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Délivrance du placenta et section du cordon ombilical : Un acte de séparation et de transition

La naissance d'un enfant est un événement marquant, tant sur le plan physiologique que symbolique. Parmi les étapes clés de ce processus, la délivrance du placenta et la section du cordon ombilical occupent une place particulière. Souvent perçu comme un simple acte médical, ce moment représente en réalité une transition cruciale pour le nouveau-né, marquant la fin de sa dépendance à la mère et le début de sa vie autonome.

Rôle et formation du cordon ombilical

Le cordon ombilical est un organe vital qui se forme dès les premières semaines de grossesse, entre le 15e et le 17e jour de gestation, assurant les échanges sanguins et nutritionnels entre le fœtus et sa mère. Relié au placenta, il permet d’apporter du sang oxygéné au fœtus par l’intermédiaire de la grosse veine et de renvoyer le sang appauvri en oxygène par les deux artères vers le placenta. De couleur blanc-jaunâtre et d'aspect gélatineux, le cordon ombilical est constitué de tissus conjonctifs et de vaisseaux sanguins. Sa longueur moyenne est de 55 centimètres. Il assure les échanges vitaux nécessaires au développement du futur bébé.

Au début, on peut retrouver des extraits de tube digestif dans la partie du cordon proche du bébé. On parle de gelée de Wharton lorsque l’on évoque la consistance du cordon ombilical en fin de grossesse. Il s’agit d’une sorte de gélatine constituée de tissus élastiques et résistants. Deux artères et une petite veine sont également présentes dans le cordon ombilical.

Le clampage et la section du cordon ombilical : quand et comment ?

À la naissance, le cordon ombilical n'a plus d'utilité puisque le nourrisson a désormais les capacités de s'adapter à son nouvel espace vital. Le déclenchement de la respiration pulmonaire permet à l'enfant de trouver son oxygène dans l’air ambiant, l’allaitement maternel ou le biberon lui apportera rapidement tous les éléments nutritifs dont il a besoin et il sera capable de digérer et d’éliminer lui-même. Cette adaptation rend caduque le système d’échanges avec la mère par le cordon. Le cordon peut donc être coupé, sa section va entraîner sa disparition.

La section du cordon ombilical est un acte simple et rapide, réalisé par la sage-femme ou le gynécologue-obstétricien. Avant de sectionner le cordon qui contient 3 vaisseaux sanguins, la sage-femme interrompt la circulation sanguine dans le cordon en plaçant 2 pinces à quelques centimètres d’intervalle et le coupe entre ces 2 pinces. Ceci a pour effet de détacher l’enfant de sa mère, une pince reste sur le cordon coté bébé, l’autre reste sur le cordon coté placenta et partira avec le placenta lors de la délivrance. Ensuite, la sage-femme retire la pince du bébé pour la remplacer par le clamp, placé à 1,5 cm de l'ombilic. Le cordon est également sectionné à 1 cm sous cette pince.

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Traditionnellement, le clampage du cordon était effectué très rapidement après la naissance. Toutefois, les recommandations actuelles de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) préconisent un clampage tardif, généralement entre une et trois minutes après la naissance. Ce délai permet au nouveau-né de bénéficier d'un apport supplémentaire de sang placentaire, riche en fer, ce qui contribue à améliorer son bilan en fer jusqu'à six mois après la naissance.

Il existe deux écoles sur le moment idéal pour couper le cordon. Certaines équipes sont favorables à une section précoce pour éviter que le nouveau-né - du fait de sa position basse par rapport au placenta -, reçoive trop de sang en attendant le clampage. Cet afflux de sang s’élimine ensuite, mais peut être source d’ictère (ndlr : coloration jaune observée sur la peau des nouveau-nés). De l'autre, on retrouve les partisans d'une section retardée de manière à laisser le nouveau-né engager sa respiration et s’oxygéner à partir de l’air ambiant.

La section du cordon ombilical est indolore pour la mère et l'enfant, car le cordon ne contient pas de terminaisons nerveuses.

Le rôle du père

Le papa peut être amené à couper le cordon ombilical, si le bébé se présente en bonne santé ! Ce geste, hautement symbolique permet de séparer concrètement, le corps de bébé avec celui de sa mère. Dès lors que la sage-femme a posé les 2 pinces afin qu’aucun saignement ne se produise lors de la section, et à condition que le père soit guidé pour réaliser le geste, c'est tout à fait possible. Pour autant, il n'est pas question d'obliger les papas qui ne souhaitent pas couper le cordon ombilical ! En effet, certains redoutent de devoir accomplir ce geste par peur d'être maladroit, de faire mal à leur enfant ou tout simplement, crainte de s'évanouir à la vue du sang… C'est pourquoi il est important d'être à l'écoute de chacun.

En cas de césarienne

En cas de césarienne, le cordon est coupé entre 2 pinces par l’obstétricien en salle d’intervention, puis le nouveau-né est emmené par la sage-femme à proximité de la salle d’intervention pour les soins.

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Soins du cordon ombilical après la naissance

Les soins du cordon sont très importants juste après la naissance mais également dans les jours qui suivent le retour à la maison. En effet, ce dernier peut s'infecter notamment en raison de la proximité des selles et des urines. Les bons gestes d'hygiène pour les soins du cordon sont alors appris en maternité pour que les parents puissent prendre en charge leur petit bout sereinement.

Après la naissance, la sage-femme va poser une pince stérile appelée « clamp de Barr » à environ 2 centimètres de l’abdomen du nouveau-né. Cette pince assure une fermeture étanche du cordon ainsi que l’hémostase c’est-à-dire l’arrêt de l’écoulement du sang. Le reliquat cordonal va ensuite s’assécher et tomber au bout d’une dizaine de jours laissant place à l’ombilic (nombril).

À la suite de la naissance, le cordon doit rester propre pour éviter toute infection. On montre aux parents comment ils doivent le nettoyer avec du sérum physiologique, ou de l’eau savonneuse en l’absence de complications. L’important est de maintenir le cordon propre, afin qu’il sèche. Dans la semaine qui suit l’accouchement, il va progressivement s’assécher et tomber.

Particularités et complications liées au cordon ombilical

Bien que le cordon ombilical soit généralement un organe fiable, certaines particularités et complications peuvent survenir :

  • Procidence du cordon : On parle de procidence du cordon ombilical pendant l’accouchement lorsqu’une boucle du cordon descend dans le vagin avant le fœtus. Un phénomène relativement rare puisqu’il concerne entre 0,33 et 0,66 % des naissances. Pendant le travail, à chaque contraction utérine, le fœtus va comprimer les vaisseaux du cordon ce qui peut entraîner un manque d’oxygène (hypoxémie fœtale) et nécessiter une césarienne en urgence.
  • Insertion anormale du cordon : Il arrive également que le cordon soit mal inséré dans le placenta. Par exemple, on parlera d’insertion marginale lorsque le cordon s’insère à moins de 1,5 cm du rebord placentaire. L’insertion placentaire vélamenteuse désigne, quant à elle, une insertion du cordon sur les membranes, en dehors de la plaque choriale, c’est-à-dire de la face fœtale du placenta.
  • Cordon autour du cou (circulaire) : Le cordon ombilical entouré autour du cou du bébé inquiète de nombreux parents avant la naissance. Ces derniers craignent en effet qu'il ne s'étrangle lors de l'accouchement, mais les accidents sont rares. Pourtant, le cordon autour du cou est très fréquent et certaines mamans accouchent sans même savoir que leur enfant avait ce que l'on appelle une circulaire. La sage-femme explique en effet que lorsqu'ils sont petits, les bébés jouent avec le cordon ombilical in utero, et il arrive qu'ils s'enroulent avec. Il n'y a rien de grave si le cordon n'est pas serré (on parle alors de circulaire lâche). Il arrive néanmoins qu'en sortant à la naissance, le cordon se resserre. Dans ce cas, c'est la sage-femme qui coupera le cordon ombilical au moment où le bébé sortira sa tête. Il peut aussi arriver que le cordon s'enroule ailleurs, au niveau de la jambe ou de l'épaule par exemple.
  • Nœud du cordon : Le vrai risque serait ce qu'on appelle le nœud du cordon : un cas plutôt rare, mais grave puisqu'il peut tirer et interrompre la circulation entre la mère et l'enfant.

Dans tous les cas, le monitoring permet au personnel médical de vérifier s'il y a une souffrance fœtale et si le rythme cardiaque du bébé est correct.

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En cas de retard de croissance intra-utérin, un échographiste peut réaliser un doppler ombilical. Cet examen indolore, faisant partie de l'échographie, permet d’étudier le débit du sang dans les artères via des ultrasons. Celui-ci renseigne sur la qualité des échanges entre le placenta et le fœtus, essentielle à la bonne croissance du bébé, en mesurant le flux sanguin de l’une des artères du cordon ombilical, rappelle le Collège National des Gynécologues Obstétriciens Français (CNGOF). Il permet, avec la biométrie, de suivre la bonne croissance du fœtus.

Don de sang de cordon ombilical

Si la plupart du temps, le cordon ombilical est jeté après la naissance, certaines maternités sont spécialisées dans le recueil de sang de cordon. Le sang placentaire contient des cellules souches qui siègent habituellement dans la moelle osseuse et produisent, toute la vie, les cellules sanguines. Les cellules souches contenues dans ce sang peuvent alors servir pour traiter un malade atteint de leucémie. Certaines maternités acceptent les dons de sang de cordon ombilical. Le prélèvement a lieu dans les minutes qui suivent l’accouchement lorsque le cordon ombilical vient d’être coupé et que le placenta est encore dans l’utérus, précise l’Agence de la biomédecine. Il est totalement indolore et ne présente pas de risque ni pour le bébé ni pour la mère puisqu’il ne modifie pas les gestes médicaux de l’accouchement.

Plusieurs conditions doivent être remplies pour pouvoir prélever du sang de cordon ombilical à la naissance. Ni l'enfant à naître, ni la mère ne doivent présenter de risque d'infection. Il ne doit pas y avoir de souffrance fœtale ou d'anomalie cardiaque du bébé à la naissance. Le nouveau-né ne doit pas présenter de fièvre, ni de liquide méconial (selles). Le sang de cordon ombilical est prélevé dans les minutes qui suivent l'accouchement, au moment où l'on coupe le cordon et que le placenta se trouve encore dans l'utérus. Le prélèvement est réalisé par une sage-femme spécialement formée. Celle-ci remplit une poche fournie par l'Etablissement Français du Sang (EFS), de manière suffisante afin de permettre ensuite les analyses de sang. Il doit donc en avoir assez. Le prélèvement est totalement indolore pour la mère et l'enfant.

La délivrance : l'expulsion du placenta

La délivrance est la dernière étape de l'accouchement. Elle consiste en l'expulsion du placenta et des membranes fœtales hors de l'utérus. Elle se produit généralement dans les minutes qui suivent la naissance du bébé, sous l'effet des contractions utérines.

La délivrance peut être spontanée ou dirigée. La délivrance dirigée consiste à injecter à la parturiente 5 à 10 unités internationales d’ocytociques au moment du dégagement de l’épaule antérieure du nouveau-né ou immédiatement après la naissance. Cette injection peut être réalisée en intra-veineux lentement ou en intra-musculaire. La délivrance est alors dite « dirigée ». La prévention des hémorragies du post-partum passe essentiellement par une prise en charge active de la délivrance.

Importance culturelle et symbolique

Dans de nombreuses cultures, le cordon ombilical et le placenta ont un caractère sacré et sont soigneusement conservés, voire enterrés au pied d’un arbre. En Occident, quand la naissance se déroule en milieu hospitalier, le cordon et le placenta ne sont pas donnés aux parents.

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