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Dans les Yeux d'Olivier : Exploration des Réalités Nuancées de la Maternité

L'émission "Dans les Yeux d'Olivier", diffusée sur France 2, offre un regard intime et poignant sur les difficultés maternelles, un sujet souvent tabou et rarement abordé dans toute sa complexité. Loin de l'image idéalisée et irréprochable de la maternité véhiculée par la société, le programme met en lumière les réalités parfois sombres et les défis auxquels sont confrontées de nombreuses femmes.

La Pression Sociale et l'Idéal de la Mère Parfaite

Les femmes se construisent souvent avec une vision idéalisée de la maternité dans laquelle elles doivent être irréprochables. S’affranchir des représentations de la maternité serait salvateur pour beaucoup de personnes fragilisées psychologiquement par une période de bouleversements complexe à appréhender. La société exerce une pression considérable sur les mères, les incitant à se conformer à un modèle de perfection souvent inatteignable. Il faut aider les mères à se délester de la pression sociale, donner une image plus lucide et moins culpabilisante. Cette pression peut engendrer un sentiment de culpabilité et d'échec chez celles qui ne parviennent pas à répondre à ces attentes.

Parcours Croisés : Témoignages de Mères en Difficulté

L'émission "Dans les Yeux d'Olivier" présente des parcours de mères divers et variés, mais qui ont en commun de mettre en lumière une maternité n’étant pas que le bonheur tant vanté : elle peut devenir pour certaines un chemin de croix. Cet épisode nous montre différents cas de figure où la mère sombre, avant ou après la naissance. Parmi les témoignages poignants, on retrouve :

  • Jessica : Mère de cinq enfants, Jessica a élevé ses 4 premiers enfants en étant à la conquête du statut de mère parfaite. Elle s’est plongée dans les lectures pour trouver la meilleure éducation possible. Tout en étant dans un profond état de fatigue, elle sauve les apparences et garde son mal être progressif pour elle. Ses enfants ressentent son mal être, ce qui fragilise sa stabilité familiale. Voulant toujours en faire plus, Jessica s’enfonce dans un déni profond. Après une grosse crise de fatigue, elle décide d’aller consulter un psychiatre. Celui-ci lui diagnostique un burn out maternel. Jessica refuse cette situation et continue d’agir comme d’habitude. Elle est victime de burn-out maternel, assumant tellement de choses qu'elle se retrouve angoissée en permanence, si épuisée qu'elle enchaîne les malaises. "C’est une question difficile qui reste sujet à controverse encore aujourd’hui. Le burn-out est un trouble anxieux lié à un problème de performance. La dépression du post-partum est, elle, un trouble de l’humeur, teinté de tristesse mais qui peut aussi s’accompagner d’anxiété. On n’a pas l’énergie, le moteur pour avancer. Ce serait donc une pression trop grande que la mère se met ; elle finit par craquer, tant celle-ci est importante. Elle n’arrive plus à assumer alors les tâches du quotidien, angoisse et somatise.
  • Julie : Julie se décrit comme ayant été fusionnelle avec son premier bébé, mais lorsqu’elle a accueilli un deuxième enfant alors que ce n’était pas prévu, les choses se sont passées différemment. Épuisée, elle éprouve alors un violent rejet, qu’elle ne comprend pas, à l’égard de ce nouveau bébé puis finalement de ses deux enfants. Devenue mère à 29 ans, Julie a vécu une joie intense avec son premier enfant. Mais 18 mois plus tard, elle tombe de nouveau enceinte. Sa fille ne fait pas encore ses nuits et Julie est très fatiguée. Elle ne pense pas avoir assez de force physique et psychologique pour accueillir un autre bébé. Ce qui lui provoque de l’angoisse pendant sa grossesse. Dès la naissance de son fils, tout s’est effondré. Julie n’accepte plus son statut de mère et n’arrive pas à s’occuper de son nourrisson en plus de sa petite fille. Inconsciemment elle tombe dans un cercle vicieux de rejet. Le sentiment de culpabilité l’envahit de plus en plus. Elle pense même à fuir et tout abandonner ce qui fragilise son couple.
  • Émilie : Émilie a fait trois fausses couches très éprouvantes après avoir eu un premier enfant. Elle a fini, après une errance médicale, par comprendre qu’il y avait un problème.
  • Sabrina : Sabrina a eu très jeune la responsabilité d’enfants de sa famille, ses neveux et nièces, qu’elle adore. Mais après avoir « sacrifié » l’insouciance de son adolescence, elle s’est dit : plus jamais ça. Quelques années plus tard, en couple, le désir d’enfant est finalement venu. Après avoir pas mal galéré pour être enceinte, elle y est parvenue mais elle est tombée en dépression. Sabrina a grandi dans une famille de 10 enfants, où aucun modèle masculin n’était présent. Adolescente, elle a dû s’occuper de ses neveux et nièces. Elle considère que ces sacrifices lui ont volé sa jeunesse et lui a donné une mauvaise image d’une mère de famille. Une fois mariée, Sabrina hésite pendant des années à devenir mère. La pression de son entourage l’affecte énormément. Finalement, après une longue réflexion, elle décide d’avoir un enfant. Mais une fois enceinte, son passé ressurgit et la plonge dans un état dépressif prénatal. Elle a peur d’être confrontée à son futur rôle de mère. Pendant sa grossesse, elle apprend être diabétique, ce qui amplifie ses angoisses.
  • Charlotte : Charlotte est la maman de Martin, 2 ans. Une naissance parmi tant d’autres, sauf que Charlotte n’a appris qu’elle était enceinte que le jour de son accouchement. Mercredi dans l’émission « Dans les Yeux d’Olivier », elle témoigne de ce que beaucoup résument à un déni de grossesse.

Burn-out Maternel, Dépression Post-partum et Dépression Péri-natale : Distinguer les Maux

L'émission aborde des problématiques telles que le burn-out maternel, la dépression post-partum et la dépression péri-natale, en soulignant qu'il est essentiel de les distinguer.

  • Le burn-out maternel : Il se manifeste par un épuisement physique et moral intense, lié à une pression trop forte que la mère s'impose. Elle n'arrive plus à assumer les tâches du quotidien, angoisse et somatise.
  • La dépression post-partum : Elle est caractérisée par un trouble de l'humeur, teinté de tristesse, mais pouvant aussi s'accompagner d'anxiété. La personne n'a plus l'énergie et le moteur pour avancer.
  • La dépression péri-natale : Elle survient chez la mère durant la grossesse ou durant l'année qui suit l'accouchement. La personne se sent souvent coupable de ne pas se sentir heureuse, alors que l'entourage et la société tendent à idéaliser cette étape de vie. Le parent n'en dit souvent rien, mais il ne se sent pas à la hauteur et pense qu'il n'est pas fait pour ce rôle, alors même qu'il peut avoir beaucoup désiré cet enfant.

L'Épuisement Maternel : Un Problème Systémique

Ce qui ressort de la plupart de ces témoignages, c’est que ce n’est pas la maternité en elle-même qui a posé problème à ces femmes. C’est un épuisement physique qui se transforme en épuisement moral. Beaucoup de mères sont épuisées car elles ne sont pas aidées par le père (assez absent dans l’émission) qui ne prend pas sa part, ni par une société restant bien souvent sourde à leurs maux. Elles ne bénéficient que peu d’accompagnement. Une des mères de cette émission pointe son perfectionnisme comme cause de ses problèmes maternels : elle se blâme souvent d’avoir voulu trop en faire. Mais c’est de toute les femmes qu’on en attend trop ! L'émission souligne que l'épuisement maternel est souvent lié à un manque de soutien de la part du conjoint, de la famille et de la société en général. Les mères se sentent souvent seules face à leurs difficultés et n'osent pas demander de l'aide.

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L'Importance de la Parole et de l'Accompagnement

"Dans les Yeux d'Olivier" met en avant l'importance de libérer la parole autour des difficultés maternelles. Il est essentiel que les mères se sentent autorisées à exprimer leurs émotions et leurs souffrances, sans crainte d'être jugées. Si vous éprouvez des difficultés maternelles, ne restez pas seules avec ces problèmes. Un accompagnement psychologique et un soutien social peuvent être d'une grande aide pour surmonter ces épreuves.

Maternité et quête d'identité : L'histoire poignante de Céline

Adoptée quelques jours après sa naissance, Céline a pu retrouver sa mère biologique 23 ans plus tard. Elle a raconté son histoire, bouleversante, dans le podcast « Dans les yeux d’Olivier » (Europe 1), présenté par le journaliste Olivier Delacroix. Si elle est née à Lima, au Pérou, Céline a été adoptée quelques jours après sa naissance par un couple français. Des parents aimants qui ne lui ont jamais caché ses origines. Seulement, lorsqu’elle tombe enceinte alors qu’elle n’a que 19 ans, Céline ressent le besoin de retrouver ses racines et particulièrement sa mère biologique. A Olivier Delacroix, elle explique : « J’ai donné la vie et je me suis rendu compte que c’était important pour moi de savoir qui était cette femme qui m’avait donné la vie. Je voulais savoir si elle m’avait regardé comme je regardais mon bébé, si elle avait senti cet amour pour moi ». Un besoin viscéral qui la pousse à apprendre l’espagnol et à se plonger dans la culture péruvienne. Elle décide ainsi de s‘éloigner de son copain de l‘époque et de ses proches en général et part vivre dans une communauté latino-américaine parisienne. « Ça me donnait l’impression de retrouver quelque chose en moi qui était occulté jusque-là, et qui à ce moment-là refaisait surface », se souvient-elle. Et comme le hasard fait souvent bien les choses, le père de ce dernier exerce la fonction de policier à Lima. Grâce à lui, elle retrouve la trace de sa maman. Nous sommes en 2003. Mais très vite, la bonne nouvelle en cache une beaucoup plus amère. Son beau-père policier lui apprend qu’elle n’a jamais été abandonnée par sa génitrice, mais volée par une organisation criminelle à sa naissance ! Un choc pour elle bien sûr, mais aussi pour ses parents adoptifs, comme se remémore le père de Céline : « On se sent automatiquement victime parce que nous, on l’a vraiment innocemment adoptée. Direction ensuite la capitale péruvienne pour Céline, qui n’a désormais qu’une hâte : rencontrer sa mère biologique, prénommée Cristina, mais aussi connaître la vérité sur son adoption. Au micro d’Europe 1, elle se replonge, émue, dans ses souvenirs : « Quand j’atterris à Lima, c’est l’un des moments les plus forts de ma vie. Ma mère biologique ne peut s’empêcher de courir dans mes bras et de me dire qu’elle ne m’a jamais oubliée. Retour en 1980. Sur le point d’accoucher, Cristina est malheureusement seule et sans ressources. Elle cherche alors un refuge pour mettre sa fille au monde. Grâce à une publicité diffusée à la radio, elle pense avoir trouvé la solution. Dans cette pub, une association caritative humanitaire prétend aider les jeunes mères en difficulté. Céline détaille : « Ils se chargeaient de tout, des frais, des soins, tout ce qu’il y a à apporter au bébé. Et ça paraît idyllique finalement, parce que là, ma mère se dit : mon enfant sera habillé, nourri et logé, et je vais pouvoir me consacrer à retrouver une situation plus stable pour l’élever. » Cristina accouche donc dans cette association puis leur confie son bébé, le cœur léger. Elle doit désormais trouver du travail. Mais son enfant, elle ne le reverra plus jusqu’à leurs retrouvailles, ce jour béni de 2003. En effet, lorsqu’elle retourne à l’association pour le voir, on prétexte tout d’abord que cela est impossible pour des questions sanitaires. Après tout, pourquoi pas. Seulement lorsqu’elle est de retour, elle trouve les locaux vides : « Le gardien de l’immeuble lui dit que les gens qui vivaient là ont déménagé. Le téléphone ne répond plus. La police péruvienne, après des mois d’enquête, finira par découvrir la vérité. La fameuse association était en réalité une organisation mafieuse dont la principale activité était le trafic d’enfants.

L'évolution du discours autour de la maternité

Life 08/03/2022 06:10 Post-partum, fausse couche… La parole des femmes autour de la maternité ne cesse de se libérer. Voici comment sages-femmes ou gynécologues perçoivent ces évolutions, à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes ce mardi 8 mars. Le HuffPost Life 8 MARS - Il suffit de regarder dans les étals des rayons “parentalité” pour s’apercevoir que les choses changent. Si l’on s’intéresse à ces questions, on peut y trouver toutes sortes de réponses, qu’il s’agisse des violences gynécologiques et obstétricales, des manières d’accoucher, du post-partum ou de la fausse couche. Des témoignages par dizaines et des tabous que l’on achève de briser. Aujourd’hui, les femmes qui souhaitent devenir mères ont la possibilité de s’informer au-delà des canaux traditionnels, au-delà du personnel soignant qui les suit tout au long de cette période charnière de leur vie. Ces livres, ces podcasts, ces témoignages sur les réseaux sociaux, ces prises de parole dans les médias ont-ils un impact direct dans la manière dont les femmes abordent leur grossesse et leur maternité? Afin de savoir si cette évolution se faisait ressentir directement auprès du corps médical, Le HuffPost a demandé leur avis à Yves Ville, gynécologue obstétricien, et Mathilde Delespine, sage-femme. “Le discours n’est plus le même” Pour Yves Ville, le constat est évident: oui, les choses ont changé. “J’ai en face de moi des femmes dont les aspirations sont différentes, affirme-t-il. Le discours prédominant n’est plus le même que celui d’il y a quelques années.” Mathilde Delespine est sage-femme depuis 2009, elle est aujourd’hui coordinatrice d’un programme de prévention des violences faites aux femmes et travaille auprès de femmes très vulnérables, qui n’ont pas forcément “la disponibilité de se poser ces questions-là”. Certaines femmes et certains couples se sentent sur un pied d’égalité avec nous." Mais parmi celles qui le peuvent, c’est-à-dire celles qui ne sont pas dans une situation financière ou administrative compliquée, ou dans des “besoins de survie”, elle note en effet qu’il existe “moins de tabous”, et “plus de possibilités de dire que ça ne va pas, que la maternité, ce n’est pas que du bonheur”, souligne-t-elle. Selon elle, les femmes sont définitivement plus informées qu’avant. “Certaines femmes et certains couples se sentent sur un pied d’égalité avec nous, ils arrivent en sachant précisément ce qu’ils veulent et ne veulent pas: pas d’épisiotomie, telle position à l’accouchement, un clampage du cordon à tel moment, un travail sans péridurale”, liste-t-elle. “Du moins, elles demandent à être informées, ce qu’elles ne se seraient peut-être pas autorisé avant.” Retour au “naturel” Mais “ont-elles forcément les bonnes informations?”, s’interroge Yves Ville. Ce dernier note chez certaines personnes la tendance à prendre pour argent comptant des conseils dénichés sur les réseaux sociaux, alors qu’ils ne sont pas forcément adaptés à leur situation personnelle. Selon lui, le principal changement de paradigme réside dans le passage à la “post-modernité médicale”. Alors que la grossesse s’est retrouvée de plus en plus médicalisée depuis les années 70, dans le but de réduire la mortalité, depuis quelques années cet obstétricien note “une affinité pour tout ce qui est naturel, une aspiration à ne pas intervenir sur des événements considérés comme naturels”. “On le sent très bien, depuis dix ans, il y a ce courant dominant qui consiste à dire que moyennant quelques petites vérifications (échographies, problèmes génétiques), on ne fait plus rien d’autre, il faut simplement se préparer à la venue de cet enfant”, explique-t-il. “Cela n’est en aucun cas un problème si l’on se met d’accord, que l’on a bien compris les risques ensemble, mais c’est devenu un tel discours dominant que certaines peuvent ne pas se rendre compte de ce qu’elles veulent vraiment, voire se sentir marginalisées”, ajoute-t-il. Il y a ce courant dominant qui consiste à dire que moyennant quelques petites vérifications on ne fait plus rien d’autre que se préparer à la venue de cet enfant." Au-delà de cette volonté d’un retour au “naturel”, Mathilde Delespine a constaté le désir d’un accompagnement de plus en plus personnalisé, avec notamment de plus en plus de demandes d’inscriptions à des maisons de naissance. Celles-ci sont gérées par des sages-femmes dans le cas de grossesses à bas risque. L’accompagnement est individuel et personnalisé pendant la grossesse et l’accouchement. “On est dans un tournant, il faut que l’offre de soins soit diversifiée, de professionnels sereins aux côtés des femmes pour leur offrir une continuité dans le suivi de leur grossesse”, explique-t-elle. Ce qui pose d’autres questions, à commencer par le nombre de soignants et les moyens qui leur sont donnés. Comment garantir l’accès aux informations? Des informations plus nombreuses et plus accessibles, une évolution dans la manière d’envisager les soins… de quoi estimer que l’on se dirige effectivement vers des grossesses et maternités plus sereines. Mais pour Mathilde Delespine, une question reste en suspens. Quid des femmes qui sont moins privilégiées et n’ont pas accès à tout cela? “Il existe selon moi une inégalité d’accès à toutes ces données”, estime-t-elle. Podcasts et réseaux sociaux ne sont pas payants, mais encore faut-il les connaître. Les applications, telles que “May Santé”, qui offre la possibilité d’avoir accès à une équipe de professionnels de santé tous les jours de la semaine via un simple chat, sont payantes. Récemment, le gouvernement a lancé sa campagne sur les “1000 premiers jours” d’un enfant, afin d’accompagner au mieux les parents dans cette période charnière. Est-ce suffisant? Au vu du nombre de femmes témoignant de leurs parcours difficiles, il reste encore du chemin à parcourir.

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