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Difficultés en Grande Section de Maternelle : Solutions et Accompagnement

L'école maternelle joue un rôle primordial dans le développement et l'apprentissage de l'enfant, constituant un passage essentiel de ses 3 à 6 ans. Sa mission principale est de susciter chez les enfants le désir d'apprendre et d'aller à l'école, en posant des bases solides et agréables pour la suite de leur scolarité. Cependant, certains enfants peuvent rencontrer des difficultés durant cette période. Cet article explore ces difficultés potentielles et propose des solutions pour les surmonter, en mettant l'accent sur le rôle de l'enseignant, la collaboration avec les parents et les professionnels de la rééducation, ainsi que sur l'adaptation de l'environnement et des activités.

Le Rôle Central de l'Enseignant de Maternelle

L'enseignant de maternelle est souvent le premier observateur extérieur de l'enfant, capable de repérer les difficultés émergentes et d'adapter sa pédagogie en conséquence. Il peut mettre en place des Activités Pédagogiques Complémentaires (APC) ou des Programmes Personnalisés de Réussite Éducative (PPRE) pour aider l'enfant à progresser.

Florence Cabellan, professeure des écoles avec 15 ans d'expérience en maternelle, souligne l'importance des remédiations précoces pour éviter que les écarts entre les élèves ne se creusent. Ces remédiations peuvent se faire en petits groupes, en ciblant des notions spécifiques comme le langage ou les outils pour structurer la pensée.

Si ces interventions s'avèrent insuffisantes, l'enseignant établit un compte-rendu précis des évolutions et des stagnations de l'enfant. Ces observations servent de base à un entretien avec les parents, afin de programmer une équipe éducative et de mettre en place des suivis avec des professionnels de la rééducation si nécessaire. Une communication régulière avec ces professionnels est également envisageable.

Identification et Compréhension des Difficultés

Les difficultés rencontrées par les enfants en grande section de maternelle peuvent se manifester de différentes manières :

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  • Difficultés dans les actes de la vie quotidienne : Difficulté à s’habiller seul, à communiquer, manque d’équilibre, crise d’angoisse, peur des changements…
  • Difficultés de mémorisation : Difficulté à mémoriser les lettres de son prénom.
  • Difficultés de compréhension : Difficulté à comprendre les consignes, à répondre aux questions sur une histoire.
  • Difficultés d'organisation : Difficulté à organiser ses gestes.

Pour identifier la source de ces difficultés, l'enseignant doit observer attentivement l'enfant, étudier le contexte et échanger avec la famille ou les professionnels de santé si l'enfant est déjà suivi. Il est important de filtrer les paramètres parasites et de cibler ce que l'on souhaite évaluer, en facilitant les tâches pour l'enfant.

Par exemple, face à un problème de motricité fine lors d'une activité de découpage-collage, l'Atsem (Agent Territorial Spécialisé des Écoles Maternelles) peut découper les images pour que l'enfant se concentre uniquement sur la remise en ordre. De même, pour un enfant distrait ou ayant du mal à tenir assis, l'enseignant ou l'Atsem peut le prendre sur les genoux ou à leurs côtés pour l'aider à fixer son attention. Des matériels spécifiques comme des vestes ou des peluches lestées peuvent également être utilisés pour calmer les enfants hyperactifs.

Solutions et Approches Pédagogiques

Plusieurs approches pédagogiques peuvent être utilisées pour aider les enfants rencontrant des difficultés en grande section de maternelle :

  • Approche haptique : Cette approche, qui passe par le toucher, est particulièrement utile pour les enfants ayant des difficultés à mémoriser les lettres. Il est conseillé de dire "cette lettre s'appelle…, elle fait ce son et on la trace comme ça avec le doigt" pour établir des connexions au niveau du cerveau.
  • Méthode gestuelle de Borel-Maisonny : Cette méthode préconise d'employer, dès la MS, le geste qui rappelle le son, et non la graphie, pour faciliter les apprentissages.
  • Activités de motricité : Pour les enfants ayant des difficultés à organiser leurs gestes, des activités comme le modelage ou l'utilisation de gommettes peuvent aider à travailler la tonicité musculaire et la précision.
  • Musique : La pratique de la musique contribue à améliorer les connexions neuronales.

L'Importance de la Communication et du Partenariat

La communication est essentielle pour la gestion de la classe de maternelle. Il est important de comprendre les enfants pour communiquer aisément avec eux. Un partenariat solide entre l'école, les parents et les professionnels de santé est crucial pour accompagner au mieux l'enfant.

Comme le souligne Florence Cabellan, "C’est un partenariat qui se met en place avec les parents et le corps médical. Ces approches sont complémentaires. Si on expérimente seul des choses dans sa classe et qu’il n’y a pas de prolongation à la maison, c’est inefficace."

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Aménagement de l'Environnement et Structuration de la Classe

La gestion d’une classe de maternelle passe par la création d’un environnement structuré. Les enfants de moins de 6 ans n’ont pas la même notion du temps que les adultes, ils ont donc besoin de repères temporels. De ce fait, leurs journées doivent être structurées, en plusieurs étapes, qui vont se répéter quotidiennement.

Pour obtenir de la régularité, vous pouvez mettre en place des moments de regroupement, en tout début de matinée, et après le moment du déjeuner. Ces instants permettent d’annoncer le reste du programme de la journée, encourager chaque enfant à exprimer comment il se sent, donner une dynamique à la classe. Ils ont alterné avec des ateliers en petits groupes ou des espaces de jeu libre.

Pour structurer l’environnement, il faudra aussi veiller à ce que la classe soit un lieu dédié à l’enfant, ou il sache facilement trouver ce dont il a besoin, de manière à être autonome. La célèbre pédagogue Maria Montessori accorde une importance toute particulière au cadre de travail du jeune enfant. Pour elle, la classe doit mettre à disposition des enfants, en accès libre, un matériel pédagogique adapté. Les classes Montessori offrent un environnement ordonné, organisé, doux et harmonieux aux enfants. L’enjeu est de donner aux enfants des repères et pour qu’ils gagnent en autonomie et en confiance en eux.

Jean Piaget et Seymour Papert considèrent que l’enfant apprend en interagissant avec son environnement. Il est important que la classe soit un endroit accueillant et chaleureux, mais aussi que les enfants s’approprient ce lieu, pour qu’ils puissent y devenir autonomes.

Pour bien organiser sa classe de cycle 1, il faut mettre l’accent sur les possibilités de jeu. En effet, le jeu est l’activité favorite des enfants, mais c’est aussi un excellent outil pour l’apprentissage. Pour structurer l’environnement de l’enfant, il faut aménager la classe avec des micro zones d’activités. Dans chacune de ses zones, l’enfant découvrira le cadre, les règles, qui composeront le jeu.

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  • Les jeux d’imitation dans lesquels l’enfant réinterprète la réalité et invente ses propres scénarios.
  • Les jeux d’exploration, de manipulation, les expérimentations.
  • Les jeux de construction.
  • Les jeux de règles, comme les jeux de société.

Chaque micro zone doit être facile d’accès par les enfants. Au fil de l’année, elles peuvent s’adapter à l’évolution des enfants, ou pour susciter un nouvel intérêt. En petite section, l’espace accordé aux jeux informels est plus grand.

Il peut facilement arriver que la classe de maternelle devient bruyante. Utilisez un mot, une phrase ou un geste qui fera comprendre aux élèves qu’il y a trop de bruit dans la classe. En maternelle, vous pouvez jouer avec cette solution : mettre son doigt sur sa bouche, claquer des doigts, chanter une chanson en chuchotant. Créer un espace dédié au calme dans la classe, sans que ce lieu ne soit une punition.

Gérer les Ateliers en Maternelle : Défis et Solutions

Une situation problématique courante en maternelle est la gestion des ateliers. Une enseignante stagiaire a rencontré des difficultés lors d'une séance d'ateliers avec sa classe de grande section, notamment en ce qui concerne la répartition des élèves, la transmission des consignes, la gestion des élèves inactifs et la validation du travail.

Les problèmes rencontrés incluent :

  • Répartition des élèves : L'appel des élèves et la répartition en groupes étaient confus, d'autant plus que le silence n'était pas de mise.
  • Consignes : L'enseignante a présenté les consignes à chaque groupe individuellement, laissant son propre groupe attendre seul.
  • Atelier dirigé : L'enseignante n'a pas pu être totalement attentive à son groupe en raison des sollicitations des autres élèves.
  • Élèves inactifs : Les élèves en ateliers autonomes sollicitaient constamment l'enseignante pour valider leur travail ou demander de l'aide.
  • Validation du travail : L'enseignante n'a pas pu valider le travail des ateliers autonomes, car certains élèves avaient détruit ou rangé les productions.
  • Activités post-ateliers : Les consignes concernant les activités à réaliser une fois l'atelier terminé n'ont pas été claires pour tous les élèves.

Face à ces difficultés, l'enseignante a tenté de répondre aux sollicitations et de rappeler les règles, mais sans succès. Elle a ensuite réfléchi à des solutions pour améliorer sa pratique.

Pistes de Réflexion et Solutions

Plusieurs questions se posent quant à la gestion des ateliers en maternelle :

  • Comment gérer le bruit pendant les ateliers ?
  • Faut-il créer des groupes figés ?
  • Comment répartir les élèves en groupes ?
  • Quand et comment donner les consignes ?
  • Comment gérer le travail en ateliers avec des élèves en maternelle ?
  • Peut-on laisser un enfant inactif sous prétexte qu'il ne fait pas partie du groupe effectuant l'atelier dirigé ?
  • Que doit-on imposer aux élèves ?
  • À quel moment doit-on prendre la décision d’arrêter une activité ?
  • Doit-on évaluer tous les ateliers ? Si oui, comment les évaluer ?

Les programmes de l'école maternelle n'évoquent que très peu les consignes et leurs modalités. Cependant, le référentiel des compétences des professeurs indique que l'enseignant doit formuler des objectifs, des consignes et des explications claires, et adapter les formes de communication aux situations et aux activités.

Une enquête menée auprès d'enseignants de maternelle révèle que la plupart pratiquent le travail en ateliers avec 2 à 4 ateliers en simultané. Ils utilisent le système des ateliers dirigés, semi-dirigés et autonomes, et sollicitent souvent l'ATSEM pour suivre l'atelier semi-dirigé. La présence d'une ATSEM est considérée comme un critère essentiel à l'organisation du travail en atelier.

Les modalités d'organisation sont données aux élèves au moment des consignes. La répartition des élèves est majoritairement hétérogène et fixée par l'enseignant, mais la plupart adaptent leurs pratiques aux besoins pédagogiques et constituent parfois des groupes homogènes. Les ateliers durent en moyenne une vingtaine de minutes.

Lorsque les élèves ont terminé leur travail, les enseignants proposent généralement des activités calmes (dessins libres, puzzles, lecture…). La verbalisation de ces activités disponibles est souvent intégrée au moment de donner les consignes d'atelier.

Concernant les consignes, il n'y a pas de consensus sur les modalités de transmission : certains les donnent oralement, d'autres utilisent des illustrations ou des pictogrammes. Certains expliquent les consignes de tous les ateliers à tous les élèves, tandis que d'autres ne donnent que la consigne qui concerne l'élève lorsqu'il est déjà installé à son atelier. La reformulation est souvent utilisée pour s'assurer de la compréhension.

La validation et le bilan dépendent des modalités d'ateliers. La validation des ateliers nécessitant un travail collectif ou ne nécessitant pas de validation individuelle est effectuée en regroupement.

L'Accompagnement des Élèves Dyspraxiques

Les enfants dyspraxiques rencontrent des difficultés spécifiques en maternelle, notamment en ce qui concerne l'écriture, la lecture et l'organisation spatiale. Il est essentiel d'aménager leur environnement et de leur proposer des outils adaptés pour compenser leurs difficultés.

Les difficultés des enfants dyspraxiques démarrent dès le début de l’apprentissage en grande section de maternelle. Ils peinent à reproduire les lettres en fonction du modèle qu’on leur présente, à tenir leur crayon correctement et à contrôler la pression qu’ils doivent exercer sur la feuille. Le tracé est peu fluide et reste lent. La lisibilité des lettres se dégrade au fur à mesure de l’exercice.

La lecture des nombres à plusieurs chiffres qui repose sur une norme spatiale posera des difficultés à tous ceux qui ont une perturbation du traitement visuo-spatial. Ils peuvent ainsi confondre 21 et 12. Enfin, la pose des opérations est un écueil fréquent. La géométrie les confronte à deux difficultés importantes : le traçage de figures et les perturbations du traitement de l’information visuo-spatiale.

L’objectif est avant tout d’éviter toutes les situations de double tâche liée à l’écriture manuscrite. L’enfant dyspraxique apprendra donc l’orthographe en épelant les mots ou en utilisant des lettres magnétiques, donnera des réponses orales aux questions ouvertes, utilisera un traitement de texte ou des contenus numériques scolaires adaptés. Les tâches motrices non pertinentes telles que le découpage et le collage d’étiquettes qui épuisent inutilement l’enfant sont aussi à éviter.

Des outils spécifiques peuvent faciliter l'inclusion scolaire des enfants dyspraxiques, comme le compas bulleyes facile à manipuler et la règle avec poignet spécialement conçue pour les enfants ayant une coordination difficile.

L'association le Cartable fantastique propose des ressources scolaires adaptées aux enfants dyspraxiques, notamment des exercices numériques et des manuels scolaires accessibles.

Le RASED : Un Soutien Précieux

Les Réseaux d'Aides Spécialisées aux Élèves en Difficulté (RASED) sont des dispositifs d'aide et de soutien aux élèves rencontrant des difficultés d'apprentissage ou de comportement. Les personnels des RASED apportent l’appui de leurs compétences aux équipes pédagogiques des écoles.

Les aides spécialisées peuvent intervenir à tout moment de la scolarité à l'école primaire, selon les besoins de l'élève. Elles peuvent prendre différentes formes.

La préparation des demandes de concertations au RASED est une étape importante. Il est conseillé de mettre en place des fiches de parcours scolaire pour chaque enfant, de rencontrer les familles et de discuter des difficultés de l'élève lors des conseils de cycle.

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