La procréation médicale assistée (PMA) est devenue une composante essentielle de la santé reproductive. Parmi les techniques de PMA, la fécondation in vitro (FIV) occupe une place prépondérante. Cet article explore le devenir des embryons issus de la FIV, en abordant les différentes étapes du processus, les options disponibles pour les embryons non transférés, et les considérations éthiques et légales qui y sont associées.
Les Étapes Clés de la FIV et la Création d'Embryons
Stimulation Ovarienne et Ponction Folliculaire
La FIV commence par une stimulation ovarienne contrôlée, visant à obtenir le développement simultané de plusieurs follicules. Ce traitement hormonal, administré par injection, est surveillé par des échographies et des dosages hormonaux. Lorsque les follicules sont matures, une injection finale est prescrite pour déclencher l'ovulation. La ponction folliculaire, réalisée par voie vaginale sous contrôle échographique et sous anesthésie ou analgésie, permet de prélever les ovocytes contenus dans les liquides folliculaires.
Fécondation In Vitro
Après la ponction, les ovocytes sont transmis au laboratoire où leur nombre et leur aspect sont évalués. La fécondation peut se faire de deux manières :
- FIV conventionnelle : Les spermatozoïdes préparés sont simplement déposés au contact des ovocytes dans une boîte de culture contenant un milieu spécifique. Les spermatozoïdes mobiles viennent spontanément féconder l'ovocyte.
- ICSI (IntraCytoplasmic Sperm Injection) : Cette technique est utilisée en cas d'anomalies spermatiques sévères. Un seul spermatozoïde est sélectionné et injecté directement dans l'ovocyte mature. L'ICSI a été mise au point par l'équipe de Palermo en 1992.
Développement Embryonnaire et Sélection
Le lendemain de la ponction, les ovocytes fécondés (zygotes) sont identifiables par la présence de deux noyaux, les pronucléï. Les zygotes se divisent ensuite pour devenir des embryons de deux à quatre cellules en 24 heures, puis de six à huit cellules 24 heures plus tard. Le laboratoire informe les patients des résultats obtenus. Le succès de la FIV est principalement lié à la qualité des embryons qui ont été transférés. Si ces embryons sont viables, ils mèneront à une grossesse.
Le Transfert Embryonnaire
Le transfert embryonnaire est un geste simple et indolore, généralement pratiqué sous échographie. Il consiste à introduire un cathéter fin et souple par voie vaginale dans l'utérus pour y déposer le ou les embryons. En général, un seul embryon est transféré pour limiter les risques de grossesse multiple. Deux embryons peuvent être proposés selon la qualité embryonnaire, l'âge de la patiente et les antécédents de tentatives. Le National Institute for Health and Clinical Excellence (NICE) d’Angleterre recommande d’informer les patientes qu’un repos de plus de 20 minutes après un transfert d’embryon n’améliore pas les taux de succès.
Lire aussi: Tout savoir sur le parcours d'Auxiliaire de Puériculture
Le Devenir des Embryons "Surnuméraires"
Il arrive fréquemment que le nombre d'embryons obtenus soit supérieur au nombre d'embryons transférés. Ces embryons sont dits "surnuméraires". Le couple a alors plusieurs options quant à leur devenir :
Congélation Embryonnaire (Cryoconservation)
S'il y a un ou plusieurs embryons qui présentent des caractéristiques morphologiques compatibles avec des chances de grossesse, ils peuvent être congelés. La congélation permet de refaire un transfert embryonnaire en cas d'échec lors du premier transfert (sans refaire une ponction d'ovocytes) ou de faire un transfert plus tard lors d'un autre projet parental. Il n'y a pas de limite de temps pour la durée de congélation, toutefois les couples sont informés tous les ans sur le devenir des embryons congelés.
Don d'Embryons
Les couples ou femmes non mariées ayant bénéficié d’une Assistance Médicale à la Procréation (AMP), et qui disposent d’embryons congelés pour lesquels ils n’ont plus, à titre personnel, de projet parental peuvent s’ils le souhaitent consentir à l’accueil de leurs embryons par un couple ou une femme non mariée qui ne serait pas en mesure de concevoir un enfant. Bien que cette procédure semble s’apparenter à un don, pour des raisons éthiques et philosophiques liées au statut particulier de l’embryon, on parle d’accueil d’embryon par un couple tiers ou une tierce personne. La loi de Bioéthique de 2021, il n’est possible de donner ses embryons qu’après avoir consenti à donner accès à ses données identifiantes et non identifiantes.
Don à la Recherche
Le couple peut décider de donner les embryons à la recherche. Le consentement du couple est exprimé dans les mêmes conditions que celles posées à l’article précédemment cité du Code de la santé publique. Les embryons sur lesquels une recherche a été conduite ne peuvent être transférés à des fins de gestation.
Arrêt de la Congélation et Destruction
Le couple peut choisir d'arrêter la congélation et donc de détruire les embryons surnuméraires. Cette dernière peut résulter d’une volonté exprimée par le couple, d’une abstention au contraire ou d’un désaccord prévus à l’article L. 2141-4 du Code de la santé publique. Dans le cas où l’un des deux membres du couple consultés à plusieurs reprises ne répond pas sur le point de savoir s’il maintient ou non son projet parental, il est mis fin à la conservation des embryons si la durée de celle-ci est au moins égale à cinq ans.
Lire aussi: Combien de Temps pour Devenir Assistant Maternel ?
Aspects Légaux et Éthiques
La loi encadre strictement le devenir des embryons issus de la FIV. Les couples qui disposent d’un ou de plusieurs embryons congelés sont consultés chaque année (et par écrit) sur leur souhait. Qu’une grossesse ait eu lieu ou non, la loi interdit d’effectuer une nouvelle ponction folliculaire dès lors que les embryons congelés n’ont pas tous fait l’objet d’un transfert utérin.
Quelle que soit la décision prise par le couple concernant le devenir de ses embryons, elle fait l’objet d’une première demande. Celle-ci devra être renouvelée par les conjoints après un délai de réflexion de trois mois. Ce dernier est imposé par la loi, il ne peut être outrepassé. De plus, il est important que les deux membres du couple soient d’accord sur le devenir du ou des embryons. Le transfert d’embryon post mortem est totalement interdit par la loi. En cas de séparation ou de divorce, les embryons ne peuvent pas être restitués à un membre du couple.
L’ADEDD a souhaité traiter cette question après les appels de certains parents ayant eu recours à une fécondation in vitro (FIV) avec production d’embryons « surnuméraires » et ne souhaitant plus avoir d’autres enfants. Leur principale inquiétude était le bien-être des enfants qui seraient issus d’un éventuel don de leurs embryons.
Issues des Grossesses Issues de la FIV
Les grossesses multiples constituent encore actuellement la complication majeure des traitements de fécondation in vitro (FIV) et la prévention de celles-ci reste une priorité. L'étude du devenir obstétrical et néonatal des grossesses singletons après FIV montre qu'elles sont associées à des issues défavorables spécifiques, qui semblent néanmoins s'atténuer au cours du temps. Les transferts d'embryons frais sont associés à un risque accru d'accouchement prématuré et de petit poids néonatal, alors que les transferts d'embryons congelés s'accompagnent d'une incidence accrue de prééclampsie, en particulier dans les cycles substitués ainsi que d'un risque augmenté de poids néonatal accru pour l'âge gestationnel et de macrosomie.
Lire aussi: Parcours pour devenir consultante en lactation
tags: #devenir #des #embryons #issus #de #FIV