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Scoliose en Pédiatrie : Définition, Dépistage et Traitements

La scoliose est une affection qui touche la colonne vertébrale des enfants et des adolescents. Le Centre Alpin de la Scoliose est spécialisé dans la prise en charge de ces pathologies du rachis, offrant un suivi complet allant de la surveillance en consultation aux traitements orthopédiques par corset et à la chirurgie. Cet article a pour but de fournir une information détaillée sur la scoliose en pédiatrie, en abordant sa définition, son dépistage et les différentes options de traitement disponibles.

Qu'est-ce que la Scoliose ?

La scoliose est une déformation tridimensionnelle de la colonne vertébrale, caractérisée par une rotation des vertèbres les unes par rapport aux autres. Elle affecte environ 3% de la population, touchant principalement les filles. Cette déformation est évolutive pendant toute la période de croissance et peut être découverte à n’importe quel moment de celle-ci, bien que le plus souvent à l’adolescence.

Il est important de noter que la scoliose n'est pas un problème postural. Elle n'est pas due à une mauvaise posture. Chez l’enfant et l’adolescent, elle est généralement indolore, ce qui rend le dépistage essentiel.

La scoliose peut être considérée comme une « maladie » du dos, souvent liée à un programme génétique prédéfini. Ce programme détermine comment la colonne vertébrale va se courber pendant la croissance et jusqu’à quel degré de sévérité. Certaines scolioses sont programmées pour devenir graves, tandis que d’autres restent faibles. Malheureusement, il n’est pas possible de le savoir à l’avance.

Les Différents Types de Scoliose

Il existe différents types de scolioses, classés en fonction de leur localisation sur la colonne vertébrale. Les courbures peuvent siéger dans la région thoracique (ou dorsale), lombaire ou thoraco-lombaire. Chaque courbure est définie de face par son sens, droit ou gauche, selon la position de sa convexité. Il peut y avoir une courbure unique ou des combinaisons, comme une double courbure de siège thoracique et lombaire.

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On distingue deux grandes catégories de scolioses :

  • Scolioses idiopathiques : Elles représentent 70 à 80% des cas et sont dites « idiopathiques », c’est-à-dire sans cause précise.
  • Scolioses secondaires : Les 30% restants sont des scolioses « secondaires », résultant de maladies neuro-musculaires acquises (poliomyélite, infirmité motrice cérébrale (IMC), myopathie), de tumeurs rachidiennes, de pathologies du tissu mou (syndrome de Marfan) ou d'une pathologie de la moelle épinière (syringomyélie).

Dépistage de la Scoliose

Le dépistage de la scoliose est essentiel, car elle est indolore chez l’enfant et l’adolescent. La base du dépistage est clinique et doit faire partie de l’examen systématique des médecins traitants ou des pédiatres.

Toute gibbosité découverte à l’examen doit faire réaliser une radiographie du dos :

  • Radiographie du rachis en entier de Face et de Profil.

Cette radiographie permet de confirmer le diagnostic et la sévérité de la scoliose. Sur la vue de face, la colonne vertébrale est normalement rectiligne. En cas de scoliose, elle est courbée en forme de C ou de S. Sur la vue de profil, la colonne vertébrale présente normalement deux courbures : la cyphose et la lordose.

L’angle de Cobb est utilisé pour caractériser la sévérité d’une scoliose et suivre son évolution lors des examens radiographiques successifs. Il correspond à l’angle formé par la vertèbre la plus « penchée » en haut et la vertèbre la plus « penchée » en bas sur une vue de face. Un angle de Cobb supérieur à 10° confirme la scoliose.

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Diagnostic Différentiel

Il est important de différencier la scoliose d’une attitude scoliotique, qui est une déviation réductible de la colonne vertébrale par un changement de position ou en position couchée. Lors d’une scoliose, la déviation n’est pas réductible. De plus, une scoliose tumorale peut se présenter sans gibbosité.

L'examen clinique doit également rechercher des signes cliniques évocateurs d'autres pathologies, tels que :

  • Hyperlaxité (syndrome de Marfan)
  • Taches café au lait (neurofibromatose)
  • Angiome ou touffe pilleule sur l‘axe vertébral (malformation vertébrale)
  • Anomalies de l‘examen neurologique (réflexes, tonus musculaire, réflexes cutanés abdominaux, déficit sensitivo-moteur, paires crâniennes)
  • Douleur (qui est rare en période de croissance)

Examens Complémentaires

En complément de la radiographie, d'autres examens peuvent être prescrits :

  • Analyse EOS : Pour une étude globale de la statique.
  • Test de Risser : Pour apprécier la maturation osseuse.

Traitements de la Scoliose

Les traitements actuels permettent de stabiliser l’évolution de la scoliose. Il n’existe pas de médicament qui remet droit la colonne vertébrale. Les deux principaux traitements sont :

  • Le Corset : le traitement de référence pendant toute la croissance est le traitement par corset.
  • La Chirurgie : en fin de croissance, certaines scolioses sévères nécessitent un traitement chirurgical (opération) dont le but est de stabiliser l’évolution de la scoliose à l’âge adulte.

Le Corset

Le corset est le traitement de choix pendant toute la période de croissance pour des scolioses évolutives. Il permet surtout de stabiliser l’évolution des scolioses. Il existe plusieurs types de corsets, mais les principes sont similaires. Le corset agit comme un tuteur pour que la colonne vertébrale « pousse » droite.

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Il faut donc commencer le traitement le plus tôt possible, dès la preuve de l’évolutivité de la scoliose. Il est communément admis de commencer aux alentours de 20° d’angle de Cobb. Néanmoins, il est parfois possible de débuter à partir de 15° en ayant la preuve de l’évolutivité. Le corset n’a d’intérêt que pendant la période de croissance.

La mise en route du corset nécessite plusieurs rendez-vous :

  1. Le chirurgien prescrit le corset sur un formulaire spécial « grand appareillage ». Il décide de la durée de port du corset :
    • Nocturne
    • Extra-scolaire (tout le temps sauf à l’école)
    • Permanent (20h/24h)
  2. Il faut ensuite prendre rendez-vous avec l’orthoprothésiste qui vous est conseillé. Pour la fabrication d’un corset, il faut en général 3 rendez-vous chez l’orthoprothésiste :
    • Mesures
    • Essayage
    • Livraison
  3. Une radiographie du rachis sera à faire AVEC le corset après la livraison du corset. Avec le corset, la colonne vertébrale doit être plus « droite » que sans le corset. Sans le corset la courbure est toujours là. L’objectif est de stabiliser.
  4. Un nouveau rendez-vous avec le chirurgien est nécessaire pour évaluer la tolérance et l’efficacité du corset. Le chirurgien analyse la radiographie faite avec le corset et détermine si des ajustements sont nécessaires. Une fois que l’efficacité du corset est établie, une surveillance s’installe tous les 6 mois au minimum.

Pendant la poussée pubertaire, où les scolioses s’aggravent très vite, la fréquence des rendez-vous peut augmenter. À chaque rendez-vous, on prévoit une radiographie SANS le corset, pour la comparer à la radiographie initiale et contrôler l’évolution de la scoliose.

L’orthoprothésiste peut vous revoir en cas de problème sur le corset ou de modification morphologique, de point d’appui douloureux, etc. La durée de vie d’un corset est en général de 1 an. Quand il n’est plus adapté du fait des modifications morphologiques, on le change. Il faut garder le corset jusqu’à la fin de la croissance. Chez les filles entre 14 et 15 ans et chez les garçons entre 16 et 17 ans.

Les corsets actuels sont beaucoup plus légers et mieux tolérés. Le corset plâtré (EDF) est de moins en moins utilisé en raison de sa lourdeur logistique et des difficultés d’acceptation.

La Chirurgie

La chirurgie reste nécessaire pour certains patients qui ont une scoliose sévère vers la fin de la croissance. L’objectif de l’opération est de stabiliser l’évolution de la scoliose à l’âge adulte. En effet, à l’âge adulte ce n’est plus la croissance qui est responsable de l’aggravation de la scoliose, mais l’usure des disques intervertébraux et des vertèbres.

L’opération conventionnelle réalisée pour traiter les scolioses s’appelle l’arthrodèse vertébrale. Elle consiste à corriger la courbure et maintenir la correction en bloquant les vertèbres opérées les unes avec les autres. L’objectif est de stabiliser l’évolution de la scoliose à l’âge adulte. L’opération entraine une perte du mouvement des vertèbres opérées. L’enjeu est donc de choisir avec soin les vertèbres à opérer pour optimiser la correction et garder le maximum de mobilité sur la colonne vertébrale. Ce choix résulte, entre autres, d’une analyse des radiographies en position debout et également en inclinaison droite et gauche qui permettent de vérifier la réductibilité (souplesse) des courbures.

L’opération consiste à placer des implants au niveau des vertèbres par une cicatrice au milieu du dos. Ces implants sont des vis, des crochets ou des lacets (sorte de ligaments artificiels) qui sont reliés par 2 tiges, à droite et à gauche. Les tiges solidarisent l’ensemble des ancrages disposés au niveau des vertèbres.

Il existe également une nouvelle technique chirurgicale, la chirurgie mini-invasive « vertebral body tethering », qui consiste à bloquer chirurgicalement la croissance de la colonne vertébrale au niveau de la convexité de la courbure. L’objectif est de "relancer" la croissance dans la concavité pour que progressivement la colonne vertébrale se corrige dans les mois et années qui suivent l’opération. Cette opération est réalisée sous thoracoscopie. Le chirurgien place des vis dans les vertèbres et vient relier ces vis par un câble qui est tendu entre les vis.

L’opération a lieu au bloc opératoire de l’Hôpital Couple - Enfant dans le service d’orthopédie pédiatrique. L’hospitalisation a lieu au 2e étage de l’hôpital. Le bloc opératoire est au 1er étage. La consultation d’anesthésie a lieu en général plus d’1 mois avant l’opération. Une prise de sang permet de savoir s'il est nécessaire de prévoir une préparation spécifique (parfois à l’aide d’EPO pour faire remonter le taux d’hémoglobine).

La semaine avant : un régime adapté est conseillé pour diminuer le risque de constipation fréquente après l’opération. Le déroulement de l’ensemble du séjour est très protocolisé.

L’entrée à l’hôpital se fait la veille de l’opération. Une douche est prévue la veille en présence d’un parent et d’une auxiliaire de puériculture afin que le site opératoire soit bien préparé.

La douleur post-opératoire est anticipée et gérée par un protocole spécifique anti-douleur. En particulier, le chirurgien dispose des « péri-durales » en fin d’intervention qui permettent une analgésie locale du site opératoire. Il s’y associe des « pompes à morphine » si besoin.

Le jour d’après, c’est le jour du premier lever et du premier contact avec les kinésithérapeutes du service. On essaye le premier lever et un début de réalimentation. Vers J3-J4, on enlève les « tuyaux », pour faire un relais des médicaments qui restent nécessaires par la bouche. L’infirmière refait le pansement. C’est le moment d’une bonne douche ! C’est en général également le jour de la radiographie du dos en position debout qui permet d’évaluer le résultat de la correction obtenue.

La sortie a lieu généralement vers J5-J6. Les ordonnances de sortie sont préparées.

Les risques principaux de la chirurgie sont :

  • Le risque de paralysie ou risque neurologique, lié à un étirement de la moelle épinière. Un système de contrôle en permanence du courant électrique qui passe dans la moelle épinière (potentiels évoqués moteurs - PEM) est utilisé au bloc opératoire.
  • Le risque d’infection du site opératoire, qui peut survenir précocement ou tardivement.
  • Le risque de saignement et donc de transfusion sanguine.

Autres Options de Traitement

Lorsque l’enfant a un potentiel de croissance très important avec échec du traitement par corset, des techniques chirurgicales qui évitent de bloquer les vertèbres et limiter ainsi la croissance du tronc et de la cage thoracique peuvent être utilisées. Actuellement, les tiges électromagnétiques évitent des chirurgies et hospitalisations itératives, celles-ci pouvant être allongées uniquement en consultation sans aucune douleur. Dans certains cas, avant d’opérer, une préparation par traction vertébrale à l’aide d’un halo crânien est nécessaire.

Les Fausses Idées sur la Scoliose

Il est important de déconstruire certaines idées fausses sur la scoliose :

  • Est-ce que je peux faire du sport avec une scoliose ? OUI ! Que ce soit avec ou sans corset, le sport est vivement conseillé quand on a une scoliose. Il faut enlever le corset pendant le sport et le remettre après la séance. Il n’existe aucune contre-indication au sport. Autrement dit, tous les sports peuvent être pratiqués.
  • Est-ce que je peux porter mon cartable ? OUI !

Aspect Psychologique

La scoliose peut avoir des répercussions psychologiques sur la socialisation de l’enfant. Il est donc capital de pronostiquer l’évolutivité d’une scoliose idiopathique.

Recherche sur la Scoliose

Le Centre Alpin de la Scoliose mène une activité de recherche importante dans le domaine de la Scoliose Idiopathique, en partenariat avec l’équipe BioMécaMot du laboratoire TIMC - IMAG et l’équipe Morphéo de l’INRIA. Les patients peuvent être sollicités pour être inclus dans divers protocoles de recherche.

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