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Développement Cérébral du Nourrisson: L'Importance Cruciale de la Nutrition

L'alimentation du nourrisson joue un rôle primordial dans son développement cérébral. Durant les premières années de vie, le cerveau subit une croissance et des changements considérables, ce qui rend l'apport nutritionnel particulièrement crucial. Cet article explore les liens étroits entre la nutrition et le développement cérébral du nourrisson, en mettant en lumière les nutriments essentiels, les recommandations alimentaires et les implications d'une alimentation adéquate ou inadéquate.

L'Impact des Acides Gras Oméga-3 sur la Maturation Cérébrale

L'apport alimentaire en acides gras oméga-3 est essentiel à la maturation du cerveau. Un apport insuffisant d'oméga-3 pendant la gestation et la lactation provoquerait des déficits de mémoire chez la progéniture en altérant le développement cérébral par des mécanismes bien précis.

Des études indiquent qu'une consommation maternelle insuffisante en oméga-3 serait liée à l'apparition de maladies neurodéveloppementales chez l'enfant, entraînant des déficits cognitifs (langage, mémoire, apprentissage…). Des stratégies alimentaires spécifiques enrichies en oméga-3 durant la gestation et la lactation pourraient donc permettre d'améliorer la fonction microgliale pour prévenir le développement de problèmes cognitifs chez la descendance.

Diversification Alimentaire: Introduction des Aliments Solides

La diversification alimentaire du nourrisson correspond à l’introduction d’aliments solides ou liquides autres que le lait de femme ou le lait infantile. Les recommandations ont beaucoup évolué ces dernières années, expliquant les différences de pratique inter­générationnelles. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande un allaitement maternel exclusif pendant six mois et une diversification alimentaire lorsque les besoins nutritionnels du nourrisson ne sont théoriquement plus couverts par l’allaitement maternel exclusif.

L’European Society for Paediatric Gastro­enterology, Hepa­tology and Nutrition (ESPGHAN) et l’European Food Safety Authority (EFSA) recommandent de débuter la diversification alimentaire entre 4 et 6 mois. Avant 3-4 mois, le développement psychomoteur du nourrisson ne lui permet pas encore de manger des aliments solides en toute sécurité. À l’inverse, si l’on reporte la diversification, le développement de la mastication risque de prendre du retard, et des troubles de l’oralité alimentaire peuvent apparaître ultérieurement.

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Contrairement à ce qui était préconisé dans les années 2000, il n’est plus conseillé de retarder l’introduction des aliments à haut potentiel allergénique. La texture des aliments doit être adaptée au dévelop­pement psychomoteur de l’enfant et à ses capacités masticatoires.

Besoins Nutritionnels Spécifiques du Nourrisson

Les besoins lipidiques des nourrissons sont supérieurs à ceux des enfants plus grands et des adultes, notamment pour leur développement cérébral. Les besoins en acides gras essentiels et semi-essentiels (acide linoléique, acide alphalinolénique, acide docosahexaénoïque [(DHA]) sont le plus souvent couverts par les laits infantiles. Après 1 an, la consom­mation de deux portions de poisson par semaine permet de couvrir les besoins en DHA.

Les besoins en fer absorbé sont très faibles pendant les six premiers mois de vie et augmentent ensuite. La Société française de pédiatrie recommande d’évaluer les apports, non pas en fer ingéré, mais en fer absorbé. Les besoins en fer absorbé (1 mg/j entre 6 et 12 mois) sont couverts par 700 mL de lait 2e âge, ou moins selon la consommation de viande par l’enfant.

Entre 4 mois et 1 an, le nourrisson passe progressivement de 5 à 6 biberons à 4 repas par jour, et d’une alimentation lactée à une alimentation plus proche de celle de ses parents ou de sa fratrie.

Introduction des Aliments et Textures

Les purées sont préparées en mélangeant des légumes à autant de pommes de terre ou de féculents (moitié moitié), cuits à la vapeur ou à l’eau, avec pas ou peu de sel. Les fruits sont généralement donnés d’abord sous forme cuite, en compote, mais peuvent également l’être sous forme crue, écrasée. Si le nourrisson refuse les purées à la cuillère, il est possible de les mélanger au lait de son biberon pour qu’il en accepte peu à peu le goût.

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Le gluten peut être introduit sous forme de céréales dans les biberons dès 4 mois. Comme tous les autres aliments, les viandes et poissons peuvent être introduits entre 4 et 6 mois. On commence par 10 g d’aliments mixés, soit 2 cuillères à café par jour, puis on augmente progressivement leur quantité jusqu’à 30 g/j à 1 an. Les fromages non pasteurisés sont fortement déconseillés avant l’âge de 10 ans, de même que les viandes crues ou peu cuites (cuire à coeur les viandes hachées) pour prévenir le risque de syndrome hémolytique et urémique chez l’enfant. Les produits de la mer crus sont également déconseillés avant l’âge de 5 ans.

L’installation du nourrisson pendant le repas est primordiale : en position contenue, dans les bras, ou dans une chaise haute adaptée. Il faut inciter les parents à donner à manger à leur enfant dans une ambiance calme, sans distraction. Il est important également que le nourrisson voit manger ses parents ou d’autres enfants pour qu’il soit en confiance avec les aliments proposés. La cuillère doit être adaptée à l’enfant et ne pas le blesser. Les parents peuvent être amenés à proposer 8 à 10 fois une nouvelle saveur avant que l’enfant ne l’accepte, mais en cas de refus il faut éviter tout forcing alimentaire.

Diversification Menée par l'Enfant (DME)

La diversification menée par l’enfant (DME) se définit par des aliments que l’enfant peut manger par lui-même, en limitant la nécessité d’utiliser la cuillère à moins de 10 % des aliments. Cela lui permet, dès l’âge de 5 à 7 mois, de prendre lui-même les aliments solides en main. Cette méthode a plusieurs avantages : développer plus précocement les capacités masticatoires, faire découvrir les goûts, individuellement, et diminuer le risque de néophobies alimentaires. Il est effectivement très important de laisser les enfants toucher et jouer avec les aliments qu’ils mettront à la bouche, pour qu’ils aient un rôle actif et autonome dans leur alimentation.

Aliments Essentiels pour la Croissance de Bébé

L’alimentation joue un rôle clé dans la croissance et le développement de bébé. Pour répondre à ses besoins nutritionnels, certains aliments sont particulièrement bénéfiques grâce à leur richesse en fer, vitamines et bons lipides.

Aliments Riches en Fer

Le fer est un nutriment clé pour le développement cérébral et la production des globules rouges. Une carence peut entraîner de la fatigue et un retard de croissance.

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Sources de fer adaptées à bébé :

  • Viandes maigres (volaille, bœuf bien cuit, veau)
  • Poissons (saumon, sardine, maquereau)
  • Légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots rouges)
  • Céréales infantiles enrichies en fer
  • Épinards et légumes verts feuillus

Astuce : vous pouvez associer ces aliments avec une source de vitamine C (orange, kiwi, poivron) pour favoriser l’absorption du fer.

Vitamines Essentielles

Les vitamines jouent un rôle crucial dans la croissance, l’immunité et la santé des os.

Les plus importantes pour bébé :

  • Vitamine D : elle est nécessaire à l’absorption du calcium (huile de foie de morue, œufs, poissons gras)
  • Vitamine A : elle favorise la vision et la croissance cellulaire (carottes, patate douce, abricots)
  • Vitamines du groupe B : elles sont indispensables au développement neurologique (banane, œufs, produits laitiers, viande)

Bons Lipides

Les lipides sont essentiels au bon développement cérébral et nerveux de bébé. Les oméga-3, en particulier, jouent un rôle clé.

Voici les meilleures sources de bons lipides :

  • Poissons gras (saumon, sardine, maquereau)
  • Huiles végétales (colza, lin, olive)
  • Avocat et fruits à coque (sous forme de purée pour éviter les risques d’étouffement)
  • Produits laitiers entiers (yaourt, fromage blanc)

Allaitement Maternel: Le Meilleur Allié pour la Santé du Bébé

L’OMS et le Programme national nutrition santé (PNNS) recommandent l’allaitement exclusif jusqu’aux 6 mois de l’enfant. L’allaitement diminue la mortalité des enfants, en particulier dans les pays en voie de développement, mais diminue aussi le risque de développer des affections respiratoires et gastro-intestinales dans les premières semaines de vie. Pour les nouveau-nés prématurés, qui constituent une population fragile, le lait maternel est particulièrement recommandé car il diminue le risque de pathologies qui leur sont propres.

Le lait maternel est composé de macronutriments : protéines, lipides, glucides, mais aussi de bien d’autres molécules : des oligosaccharides, des immunoglobulines, des ARN non codants et même un microbiome (ensemble de microorganismes).

La consommation de poissons gras par exemple (saumon, sardine, maquereau, etc.) augmente la teneur en oméga 3 dans le lait maternel. Il y a donc un levier pour augmenter la teneur en oméga 3 du lait maternel, qui n’est pas élevée sans supplémentation. Une augmentation de leur teneur dans le lait maternel ne peut donc qu’être bénéfique pour la santé du bébé.

Si cette concentration convient très bien aux enfants nés à terme, elle s’avère trop faible pour les bébés prématurés ; c’est pourquoi les services de néonatalogie supplémentent systématiquement le lait maternel en protéines pendant l’hospitalisation du bébé, ce que l’on appelle la « fortification ».

Le lait maternel évolue au cours des semaines d’allaitement, par exemple sa teneur en protéines diminue au fil des jours. La composition du lait dépend de la physiologie de la mère et on constate que le lait des mères d’enfants prématurés a une teneur en protéines plus élevée que le lait des mamans d’enfants nés à terme.

Préparations Infantiles: Une Alternative au Lait Maternel

Lorsque la maman ne souhaite pas ou ne peut pas allaiter, l’alternative est de donner aux bébés des préparations infantiles. On travaille avec les industriels pour leur proposer des préparations infantiles qui s’en rapprochent le plus possible. Ainsi dans ces préparations, au fil des recherches scientifiques, on y retrouve maintenant des oméga 3 (DHA), des probiotiques et 2 oligosaccharides du lait humain.

Des travaux de recherche ont montré que la teneur en protéines des préparations infantiles est associée positivement à la croissance : les enfants qui consomment des préparations plus riches en protéines ont un indice de masse corporelle (IMC) plus élevé à 18 mois.

Il a été démontré qu'aucun effet protecteur des formules hypoallergéniques contre d’éventuelles manifestations allergiques n’a été observé comparativement aux préparations infantiles classiques.

Nutriments Essentiels pour le Développement Cérébral

Certains nutriments soutiennent les neurones, les cellules nerveuses qui transmettent l'information dans tout le corps et vers et depuis le cerveau. Les neurones sont recouverts d'une substance connue sous le nom de myéline, qui les aide à transmettre l'information rapidement et efficacement. Le fer et la vitamine B12 soutiennent la formation de myéline.

D'autres vitamines, comme la B6 et le folate, jouent un rôle dans la production et le développement des neurotransmetteurs, les messagers qui véhiculent l'information des neurones aux cellules dans le reste de notre corps. Les neurotransmetteurs sont importants pour la concentration, le traitement de l'information et la concentration. Les vitamines peuvent soutenir la fonction cérébrale, aider au développement des voies neuronales chez les enfants et fournir un coup de pouce au soutien cognitif.

Acides Gras Oméga-3 (DHA & EPA)

L’acide docosahexaénoïque, communément appelé DHA, joue un rôle dans la fonction et la structure des membranes des cellules cérébrales. Un autre type d'oméga-3 est l'acide eicosapentaénoïque, ou EPA. L'EPA peut jouer un rôle dans l'attention et soutenir le développement cognitif global.

Les aliments riches en acides gras oméga-3 comprennent :

  • Poissons gras (comme le saumon, le maquereau et les sardines)
  • Graines de lin
  • Graines de chia
  • Noix
  • Oeufs ou lait enrichis

L'apport quotidien recommandé en oméga-3 totaux de la naissance à 1 an est de 0,5 gramme.

Choline

La choline est nécessaire à la production d'acétylcholine, un neurotransmetteur qui joue un rôle essentiel dans les fonctions cérébrales et du système nerveux ainsi que dans la mémoire. La choline soutient la signalisation cellulaire, la capacité d'apprentissage et la fonction cérébrale globale chez les enfants.

Pour incorporer plus de choline dans l'alimentation de votre enfant, optez pour :

  • Produits à base de soja
  • Jaunes d'œufs
  • Foie de boeuf
  • Quinoa
  • Légumes crucifères comme le brocoli et le chou-fleur

Il est recommandé aux nourrissons et aux enfants de consommer 125 milligrammes de choline par jour dans leur alimentation.

Vitamines B (B6, B9/Folate, B12)

Les vitamines B jouent un rôle dans la production d'énergie, la fabrication de neurotransmetteurs et la fabrication de molécules qui transportent l'information génétique, comme l'ADN et l'ARN. Elles aident également à réguler l'homocystéine, une substance décomposée par les vitamines B pour créer d'autres choses dont le corps de votre enfant a besoin.

Les vitamines B peuvent offrir de nombreux avantages, notamment :

  • Prévention du déclin cognitif
  • Soutien de la concentration
  • Régulation de l'humeur
  • Amélioration de la fonction nerveuse

Vous trouverez des vitamines B dans les aliments suivants :

  • Grains entiers
  • Viandes maigres
  • Volaille
  • Poisson
  • Oeufs
  • Produits laitiers
  • Légumineuses
  • Légumes à feuilles vertes

La B12 se trouve uniquement dans les aliments d'origine animale, pas dans les aliments d'origine végétale (à moins qu'ils ne soient enrichis). Donc, si votre enfant suit un régime végétarien ou végétalien, son risque de carence en B12 est plus élevé. Des suppléments sont disponibles si votre enfant risque davantage de ne pas consommer suffisamment de vitamine B12. Souvent, les multivitamines comprennent la B12.

Fer

Le corps de votre enfant utilise le fer pour fabriquer de l'hémoglobine et produire des globules rouges. L'hémoglobine est une protéine nécessaire aux globules rouges pour transporter l'oxygène vers le cerveau et d'autres parties du corps. Le fer soutient également la fabrication de neurotransmetteurs. Chez les enfants, le fer soutient la capacité d'attention, la capacité d'apprendre et l'énergie globale.

Les meilleures sources alimentaires de fer pour les enfants sont :

  • Viande rouge
  • Volaille
  • Poisson
  • Lentilles
  • Haricots
  • Épinards
  • Céréales enrichies

Les nourrissons et les jeunes enfants courent un risque plus élevé de carence en fer, car leur corps en croissance et en développement rapide en nécessite de grandes quantités. L'apport quotidien recommandé (AJR) de la naissance à 6 mois est de 0,27 milligramme, et de 6 mois à 1 an est de 11 milligrammes.

Zinc

Le zinc joue un rôle crucial dans l'apprentissage et la mémoire. Il améliore les processus cognitifs et renforce la fonction immunitaire, ce qui est important car la prévention des maladies soutient indirectement la santé cérébrale.

Vous pouvez trouver du zinc dans les aliments suivants :

  • Huîtres
  • Viande
  • Volaille
  • Noix
  • Graines
  • Produits laitiers
  • Légumineuses

Les bébés plus âgés qui sont allaités peuvent bénéficier du zinc dans leur alimentation, car le lait maternel ne contient pas suffisamment de zinc pour les bébés de 6 mois ou plus. Leur donner de la viande en purée est un bon moyen d'incorporer du zinc supplémentaire dans leur alimentation. Si votre enfant est végétarien, parlez à son pédiatre de la possibilité qu'il bénéficie d'un supplément de zinc.

Vitamine D

La vitamine D est importante pour la santé cérébrale des enfants car elle soutient le transfert d'informations de leurs cellules cérébrales vers le reste de leur corps. Les récepteurs de la vitamine D sont présents dans différentes zones du cerveau et on pense qu'ils jouent un rôle dans diverses fonctions neurologiques ainsi que dans la régulation de l'humeur.

La plupart des aliments ne contiennent pas de vitamine D naturellement, et beaucoup sont enrichis. Des exemples d'aliments qui contiennent de la vitamine D comprennent :

  • Les poissons gras (maquereau, thon, saumon, truite) sont de bonnes sources naturelles
  • Lait, yogourt et céréales enrichis
  • Jaunes d'œufs, qui contiennent de petites quantités de vitamine D

Les nourrissons allaités doivent prendre un supplément de vitamine D de 400 unités internationales (UI) ou 10 microgrammes par jour. Et les nourrissons qui consomment moins de 32 onces de préparation par jour en ont besoin de la même quantité. Les enfants qui vivent dans des régions qui ne reçoivent pas beaucoup de soleil peuvent également bénéficier d'une supplémentation en vitamine D, car l'exposition au soleil incite votre corps à fabriquer de la vitamine D.

Iode

L'iode est un autre minéral essentiel pour le cerveau en développement des enfants. Il est essentiel pour la production d'hormones thyroïdiennes, ce qui est essentiel pour le développement des os et du cerveau chez les nourrissons. L'iode est ajouté au sel étiqueté « iodé ». On le trouve également dans d'autres aliments comme :

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