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Le Don d'Ovocytes pour les Femmes Nullipares: Conditions, Procédures et Implications

Le don d'ovocytes est une option précieuse pour les femmes et les couples confrontés à l'infertilité. En France, ce don est encadré par des règles strictes, garantissant son anonymat, sa gratuité et le consentement éclairé de la donneuse. Une évolution importante a été l'ouverture du don d'ovocytes aux femmes nullipares, c'est-à-dire celles qui n'ont jamais eu d'enfants. Cet article explore en détail les conditions, les procédures et les implications de cette possibilité.

Qui peut donner ses ovocytes ?

Toutes les femmes âgées de 18 à 37 ans et en bonne santé peuvent envisager de donner leurs ovocytes. Depuis 2016, cette possibilité est également ouverte aux femmes nullipares. Il est important de noter que la période d'allaitement n'est pas compatible avec le don. Si vous prenez la pilule, vous devrez l’arrêter un mois avant le début du protocole. Si vous portez un stérilet hormonal, il faudra également le faire retirer un mois avant, et utiliser des préservatifs pendant cette période. Le mode de contraception peut être repris dès le premier jour des règles suivant le don.

À qui est destiné le don ?

Jusqu’en 2021, le don d’ovocytes était destiné aux couples hétérosexuels en situation d’infertilité ou qui présentaient un risque de transmission d’une maladie grave. Depuis la nouvelle loi de bioéthique du 2 août 2021, il bénéficie à toutes les femmes qu’elles soient en couple avec un homme, une femme ou bien seule qui ont le projet de devenir parents et qui s’inscrivent dans le cadre médical et légal de l’assistance médicale à la procréation (PMA). Le don est anonyme et gratuit et ne peut donner lieu à aucune contrepartie. Néanmoins, il est possible de contribuer à la mécanique vertueuse de solidarité au sein des centres de don en parlant du don autour de soi pour encourager plus de personnes à donner. Ce sont toutes les personnes en attente qui bénéficient d’une diminution du délai d’attente.

L'Anonymat et l'Accès aux Origines

Le principe de l’anonymat entre donneuse et receveuse est maintenu par la nouvelle loi de bioéthique qui entrera en application le 1er septembre 2022. Ce qui change : la loi instaure un nouveau droit d’accès aux origines pour les enfants nés d’un don de gamètes (ovocytes ou spermatozoïdes), afin de répondre à la demande des personnes nées d’un protocole de PMA avec don de pouvoir obtenir des informations sur leur donneur. La loi instaure ainsi un droit de connaître ses origines, en revanche le donneur ou la donneuse n’auront aucune information sur les personnes nées de leur don.

Les Étapes du Don d'Ovocytes

La première démarche consiste à prendre rendez-vous dans le centre de don le plus proche de chez vous. Pour le trouver, rendez-vous sur le site dondovocytes.fr. Les étapes suivantes comprennent :

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  1. Consultation médicale initiale : Un entretien approfondi avec un médecin du centre de don pour évaluer l'éligibilité de la donneuse, ses antécédents médicaux et familiaux, et l'informer sur la procédure de don.
  2. Examens médicaux et bilans : Une série d'examens sont prescrits, incluant des analyses sanguines (groupage sanguin, sérologies pour les maladies infectieuses), des tests génétiques et une évaluation de la réserve ovarienne.
  3. Consultation avec un psychologue : Un entretien avec un psychologue du centre de don pour échanger sur les motivations et les implications du don pour la donneuse.
  4. Consultation avec un médecin anesthésiste.
  5. Phase de stimulation ovarienne : Après une ou plusieurs injections visant à mettre les ovaires au repos, commence la phase de stimulation : pendant 10 à 12 jours la donneuse reçoit des injections sous-cutanées quotidiennes d’hormones (réalisées par elle-même ou par un(e) infirmièr(e)), pour aboutir à la maturation de plusieurs ovocytes.
  6. Prélèvement des ovocytes : Le prélèvement est réalisé à l’hôpital, 35 à 36 heures après la dernière injection, par voie vaginale, sous anesthésie locale ou générale. La ponction dure une dizaine de minutes et est suivie d’une période de surveillance d’environ 3h. La donneuse sort de l’hôpital en fin de journée et doit être accompagnée.

Aspects Financiers et Congés

Non. Une journée d’hospitalisation est à prévoir pour le prélèvement, la donneuse pourra se faire délivrer un arrêt de travail. Tous les examens et actes médicaux sont pris en charge à 100% par l’Assurance Maladie, et les frais occasionnés par la démarche de don (frais de déplacement par exemple) sont remboursés sur justificatif.

Effets Secondaires Possibles

Le traitement de stimulation ovarienne peut créer les mêmes sensations que des règles douloureuses, qui disparaissent à l’arrêt des injections. Dans les heures ou les jours qui suivent le prélèvement, la donneuse peut ressentir une sensation de pesanteur ou des douleurs pelviennes et constater de légers saignements vaginaux. Ces effets secondaires sont liés à la fois à la stimulation et au prélèvement.

Utilisation des Ovocytes et Limites

Les ovocytes prélevés dans le cadre d’un don sont destinés uniquement au don. La loi précise que le recours au don de gamètes d’une même donneuse ne peut conduire à la naissance de plus de 10 enfants, dans les faits il est très rare que ce nombre soit atteint. Les personnes qui bénéficient d’un don de gamète sont sélectionnées avant tout selon des critères de comptabilité médicale et génétique. Les couples en attente de don peuvent faire une demande d’appariement, afin de recourir aux ovocytes d’une donneuse ayant des caractéristiques physiques proches des leurs.

Impact de la Nulliparité sur le Don d'Ovocytes

Une étude observationnelle rétrospective monocentrique (CHU de Lille) entre le 1er janvier 2016 et le 31 décembre 2019 a comparé les résultats des dons avec des ovocytes issus de donneuses nullipares ou non nullipares. Les résultats de cette étude ont montré que la parité des donneuses ne semble pas avoir d’impact sur le succès des tentatives de don d’ovocytes.

Cent quatre-vingt-cinq donneuses (66 nullipares et 119 non nullipares) ont été incluses dans l’étude, permettant la réalisation de 284 cycles d’ICSI chez les couples receveurs. En moyenne, 11,5 ovocytes étaient obtenus par cycle de don, dont 7,8 ovocytes matures. Au total, 4,6 ovocytes matures étaient attribués en moyenne par tentative et par couple receveur. Les donneuses nullipares sont plus jeunes que les non nullipares. Une grossesse débutante a été obtenue dans 55,6 % des dons des femmes nullipares et dans 50,8 % des dons des femmes non nullipares (p=0,55). Une grossesse évolutive a été obtenue dans 49,2 % des dons des femmes nullipares et dans 42,1 % des dons des femmes non nullipares (p=0,36). Il n’y a donc pas de différence en termes de grossesse débutante et grossesse évolutive que le don soit issu d’une femme nullipare ou non nullipare.

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Le Don d'Ovocytes et la Conservation pour Soi

Pour mieux inciter les femmes à donner leurs ovules, la loi bioéthique de 2011 prévoit qu’elles pourront en conserver une partie pour leur propre bénéfice ultérieur, c’est-à-dire si d’aventure et avant l’âge de 43 ans, leur fertilité (production d’ovocytes) ne leur permet pas de concrétiser un projet de grossesse sans avoir recours à la PMA. Cette disposition laisse entrevoir le début de ce qui est communément appelé la conservation d’ovocytes dite « de convenance » ou « sociétale », c’est-à-dire non justifiée par des motifs strictement médicaux, comme c’est le cas par exemple avant certains soins en cancérologie. Ceux qui défendent cette pratique préfèrent parler de « prévention médicale ».

Dans le cas des nullipares, elles peuvent donner la moitié des ovocytes prélevés et garder l’autre partie pour une grossesse ultérieure, à condition d’avoir eu au minimum 5 ovocytes prélevés et dans la limite de 2 dons.

Pénurie d'Ovocytes et Solutions

En 2014 en France, 961 fécondations in vitro ont été réalisées à partir d’ovocytes issus d’un don et 239 enfants sont nés suite à un don d’ovocytes. Pourtant, cette technique de procréation médicalement assistée demeure méconnue et peu de femmes se portent volontaires. En 2016, 743 femmes ont effectué un don d’ovocytes (203 donneuses de plus qu’en 2015), dont 147 donneuses n’ayant jamais procréé. Ce chiffre reste stable en 2017, avec 756 donneuses dont 245 donneuses nullipares. Le nombre de couples en attente d’un don d’ovocyte se chiffre à 2 726 en 2017.

L’ouverture du don aux nullipares (femmes n’ayant jamais accouché) permettra d’élargir le spectre des donneuses et d’espérer des fécondations in vitro (FIV) avec un meilleur taux de réussite, puisque des donneuses plus jeunes produisent davantage d’ovules.

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