire au sein». Si un bébé boit vraiment pendant plus de 15 à 20 minutes du premier côté, il se peut qu’il n’ait aucune envie de prendre le deuxième sein. S’il ne boit qu’une minute au premier sein, puis qu’il commence à mâchouiller ou qu’il s’endort, puis recommence de l’autre côté, il ne prendra jamais assez de lait, quel que soit le temps que dure la tétée. Le bébé tètera mieux et plus longtemps s’il prend le sein correctement. Il peut aussi être aidé à téter plus longtemps si la mère comprime le sein pour que le lait continue à s’écouler, quand le bébé n’avale plus de lui-même (voir l’article n°15 La compression du sein). Il est évident que l’idée selon laquelle «le bébé boit 90% du lait dans les 10 premières minutes de tétée» est aussi complètement fausse.
  • Mythe n°5 : Un bébé allaité a besoin de compléments d’eau par temps chaud.

    • Réalité : C’est faux!
  • Mythe n°6 : Les bébés allaités ont besoin de compléments en vitamine D.

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    • Réalité : C’est faux! Tous les bébés ont besoin de vitamine D. Les laits artificiels sont additionnés de vitamine D à la manufacture. Cependant le bébé naît avec le foie rempli de vitamine D, et l’exposition au soleil lui permet de la synthétiser à partir des rayons ultraviolets. Le bébé n’a pas besoin de beaucoup d’exposition extérieure et n’en a pas besoin quotidiennement. La vitamine D est liposoluble et peut être accumulée dans le corps.
  • Mythe n°7 : La mère doit laver ses mamelons avant chaque tétée.

    • Réalité : C’est faux! L’alimentation au lait artificiel exige une très grande propreté parce que non seulement ce lait ne protège pas le bébé contre les infections, mais en plus c’est un bon terrain de développement des bactéries et il peut aussi être facilement contaminé. Par contre, le lait maternel protège l’enfant contre les infections.
  • Mythe n°8 : L’expression du lait est une bonne manière de savoir quelle quantité de lait la mère produit.

    • Réalité : C’est faux! La quantité de lait qui peut être exprimée dépend de nombreux facteurs, y compris le degré de stress de la mère. Le bébé qui tète correctement peut obtenir bien plus de lait que sa mère ne peut en exprimer.
  • Mythe n°9 : Le lait maternel ne contient pas assez de fer pour répondre aux besoins du bébé.

    • Réalité : C’est faux! Le lait maternel contient juste ce qu’il faut de fer pour le bébé. Si le bébé est né à terme il recevra assez de fer du lait maternel pour répondre à ses besoins jusqu’à l’âge d’au moins six mois. Les laits artificiels contiennent bien trop de fer, mais cela est nécessaire pour être sûr que le bébé en absorbe assez pour éviter une déficience en fer. Le fer des laits artificiels est mal absorbé et le bébé en rejette la plus grande part.
  • Mythe n°10 : Il est plus facile de donner le biberon que d’allaiter.

    • Réalité : C’est faux! Ou plutôt cela devrait être faux. Cependant l’allaitement est souvent rendu difficile par le fait que beaucoup de femmes ne reçoivent pas l’aide dont elles auraient besoin pour bien démarrer l’allaitement. Un mauvais démarrage peut évidemment rendre l’allaitement difficile. Mais on peut aussi surmonter les difficultés d’un mauvais démarrage.
  • Mythe n°11 : L’allaitement rend la mère dépendante.

    • Réalité : C’est faux! Mais cela dépend de la façon dont vous l’envisagez. Un bébé peut être allaité n’importe où, n’importe quand, et c’est en cela que l’allaitement libère la mère. Pas besoin de traîner avec soi des biberons et des boîtes de lait. Pas besoin de trouver un endroit où faire chauffer le lait, ni de s’inquiéter quant à la stérilisation de l’eau ou des biberons.
  • Mythe n°12 : Il n’y a aucun moyen de savoir quelle quantité de lait boit le bébé.

    • Réalité : C’est faux! Il n’existe pas de moyen facile de mesurer la quantité exacte de lait que boit le bébé, mais cela ne veut pas dire que vous ne pouvez pas savoir s’il en boit assez ou pas. Le meilleur moyen de savoir est de s’assurer que le bébé tète bien (type de succion bouche grande ouverte - pause - bouche fermée) pendant plusieurs minutes à chaque tétée.
  • Mythe n°13 : Les laits artificiels actuels sont presque identiques au lait maternel.

    • Réalité : C’est faux! La même affirmation a été faite en 1900 et même avant. Les laits actuels ne ressemblent au lait maternel qu’en apparence seulement. La moindre correction apportée à une déficience du lait artificiel est l’occasion d’en faire une publicité qui en vante le progrès. En fait ce ne sont que de mauvaises imitations faites d’après des études dépassées et incomplètes sur la nature du lait maternel. Les laits artificiels ne contiennent ni anticorps, ni cellules vivantes, ni enzymes, ni hormones. Ils contiennent beaucoup plus d’aluminium, de manganèse, de cadmium, de plomb et de fer que le lait maternel. Ils contiennent beaucoup plus de protéines que le lait maternel. Les protéines et les matières grasses contenues dans les laits artificiels sont fondamentalement différentes de celles contenues dans le lait maternel. Les laits artificiels ne changent pas au cours de la tétée, ni entre le ler, le 7ème, et le 30ème jour de vie. Ils ne varient pas d’une femme à l’autre, d’un bébé à l’autre… Votre lait est adapté aux besoins de votre bébé. Les laits artificiels sont conçus pour tous les bébés, donc en fait pour aucun d’entre eux en particulier.
  • Mythe n°14 : Si la mère est atteinte d’une infection, elle doit arrêter l’allaitement.

    • Réalité : C’est faux! À l’exception de quelques cas très, très rares, le bébé sera protégé si sa mère continue à l’allaiter. Au moment où la mère est fiévreuse (ou tousse, vomit, a la diarrhée ou des éruptions, etc.), elle a déjà transmis l’infection à son bébé, étant donné qu’elle avait déjà l’infection plusieurs jours avant de se rendre compte qu’elle était malade. La meilleure protection pour éviter à l’enfant d’être contaminé par l’infection est qu’il continue à être allaité par sa mère. Si le bébé tombe malade, les réactions seront moins fortes s’il continue à être allaité. Il se peut que ce soit le bébé qui ait transmis l’infection à la mère, mais il n’aura pas montré de signes de maladie parce qu’il était allaité. Par ailleurs, les infections au sein, y compris les abcès, bien que douloureux, ne sont pas des raisons pour arrêter l’allaitement.
  • Mythe n°15 : Si le bébé vomit ou qu’il a la diarrhée, la mère doit arrêter l’allaitement.

    • Réalité : C’est faux! Le meilleur remède aux infections gastriques du bébé est l’allaitement. Arrêtez de donner d’autres aliments pendant un court moment, mais continuez d’allaiter. Le lait maternel est le seul liquide dont votre bébé ait besoin quand il a la diarrhée et/ou qu’il vomit, sauf circonstances exceptionnelles. L’incitation à donner des «solutions de réhydratation par voie orale» n’est qu’une manipulation des fabricants de lait artificiel (qui fabriquent aussi les solutions de réhydratation, en passant) pour se faire encore plus d’argent.
  • Mythe n°16 : Si la mère prend des médicaments, elle ne doit pas allaiter.

    • Réalité : C’est faux! Il y a très peu de médicaments que la mère ne puisse pas prendre en toute sécurité pendant qu’elle allaite. Une très petite quantité de substances médicinales apparaît dans le lait, mais la plupart du temps tellement peu qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Si un médicament est vraiment contre-indiqué, il existe généralement un autre traitement aussi efficace qui peut être pris sans danger.

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