Le sujet des enlèvements de nourrissons est une question délicate et complexe qui suscite de vives émotions et une grande inquiétude au sein de la société. Bien qu'il soit difficile d'obtenir des chiffres précis en raison de la nature clandestine de ces actes, il est essentiel d'examiner les statistiques disponibles, les causes psychologiques sous-jacentes et les mesures de prévention qui peuvent être mises en œuvre pour protéger les enfants.
Tragédies et syndrome du bébé oublié
Des drames récents survenus en France ont mis en lumière le « syndrome du bébé oublié », un phénomène rare mais grave où un adulte oublie involontairement un enfant à l'arrière d'un véhicule. Début mai, un nourrisson de trois mois avait perdu la vie en Seine-et-Marne dans les mêmes conditions. Ces drames sont désignés par le « syndrome du bébé oublié ». Un phénomène, bien que rare, qui choque par sa gravité et interroge sur les mécanismes psychologiques et les solutions pour l’éviter. Le syndrome du bébé oublié survient lorsqu’un adulte oublie un enfant à l’arrière d’un véhicule, le laissant exposé à des conditions dangereuses, comme l’hyperthermie. En Alsace par exemple, le 28 mai 2024, un bébé de 16 mois avait été oublié toute la journée dans une voiture en plein soleil sur le parking du travail du père qui devait le déposer à la crèche. En juin 2022, un bébé de 14 mois est mort après avoir passé toute une journée à l’arrière d’une voiture à Saint-Nazaire.
Causes psychologiques des oublis
Cet oubli, bien qu’inconcevable pour beaucoup, s’explique par des mécanismes cérébraux. David Diamond, neuroscientifique à l’Université de Floride, a étudié ce phénomène sur des parents « normaux » [hors preuves de maltraitance ou de négligence, d’abus de drogue ou de dysfonctionnement cérébral organique]. Il explique sur le site de l’université que le syndrome est lié à un dysfonctionnement de la mémoire prospective. Sous l’effet du stress, de la fatigue ou d’un changement de routine, le cerveau peut basculer en « pilote automatique », oubliant une tâche : ici, déposer l’enfant à la crèche. « Ce n’est pas de la négligence mais une limite de notre cerveau », résume le scientifique. Un parent épuisé est plus vulnérable aux erreurs d’inattention. Un parent inhabituellement chargé de déposer l’enfant peut oublier cette responsabilité. Les sièges auto, placés à l’arrière et donc hors de vue, peuvent également être un facteur aggravant d’oubli. Le neuroscientifique indique que les enfants ont été oubliés par des parents de tous niveaux socio-économiques et de tous niveaux d’éducation.
Statistiques sur les enlèvements et les oublis d'enfants
Bien qu'il n'existe pas de statistiques officielles centralisées en France concernant le syndrome du bébé oublié, des cas similaires ont été rapportés. Aux États-Unis, selon la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), environ 40 enfants meurent chaque année de coups de chaleur dans des voitures, majoritairement à cause d’un oubli involontaire.
Une enquête de Safe Kids Worldwide menée auprès de 1.000 parents et présentée lors de la National Lifesavers Conference on Highway Safety Priorities en 2014 a révélé qu’environ 25 % des parents d’enfants de moins de 3 ans ont déclaré avoir oublié, à un moment ou à un autre, que leur enfant se trouvait dans la voiture lors d’un trajet, selon David Diamond. Dans le détail, 14 % des parents déclarent avoir volontairement laissé leurs nourrissons, leurs tout-petits et leurs enfants de maternelle seuls dans un véhicule stationné. Pour les parents d’enfants de 3 ans et moins, ce pourcentage atteint 23 %. 11 % des parents admettent oublier leur enfant dans une voiture. Chez les parents d’enfants de 3 ans et moins, ce chiffre atteint près d’un sur quatre. Les pères sont presque trois fois plus susceptibles que les mères de laisser un enfant seul dans une voiture garée - 23 % contre 8 %. De plus, 6 % sont à l’aise à l’idée de laisser leurs jeunes enfants rester dans un véhicule stationné et verrouillé pendant plus de 15 minutes.
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Risques liés à la chaleur dans les véhicules
La température dans une voiture garée peut augmenter rapidement. Selon le site de collecte de données de recherche et d’analyse Kids and Car Safety, elle peut grimper de 20 °C en dix minutes sous le soleil. Pour un enfant, dont le corps se réchauffe beaucoup plus vite que celui d’un adulte, cela peut entraîner une hyperthermie mortelle en moins d’une heure.
Prévention des oublis d'enfants
Il existe plusieurs techniques pour se prémunir de ces drames. La National Highway Traffic Safety Administration et Kids and Car Safety conseillent de placer un objet personnel - un sac ou son téléphone - près de l’enfant à l’arrière pour inciter à vérifier. Vous pouvez à l’inverse laisser un jouet de l’enfant à l’avant comme pense-bête.
Enlèvements de nourrissons : une réalité complexe
Les enlèvements de nourrissons, bien que moins médiatisés que d'autres formes de criminalité, représentent une violation grave des droits de l'enfant et une source de traumatisme profond pour les familles concernées. Ces actes peuvent être motivés par divers facteurs, allant du désir d'adopter illégalement un enfant à des fins d'exploitation ou de trafic.
Motifs et méthodes des enlèvements
Le terme de trafic, toujours associé à celui de marchandises, est désormais lié à celui d’enfant. Les méthodes employées pour se procurer des enfants reposent soit sur la volonté des "cocontractants", soit sur la violence. l’enlèvement d’enfants dans des lieux publics, ou même arrachés aux bras de leur mère pendant l’arrêt à des feux tricolores par des hommes en moto ; mais aussi, dans des maternités des quartiers pauvres, vols de bébés au teint clair et aux yeux verts ou bleus et enlèvements d’enfants à des mères, accouchées par césarienne très souvent (afin qu’elles ne voient pas leur enfant, qui naîtra ainsi pour ses acheteurs à la date promise), à qui le personnel hospitalier, de concert avec des intermédiaires, ou intermédiaire lui-même dans un trafic, déclarera que le bébé est mort-né ou n’a pas survécu. Ces diverses formes de rapt ont été recensées en Amérique Latine, en Europe et en Asie. Les différentes méthodes peuvent se combiner entre elles et se conjuguer avec une falsification de l’état civil de l’enfant.
Affaire récente d'enlèvement d'un nourrisson
Le petit Santiago, nourrisson prématuré de moins de 20 jours enlevé par ses parents en début de semaine en région parisienne, a été retrouvé vivant aux Pays-Bas ce vendredi soir. Une alerte enlèvement avait été déclenchée mardi matin, puis levée en début de soirée. Les parents d'un nourrisson, né prématuré, suspectés d'avoir enlevé leur enfant à la maternité, ont été arrêtés aux Pays-Bas, a appris franceinfo de source proche du dossier ce vendredi soir. Le petit Santiago a été retrouvé vivant "en bonne santé". Une alerte enlèvement avait été déclenchée mardi matin, après la disparition de l'enfant lundi soir à l'hôpital Robert-Ballanger d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), puis avait été levée en début de soirée. Les parents étaient soupçonnés d'avoir fui en Belgique et un mandat d'arrêt européen avait été émis.
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La vie de l'enfant, prématuré, était en danger. Le petit garçon, Santiago, est né le 4 octobre, avec environ huit semaines d'avance. "Les informations" sur l'état de santé du bébé retrouvé étaient "plutôt rassurantes" ce samedi matin, a déclaré lors d'une conférence de presse le procureur du roi à Mons (Belgique). Très grand prématuré, il nécessite des soins constants. "Le nourrisson devait notamment être réchauffé par une couveuse sous monitoring" avec une "sonde gastrique" pour son alimentation, "un lait pour prématurés spécifique" et "rester constamment sous surveillance médicale", selon Eric Mathais, le procureur de la République de Bobigny. "Nous sommes extrêmement mobilisés et préoccupés par la santé et la vie de Santiago", avait insisté le procureur ce jeudi, avant que l'enfant soit retrouvé. "Toute rupture" de ces soins "est susceptible d'engager son pronostic vital. En l'absence de soins, l'espérance de vie du nourrisson est réduite", avait insisté Eric Mathais, ajoutant que l'espoir n'était "jamais perdu" et qu'il était possible "qu'on le retrouve vivant". "La priorité numéro 1 du parquet, des enquêteurs et des autorités judiciaires et policières belges reste de retrouver Santiago pour s'assurer qu'il aille bien", c'est le "but principal", avait commenté le procureur, qui avait lancé un appel aux parents : "S'ils m'entendent, ils doivent, pour le bien de leur bébé, le conduire immédiatement à l'hôpital le plus proche".
Le père est "âgé de 23 ans". Au moment de l'enlèvement, il était "habillé d’un jean sombre, d’un T-shirt blanc, d’un blouson en jean bleu clair et d’un sur-blouson noir". La mère est "âgée de 25 ans, habillée d’un pull blanc, d’un blouson sans manche bleu clair et d’une jupe verte". Ils sont "déjà connus des services de police et de la justice", a précisé le procureur de Bobigny. Eric Mathais a indiqué qu'ils habitent Noisy-le-Sec et sont de nationalité française. Tous les deux ont un casier judiciaire. Le père a été condamné quatre fois, pour de multiples vols et usage de stupéfiants. La mère a été condamnée trois fois par la justice, elle aussi pour plusieurs vols. L'alerte enlèvement a été déclenchée ce mardi matin. Ils ont pu craindre "que l'hôpital ne transmette un signalement de mineur en danger et qu'une décision de placement de l'enfant ne soit prise". Toujours est-il qu'en "retirant leur enfant de l'hôpital sans prévenir l'équipe médicale, en le privant de soin, ils ont fait un usage abusif de leur autorité parentale", il peut donc leur être reproché d'avoir enlevé leur propre enfant, "dont l'intérêt commandait qu'il demeure sous surveillance à l'hôpital".
Le procureur de la République de Bobigny est revenu ce jeudi sur l'enchaînement des événements depuis lundi soir. Il ressort que le bébé a été enlevé entre 23h et 23h30 de la maternité de l'hôpital Robert-Ballanger d'Aulnay-sous-Bois. L'hôpital a été "alerté par le débranchement des capteurs cardiaques". La police a été avertie par le personnel du service de néonatologie et l'exploitation des caméras de vidéosurveillance a permis de voir que les parents ont quitté la maternité vers 23h30 avec un "sac de type cabas". Les enquêteurs soupçonnent que Santiago, alors âgé de 17 jours, y était dissimulé. Les parents ont ensuite quitté l'hôpital à bord d'une voiture dans laquelle se trouvaient "d'autres personnes". Une fois l'enlèvement constaté, les policiers ont "vainement" tenté "de contacter la mère sur son téléphone", se sont rendus "aux adresses déclarées par les parents" et "par l'intermédiaire de membres de la famille", indique le procureur. "Le couple a gagné la Belgique avec le nourrisson dans la nuit", a indiqué Eric Mathais, précisant que "les investigations en Belgique ont confirmé la présence du couple dans ce pays". Une "chambre d'hôtel de Mons", commune située près la frontière française, "a été identifiée et perquisitionnée. Elle a visiblement été occupée une partie de la nuit par les parents et possiblement Santiago". Les parents ont été filmés par les caméras de surveillance de l'hôtel, a appris franceinfo. Par la suite, "un véhicule Audi" bleu foncé immatriculée en France susceptible d'avoir été utilisée dans leur fuite par les parents de Santiago "a été identifié et localisé à Charleroi", à une quarantaine de kilomètres de là.
L'interpellation des parents, qui a eu lieu à Amsterdam vendredi vers 19 heures, s'est déroulée "sans heurts" a expliqué le procureur du roi de Mons-Tournai, Vincent Macq. Dans un hôtel d'Amsterdam, trois adultes étaient présents : les parents du petit Santiago et sa grand-mère, a-t-il précisé. Deux autres enfants étaient également sur place : "La sœur de Santiago très vraisemblablement" et un autre qui reste à identifier. "Les parents ont été privés de liberté", a-t-il ajoutant, sans autres précisions, soulignant que la police néerlandaise était en charge du dossier. Interrogé sur le déroulement de l'enquête, il a souligné que l'analyse des données téléphoniques ainsi que des écoutes avaient joué un rôle déterminant. "C'est jeudi qu'on se rend compte qu'il y a une piste qui s'oriente vers les Pays-Bas car le roaming (l'itinérance, en français) néerlandais est activé" a-t-il expliqué. Pendant la cavale des parents, des recherches ont été menées à leur domicile à Noisy-le-Sec, ainsi qu'à l'adresse de plusieurs membres de leur famille. Mardi matin, cinq personnes - trois hommes dont un mineur et deux femmes - âgées de 16 à 29 ans, avaient été placées en garde à vue. Deux de ces gardes à vue ont été levées, tandis que trois personnes ont été mises en examen. Deux hommes, un mineur et un majeur, ont été mis en examen pour enlèvement et séquestration d'un mineur de moins de 15 ans en bande organisée et incarcéré provisoirement, a indiqué vendredi le parquet. Une femme a été, elle, mise en examen pour non dénonciation de crime et placée sous contrôle judiciaire. Les parents de Santiago sont suspectés de l'avoir enlevé.
Infanticides et autres violences faites aux enfants
BFM-Police-JusticePublié le 13/07/2024 à 17h54Après la mort de la petite Célya, 6 ans, ce vendredi, le compagnon de sa mère est le principal suspect dans cette affaire. Vendredi 12 juillet, l'alerte enlèvement est déclenchée pour Célya, 6 ans. Quelques heures plus tard, son corps sans vie est retrouvé, à Saint-Martin-de-l'If (Seine-Maritime). Le procureur de la République de Rouen, Frédéric Teillet, rapporte des "faits d'une extrême violence". Le phénomène est loin d'être isolé. Le 6 juillet à Paris, un père de famille a défenestré ses deux enfants, avant de se tuer en se jetant dans le vide. Si leur pronostic vital a été engagé, ils sont aujourd'hui hors de danger. "Un enfant meurt tous les cinq jours, en France, tué par un de ses parents" rappelait le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, en mars 2023, dans la dernière circulaire qui traite de la lutte contre les violences faites aux mineurs. Dans une note publiée en mars 2024, l'Observatoire national de la protection de l'enfance (ONPE) communique le chiffre de 60 mineurs victimes "de mort violente au sein de la famille" en 2022, chiffre le plus récent disponible. En 2021, c'était 49 enfants âgés de 0 à 18 ans. Très majoritairement, les victimes sont âgées de moins d'un an, elles représentent 81% des cas selon un avis de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) publié en décembre 2023. Les deux organismes attribuent leurs chiffres au Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI). En janvier 2024, il a publié une note qui rescense les victimes d'homicides sur le territoire français. Note sur laquelle se fondent l'ONPE et la CNCDH pour établir leurs statistiques.
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Cependant, il n'y a pas un chiffre clair et arrêté des infanticides. Ce qui contraint les deux organismes à compiler ces données avec d'autres, celles notamment du ministère de la Justice concernant l'aide aux victimes, ou celles du centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc), sous l'autorité du ministère de la Santé. La CNCDH regrette la partialité des données relatives aux infanticides "largement méconnues et insuffisantes". "Aucun recensement précis et centralisé n’est effectué à ce jour" souligne la commission qui indique que ce suivi lacunaire les amène à penser que le nombre d'infanticides "est plus important dans la réalité". L'institution évoque un "chiffre noir". La CNCDH évoque les "meurtres non révélés de nouveaux-nés à la naissance", ou encore "les homicides d’enfants non repérés, principalement ceux victimes du syndrome du bébé secoué (SBS)" qui toucherait environ 400 enfants chaque année selon Santé publique France (SPF). Publié le 31 août 2022 à 9h20, mis à jour le 31 août 2022 à 11h4132 cas de bébés secoués ont été recensés en 2021, rien qu'à l'hôpital Necker.
Dans le même temps, le taux de mortalité est en forte augmentation. Les spécialistes appellent les autorités sanitaires à agir dès maintenant pour endiguer le phénomène. Le constat est alarmant et les scientifiques appellent les autorités au sursaut. Selon une étude publiée le 30 août dans la revue scientifique Journal of the American Medical Association, depuis le début de la crise sanitaire, le nombre de "syndrome du bébé secoué" (SBS) est en pleine explosion. En deux ans, rien qu'à Paris, le nombre de cas est passé de 50 entre 2017 et 2018 à 32, rien que pour l'année 2021. En 2020, année marquée par les confinements successifs, 17 cas ont été recensés, selon l'étude menée par l'hôpital Necker (Paris). "Ces résultats suggèrent que l'augmentation marquée de l'incidence des traumatismes crâniens abusifs pendant la pandémie de COVID-19 dans la région de Paris devrait inciter à une prise de conscience clinique et à des actions préventives", indiquent les auteurs de l'étude. Le SBS est la forme la plus grave de maltraitance et de négligence envers les enfants et la cause la plus fréquente de décès traumatique chez les nourrissons dans les pays à hauts revenus. Si les recherches ne portent, dans ce cas, que sur la région francilienne, les spécialistes du syndrome du bébé secoué estiment que la tendance est la même dans le reste du pays. Pour la cofondatrice de Stop bébé secoué, Maryline Koné, interrogée par nos confrères du Parisien, "ce n’est pas un phénomène parisien. Des cas, il y en a partout, tout le temps. Nous sommes contactés presque toutes les semaines". Selon les derniers chiffres disponibles de Santé Publique France, le nombre de cas était compris entre 500 et 700, entre 2015 et 2017, au niveau national.
Selon la dernière étude, ces cas de "bébés secoués" concernent principalement de jeunes nourrissons âgés d'environ quatre mois et, en majorité, des garçons (65%). Par ailleurs, au-delà du nombre de cas qui subit une forte explosion, la gravité de ces syndromes est aussi plus importante, en matière de mortalité. En 2021, 28% des enfants victimes de cette maltraitance sont décédés après avoir été secoués, contre 12% en 2020 et 4% entre 2017 et 2019. Les soignants de l'hôpital Necker de l'AP-HP, véritable référence en la matière, alertent déjà sur le début de l'année 2022. Selon les chiffres fournis au quotidien francilien, déjà 16 cas ont été recensés depuis le début de l'année rien que pour Necker. Pour tous les bébés inclus dans l'étude, les signes de gravité des violences infligées étaient très fréquents : 87% avaient une rupture des veines ponts (qui relient le cerveau à la paroi interne du crâne), 75% des hémorragies rétiniennes, 32% des fractures, 26% un état de mal épileptique, et 13% sont décédés. Face à cette recrudescence de violence infantile, souvent exercée par le père ou la nourrice, d'après les experts, le ministère de la Santé avait lancé une opération de communication choc, en janvier. Les spécialistes du syndrome demandent toutefois à l'exécutif d'en faire plus. Même s'ils avaient salué l'initiative.
Fugues et disparitions de mineurs
La fondation "Droit d'Enfance" rapporte une augmentation notable du nombre d'appels relatifs à des fugues. Un chiffre en baisse par rapport à 2023. 38 477 disparitions de mineurs ont été signalées aux forces de l'ordre en France en 2024, selon le rapport annuel du numéro d'urgence officiel "116 000 Enfants Disparus" publié ce dimanche. "105 enfants ont disparu chaque jour", précise ce rapport. Il s'agit d'une baisse de 6,1% par rapport à 2023. Ce nombre "passe pour la première fois sous la barre des 40 000, mais demeure très élevé", note le rapport. "Pour 95 % des signalements, il s’agit de fugues et les 5 % restant se partagent à la fois entre des enlèvements parentaux et les disparitions inquiétantes", a expliqué dimanche sur franceinfo Julien Landureau, porte-parole de la Fondation Droit d'enfance qui coordonne le numéro d'urgence 116 000. "La baisse du nombre de signalements de disparitions de mineurs poursuit le mouvement amorcé il y a deux ans". Le numéro d’urgence 116 000, gratuit, accessible 24 h / 24 et 7 j / 7, géré par la fondation Droit d’Enfance, a reçu plus d'appels en 2024 par rapport à 2023, soit une hausse de 9,8%, "signe d'une notoriété accrue du numéro d'urgence". Au bout de cette ligne téléphonique, "c'est une équipe qui est composée de psychologues, de juristes, de travailleurs sociaux qui va accompagner et soutenir les familles durant toute la disparition de l'enfant", a expliqué Julien Landureau.
Au total, 1 351 dossiers ont été ouverts par la cellule d'écoute de suivi (+3,8%), "avec une augmentation notable du nombre d'appels relatifs à des fugues (+7,1%). "Dans le mouvement des années précédentes, celles-ci continuent de concerner des enfants de plus en plus jeunes : 38,2% des fugueurs ont moins de 15 ans", assure la fondation. "Lorsqu'il s'agit de jeunes filles, une potentielle exploitation sexuelle est suspectée ou avérée dans près d'un dossier sur trois". Selon Julien Landureau, "dans la plupart des cas, les enfants sont retrouvés. D'ailleurs, lorsqu'il s'agit de fuguer, dans près d'un cas sur deux, le retour est volontaire". Le porte-parole de la Fondation Droit d'enfance pointe "les réseaux sociaux" ou le "téléphone portable où l'influence d'autres enfants qui eux-mêmes pensent à fuguer, a tendance à faire un effet boule de neige sur le rapport des plus jeunes à la fugue".
Enlèvements parentaux
Le nombre d'enlèvements parentaux reste stable, avec 665 signalements en 2024. "Parmi eux, 227 cas concernent des enlèvements internationaux, avec près de 50 pays concernés par au moins un cas depuis la France", d'après le "116 000 Enfants Disparus". Ainsi, relève la fondation, "dans cette situation, faire valoir ses droits peut s'avérer particulièrement difficile pour le parent victime". En effet, "ce sont des enlèvements qui mettent beaucoup de temps à être résolus", souligne Julien Landureau. En particulier lorsqu'ils sont réalisés vers l'étranger : "Il existe des conventions internationales, parfois même des conventions bilatérales entre la France et d'autres pays", mais "malheureusement, elles ne sont pas toujours respectées". Mais "si le nombre de signalements est en baisse, la complexité et la durée des disparitions tendent à s'aggraver", relève la fondation.
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