Dès l'école maternelle, certains élèves attirent l'attention des enseignants en raison de leurs attitudes, de leurs réponses aux consignes et de leur adaptation à la vie collective, révélant des difficultés susceptibles de nuire à leur avenir scolaire. L'École a pour ambition de garantir à tous les élèves des parcours scolaires continus et réussis. Dans un enjeu fondamental d’équité, l’École de la République doit prendre en compte l’ensemble des besoins partagés par les élèves, qu’ils soient reconnus ou non en situation de handicap, et les besoins plus spécifiques de certains d’entre eux.
Cet article explore les différents types de difficultés rencontrées par les enfants scolarisés, les dispositifs mis en place pour les accompagner, et les solutions possibles pour favoriser leur épanouissement et leur réussite.
Les différents types de difficultés scolaires
Les difficultés scolaires peuvent être multiples et variées. Elles peuvent être liées à des troubles spécifiques des apprentissages, à des facteurs psychologiques, sociaux ou environnementaux, ou à une combinaison de ces éléments.
- Troubles spécifiques des apprentissages (TSA ou DYS) : Ces troubles d'origine neurologique affectent l'acquisition et l'exécution de fonctions intellectuelles, motrices, langagières et sociales spécifiques. Les plus courants sont la dyslexie (difficulté de lecture), la dysorthographie (difficulté d'écriture), la dyscalculie (difficulté avec le calcul), la dyspraxie (difficulté d'exécution de gestes) et la dysphasie (trouble du langage). Selon l’Inserm, en France, un à deux élèves par classe a des difficultés d’apprentissage qui ont été définies : Les troubles DYS : dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, associés à la dysphasie Les troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/TDAH). Selon la Fédération française des Dys(FFDys), les Dys sont des « troubles neuro développementaux cognitifs et comportementaux qui se manifestent pendant l’enfance et qui impliquent des difficultés significatives dans l’acquisition et l’exécution de fonctions intellectuelles, motrices, langagières et sociales spécifiques ». Ces troubles sont dits « spécifiques » car ils n’affectent pas l’ensemble du fonctionnement cognitif et ne constituent pas, de ce fait, une déficience intellectuelle globale ou de l’autisme. Les troubles spécifiques des apprentissages comprennent le déficit en lecture (dyslexie) le déficit de l’expression écrite (dysorthographie) le déficit du calcul (dyscalculie). La dyslexie : le trouble DYS le plus connu La plus connue est le trouble spécifique de la lecture, la dyslexie : l’enfant a du mal à reconnaître les lettres, donc à décrypter les mots et les dire de manière fluide. Loin de l’idée d’un problème d’éducation, le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (Troubles Déficitaires de l’Attention ou TDA/Troubles Déficitaires de l’Attention avec Hyperactivité ou TDAH) est un problème du neurodéveloppement de l’enfant, provoqué par la structure et le fonctionnement de son cerveau.
- Troubles de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) : Ce trouble neurodéveloppemental affecte l'attention, l'impulsivité et l'hyperactivité.
- Troubles du spectre de l’autisme (TSA) : Les TSA affectent la communication, les interactions sociales et le comportement.
- Difficultés psychologiques : L'estime de soi, l'anxiété et la dépression sont des facteurs psychologiques qui peuvent affecter l'apprentissage. L’enfant en manque d’estime de soi est alors persuadé de son incompétence dans de nombreux domaines et a tendance à se rabaisser. Ce phénomène se traduit par des souffrances psychologiques qui amène l’enfant à ne pas essayer, étant sûr de ne pas y arriver. Un enfant anxieux renferme intérieurement des inquiétudes permanentes et des craintes qui pèsent sur son équilibre personnel. Son état psychologique est évidemment touché et ses fonctions cognitives s'en voient bloquées. L’enfant a alors plus de mal à mémoriser les informations et restituer ses connaissances, son état de concentration étant perturbé. Cette anxiété peut être occasionnelle comme lors de l’approche d’un examen, ou permanente.
- Facteurs environnementaux et sociaux : Des raisons intrinsèques à la famille et l’environnement social de l’enfant : facteurs socioculturels, éducatifs, affectifs. Les difficultés que la société actuelle génère qui réduisent l’accès aux apprentissages et en ré-interrogent parfois le sens pour les élèves : hyperconnexion internet, éloignement de la lecture et de l’écriture manuelle… Un enseignant trop autoritaire générateur de difficultés scolaires et de blocages : problèmes relationnels.
Dispositifs de soutien et d'accompagnement
Face à ces difficultés, différents dispositifs de soutien et d'accompagnement sont mis en place au sein de l'Éducation nationale et par des organismes spécialisés.
- Les Réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased) : Les enseignants spécialisés et les psychologues de l'éducation nationale des Rased dispensent des aides spécialisées aux élèves d'écoles maternelles et élémentaires en grande difficulté. Ces aides sont pédagogiques ou rééducatives. Ils sont membres à part entière de l'équipe enseignante des écoles où ils exercent. Les Rased renforcent les équipes pédagogiques des écoles. Ils les aident à analyser les situations des élèves en grande difficulté et à construire des réponses adaptées. Ils contribuent à l'aide personnalisée et à la mise eu œuvre des programmes personnalisés de réussite éducative (PPRE). L'aide spécialisée vise a remédier aux difficultés qui résistent aux aides que le maître de la classe apporte.
- Le Programme personnalisé de réussite éducative (PPRE) : Le PPRE est un plan d'actions conçu pour répondre aux difficultés d'un élève. Il peut être proposé à l'école et au collège. Si l’équipe enseignante ou si vous constatez que votre enfant éprouve des difficultés importantes dans ses apprentissages, la mise en place d’un PPRE lui permettra de bénéficier d’un soutien pédagogique spécifique (pendant le temps scolaire et en dehors) afin de : surmonter ses difficultés, progresser dans ses apprentissages, maîtriser les compétences socles, retrouver confiance. Dispositif d’accompagnement pédagogique, d’une durée courte et ajustable, le PPRE consiste en un plan coordonné d'actions fixant les objectifs, les modalités pédagogiques, les échéances et les modes d'évaluation. Document écrit, le PPRE formalise les engagements pris entre l'élève, sa famille et l'équipe éducative. Y sont précisés : l'identité et la classe de l'élève, la ou les compétences à travailler, l'objectif à atteindre, les membres de la communauté éducative impliqués, la période de mise en œuvre du PPRE. À noter : l'essentiel des actions prévues dans le cadre du PPRE est conduit au sein de la classe grâce à un accompagnement pédagogique spécifique, sauf si la participation de personnes extérieures est requise. L’équipe pédagogique met en œuvre le PPRE, sous la coordination de l’enseignant ou du professeur principal de l’élève. La mise en œuvre du PPRE peut également faire appel à des enseignants extérieurs à l'équipe pédagogique de la classe ou à d'autres professionnels qualifiés. Le cas échéant, la participation de personnes extérieures est précisée dans le PPRE, notamment si s'imposent un suivi médical (orthophoniste, psychologue, etc.), la mise en place de partenariats (soutien scolaire en lien avec la municipalité ou les associations, dispositifs de réussite éducative), la participation de l'élève à l'accompagnement éducatif.
- Le Plan d'accompagnement personnalisé (PAP) : Le plan d’accompagnement personnalisé permet à tout élève présentant des difficultés scolaires durables en raison d’un trouble des apprentissages de bénéficier d’aménagements et d’adaptations de nature pédagogique. Dispositif interne à l’établissement, le plan d’accompagnement personnalisé (PAP) est un dispositif d'accompagnement pédagogique. Il concerne les élèves qui connaissent des difficultés scolaires durables ayant pour origine un ou plusieurs troubles des apprentissages (dyslexie, dysphasie, dyspraxie…) évoluant sur une longue période sans reconnaissance du handicap et pour lesquels ni le programme personnalisé de réussite éducative ni le projet d'accueil individualisé (PAI) ne constituent une réponse adaptée. Il s'adresse aux élèves scolarisés en école primaire (maternelle ou élémentaire) ou secondaire (collège, lycée) pour lesquels des aménagements et adaptations de nature pédagogique sont nécessaires, afin qu'ils puissent poursuivre leur parcours scolaire dans les meilleures conditions, en référence aux objectifs du cycle. Le constat des troubles des apprentissages de votre enfant est effectué par le médecin de l'Éducation nationale. Au vu de l’examen qu'il réalise ou à partir des, des bilans psychologiques et paramédicaux réalisés auprès de l'élève qui lui sont transmis, il donne un avis sur la pertinence de la mise en place d'un PAP. Le directeur d'école ou le chef d'établissement élabore ensuite le plan d'accompagnement personnalisé avec l'équipe éducative, chargée de proposer des aménagements pédagogiques pour répondre aux difficultés de votre enfant. Il prend également soin d’associer les professionnels concernés ainsi que vous en tant que parent. Une fois élaboré, le PAP vous est transmis pour accord et signature. À savoir : une évaluation des aménagements et des adaptations pédagogiques est faite tous les ans, au regard des progrès réalisés par l'élève. Réactualisé et enrichi tous les ans, le PAP suit l'élève tout au long de sa scolarité, autant que de besoin. Véritable outil de suivi, il est organisé par cycles de la maternelle au lycée, afin d'éviter la rupture dans les aménagements et adaptations.
- Le Projet personnalisé de scolarisation (PPS) : Le projet personnalisé de scolarisation (PPS) est un document écrit qui sert à définir les besoins particuliers de l’enfant au cours de toute sa scolarité. Le projet personnalisé de scolarisation (PPS) s’adresse aux élèves reconnus en situation de handicap par la CDAPH relevant de la MDPH. Il concerne tous les enfants dont les situations nécessitent une compensation et des aménagements sur le plan scolaire relevant d’une décision de la CDAPH, y compris pour les élèves accueillis dans un établissement médico-social. Le PPS est une des composantes du plan personnalisé de compensation (PPC), il permet d’assurer la cohérence et la continuité du parcours scolaire de chaque élève handicapé de trois à vingt ans. Le projet personnalisé de scolarisation définit les modalités de déroulement de la scolarité et les actions pédagogiques, psychologiques, éducatives, sociales, médicales et paramédicales répondant aux besoins particuliers de l’élève en situation de handicap dans un contexte donné. Il précise en outre, s'il y a des aménagements matériels ou des accompagnements humains à mobiliser pour favoriser sa réussite et son confort quotidien. Selon les besoins de l’élève, le PPS permet à la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées de prendre les décisions relatives : à l’orientation scolaire (la scolarisation peut être individuelle ou collective ou en établissement médico-social), à l’attribution de matériels pédagogiques adaptés (ordinateur, etc.) aux mesures d’accompagnement (accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH), service d'éducation spéciale et de soins à domicile (Sessad), orthophoniste, etc., à l’aménagement de la scolarité (temps partiel, prise en charge extérieure durant les heures scolaires (orthophoniste, psychologue, répétiteur CNED, etc.)), à l’aménagement pédagogique (allègement du temps scolaire, etc.). Les directeurs d’école et chefs d’établissement sont responsables de la mise en œuvre du PPS de l’élève accompagné. Une fois validé le PPS est remis à l’enseignant référent désigné par la MDPH et nommé par l’inspecteur d’académie. Afin d’assurer la mise en œuvre du PPS, l’enseignant référent est chargé de mettre en place et d’animer une équipe de suivi de scolarisation (ESS).
- Les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) : Les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) sont des personnels chargés de l’aide humaine.
- Les Unités d’Enseignement (UE) : Les unités d’enseignement (UE) constituent le dispositif de scolarisation des établissements médico-sociaux (EMS) pour les enfants ou adolescents qu’ils accueillent. En fonction des besoins des enfants ou adolescents qui y sont accueillis, l’unité d’enseignement peut être localisée pour tout ou partie au sein des établissements médico-sociaux ou des établissements scolaires (unité d’enseignement interne ou externe). L’externalisation des unités d’enseignement (UEE) dans les établissements scolaires se fait par transfert des unités localisées dans les établissements médico-sociaux vers l’école ordinaire. À chaque fois que cela est profitable aux élèves, les unités d’enseignement sont implantées dans les établissements scolaires plutôt que dans les établissements médicaux-sociaux. Les unités d’enseignement externalisées sont plus nombreuses chaque année. En 2022, environ 20% des jeunes accompagnés dans les IME étaient scolarisés dans des unités d’enseignement externalisées, ainsi que 16% des jeunes de l’IEM.
- Les Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS) : Les pôles d’appui à la scolarité (PAS), expérimentés dans quatre départements à la rentrée 2024, sont déployés dans toutes les académies en 2025 et généralisés dans cinq nouveaux départements.
- Les professeurs ressources : Les professeurs ressources sont des enseignants spécialisés qui ont pour mission d’accompagner et de conseiller les professeurs qui enseignent à des élèves présentant des troubles du neurodéveloppement.
- L'accompagnement pédagogique à domicile, à l'hôpital ou à l'école (Apadhe) : L'accompagnement pédagogique à domicile, à l'hôpital ou à l'école (Apadhe) est mis en place lorsque l'élève, compte tenu de son état de santé, ne peut se rendre dans son établissement scolaire ou ne peut s'y rendre que partiellement. La réponse apportée peut être pédagogique, définie et mise en œuvre par le professeur dans sa classe. Elle peut aussi être de l’ordre d’un premier accompagnement humain, exercé par un professionnel (éducateur spécialisé, assistant d’éducation (AED), professeur ressource, réseau d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased), professionnels médico-sociaux, etc.) identifié par le pôle d’appui à la scolarité.
- Les Établissements régionaux d'enseignement adapté (Erea) : Les Erea sont des établissements publics locaux d'enseignement (EPLE). Les enseignements généraux et professionnels adaptés constituent l'une des réponses que le collège apporte à la diversité des élèves.
- Les écoles spécialisées : Au sein des écoles CERENE, spécialisées dans l’accompagnement des enfants présentant des troubles des apprentissages comme la dyslexie, la dyspraxie ou encore d’autres difficultés scolaires, les cours se déroulent en petits effectifs pour mieux apprendre. Les élèves sont épaulés par une équipe pluridisciplinaire ainsi que par des rituels rassurants et structurants.
- Adaptations pédagogiques et aménagements de scolarité : Les élèves en situation de handicap peuvent bénéficier d’aménagements pédagogiques (cours transmis sur clé USB, évaluations aménagées, police de caractère adaptée, fiche mémo…) et d’aménagements de scolarité (emploi du temps adapté) Si votre enfant présente des troubles de santé, il peut bénéficier d’aménagements de scolarité dans le cadre d’un plan d’accueil individualisé (PAI). Pendant son temps de présence dans l’établissement, votre enfant pourra bénéficier selon les indications figurant dans son PAI : d’aménagements d’horaires ; de dispenses de certaines activités pouvant se montrer incompatibles avec l’état de santé de votre enfant ; d’activités de substitutions ; d’une autorisation de prise d’éventuels traitements au cours de la journée ; de l’application de régimes alimentaires.
Rôle des parents et de l'entourage
L'implication des parents et de l'entourage est essentielle pour accompagner au mieux l'enfant en difficulté. Il est important de :
Lire aussi: École Maternelle Pierre Fons : Détails et Avenir
- Être à l'écoute de l'enfant : Observer ses difficultés, ses frustrations, ses angoisses et l'encourager à exprimer ses émotions.
- Communiquer avec l'équipe éducative : Échanger régulièrement avec les enseignants, les psychologues scolaires et les autres professionnels impliqués dans le suivi de l'enfant.
- Mettre en place un environnement favorable à l'apprentissage : Aménager un espace de travail calme et organisé, encourager la lecture et les activités culturelles, limiter le temps passé devant les écrans.
- Valoriser les efforts et les progrès de l'enfant : L'encourager et le féliciter pour ses réussites, même petites, afin de renforcer sa confiance en lui et sa motivation.
- Rechercher un soutien extérieur si nécessaire : Faire appel à des professionnels spécialisés (orthophonistes, psychomotriciens, psychologues, etc.) pour une prise en charge adaptée.
- Bien expliquer les troubles des apprentissages à l’enfant lui-même. Il s’agit alors de lui expliquer que ses troubles ont une origine neurologique qui n’a rien à voir avec son intelligence. Cela a pour conséquence de le déculpabiliser car il prend conscience qu’il n’est pas responsable de son état. On peut aussi le responsabiliser en l’intégrant dans sa prise en charge pour qu’il comprenne que les intervenants - psychologues, psychiatres…- et les médicaments sont là pour l’aider. Enfin, un enfant doit pouvoir s’appuyer sur ses points forts. C’est pourquoi il n’est pas inutile d’insister sur ses forces, ses qualités, le système de valeurs familiales…
Aménagements pour les examens
Lors des examens, l’élève peut avoir recours à des interfaces de communication pratiquant le mode de communication qu’il utilise habituellement : LSF, LPC. les conditions de déroulement des épreuves, de nature à lui permettre de bénéficier des conditions matérielles ainsi que des aides techniques et humaines appropriées à sa situation. une majoration du temps imparti pour une ou plusieurs épreuves, qui ne peut excéder le tiers du temps normalement prévu pour chacune d'elles. Toutefois, sur demande motivée du médecin désigné par la CDAPH, cette majoration peut être augmentée du fait de la situation exceptionnelle de votre enfant. Pour faire une demande d'aménagement d'examen et de concours, il n’est pas obligatoire que vous ayez déjà un dossier MDPH. Pour permettre à votre enfant d’en bénéficier, vous devez adresser une demande à l'un des médecins désignés par la CDAPH. Ce dernier rend un avis dans lequel il propose des aménagements et qu’il adresse à l'autorité administrative compétente pour ouvrir et organiser l'examen ou le concours ainsi qu’à vous (votre enfant, s’il est majeur).
Lire aussi: Trouver une école maternelle musulmane en Île-de-France
Lire aussi: Élaboration PPMS maternelle
tags: #ecole #pour #enfant #en #difficulte #types