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Deuil périnatal : Que faire après l'accouchement ?

Le deuil périnatal, une réalité douloureuse et souvent tabou, concerne la perte d'un bébé pendant la grossesse, à la naissance ou peu après. Chaque année, des milliers de familles sont confrontées à cette épreuve, qui peut prendre différentes formes : fausse couche, mort fœtale in utero, interruption médicale de grossesse (IMG), décès néonatal, etc. Cet article vise à informer et à accompagner les parents endeuillés, en abordant les aspects psychologiques, pratiques et sociaux du deuil périnatal.

Comprendre le deuil périnatal

Définition et réalités

Le deuil périnatal est défini par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comme le décès d'un bébé entre la 22e semaine d'aménorrhée et le 7e jour après la naissance. Cependant, cette définition stricte ne reflète pas la complexité du vécu des parents, pour qui le deuil peut commencer dès les premières semaines de grossesse et se prolonger bien au-delà de la période néonatale.

Plusieurs situations peuvent être à l'origine d'un deuil périnatal :

  • Fausse couche : interruption spontanée de la grossesse avant la 20e semaine d'aménorrhée.
  • Mort fœtale in utero (MFIU) : décès du fœtus après la 20e semaine d'aménorrhée.
  • Interruption médicale de grossesse (IMG) : interruption de grossesse pratiquée pour des raisons médicales, lorsque la santé de la mère ou de l'enfant est en danger. L'IMG peut être réalisée à tout moment de la grossesse si l'enfant à naître est atteint d'une affection particulièrement grave et incurable ou si la grossesse met gravement en danger la santé de la femme enceinte.
  • Décès néonatal : décès d'un bébé dans les 28 premiers jours de vie.

Un deuil spécifique

Le deuil périnatal est un deuil à part, souvent incompris et solitaire. Contrairement à d'autres formes de deuil, il est parfois minimisé par l'entourage, qui peut avoir l'impression que le bébé n'a pas vraiment existé. Les parents peuvent se sentir seuls dans leur souffrance, d'autant plus que la société a tendance à idéaliser la grossesse et la maternité.

Plusieurs facteurs rendent le deuil périnatal particulièrement difficile à vivre :

Lire aussi: Le vécu émotionnel de la fausse couche

  • L'absence de souvenirs : les parents ont souvent peu de souvenirs concrets de leur bébé, ce qui rend le travail de deuil plus abstrait.
  • La perte d'un projet : le deuil périnatal implique la perte d'un projet de vie, de rêves et d'espoirs familiaux.
  • La culpabilité : les parents peuvent se sentir coupables de la perte de leur bébé, se demandant ce qu'ils auraient pu faire différemment.
  • Le tabou : le deuil périnatal reste un sujet tabou dans notre société, ce qui peut empêcher les parents d'exprimer leur souffrance et de trouver du soutien.

Faire face au deuil périnatal

Reconnaître et exprimer sa souffrance

La première étape du deuil périnatal consiste à reconnaître et à accepter sa souffrance. Il est important de se donner le droit de pleurer, de crier, de se sentir en colère ou triste. Chaque émotion est légitime et doit être exprimée.

Pour se reconstruire, il est essentiel de mettre des mots sur l'épreuve que l'on a vécue. Un terme a même été créé pour désigner ces parents qui perdent un enfant très jeune ou in utero : ce sont des « paranges » (parents d'un ange). Extérioriser sa souffrance est primordial, d'autant qu'on peut se sentir très seul dans ce deuil pour lequel les proches ont parfois peu d'empathie.

Rituels et souvenirs

Même si l'enfant est mort dans le ventre de sa mère ou juste après sa naissance, lui dire au revoir est nécessaire pour être en mesure d'entamer le processus de deuil. La sage-femme peut vous proposer de le prendre dans vos bras si vous le souhaitez. Réfléchissez aussi aux rituels qui auraient du sens pour vous : vous pouvez donner un prénom à votre bébé, l'inscrire dans le livret de famille, demander une empreinte de son pied, son bracelet de naissance, une photo… Une cérémonie de funérailles peut parfois être organisée au sein de l'hôpital.

Plusieurs options s'offrent aux parents en matière de rituels et de souvenirs :

  • Donner un prénom au bébé : cela permet de reconnaître son existence et de lui donner une identité.
  • Inscrire le bébé sur le livret de famille : si le décès survient après 15 semaines d'aménorrhée, les parents peuvent demander à inscrire leur enfant sur le livret de famille.
  • Organiser des obsèques : les parents peuvent choisir d'organiser des obsèques pour leur bébé, qu'il s'agisse d'une inhumation ou d'une crémation. Si la famille laisse la maternité s’en occuper, elle le confirme par écrit. Une crémation collective est réalisée et la dispersion des cendres se fait sur les espaces dédiés tels les jardins du souvenir dans les cimetières de la plupart des grandes villes.
  • Créer des souvenirs : les parents peuvent conserver des objets ayant appartenu au bébé, comme une photo, une empreinte de son pied ou de sa main, un vêtement, etc.

Demander de l'aide

Il est important de ne pas rester seul face au deuil périnatal. De nombreuses ressources sont disponibles pour accompagner les parents endeuillés :

Lire aussi: Faire face au deuil après un avortement

  • Soutien psychologique : un psychologue spécialisé dans le deuil périnatal peut aider les parents à exprimer leur souffrance, à comprendre leurs émotions et à trouver des stratégies d'adaptation.
  • Groupes de parole : les groupes de parole permettent aux parents de partager leur expérience avec d'autres personnes ayant vécu un deuil périnatal.
  • Associations de soutien : de nombreuses associations proposent un accompagnement spécifique aux parents endeuillés, en leur offrant un soutien émotionnel, des informations pratiques et des conseils juridiques. Parmi ces associations, on peut citer Agapa, L’Enfant sans nom, Naître et vivre.
  • Soutien médical : les professionnels de santé (médecins, sages-femmes, infirmières) peuvent également apporter un soutien aux parents endeuillés, en leur fournissant des informations sur les aspects médicaux du deuil périnatal et en les orientant vers les ressources appropriées.

Prendre soin de soi et de son couple

Le deuil périnatal est une épreuve qui peut mettre à rude épreuve la santé physique et mentale des parents, ainsi que leur relation de couple. Il est donc essentiel de prendre soin de soi et de son couple pendant cette période difficile.

Voici quelques conseils pour prendre soin de soi :

  • Se reposer : le deuil peut être épuisant, il est donc important de se reposer et de dormir suffisamment.
  • Manger sainement : une alimentation équilibrée peut aider à maintenir son énergie et à améliorer son humeur.
  • Faire de l'exercice : l'activité physique peut aider à réduire le stress et l'anxiété.
  • Se faire plaisir : il est important de s'accorder des moments de plaisir et de détente, même si l'on n'en a pas toujours envie.

Il est important aussi de prendre soin de son couple, car le deuil est souvent vécu différemment par chaque parent. Voici quelques conseils pour préserver sa relation de couple :

  • Communiquer : il est essentiel de communiquer avec son partenaire, d'exprimer ses émotions et de partager ses besoins.
  • Être à l'écoute : il est important d'être à l'écoute de son partenaire, de respecter son rythme et de comprendre sa façon de vivre le deuil.
  • Se soutenir mutuellement : il est important de se soutenir mutuellement, de se réconforter et de se rappeler que l'on est ensemble dans cette épreuve.
  • Prendre du temps pour soi : il est important de prendre du temps pour soi, de se ressourcer et de se rappeler que l'on est une personne à part entière, au-delà de son rôle de parent endeuillé.

Grossesse après interruption médicale grossesse

Après une perte, envisager une nouvelle grossesse peut être une source d’angoisse et de doutes. Comment ne pas vivre cette maternité dans la peur ? Comment accueillir pleinement ce bébé tout en respectant la place de l’enfant perdu ? La grossesse qui suit sera souvent cachée et va se dérouler dans le silence ; les parents ne se sentent pas capables de mettre au monde un enfant bien portant, l’angoisse et la culpabilité sont alors très présents. La mère a le sentiment de ne pas avoir le droit de vivre une belle grossesse. Elle a souvent l’impression de trahir l’enfant perdu, et de l’oublier. Cette question de l’oubli est centrale : un conflit de loyauté s’installe entre l’enfant à venir et l’enfant décédé.

Les femmes peuvent parler des deux bébés pendant leur grossesse pour donner une place au premier, sa juste place. On observe souvent que cette place est trouvée au moment de l’arrivée de cet enfant qui suit : parfois cela se traduit par son inscription dans le livret de famille.

Lire aussi: Perspectives sur le deuil périnatal

Aspects juridiques et administratifs

La perte d'un bébé entraîne un certain nombre de formalités administratives, qui peuvent varier en fonction du terme de la grossesse et des circonstances du décès.

Déclaration de l'enfant

Dès lors que la grossesse atteint 15 SA, un certificat médical d’accouchement peut être produit, et ce qu’il s’agisse d’un accouchement spontané ou provoqué pour raison médicale (dont l’IMG, interruption médicale de grossesse). Entre 15 et 21 SA +6 jours et à partir de 22 SA si l’enfant est né sans vie : la famille dispose d’un délai de 10 jours pour décider si elle organise les obsèques ou non.

À partir de 22 SA, si l’enfant née vivant puis décède : la déclaration est obligatoire. Le délai légal est de 3 jours. Des actes de naissance et de décès sont établis et reportés obligatoirement dans le livret de famille.

Congés

Si l’interruption médicale de grossesse a lieu avant 22 semaines d’aménorrhée, le médecin peut établir un arrêt de travail. Au-delà de ce délai, la mère pourra bénéficier de son congé maternité et le père, de son congé paternité.

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