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Déterminer avec précision l'ovulation chez la chienne : méthodes et importance

La détermination précise de l'ovulation chez la chienne est cruciale pour optimiser la reproduction, qu'il s'agisse de planifier une saillie naturelle ou une insémination artificielle, ou de prévoir la date de la mise bas. Cet article explore les différentes méthodes disponibles pour déterminer avec précision l'ovulation chez la chienne, ainsi que leur importance dans la gestion de la reproduction canine.

Importance de la détermination précise de l'ovulation

Chez la chienne, l'estimation de la date de mise bas basée sur les jours écoulés depuis la saillie est peu fiable. Connaître la date d'ovulation permet, notamment, de :

  • Optimiser la fertilité : Déterminer le moment optimal pour la saillie ou l'insémination artificielle, augmentant ainsi les chances de conception.
  • Prévoir la date de mise bas : Anticiper la date de la mise bas (65 ± 1 jours après le pic de LH), ce qui est particulièrement important pour les chiennes à risque (chiot unique, antécédents de dystocie, etc.) afin de mettre en œuvre des soins appropriés ou de programmer une césarienne.
  • Gérer l'insuffisance lutéale : Ajuster l'administration de progestérone (P4) en cas d'insuffisance lutéale.
  • Programmer une césarienne : Pour les races prédisposées aux dystocies (brachycéphales, races géantes avec des portées de petite taille et des gros chiots), programmer une césarienne peu avant la date du terme limite le risque de prématurité des chiots et augmente le nombre de chiots vivants.

Méthodes de détermination de l'ovulation

Plusieurs méthodes permettent de déterminer l'ovulation chez la chienne, chacune ayant ses avantages et ses inconvénients. Ces méthodes peuvent être utilisées seules ou en combinaison pour une précision accrue.

Au moment de la saillie

1. Identification du pic de LH

Le pic de LH (hormone lutéinisante) est un repère physiologique fiable à partir duquel il est possible de déterminer la date de la parturition, qui survient 65 ± 1 jours après.

  • Évaluation directe par dosage de la LH sérique :

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    • La mise en évidence du pic de LH est difficile car l'augmentation de la LH sérique varie selon les chiennes, tant dans ses valeurs que dans sa durée.
    • Le pic de LH ([LH sérique] > 10 ng/ml) dure en moyenne 12 heures et l'augmentation de la LH sérique au-delà des valeurs basales, de 24 à 72 heures.
    • La valeur maximale de la LH sérique varie de 13,6 à 42,4 ng/ml, avec une moyenne de 24,8 ± 3,1 ng/ml.
    • Pour identifier ce pic, il convient donc de réaliser des mesures plusieurs fois par jour.
    • Techniquement, la mesure de la LH sérique repose sur l'évaluation de la fixation de la LH à un anticorps. Les tests radio-immunologiques et Elisa (enzyme linked immunosorbent assay, dosage immuno-enzymatique sur support solide) sont quantitatifs.
  • Évaluation indirecte par dosage de la progestérone sérique :

    • Chez la chienne, la lutéinisation des follicules ovariens débute avant l'ovulation.
    • La concentration de la progestérone plasmatique augmente progressivement d'une valeur basale inférieure à 1 ng/ml (3,18 nmol/l) en anœstrus et en pro-œstrus à 1 à 3 ng/ml (3,18 à 9,54 nmol/l) au moment du pic de LH.
    • Si J0 (jour du pic de LH) est défini comme le premier jour où la progestéronémie dépasse 1,5 ng/ml (4,77 nmol/l), la date de la mise bas peut être estimée avec 100, 90 et 67 % de succès dans des intervalles de respectivement 3, 2 et 1 jours pour une durée de gestation de 65 jours.
    • Ces résultats sont indépendants du poids des chiennes et de la taille de la portée.
    • Néanmoins, chez certaines chiennes, la progestérone plasmatique augmente au-dessus de 2 ng/ml (6,36 nmol/l) dans un premier temps, puis rechute ou plafonne à 2 ng/ml (6,36 nmol/l) pendant plusieurs jours. Cela conduit à des erreurs dans l'estimation de la date du pic de LH et rend le suivi de la chienne nécessaire jusqu'à ce que la concentration plasmatique de la progestérone soit compatible avec une ovulation.
    • En pratique, la progestéronémie est plus facile à doser que les valeurs sériques de la LH.
    • La méthode de référence pour mesurer la progestérone sérique est la radio-immunologie, réalisée dans les laboratoires d'analyses spécialisés. La mesure par immuno-chimioluminescence est également quantitative. Elle peut être effectuée dans les centres d'insémination, dans les cliniques vétérinaires qui disposent de l'appareil et dans certains laboratoires d'analyses de médecine humaine.
    • Comparée à la radio-immunologie, l'immuno-chimioluminescence ne requiert pas d'isotopes radioactifs, les appareils de mesure sont moins coûteux et leur maintenance est moins lourde. De plus, les résultats sont obtenus en une heure. En revanche, la précision de la mesure est inférieure et le seuil de détection est plus élevé.
    • Une évaluation semi-quantitative de la progestérone sérique est également possible avec des tests qui reposent sur la méthode Elisa, mais leur sensibilité est nettement inférieure à celle des tests quantitatifs, surtout dans la fourchette d'intérêt située entre 1,5 (4,77 nmol/l) et 3 ng/ml (9,54 nmol/l).

2. Identification du moment de l'ovulation

  • Dosage de la progestérone sérique :

    • Chez la chienne, la gestation dure le plus souvent de 63 ± 1 jours à partir de l'ovulation. Cependant, des variations sont observées selon le nombre de chiots ou la race.
    • L'ovulation a lieu 24 à 48 heures après le pic de LH et les valeurs de la progestéronémie qui y sont associées sont de 2 (6,36 nmol/l) à 8 ng/ml (25,44 nmol/l). Néanmoins, des variations importantes sont observées selon les femelles.
  • Examen échographique ovarien :

    • Il est possible de visualiser l'ovulation directement, par un examen échographique des ovaires.
    • Cette méthode requiert un échographe perfectionné et un manipulateur expérimenté, ainsi que des sondes de fréquence élevée.
    • Selon les auteurs, avec une sonde échographique de 7,5 MHz, l'ovulation est détectée chez 33 à 100 % des chiennes. Cependant, des sondes linéaires de 10 à 15 MHz sont recommandées car elles offrent une meilleure résolution spatiale pour les structures superficielles.
    • En pro-œstrus, le développement folliculaire est matérialisé par des petites structures anéchogènes rondes à paroi mince, de 2 à 5 mm de diamètre, ne créant pas d'artefact de renforcement postérieur. Le nombre de follicules diminue progressivement tandis que leur taille augmente.
    • Au moment de l'ovulation, le signe le plus constant est une disparition totale des images folliculaires, qui rend l'ovaire difficile à voir pendant 1 à 3 jours. Après cette période, des corps jaunes apparaissent. Ils présentent un centre anéchogène et peuvent être confondus avec des follicules préovulatoires.
    • Aussi le suivi de l'ovulation par un examen échographique requiert-il des examens multiples (a minima deux fois par jour) autour de la période présumée de l'ovulation. De plus, la précision du résultat est inférieure à celle qui est obtenue avec le dosage de la progestérone.

Au cours de la gestation

Lorsque les données sur la date de début de la gestation ne sont pas connues, il est possible de déterminer le stade gestationnel à partir de la mesure de certains paramètres biométriques fœtaux ou des annexes.

  • Examen radiographique :

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    • L'examen radiographique peut être utilisé à partir de 20 jours prépartum, stade auquel le squelette fœtal devient visible.
    • Deux clichés, de face et de profil, permettent de dénombrer les chiots par comptage des crânes et des colonnes vertébrales, et, en cas de suspicion de disproportion materno-fœtale, d'estimer grossièrement si les fœtus pourront franchir la filière pelvienne au moment de la naissance.
    • Cependant, la date du terme ne peut être évaluée par cette méthode car il n'existe pas de valeurs de référence, et de grandes variations sont observées selon les races et les individus. De plus, la minéralisation osseuse, parfois complète dès 58 jours de gestation, ne présume pas systématiquement de la maturité des chiots, dont certains ne survivraient pas ex utero.
  • Examen échographique :

    • Certains repères échographiques sont constants dans l'espèce canine et ne dépendent pas de la race de l'animal.
    • La mesure échographique des structures et des annexes fœtales a conduit à la construction de courbes de croissance qui permettent d'estimer la date du terme.
    • Pendant le deuxième tiers de la gestation :
      • Entre 45 jours (soit 18 à 20 jours après le pic de LH) et 25 jours prépartum, le diamètre intérieur de la cavité chorionique (ICC, inner diameter of the chorionic cavity) est le meilleur indicateur de l'âge fœtal. Cette période correspond aussi au moment où est réalisé le diagnostic de gestation.
      • À ce stade, l'examen échographique met en évidence les vésicules embryonnaires, qui apparaissent comme des structures sphériques bien délimitées et au contenu anéchogène. Le diamètre intérieur de la cavité chorionique est la valeur la plus fortement corrélée au stade de la gestation.
      • Selon le moment de la mesure, la cavité chorionique correspond à la vésicule vitelline ou à la vésicule allantoïde. En raison de la difficulté à obtenir une coupe strictement circulaire, le diamètre est calculé sur la base de la moyenne arithmétique de deux mesures perpendiculaires effectuées sur au moins deux vésicules.
    • Pendant la seconde moitié de la gestation :
      • À partir du 35e jour de gestation, la mesure du diamètre du crâne est possible car la tête est différenciée du tronc. La distance de référence est le diamètre bipariétal, qui correspond à la distance maximale entre les deux os pariétaux, lorsque ceux-ci sont parallèles sur une coupe frontale. C'est le critère le plus fiable pour estimer la date du terme après 35 jours de gestation. La symétrie de la coupe est attestée par la position médiane de la ligne hyperéchogène formée par la faux du cerveau.
      • Cette mesure peut être associée à celle du diamètre abdominal, obtenue sur une coupe transversale de la bulle anéchogène de l'estomac. L'association des diamètres bipariétal et abdominal semble apporter un degré de précision supplémentaire. Cependant, cela n'est pas confirmé par une autre étude qui prend en compte le diamètre abdominal et le diamètre bipariétal, mais également le diamètre de la cavité chorionique et la longueur croupe-tête du fœtus.
      • Comme chez les ruminants et les équidés, cette longueur permet de juger du stade de la gestation. Chez le chien, elle peut être appréciée entre 26 et 45 jours de gestation. Ces tables sont utilisables pour toutes les chiennes de 10 à 40 kg, mais nécessitent l'application de facteurs de correction pour celles de poids inférieur à 10 kg (+ 1 jour) et pour celles de poids supérieur à 40 kg (- 2 jours).
      • Lorsque ces facteurs de correction sont mis en œuvre, ces deux outils permettent d'estimer la date de la mise bas avec exactitude dans 87 % des cas, dans un intervalle de 2 jours autour de la date prévue. La précision de la table d'England serait légèrement supérieure à celle de la table de Yeager à partir de 43 jours de gestation.
      • Une petite portée (un seul chiot chez une chienne de race de petite taille ou moins de 5 chiots chez une chienne de race de taille moyenne) ou, au contraire, une portée de grande taille (plus de 6 chiots chez une chienne de race de petite taille ou plus de 9 chiots chez une chienne de race de taille moyenne) influence significativement la fiabilité de l'estimation obtenue par la mesure du diamètre bipariétal.
      • Malgré l'incertitude de 2 jours autour de la date présumée de la mise bas, ces mesures sont très intéressantes lorsque la chienne est présentée alors que la gestation est engagée et que seule la date de la saillie est connue.

Juste avant la mise bas

Chez la chienne, l'imminence de la mise bas se traduit par une montée de lait (entre 3 et 8 jours avant selon la parité de la femelle), des modifications comportementales (agitation, fabrication d'un nid, etc.), une augmentation de la laxité ligamentaire (bascule du bassin, distension de la symphyse pubienne), une dilatation et un relâchement vulvaires. Ces signes apparaissent plus ou moins tard selon les chiennes et le nombre de gestations antérieures.

1. Prévision de la mise bas par dosage de la progestéronémie

  • Chez la chienne, la progestérone plasmatique augmente après l'œstrus, jusqu'à atteindre une valeur de 15 à 80 ng/ml (47,7 à 254,4 nmol/l), qui persiste en plateau jusqu'à 40 à 45 jours de gestation environ. Pendant le dernier tiers de la gestation, la concentration de la progestérone plasmatique diminue. Et 24 à 36 heures avant le part, elle chute brutalement pour atteindre 1 à 2 ng/ml (3,18 à 6,36 nmol/l).
  • La détection de cette baisse permet de prédire la mise bas dans les 24 à 36 heures. Cette méthode peut être utile dans les cas où une césarienne est envisagée, en complément des autres techniques d'estimation de la date du part.
  • En pratique, avec une sensibilité et une spécificité de respectivement 89,1 et 96,3 %, le dosage par radio-immunologie est le procédé le plus fiable. À 48 heures, il a une valeur prédictive positive de 95,3 % (probabilité que la mise bas ait effectivement lieu dans les 48 heures si la progestérone est inférieure à 1 ng/ml) et une valeur prédictive négative de 91,2 % (probabilité que la mise bas ne survienne pas dans les 48 heures si la progestérone est supérieure à 1 ng/ml). Cependant, le délai de réponse du laboratoire n'est pas conciliable avec les impératifs liés aux indications de l'analyse (programmation d'une césarienne, par exemple).
  • Bien qu'aucune étude validée n'ait été menée, la fiabilité du dosage par chimioluminescence est probablement similaire à celle qui est notée dans la détection de l'ovulation, puisqu'il s'agit d'un dosage quantitatif.
  • Les tests Elisa semi-quantitatifs semblent représenter une solution alternative possible pour le praticien. 100 % des dosages sanguins réalisés chez les chiennes le jour du part et 81,5 % de ceux prélevés chez les femelles qui mettent bas le lendemain de la prise de sang font état d'une valeur basale (< 1 ng/ml) de progestérone plasmatique (Ovulation Test®). Pour prédire une mise bas dans les 48 heures, la valeur prédictive positive de ce test est donc de 90,9 % et sa valeur prédictive négative, de 76,1 %. En revanche, cet examen doit être associé à d'autres méthodes (identification des prodromes du part, mesures échographiques, etc.) lorsque la valeur de progestérone plasmatique est élevée. De plus, cette technique implique un suivi quotidien de la chienne avant la date présumée de la chute de la progestérone.

2. Surveillance de la température centrale

  • La température centrale chute d'environ 0,84 °C pendant 12 à 24 heures juste avant le début du part (signe de Liebenberg). Ce phénomène est transitoire. La température remonte durant le part et reste élevée pendant quelques jours après.
  • Elle est le reflet de la chute brutale de la progestérone plasmatique. Cependant, cette méthode ne peut être utilisée pour prédire la mise bas car il existe de nombreuses causes de modifications de la température centrale (maladies, variations individuelles, etc.).

Autres éléments à considérer

Le cycle sexuel de la chienne

Comprendre le cycle sexuel et les chaleurs chez la chienne est une étape importante pour les éleveurs comme pour les propriétaires. Que ce soit pour anticiper les périodes de fertilité, prévenir les complications, ou planifier des portées, il est important de connaître les différentes phases du cycle :

  • Proœstrus : Cette phase dure de 7 à 10 jours et se repère facilement grâce aux écoulements sanguins. Pendant cette période, la chienne attire les mâles sans pour autant accepter leurs avances.
  • Œstrus : Voici le moment tant attendu : la phase fertile, qui s’étend généralement sur 5 à 9 jours. C’est ici que la chienne est réceptive et que l’ovulation a lieu.
  • Diœstrus : Après la phase fertile, place à une période de 60 à 70 jours où l’utérus se prépare à une éventuelle gestation, qu’elle ait lieu ou non.
  • Anœstrus : Enfin, la chienne profite de quelques mois de repos, généralement entre 4 et 6 mois.

Tout ce processus est orchestré par des hormones comme la progestérone et les œstrogènes, qui jouent un rôle fondamental dans le comportement reproductif de la chienne.

Suivi et observation

Pendant les chaleurs, une observation attentive est indispensable pour détecter les petits signaux qui en disent long. Lorsqu’une gestation est confirmée, l’alimentation devient un indicateur important pour soutenir sa santé et celle de ses chiots. Une soif excessive ou un appétit capricieux peuvent être des indices de troubles sous-jacents, tels qu’une infection. Les visites régulières chez le vétérinaire restent votre meilleur allié pour un suivi fiable. Si un doute persiste, des examens complémentaires, comme une échographie, permettent de vérifier que tout se passe bien.

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