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Le discours sur l'avortement : un sujet central dans la politique américaine

La question de l'avortement est un sujet de société majeur aux États-Unis, provoquant une fracture entre les États répressifs et ceux soucieux des droits reproductifs. Elle s'invite au cœur des débats des campagnes présidentielles et marque le retournement de la philosophie conservatrice dans les questions sociétales. L'instrumentalisation de la question du contrôle du corps des femmes est devenue un enjeu de lutte partisane.

L'évolution du discours politique sur l'avortement

Pendant plus d’un an, Donald Trump avait refusé de préciser sa position sur l’avortement. À sept mois de l’élection présidentielle, Donald Trump estime qu’il revient à chaque Etat de décider de sa législation. Il se place ainsi dans la droite lignée de la décision de la Cour suprême. Le candidat républicain a d’ailleurs remercié pour leur « courage » les six juges conservateurs qui en composent la majorité, citant leur nom un à un. « J’ai été la personne fièrement responsable de la fin » de l’arrêt Roe vs Wade, a souligné Donald Trump. Ce dernier se dit simplement favorable, « comme Ronald Reagan », à des exceptions en cas de viol, d’inceste ou de menace pour la vie de la mère.

Son opinion diverge de celle de son mari Donald, qui considère que chaque Etat doit être libre de décider lui-même d'éventuelles restrictions concernant l'avortement. La question du droit à l'avortement est centrale dans le duel du 5 novembre opposant le républicain à la vice-présidente démocrate Kamala Harris, qui ne cesse de dénoncer ses volte-face.

Face au soutien d'une majorité de l'opinion publique au droit à l'avortement , Donald Trump a toutefois ajusté son positionnement sur le sujet . Le candidat républicain tente désormais de se présenter en défenseur des « droits reproductifs », lui valant en retour d'être accusé par les conservateurs d'avoir trahi le mouvement anti-avortement.

La position de Melania Trump

Doit-on voir dans les mémoires de Melania Trump une nouvelle main tendue du camp républicain à destination des Américains défavorables aux restrictions au droit à l'avortement ? L'ex-Première dame soutient en tout cas vigoureusement l'IVG dans un livre à paraître mardi prochain, rapporte le « Guardian » qui révèle les bonnes feuilles de ses mémoires. Les femmes doivent être « libres de toute intervention ou pression de la part du gouvernement », insiste-t-elle.

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« Il est impératif de garantir aux femmes l'autonomie de décider de leur préférence quant au fait d'avoir des enfants, en fonction de leurs convictions personnelles », écrit Melania Trump . « Pourquoi quelqu'un d'autre que la femme elle-même aurait le pouvoir de déterminer ce qu'elle fait de son corps ? Le droit fondamental à la liberté individuelle dont dispose une femme […] lui donne l'autorité d'interrompre sa grossesse si elle le souhaite. »

« Restreindre le droit d'une femme à choisir d'interrompre une grossesse non désirée est identique au fait de lui interdire de contrôler son propre corps. J'ai eu cette conviction pendant toute ma vie d'adulte », martèle Melania Trump.

L'offensive contre l'arrêt Roe v Wade

Un rappel historique de l’évolution de l’offensive contre l’arrêt Roe v Wade, la décision historique de la Cour suprême qui a dépénalisé l’avortement en 1973, permettra de mieux comprendre les enjeux autour de la question polarisante de l’avortement.

Au milieu des années 1960, la mobilisation des féministes commence à porter ses fruits avec l’abrogation de la loi Comstock de 1873 interdisant la circulation de toute information sur la contraception, l’avortement et la distribution de moyens contraceptifs. En 1968, R. Reagan, alors gouverneur républicain de Californie, signe l’une des premières lois aux États-Unis, dépénalisant l’avortement. Progressivement, les États emboitent le pas à la Californie car aux États-Unis, ce sont alors les États fédérés qui légifèrent sur cette question. Il faut attendre la décision de l’arrêt Roe v. Wade du 22 janvier 1973 pour que l’avortement devienne un droit constitutionnel pour toutes les Américaines.

Cet arrêt confirme le principe de la liberté individuelle de décision en matière de procréation. Toutefois si ce droit est absolu pendant le premier trimestre, il s’efface au profit des États dès la constatation de la viabilité du fœtus, soit entre la 24e et 28e semaine (sauf si la santé ou la vie de la mère sont en danger). Depuis l’arrêt Roe V Wade, le mouvement pro-vie s’est transformé en un mouvement national organisé dont la mobilisation ininterrompue au cours de ces 45 dernières années a réussi à rendre quasi-caduc l’arrêt historique.

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Les mesures restrictives et la violence

Le bref aperçu suivant résume la portée des mesures restrictives. Plus de 330 amendements pour la sainteté de la vie ont été introduits au Congrès depuis 1973 (Human Life Action, 2018). Dès 1976, l’amendement Hyde interdit la prise en charge de l’avortement par l’assurance publique Medicaid, l’aide médicale réservée au plus démunis (sauf en cas de grossesse issue de viol, d’inceste ou de danger pour la vie de la mère). En 1992, l’arrêt Planned Parenthood of Southeastern Pennsylvania v. Casey, consolide le pouvoir des États en matière de régulation de l’accès à l’avortement.

Aux États-Unis, la polarisation de l’avortement est une histoire violente, marquée d’une rhétorique culpabilisante et humiliante, justifiée le plus souvent au nom de la doctrine religieuse. Les femmes y ayant recours sont accusées d’avoir fait un pacte avec le diable, d’être les ennemies de l’humanité et les principales responsables d’un holocauste humain, de violer le principe de la dignité et de l’aspect sacré de la vie humaine.

L’histoire de l’avortement est également une histoire traversée de scènes violentes inattendues : attaques à la bombe contre les cliniques et meurtres de médecins. Au total, à ce jour, plus d’une quinzaine de personnes ont payé de leur vie pour avoir pratiqué des avortements, sans oublier les menaces de mort envoyées quotidiennement aux familles du personnel hospitalier des cliniques d’IVG. Encouragés par les avancées technologiques, les groupes pro-vie usent désormais d’une stratégie payante qui consiste à s’attaquer directement à la profession médicale, via des campagnes de choc d’imagerie de battements de fœtus, ou encore de fœtus avortés, de diffusion de fausses informations sur les risques liés à l’avortement (augmentation du cancer des seins ou de l’utérus), de décrédibilisation et remise en cause du savoir médical. Les lois connues sous le nom TRAP (Targeted Regulation of Abortion Providers) ont entraîné la fermeture de dizaines de cliniques dans tout le pays en raison des mesures d’hygiène et de sécurité draconiennes imposées. Leur efficacité est indéniable : 6 États (le Mississippi, le Kentucky, la Virginie Occidentale, le Wyoming, le Dakota du Nord et du Sud) n’ont plus qu’une seule clinique pratiquant l’IVG.

L'impact de l'administration Trump

L’arrivée de D. Trump à la Maison-Blanche a encouragé les groupes pro-vie à redoubler d’efforts. Pour la seule année 2017, 26 États ont mis en place 53 mesures de restrictions à l’avortement. Par ailleurs, on assiste à la prolifération de centres de santé, sortes de centres de grossesse installés à côté des cliniques d’avortement. Ces centres usent de subterfuges pour attirer les patientes en leur proposant une échographie gratuite et les dissuader de mettre fin à leur grossesse.

Depuis la présidence R. Reagan, la question de l’avortement s’est invitée au cœur des débats des campagnes présidentielles et marque le retournement de la philosophie conservatrice dans les questions sociétales aux États-Unis. Le financement du planning familial et l’accès à la contraception sont devenus des enjeux d’intérêt idéologiques irréconciliables au sein de la société américaine et de luttes partisanes exacerbées par les rapports de pouvoir entre État fédéral et État fédéré. À l’instar de R. Reagan, ou encore G. H. W. Bush, qui fut l’un des principaux promoteurs des programmes de planning familial au Congrès dès le début des années 1970, D. Trump n’hésite pas à faire volte-face sur la question pour des considérations électorales.

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Bien qu’à titre personnel D. Trump soit le moins religieux des candidats, préférant sa partie de golf à la messe du dimanche matin, il a su motiver les évangéliques chrétiens pendant la campagne présidentielle, promettant la nomination de conservateurs à tous les niveaux des branches décisionnelles, et en particulier à la Cour suprême.

Ministres et responsables s’illustrent par leur discours contre les droits des femmes - remise en cause de l’efficacité des moyens contraceptifs, lois contre les programmes d’éducation sexuelle au profit des programmes d’abstinence, interdiction du recours à l’avortement pour les immigrées enfermées dans les centres de détention de l’immigration - ou ont été à l’initiative de lois les plus restrictives en matière d’avortement. À la tête de ce dispositif et principal conseiller de D. Trump en la matière, le vice-président, M. Pence, qui en tant qu’ancien gouverneur de l’Indiana avait co-sponsorisé des lois contre l’avortement thérapeutique et pour l’obligation de funérailles pour le fœtus avorté, cette dernière ayant été jugée inconstitutionnelle par la Cour suprême (Collins G., 2017).

Lors de la 45e édition de la Marche pour la vie organisée en janvier 2018 à Washington, M. Pence, au nom du Président Trump qu’il qualifie de président le plus pro-vie de l’histoire des États-Unis, annonce l’avènement d’une ère nouvelle en voie de restaurer la culture de la vie grâce à l’émergence d’une génération pro-vie (White House, janvier 2018). D. Trump devient le premier président américain à s’adresser aux participants de la Marche pour la vie, via discours satellite. Puis, l’annonce surprise du départ à la retraite du juge Anthony Kennedy de la Cour suprême en juillet 2018 vient parachever le dessein de D. Trump. Après la confirmation de son nominé Neil Gorsuch à la Cour suprême en avril 2017, D. Trump a pu nommer un second juge, Brett Kavanaugh, malgré le témoignage d’agression sexuelle par le professeur Christine Blasey Ford auprès de la commission sénatoriale. Force est de constater que D. Trump est dorénavant entouré d’une équipe déterminée à faire de l’avortement une « chose du passé » pour reprendre les propos de M. Pence. Le terrain étant préparé pour un potentiel « Après Roe », D.

À peine installé à la Maison-Blanche et deux jours après la Marche historique des femmes le 21 janvier 2017 - organisée en réaction à son investiture et qui a rassemblé des centaines de milliers de participantes à Washington et autres villes américaines - D. Trump signe son premier décret présidentiel (executive order), entouré uniquement d’hommes blancs, « le Global Gag Rule » ou la règle du bâillon mondial qui interdit tout financement fédéral aux organisations non gouvernementales dont les actions soutiennent de près ou de loin l’accès à l’avortement. Adoptée pour la première fois par le président Reagan en 1984 lors de la seconde conférence internationale sur la population à Mexico, cette mesure met fin à plus de vingt-cinq ans d’engagement dans le domaine des programmes de planification familiale à l’étranger.

Au niveau national, D. Trump s’attèle à saper le système de couverture de santé universelle votée en 2010 sous Obama. L’Obamacare ou Affordable Care Act (ACA) a permis à 55 millions d’Américaines d’avoir accès aux programmes de planning familial dans leur couverture sociale. Usant de stratégies de contournement, D. Trump annonce une série de mesures qui visent à sonner le glas des programmes de planning familial aux États-Unis.

En octobre 2017, D. Trump annule l’obligation de remboursement de la contraception par les employeurs, l’une des clauses de l’ACA. Cette exemption, déjà accordée aux institutions religieuses, s’étend dorénavant aux entreprises privées également. Ainsi, à la seule annonce de cette mesure, nombre d’Américaines ont opté pour la pose d’un stérilet. Dans l’Amérique de D. Trump, c’est l’État qui dicte les choix des Américaines en matière de procréation. Puis fin mai 2018, il se lance dans un projet d’amendement du Title X, un des programmes phares du Medicaid, voté sous R. Nixon avec l’aval des Démocrates et des Républicains au Sénat. Sous le Title X, les agences de planning familial reçoivent des financements fédéraux pour les programmes de santé génésique, à savoir accès à la contraception, suivi de grossesse, dépistage des cancers. D. Trump propose un décret sur la liberté religieuse et le respect des objections de conscience. Les médecins et infirmières des centres de planning familial subventionnés par le Title X n’auront plus à fournir des informations sur les cliniques pratiquant d’IVG.

Les deux années de présidence de D. Trump ont été marquées par une multitude de propos sexistes et misogynes, par la nomination de pions stratégiques à tous les échelons institutionnels, dont deux juges ultraconservateurs à la Cour suprême, une cascade de décrets, de mesures et de propositions de lois limitant l’accès à la contraception et à l’avortement. Non seulement, ces deux années annoncent une vision apocalyptique des droits reproductifs des Américaines pour les décennies à venir, mais elles représentent également une atteinte à la liberté individuelle de tout couple et de la femme en particulier. Le projet d’amendement du Title X va encore plus loin car il s’attaque à la question fondamentale de l’égalité en matière d’accès à des soins basiques et essentiels. Ainsi le droit à la mammographie ou encore le dépistage du cancer dépendra du milieu socio-économique ou du groupe ethnique.

L’instrumentalisation de la question du contrôle du corps des femmes est devenue un enjeu de lutte partisane. Les débats clivants autour de la nomination de Brett Kavanaugh en octobre 2018 ont confirmé l’évolution d’un Parti républicain, qui sous couvert d’une rhétorique religieuse et moralisatrice, entend bien instaurer une culture de la vie au détriment du droit des femmes. Appuyés par un président se faisant le chantre de l’abrogation de l’arrêt Roe v. Wade, les ultraconservateurs comptent gagner la guerre culturelle autour du corps des femmes. La polarisation de la question de l’avortement n’est aussi que le reflet des luttes de pouvoirs à tous les niveaux de l’institution américaine : entre État fédéral et États fédérés, entre exécutif et législatif et entre une société civile de plus en plus divisée. La judiciarisation des droits des femmes et des droits du fœtus met en évidence une hiérarchisation des droits, où le statut de « patient » accordé au fœtus semble justifier les politiques publiques néfastes ciblant les femmes.

La situation actuelle et la résistance

Les mouvements féministes américains progressistes réussiront-ils à rassembler leurs forces et à coordonner leurs actions aux urnes afin de neutraliser l’acharnement de Trump contre les droits des femmes et du contrôle des naissances. Parviendront-ils sur le plus long terme à contrer la volonté des groupes pro-vie d’instaurer une culture de la vie ? Aux États-Unis, la guerre de Trump contre la science n’a pas épargné le champ de la médecine. Depuis un an, les attaques et pressions se multiplient à l’encontre du personnel médical.

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, j’ai complètement perdu confiance dans nos institutions publiques censées délivrer des informations scientifiques fiables. Pour Amna, la suppression de ces informations est dramatique : « Où puis-je trouver des données fiables désormais ? Comment puis-je prendre soin de mes patientes correctement sans ces informations ? La CDC est pourtant censée être indépendante de la politique ». Les informations délivrées par les agences fédérales sont essentielles pour rester à jour sur les médicaments à prescrire et leurs usages. En parallèle, Amna assiste sidérée à une véritable campagne de désinformation lancée par l’agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA), une institution clé dans la régulation des contraceptifs et des pilules abortives.

A la désinformation, s’ajoute « toute une série de restrictions sur le financement de la santé qui ont été mises en place ces dernières années ». Dès son retour au pouvoir en janvier 2025, l’administration Trump s’est employée à démanteler les aides financières dédiées à la santé reproductive. Les financements publics ont été taillé à la serpe par la loi budgétaire votée par le Sénat le 1er juillet 2025, surnommée par le Président Trump “One big beautiful Bill”. La Planned Parenthood, où travaille Amna, était directement visée par ces politiques. Par conséquent, depuis janvier 2025, une cinquantaine de cliniques de l’organisation ont été contraintes de cesser leur activité. Si « la majorité des dégâts avaient déjà été causés en 2022 », le retour de Donald Trump a encore aggravé la situation au Texas. « Les nouvelles politiques budgétaires ont fait perdre l’accès aux soins de santé à des milliers personnes en situation précaire » explique-t-elle. Quant aux politiques migratoires, Amna dresse un constat alarmant. « A cause de ces nouvelles politiques, de plus en plus de patientes issues de l’immigration craignent de sortir de chez elles pour se rendre dans nos cliniques ». De fait, l’accès à l’avortement a diminué sur le territoire texan “à cause de politiques qui ne sont même pas directement liées à l’avortement en tant que tel”.

Depuis plusieurs années, Amna constate être complètement coupée du dialogue avec ses patientes. Résultat : « Lorsque nos patientes apprennent qu’elles sont enceintes, elles n’osent plus demander de l’aide à leur entourage. Cette érosion de la confiance des patientes dans le personnel médical est grave explique Amna, « car nous n’avons plus de certitude qu’elles aient accès à une information fiable. » Or, parce qu’elles sont davantage exposées aux risques de complications, « c’est particulièrement préoccupant pour les jeunes, les personnes non anglophones ou celles en situation de vulnérabilité » s’inquiète Amna.

Malgré cela, le personnel de santé résiste comme il peut, explique DeShawn : « nous avons un rôle crucial à jouer pour diffuser une information juste. Le docteur mène en parallèle la résistance sur le plan législatif avec sa “coalition pour la justice reproductive proactive” (Arizona Proactive Reproductive Justice Alliance), soutenue par des représentants politiques.

Le retour de la « Mexico City Policy »

Moins de cinq jours après son investiture, Donald Trump est revenu sur plusieurs mesures de son prédécesseur qui visaient à protéger l’accès à l’avortement.

La nouvelle administration américaine a aussi acté le retour de la « Mexico City Policy », une politique mise en place sous la présidence Reagan en 1984. Elle supprime les subventions publiques américaines aux organisations qui défendent, conseillent ou pratiquent des avortements à l’étranger, même si ces actions ne sont pas directement financées par les fonds américains en question.

La décision n’est pas une surprise, ont noté plusieurs médias américains, puisque cette règle généralement supprimée sous chaque présidence démocrate… et reinstaurée lorsque les Républicains reviennent au pouvoir. Par ailleurs, les États-Unis rejoignent de nouveau une déclaration internationale s’opposant au droit à l’avortement initiée lors du premier mandat de Donald Trump - et dont Joe Biden s’était retiré - dite Déclaration de consensus de Genève sur « la promotion de la santé de la femme et le renforcement de la famille ».

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